L’ascension sociale, c’est un sujet que peu de gens ont le courage d’aborder. Dans cet épisode, j’accueille Betty Rise, coach business et stratège en contenu, pour une conversation franche sur ce que ça veut dire de partir de loin et de se bâtir une vie complètement différente de celle qu’on imaginait possible. Betty a grandi dans les HLM en France, s’est financée seule pour aller faire une année aux États-Unis à 17 ans, et a fini par travailler en multinationale avant de lancer sa propre entreprise. Son histoire n’est pas un overnight success ordinaire. C’est une trajectoire de décisions, de frottements, et d’une graine de motivation inexplicable qui n’a jamais lâché.
L’ascension sociale commence avec ce qu’on décide de croire sur soi
Ce qui est fascinant dans le parcours de Betty, c’est qu’elle n’a pas eu de modèle d’ascension sociale dans son entourage immédiat. Ses parents n’avaient pas fait de grandes études. Personne autour d’elle ne lui montrait ce que ça pouvait ressembler, une trajectoire professionnelle ambitieuse.
Pourtant, il y avait cette graine. Betty la décrit comme une curiosité, une envie de voir ce qu’il y avait « de l’autre côté ». Les séries télé américaines, les films, les chansons en anglais, c’était sa porte d’entrée vers un monde qui n’était pas le sien. Ça a suffi pour lui donner envie de partir une année aux États-Unis à 17 ans, budget de 100 dollars par mois et emploi au McDonald’s pour y arriver.
> « Je me suis dirigée comme j’ai pu et j’ai quand même réussi à pas trop mal me débrouiller en termes de choix. »
C’est une des choses que j’ai le plus appréciées dans cette conversation: Betty ne romantise pas le parcours. Elle ne dit pas que c’était facile ni que la motivation suffisait à tout régler. Elle dit qu’elle s’est adaptée, qu’elle a trouvé des options, et qu’elle est allée là où ses pieds pouvaient la porter.
Les croyances sur l’argent dans l’ascension sociale
Une partie de ce frottement quand on change de milieu, c’est pas juste externe. C’est aussi tout le bagage qu’on porte sur les gens qui ont plus que nous.
Betty le nomme sans détour: elle avait des a priori sur les riches. Les gens riches, c’est méchant. Les gens riches ne sont pas heureux. C’est un script culturel très répandu, pas juste en France, et je l’ai entendu des milliers de fois au Québec aussi.
> « En tout cas, personnellement, ça a toujours été… Puis je pense que c’est quelque chose qui est très répandu. Un concept répandu au Québec, c’est les riches sont méchants. »
Quand elle a commencé à fréquenter l’entourage de son mari, qui venait d’un milieu aisé, elle a eu exactement cette réaction: se sentir comme une grosse bouse à côté, ne pas avoir les codes, ne pas savoir comment s’intégrer. Et en même temps, de ne pas oser creuser plus loin que l’image qu’elle voyait.
Ce qui a changé les choses, c’est l’immersion graduelle. En rencontrant les gens en plus petit groupe, elle a réalisé qu’au fond, les différences n’étaient pas si grandes. Que les comptes, il y en a partout. Que l’argent ne change pas les valeurs fondamentales des gens, même si ça change leurs options.
C’est une des grandes leçons de l’ascension sociale: les croyances qu’on porte sur le monde qu’on veut atteindre sont souvent plus limitantes que les obstacles réels. Et le seul moyen de les démanteler, c’est d’aller y mettre les pieds.
L’ascension sociale exige un entourage qui ne te retient pas
On a beaucoup parlé du rôle de l’entourage dans le processus d’ascension sociale. Betty a eu la chance d’avoir une famille aimante, une maman qui lui a toujours témoigné de la confiance. Elle le souligne elle-même comme un avantage concret.
Mais elle est aussi très claire: si tu n’as pas cette base-là dans ton entourage naturel, il faut aller la chercher ailleurs.
> « Si on n’a pas comme ce support-là, je pense qu’on peut se trouver une espèce de famille choisie aussi. »
L’idée de la famille choisie, c’est quelque chose que j’ai entendu souvent dans des contextes très différents. Et je pense qu’il y a quelque chose de profondément juste là-dedans: on choisit de façon intentionnelle les personnes qui vont valider notre envie d’avancer, plutôt que celles qui nous disent pourquoi c’est pas possible.
Il y a aussi un concept que Betty aborde: quand on évolue et qu’on change, les gens autour de nous peuvent réagir de façon négative. Ce n’est pas de la malveillance. C’est un deuil pour eux. Ils perdent la version de toi qu’ils connaissaient, celle avec laquelle ils étaient à l’aise. Je me souviens d’avoir vu une entrevue avec Mel Robbins sur ce sujet, et Betty l’articule de façon similaire: notre transformation peut être vécue comme un abandon par ceux qui préféraient qu’on reste pareils.
C’est pour ça que se trouver des gens qui comprennent où tu t’en vas, des communautés, des masterminds, des cercles d’entrepreneurs, n’est pas un luxe. C’est une nécessité structurelle pour que l’ascension sociale se fasse sans que tu te retrouves complètement isolée.
Parler de son histoire de vie comme levier d’ascension sociale
Betty a longtemps eu honte de ses origines. Elle n’en parlait pas. Elle n’osait pas dire qu’elle avait grandi dans les HLM, que ses parents avaient arrêté l’école tôt, que sa famille avait traversé des difficultés financières.
Ce que cette conversation m’a montré, c’est que la décision de partager son histoire a été un changement de posture profond pour elle.
> « Cette chose dont t’as le plus peur et dont t’as le plus honte, c’est sûrement ta plus grande force. »
Pourquoi? Parce que partager avec vulnérabilité d’où on vient envoie un message dans le monde: regardez, je suis encore debout, et c’est possible. Ce message-là touche des gens qui sont à des stades très différents de leur propre parcours d’ascension sociale. Ça leur donne la permission de s’imaginer quelque chose de différent pour eux aussi.
Il y a aussi une dimension de connexion authentique que Betty souligne. Quand tout le monde essaie d’être « polished » et parfait, il n’y a pas vraiment de connexion. C’est quand on montre les aspérités qu’on crée de vraies relations. Elle utilise l’image d’une panne de cuisson en téflon: si tu es complètement lisse, rien ne s’accroche. Mais c’est avec tes imperfections que les autres s’accrochent à toi.
C’est une image que je n’oublierai pas de sitôt.
L’ascension sociale au féminin et les tabous autour de l’argent
Une des parties les plus tranchantes de notre conversation, c’est quand on a abordé pourquoi les femmes ont souvent du mal à voir l’accomplissement financier comme accessible.
Betty pointe plusieurs facteurs: beaucoup de femmes n’ont pas encore atteint l’indépendance financière réelle. Les gaps de revenus post-maternité sont massifs. Les familles monoparentales les plus précaires sont encore majoritairement des mères. Dans ce contexte, se projeter dans l’abondance, c’est difficile.
Il y a aussi un mécanisme plus pervers qu’elle nomme: les femmes qui ont réussi dans des environnements difficiles ont parfois tendance à ne pas aider les autres femmes. Comme si le fait de s’être battue seule devenait une marque identitaire, une raison de ne pas tendre la main.
> « Elles ont tendance à regarder les autres en disant, tu sais quoi, je ne vais pas te donner un coup de pouce parce que je me suis bien galérée toute seule. »
Pendant que les hommes se supportent dans des réseaux, des clubs, des masterminds, les femmes restent souvent à la ramasse collectivement parce qu’on n’a pas encore bien intégré ce réflexe-là. Et ça, c’est quelque chose qu’on a le pouvoir de changer individuellement, en choisissant de se mettre en avant mutuellement, en arrêtant de voir la concurrence comme une menace, en comprenant qu’il y a assez de place pour tout le monde.
Betty a aussi mentionné We Should All Be Millionnaires par Rachel Rodgers (aussi disponible sur Amazon FR), un livre sur l’argent et l’entrepreneuriat féminin qui parle de ce même sujet: les femmes, les croyances autour de l’argent, et la légitimité de vouloir plus.
Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes
Qu’est-ce qui distingue une personne qui réussit son ascension sociale d’une autre qui reste bloquée?
Les différences que Betty nomme sont simples mais profondes: l’agilité à s’adapter, l’ouverture à rencontrer des gens différents de soi, et une certaine sécurité intérieure qui ne dépend pas uniquement de l’approbation des autres. Pas besoin d’avoir eu un entourage parfait, mais il faut aller chercher les bonnes personnes quand cet entourage n’est pas là. C’est intentionnel, pas accidentel.
Comment démanteler ses croyances sur l’argent quand elles sont profondément ancrées?
Betty parle du travail avec un coach comme d’un élément central dans son propre cheminement. L’effet miroir que quelqu’un peut créer pour toi, en te montrant les zones que tu ne veux pas regarder, accélère ce processus. Ce n’est pas confortable au début, mais avec le temps, tu commences à voir tes propres angles morts sans avoir besoin de quelqu’un pour te les pointer.
Est-ce que l’expression « quand on veut, on peut » est une façon de nier les privilèges?
Betty et moi avons eu cette conversation à voix haute, et on s’est entendues: oui, il y a des gens qui partent de beaucoup plus loin, et ça prend beaucoup plus d’efforts pour eux. Nier ça, ce serait faux. Mais ça ne veut pas dire que tout est bloqué pour toujours. Betty est une preuve que les trajectoires peuvent bifurquer, à n’importe quel âge, à n’importe quel moment. Ce qui change, c’est la quantité d’énergie et de temps que ça prend, pas la possibilité elle-même.
Mes prochaines étapes
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Pour continuer sur le thème de l’ascension sociale et du mindset, écoute l’épisode 27 sur mes 6 prises de conscience sur l’abondance et l’ambition et l’épisode 88 sur comment avoir le courage de ne pas être aimée.
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Show notes
Format: Entrevue avec Betty Rise Durée: 51 min
Sujets abordés:
- L’ascension sociale: ce que ça veut dire de partir de loin et de se bâtir une vie différente
- Les croyances sur les riches et comment les démanteler par l’immersion
- Le rôle de l’entourage dans l’ambition et comment se construire un cercle choisi
- Le déclencheur qui a poussé Betty à quitter le corporate pour l’entrepreneuriat
- L’accomplissement féminin comme tabou et la solidarité entre entrepreneures
- Partager sa vulnérabilité comme levier de connexion et de crédibilité
- Le travail de coaching pour enlever ses masques et voir ses propres angles morts
- Le message final: d’où tu viens ne définit pas où tu peux aller
Liens & ressources:
- Site de Betty: bettyrise.com
- Conférence offerte de Betty: Doubler ton nombre de clients grâce à la visibilité
- Instagram de Betty: @betty_rise_
- Podcast de Betty: Me, Myself and Rise sur Spotify
- Livre We Should All Be Millionnaires par Rachel Rodgers:
– Amazon CA: We Should All Be Millionnaires (lien affilié) – Amazon FR: We Should All Be Millionnaires (lien affilié)
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📝 Lire le transcript intégral
T’écoutes Effrontée épisode 107. Aujourd’hui, on parle de l’ascension sociale ou l’art de ne pas laisser le passé déterminer le futur avec Betty Reis. Si tu ne connais pas Betty, laisse-moi te la présenter un peu. Betty est une coach business et stratège en contenu accompagnant les entrepreneurs dans la vente authentique et créative. Avec son approche dynamique et innovante, elle aide ses clients à maximiser leur impact en ligne, transformant chaque interaction en opportunité de croissance. Son expertise s’étend du marketing fun aux stratégies de contenu percutante permettant à chacun de se démarquer et de captiver son audience.
Avec elle, on va parler de son parcours qui a débuté dans les HLM pour se retrouver aujourd’hui dans l’entrepreneuriat à succès. Sur ce, bonne écoute!
Put your hands together! Let’s make some noise! C’est pas compliqué. T’es à mieux de marcher sur des oeufs pour pas froisser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact. Peu importe ce que tu veux, il n’y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps de t’arrêter de cacher tes ambitions.
Je m’appelle Geneviève Gauvin. Chaque semaine, j’anime Effrontée. Le rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables et fiers de l’aide. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles et les limites pour faire les choses en grand. Travailler 5 heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Y’a où le problème? Voyager de temps plein pis travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe? En plus de te partager mes conseils qu’une stratégie va faire toujours plus en travail en moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite. On va explorer les secrets de leur succès, leurs chiffres fascinants, pis discuter en paire pour t’inspirer à toi-même à atteindre les sommets dont toi, tu rêves. Je te donne la permission de vouloir toujours plus. Je te donne la permission d’être 100% effrontée.
Je suis présentement avec Betty Rice. Betty, comment ça va? Ça va super. Et toi? Ça va super bien. Je suis contente de te recevoir sur Effrontée aujourd’hui pour parler d’un sujet que j’ai rarement abordé, mais qu’il y a aussi, je pense, peu de personnes qui avaient peut-être le courage à la limite ou les… Je sais pas si c’est une question de courage, tu me diras qu’est-ce que t’en penses, mais le courage d’en parler, tu sais, je pense que c’est assez tabou. Pis j’en ai parlé un peu dans l’intro, les gens l’ont entendu à travers le titre de l’épisode, on va parler d’ascension sociale.
Pis quand justement, quand on s’est rencontrés en DM initialement, pis qu’on a commencé à jaser, tu m’as parlé de ce concept-là, pis immédiatement, j’ai su qu’il fallait qu’on en parle sur Effrontée. En d’autres mots, pour moi, l’ascension sociale, c’est comment là d’où tu viens ne détermine pas ce qui est possible pour toi ou là où tu t’en vas. Est-ce que c’est ça, first? Et pourquoi est-ce que c’est un concept qui te touche personnellement?
Ouais, je suis d’accord avec toi. Je suis d’accord avec cette définition. C’est souvent la conclusion que je donne, en plus, quand je parle un peu de mon histoire. C’est que ça ne nous qualifie pas du tout, en fait. Et que ça ouvre beaucoup de possibilités, même si, voilà, de là où on vient, ça peut paraître compliqué. Tout est possible. C’est un peu le message que je pense je vais donner à travers cet épisode avec toi.
Et moi, ça me touche particulièrement, parce que finalement, c’est une partie de mon histoire que j’ai assez occultée. Parce que c’était l’évidence. Pis tu sais, des fois, ton histoire, tu réanalyse pas ce qui s’est passé et tu te rends pas forcément compte du chemin que t’as parcouru ou des trucs un petit peu exceptionnels que t’as pu faire. C’est devenu comme ordinaire pour toi, tu sais, d’un coup. C’est comme ça, c’est ta vie, tu sais.
Donc, tu prêtes pas attention. Et puis, en fait, je me suis dit si c’était quelque chose qui était important, parce que du coup, il s’est quand même passé beaucoup de choses. Il y a eu une évolution de dingue. Et c’est quelque chose dont je peux être fière. Et en fait, j’ai bien aimé, comme tu as commencé à le dire, dire, il faut du courage pour parler de ce sujet. Et je crois que c’est une vraie réalité, parce que très longtemps dans ma vie, j’ai eu honte d’où je venais. Et pendant longtemps, j’en ai pas parlé. Donc là, je pense que j’ai l’âge pour qu’on y aille à fond, en fait. On s’en fout. Il y a plus de tabou, là. C’est terminé, les pois, les boulets derrière.
Quand on parle d’ascension sociale, pour moi, il y a presque une espèce de symbolique de caste. Puis c’est terrible à dire. On se dit, ben non, on n’est pas dans une société comme, entre guillemets, l’Inde où il y a des castes spécifiques puis c’est difficile à en sortir. Est-ce que tu penses qu’il y a des castes dans nos sociétés aujourd’hui?
Ouais, je pense qu’il y a des castes. Après, ça dépend aussi du pays dans lequel tu vis. Moi, j’ai grandi en France. Du coup, je trouve que le système scolaire et le système éducatif nous met dans des cases assez rapidement. Et qu’il y a un système élitiste. Clairement, en France, aujourd’hui encore, si tu n’as pas fait telle ou telle école, du coup, c’est plus difficile d’obtenir des jobs. Tu es moins bien vu, moins bien reconnu. Et c’est un système où je me rends compte aujourd’hui en étant parent que toi, déjà, en tant que parent, tu peux dire, je vais placer mes enfants dans la bonne école dès qu’ils ont trois ans pour viser le bac qui est 15 ans plus tard quand même pour m’assurer qu’au niveau du bac, il sera dans telle école et que du coup, il puisse accéder à telle et telle filière qui est plus reconnue.
Donc, je pense que oui, le système d’éducation fait encore aujourd’hui qu’il y a ce système de caste. Tu n’es pas né dans le bon lieu, quartier ou dans la bonne famille, tu vois, du côté peut-être de la vision dont on a de l’éducation. Ben, tu pars déjà avec moins de chance parce que tu n’as pas les codes. Tu n’as pas les codes de cette société.
100%. Peux-tu me parler un petit peu de ton expérience personnelle parce qu’on touche, on tourne autour un peu depuis tantôt, mais ça ressemblait à quoi ton expérience personnelle?
Yes. Alors moi, j’ai une histoire un peu à part, c’est-à-dire que je suis née à La Réunion. Mes parents se sont tombés amoureux. Ma maman était relativement jeune, donc elle m’a eu à 17 ans, tu vois. Et elle, elle venait d’une famille à La Réunion qui avait quand même un peu de moyens pour l’époque et pour le lieu. Et du coup, elle a dû choisir un peu entre est-ce que je continue mes études à cet âge-là ou est-ce que je fonde ma famille et je me marie. Donc, elle a choisi l’option mariage. Et donc, voilà, j’arrive.
Mon père, lui, il a dû arrêter ses études, enfin ses études, sa scolarité, je ne sais pas, peut-être quand il avait 10-11 ans, tu vois. Donc, il n’est pas allé très, très loin, non plus au niveau de sa scolarité. Ma maman, elle a arrêté, je pense que c’était le niveau 3e ou un peu plus, tu vois. Je te parle de la France, donc tu vois, à peu près avec l’âge. Et du coup, je suis née dans une famille où il n’y avait pas forcément de gens qui avaient fait de grandes études, mes parents, ni autour de moi, oncles, tantes, grands-parents. Tu vois, ce n’était pas vraiment le truc qui prédominait dans ma famille.
Et j’ai grandi dans des conditions, ben voilà, quand tu ne fais pas d’études, tu n’as pas forcément accès à des hauts revenus. Donc, avec une éducation où il manquait d’argent à certains moments, mes parents sont tombés malades en plus. Donc, j’ai connu les galères financières quand j’étais jeune. Et ce qui est assez fou et que j’ai toujours encore du mal à comprendre aujourd’hui, c’est que personne ne m’a jamais poussée à avoir de l’ambition professionnelle, à vouloir, tu sais, faire plus. Et j’avais comme une petite graine en moi qui a grandi au fur et à mesure.
Et puis, voilà, quand est arrivé le moment de faire des études ou de prendre des décisions pour mon parcours, je me suis déchirée pour y arriver. Quand je voulais partir aux États-Unis, j’ai fait un an d’échange à 17 ans. Et bien, toute l’année précédente, j’ai contribué au budget pour partir pas mal parce que j’ai bossé toute l’année au McDo, par exemple. Et quand je suis arrivée aux États-Unis, j’étais toute fière de moi, j’annonce à mon parc d’accueil, ouais, alors j’ai un petit budget tous les mois, il me dit, vas-y, c’est combien? Je lui dis, t’es toute fière, je dis, j’ai 100 dollars par mois. Et là, il me regarde désolée et il me dit, je crois, Betty, t’as pas compris, ça va, tu vas rien faire avec ce dollar, 100 dollars ici. Tu vois, ça a été des petites réalisations, donc j’ai trouvé des jobs, voilà.
Et du coup, il y a cette ambition qui était en moi, le fait de pousser pour aller dans une direction où il n’y a personne qui m’avait donné l’exemple, personne qui me donnait l’impulsion, et clairement, moi, si j’avais arrêté mes études et que j’avais fait quelque chose tout de suite à 15 ans, mes parents, ils auraient été hyper contents, en fait.
Qu’est-ce qui t’a motivée à aller justement plus loin que les autres? Parce que tu dis qu’il y avait cette petite graine de motivation-là, mais est-ce que c’est quelque chose que tu as vu qui t’a motivée? D’où est-ce que ça venait?
Je sais, c’est hyper bizarre. Je pense que je me projetais pas mal dans ce que je pouvais voir à l’époque, donc moi, je suis quand même petit, je commence à être assez âgée. T’as pas l’air, je veux juste te dire, physiquement, je serais pas capable de te caser. Je pense que je le sais en regardant sur les médias sociaux, je pense que t’as genre 40, quelques, genre, mais j’ai l’impression que t’es plus jeune que moi. Fait que, you know.
Ah, j’ai connu quand il n’y avait pas encore le téléphone portable, t’es genre, l’année. Hé, hé, hé, same, j’ai 35 dans un mois. OK, quand même plus jeune, t’as eu un téléphone portable, mais ouais.
Du coup, je pense que j’avais un petit peu, je sais pas, les séries télé à l’époque. Tu vois, tu trouves l’inspiration où tu en as, parce qu’on n’avait pas les réseaux sociaux, on n’avait pas Internet. Il y avait les livres, éventuellement, où je m’évadais et la télé, quoi. Tu sais, pour faire hyper simple par rapport à ça, c’était les deux principales sources. Et typiquement, mon désir d’aller aux États-Unis pour faire une année pour apprendre l’anglais, ça venait vraiment de l’influence culturelle qu’on avait à travers toutes les séries, les films que je voyais, les chansons qu’on entendait en anglais, etc.
Et ça, ça m’a donné l’envie. Et puis, finalement, je m’imaginais, tu vois, une vie où je travaillerais en entreprise, mais je savais pas quoi, en fait. Et du coup, au fur et à mesure du chemin, j’ai trouvé des options. Quelque part, quand je regarde ça, je me dis, finalement, les informations, il y en avait peu. Je me suis dirigée comme j’ai pu et j’ai quand même réussi à pas trop mal me débrouiller en termes de choix.
Donc, j’ai fait des études plutôt longues, universitaire, puis dans une école de gestion. J’ai terminé par une école de commerce que j’ai financée à 100%. J’ai fait un prêt à étudiant à ce moment-là que j’ai payé encore six ans après, tu vois, avoir commencé de travailler. J’ai trouvé, voilà, une façon de me diriger. L’anglais, ça m’a beaucoup servi. Ce qui fait que j’ai débuté ma carrière directement dans une multinationale où je travaillais tous les jours en anglais, où je parlais de concepts, j’étais dans les achats, je négociais des gros contrats, etc.
Et en fait, très très longtemps pendant ma vie adulte, je me suis dit, mes parents, jamais ils pourraient comprendre en fait c’est quoi mon quotidien, c’est quoi ma vie, c’est quoi mon travail. Parce que je suis partie dans un monde en fait que jamais, eux, ils auraient pu imaginer pour moi.
Bien, je trouve ça intéressant comment t’amènes ça parce que ma prochaine question, c’était justement quand tu grandis dans une famille qui a peut-être, qui a peu de moyens, est-ce que les rêves que tu as quand tu es adolescente, quand tu es jeune, kid, c’est les mêmes que les rêves que tu as maintenant qui ont peut-être évolué finalement? J’imagine, tu me diras qu’est-ce que tu en penses, avec l’espèce de validation qu’il y a plus de choses qui étaient possibles. Est-ce qu’il y a eu une espèce de clash de « oh my God, ma vie peut être tellement différente en essayant des choses » ou finalement, dans ta tête, tu as toujours une vision grandiose de ta vie?
Alors, j’avais cette vision et puis après, à un moment donné, la réalité, elle m’a rattrapée. C’est-à-dire que, bon ben, quand tu es étudiante, tu es étudiante, j’avais des jobs étudiants, je me finançais aussi une grande partie de… J’avais la bourse, tu sais, j’avais une bourse étudiante qu’on me payait, plus je me payais, j’avais les petits sous que je me faisais à côté, et mes parents, ils me donnaient quand même un petit peu.
Et du coup, j’avais cette vie étudiante qui était relativement simple. Et puis, un jour, j’ai rencontré un garçon qui est devenu mon mari. C’est toujours ça. Et donc, c’est devenu mon mari, on est toujours ensemble, on a des enfants ensemble, etc. Seulement, lui, il venait d’un monde qui n’était pas du tout le mien. C’est comme fils de médecin, il habitait dans les beaux quartiers de la ville où on étudiait.
Et puis du coup, j’ai commencé à fréquenter un peu ses amis et là, j’ai senti qu’il y avait un gros décalage entre ce que j’imaginais être ma vie et ma façon de m’intégrer dans ce monde-là. Ça a été dur, ça a été compliqué. Il y a eu beaucoup de moments où j’ai fait un poste là-dessus où je disais, au début, je suis arrivée et puis elles avaient toutes les jolis maquillages, les sacs à main, hyper bien habillées. Et moi, je me sentais comme une grosse bouse à côté parce que je n’avais clairement pas les moyens déjà de m’acheter les mêmes choses qu’elles parce que je n’avais pas l’école.
Et donc, il y a eu une période vraiment de friction tout au début quand on était ensemble où j’avais du mal à fréquenter ces gens. Et puis, tu arrives avec tout ton bagage de croyances, tu sais. Quel genre de croyances que tu amenais, toi?
Oui, mais tu sais, en tout cas, tout le temps, tu sais, dans une famille qui était plutôt simple et avec peu de moyens, on avait quand même beaucoup d’a priori sur les gens qui avaient des sous. Tu sais, les gens riches. Genre, tu sais, en tout cas, personnellement, ça a toujours été… Puis je pense que c’est quelque chose qui est très répandu au Québec. J’allais dire québécois, mais je pense que c’est répandu ailleurs. Mais un concept répandu au Québec, c’est les riches sont méchants. Genre, les riches sont méchants et ils ne sont pas heureux aussi. Genre, ils sont… Je crois que c’est pareil pour toi aussi.
C’est exactement la même chose. Puis je pense que c’est un peu une idée qui est répandue aussi, tu sais, à travers toute notre culture. Quand tu regardes des fois dans certains films, la méchante, c’est celle qui a le plus d’argent, qui a fait ses carrières, etc. Mais dans ce coup, c’est là. Donc, ça crée toute une image où tu te laisses aussi beaucoup impressionnée parce que finalement, tu rencontres des gens et tu te fais une image d’eux à travers ce qu’ils possèdent ou ce qu’ils renvoient comme image.
Et au début, je n’osais pas creuser. Au début, je n’allais pas plus loin en fait que l’image que je voyais et qui me renvoyait mon image à moi de tu n’appartiens pas à ce monde-là, tu n’es pas prête, tu n’as pas… Oui, tu n’as pas les codes, tu ne sais pas parler comme eux, tu n’es pas intégré. Et il a fallu un petit moment quand même pour que j’arrive à dépasser ça.
Ça s’est fait sur plusieurs années où en rencontrant les personnes plus en petits groupes de couples par exemple, etc. Mais je commençais à découvrir que finalement, ces gens, n’étaient pas si éloignés que ça de moi et qu’on avait des valeurs communes et qu’on pouvait bien rigoler ensemble, etc. Et là, quand je te parle tout à l’heure, je te disais, tu sais, il y avait cette espèce de honte que je me traînais. Mais là, c’est clairement des années où je n’osais pas dire d’où je venais. Je n’osais pas dire ce que faisaient mes parents en tant que job. Je n’osais pas… Enfin, jamais j’ai dit à un moment donné… Moi, j’ai grandi en HLM, tu sais, c’est les logements sociaux en France. Là, ce n’était pas les années où il fallait me demander de me dévoiler sur ce côté-là parce que j’en avais hyper honte.
Right. C’est fou et ça me fait penser à… Je ne sais pas si tu sais si c’est qui, Rachel Rogers qui est une entrepreneur américaine qui parle beaucoup d’argent, d’entrepreneuriat féminin pour femmes de couleur aussi. Son livre que je vais essayer d’avoir ici, We Should All Be Millionnaires par Rachel Rodgers (aussi disponible sur Amazon FR), qui est excellent, que je recommande à tout le monde, mais dans lequel elle parle justement d’une histoire où elle aussi, elle a grandi dans une famille avec peu de moyens puis initialement…
Mais elle, tu sais, elle savait qu’elle voulait quelque chose de grand. Puis elle a commencé, je pense, à faire du babysitting dans une famille qui avait énormément de moyens au grand complet puis qu’elle voyait toutes les… Déjà là, de faire une immersion dans l’univers puis la maison puis le lifestyle de ces gens-là en s’occupant de la famille, en voyant que ces personnes-là n’étaient pas des personnes qui étaient mauvaises, c’était juste, tu sais, c’est des personnes régulières avec plus d’options puis de choix dans la vie puis d’abondance.
Je me rappelle, il y a un passage, je l’ai où elle ouvrait l’armoire du garde-manger puis il y avait tellement de nourriture puis c’était comme, oh my God, je veux ça dans ma maison. Tu sais, je ne veux pas tout le temps être en train de courir pour essayer de trouver les ressources finalement pour mes besoins de base. Puis à partir de ce moment-là, elle était super motivée à ça puis je pense qu’il y a cette histoire d’immersion-là, je pense, qui est peut-être un peu plus validante. Qu’est-ce que ça pense?
Oui, complètement, parce qu’en fait, tu sais, c’est de se faire une image ou une idée de quelque chose que tu ne connais pas, ça fait plus peur que quand tu commences à y aller gentiment un pas après l’autre et puis finalement, comme tu dis, tu te rends compte que la vie, elle n’est pas si différente de l’autre côté. Tu vois, on se fait toute une montagne et on se dit, ben ouais, mais peut-être que les gens, ils jettent l’argent par les fenêtres, ils n’ont rien à faire, ils n’ont pas de valeur, etc.
Et ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai, ce n’est pas ça la réalité et c’est comme quand tu vas pour la première fois dans un magasin Chanel, je ne sais pas si tu es arrivé d’aller dans ces grands magasins de luxe. Le boutin, oui, c’est tellement intimidant. C’est clair, tu as peur, tu flippes, tu as l’impression que tu vas casser le magasin quand tu rentres dedans. Mais non, mais ils savent, ils ont un scan à pauvreté et ils te regardent et ils sont genre, tu ne peux pas t’acheter rien ici. C’est ça, là.
C’est clair. Il suffit que tu aies une ou deux mauvaises expériences et bam, tu repars dans tes croyances. Tu confirmes que tu avais raison de penser ça de ces gens-là et que du coup, c’est vrai. Et en ayant cette immersion au fur et à mesure, en rencontrant de plus en plus de monde, en remarquant finalement des comptes, on a partout aussi. Des comptes, on a partout. Et que finalement, ce n’est pas là-dessus où ça se joue la vraie différence que tu commences à te dire, moi, je peux peut-être appartenir aussi à un monde ou à des possibles qui ne sont pas ceux que j’avais imaginé au début.
Right. Est-ce que tu as ever senti une pression particulière pour réussir de la part de ta famille comme tu étais une pionnière? Puis si oui, est-ce que ça a influencé tes choix dans la vie, dans ton parcours?
Pas trop. Franchement, je me suis beaucoup dirigée. Je suis comme assez indépendante. Tu sais, quand je faisais mes études, mon papa, chaque année, je retournais sur une année d’études. Il me disait, c’est pas bientôt fini là? Je dis, encore une année, papa. Et du coup, c’était pas vraiment eux qui me poussaient. J’ai senti toujours beaucoup de fierté.
Je pense que c’est quelque chose qui… Tu vois, on parle d’ascension sociale et effectivement, moi, je viens d’une famille qui était très aimante. Donc, j’ai un socle qui est solide de ce point de vue là et bien sûr, j’ai pas vécu de trauma quand j’étais petite. Donc, ça déjà, je pense que ça aide, tu vois, sur tout mon parcours. J’ai un parcours où j’avais pas un bagage non plus trop lourd à porter sur mes épaules.
Et donc, j’avais une famille aimante, fière de moi, beaucoup d’admiration de ma petite sœur. On a 9 ans de différence. Pas quelque chose de pesant. Tu vois, plutôt quelque chose où elle aurait aimé avoir un parcours similaire au mien. C’est plus elle qui s’est mis la pression, en fait, du coup, de suivre le parcours de la grande sœur. Et c’était pas son endroit, c’était pas sa place.
Et c’est super parce qu’elle l’a réalisé et que, tu vois, deux filles qui ont les mêmes parents, qui viennent du même background, qui ont vécu un peu les mêmes choses, ça a donné la fille « Allez, on y va! Girl power! Entreprise! Ambition! » Etc. Et ma sœur, elle est dans l’accompagnement et l’aide à la personne. Parce qu’il y a autre chose qui la touche dans la vie et je trouve ça génial parce qu’elle a suivi son chemin, finalement. Elle s’est pas forcée à suivre celui de sa grande sœur et ça, ça aurait été faux, tu vois, qu’elle veuille reproduire ce que j’ai fait.
Ben, tu sais, j’écoute ce que tu dis puis, tu sais, qu’on parle de l’immersion dans l’univers des riches, entre guillemets, qu’on parle d’un support de la famille qui est fière de toi, peu importe ce que tu fais. Je pense que une des clés, finalement, pour arriver à cette ascension sociale-là, c’est d’avoir ce cercle-là, pas juste le cercle de base qui te dit, check, peu importe les revenus que tu fais puis peu importe la carrière que tu fais, que tu sois entrepreneur ou que tu t’occupes d’autres personnes, c’est correct, it’s fine.
Genre, ça te permet aussi de dire, j’ai pas la pression de vivre à travers les yeux de quelqu’un d’autre aussi. Puis après ça, quand tu t’entoures de personnes qui valident aussi une expérience que tu as envie de vivre, positive aussi, qui n’est pas négative, au final, est-ce que l’ascension sociale est seulement possible au contact de ces personnes-là et que si on n’a pas ces personnes-là dans notre vie, on est un peu coincé?
Je pense que ton entourage y fait beaucoup, effectivement, parce que souvent, tu vas vouloir aller prouver des choses à certaines personnes, tu vas vouloir répondre à leurs attentes et la réalité, c’est qu’on vit aussi un peu à travers, tu sais, c’est un peu ce truc de la prophétie qui s’autoréalise. Donc, si autour de toi, les gens, ils te voient déjà comme un gros loser qui ne va jamais y arriver, finalement, tu vas leur donner raison, c’est hyper malheureux et en fait, moi, j’ai eu cette chance que oui, j’ai été, ma maman, en tout cas, elle m’a toujours vue comme, et je pense que ça m’a beaucoup aidée aussi sur mon estime de moi, mon image de moi, ma façon d’abord et d’y aller avec un peu plus de confiance peut-être que d’autres et ça, ça aide.
Alors maintenant, c’est vrai que si on n’a pas la chance d’avoir cette base-là, tu vois, autour de soi immédiatement, je trouve hyper important d’aller chercher ces personnes-ressources parce qu’on se construit pas tout seul, finalement, on vit tous les uns avec les autres.
Oui, je pense que tu penses. Absolument, puis tu sais, j’écoute beaucoup de shows de les compétitions drag queens de RuPaul puis c’est fabuleux. Puis il y a beaucoup de discussions par rapport à la famille choisie versus la famille qu’on a eue, tu sais, puis c’est pas exactement la même comparaison dans le sens où souvent les expériences que ces personnes-là vont vivre, c’est des expériences qui ont été très, très, très difficiles et que donc leur famille choisie étant genre my drag mother ou genre my drag sisters, c’est pas pareil, c’est vraiment, c’est pour se sortir d’une situation qui est peut-être un peu toxique, mais même si on a une famille qui est aimante, au final, si on n’a pas comme ce support-là, je pense qu’on peut se trouver une espèce de famille choisie aussi.
Si on n’aime pas le mot famille, ça peut être un cercle choisi au final, mais tu sais, d’aller de façon intentionnelle, aller chercher, d’aller chercher ces gens-là qui vont nous dire c’est correct, t’es capable, au lieu de dire pourquoi est-ce que tu fais ça, ça sert à rien, reste avec nous autres. Puis il y a un concept, j’avais vu un reel aussi, super intéressant, c’était une entrevue avec Mel Robbins qui parlait du fait que les gens en général, quand nous on évolue puis qu’on veut croître, ils vont réagir de façon extrêmement négative parce que c’est comme si on tuait la personne, c’est un deuil pour eux autres, c’est comme si on tuait la personne avec laquelle il avait grandi qui était confortable, tu sais.
Donc c’est sûr qu’il t’en veut, t’es une meurtrice, hier, tu sais, basically. Au final, ça ne veut pas dire que c’est facile de juste faire comme je vais prendre une pause de vos opinions négatives et je vais aller j’en trouver ces personnes-là, mais je pense que c’est nécessaire, c’est nécessaire pour croire puis fleurir, tu sais.
Oui, oui, complètement. Éventuellement, tu as parlé, tu as travaillé pour une multinationale, éventuellement, tu as décidé, je vais aller en entreprise, je me lance, ça a été quoi le déclic, mais pas en entreprise, je vais bâtir mon entreprise, ça a été quoi le déclic qui t’a poussé finalement à quitter un emploi ce mois de stable, à moins que ce n’était vraiment pas le cas, pour créer ta propre entreprise?
Yes, alors ça a été un déclic qui a pris pas mal de temps à se mettre en action, moi, de l’âge de 35 ans, j’ai perdu, ben ton âge, j’ai perdu ma tante qui était comme ma deuxième maman et qui est partie d’un cancer six mois avant sa retraite, et là, ça m’a vraiment fiché un coup parce que, ben, je pensais qu’elle était immortelle, tu vois, je pensais que moi, j’étais immortelle et d’un seul coup, je me suis rendue compte ben finalement, non, on peut tous partir, là, voilà, c’est ce qu’il disait, j’y croyais pas et donc, ce truc-là, ça a créé en moi l’effet, est-ce que tu veux attendre une retraite qui potentiellement ne va pas arriver pour vraiment, comme, vraiment t’épanouir dans ton job et être à fond et contribuer, etc.
Donc, si on parle d’ascension sociale, tu vois, j’aime bien dire la pyramide de Maslow, tu la connais? Oui. Du coup, peut-être que moi, j’étais partie tout en bas de la pyramide de Maslow puis en fait, à un moment donné dans ma vie, je suis allée tout en haut et je suis arrivée au niveau réalisation de soi. Finalement, est-ce que ma vie, est-ce que mon travail, est-ce que c’est le truc dans lequel je me transcende, je donne le meilleur de moi, etc.
Et puis, la question s’est posée, il m’a fallu quand même quatre ans pour vraiment prendre la décision de partir. Grâce au coaching, je me suis fait accompagner, je me suis fait former, certifié d’un coaching et ça m’a donné les ressources à l’intérieur pour faire ce grand départ. Alors que mon job était super, mon chef était hyper sympa, j’étais bien payée, les conditions, elles étaient idéales, j’aurais pu rester, je pense, là-bas jusqu’à la fin de ma carrière, sans problème. Seulement, il me manquait ce truc qui était de dire finalement, c’est quoi ton impact? Est-ce que tu es bien utile dans ce que tu fais aujourd’hui? Est-ce que tu ne peux pas donner plus, en fait, au monde? Et je suis allée chercher la réponse.
Dans la transition, est-ce que, tu as dit que ça avait pris quatre ans, j’imagine que oui, mais est-ce qu’il y a eu des peurs ou des doutes qui t’ont traversé vraiment en lien avec ce concept-là d’ascension sociale, genre, est-ce que je peux? Est-ce que j’ai le droit? Est-ce que je suis capable? Puis si oui, est-ce que tu as surmonté? Comment est-ce que tu as surmonté ça?
Ouais, alors je ne suis pas sûre qu’il y ait eu beaucoup de doutes en lien avec ça, parce que du coup, il y avait quand même beaucoup d’années en moi pour me dire que tu es quand même quelqu’un de capable, tu peux trouver des solutions, tu peux rebondir, s’il faut, tu retrouves un job, il n’y a pas de problème. Et en fait, ça, ça s’est construit avec toutes les années où j’étais finalement dans ce monde de l’entreprise et puis qu’il y a eu une évolution quelque part. Donc, ça ne m’a pas rappelé, tu vois, à ces doutes-là finalement quand j’ai fait le grand saut et que je suis partie, parce que c’était déjà pas mal ancré en moi que finalement, j’avais déjà énormément construit de la sécurité grâce à moi-même.
Right. Et que la sécurité, elle n’était pas dans un job salarié où tous les mois, à la fin du mois, tu reçois exactement le même salaire. Et ça, c’était ancré déjà depuis très longtemps. Donc, il n’y a pas eu cet effet-là. Seulement, tu vois, il a fallu quand même le construire à un moment donné, je pense, construire cette force à l’intérieur de toi pour te dire, elle est où la sécurité finalement? Est-ce qu’elle se situe à l’extérieur ou est-ce qu’elle a l’intérieur?
Oui. Mais tu m’as partagé qu’il y a beaucoup de femmes qui vont voir l’accomplissement personnel, l’ascension sociale, I guess, comme un luxe, comme quelque chose qui est aussi triggering. Pourquoi? Pourquoi est-ce que c’est triggering pour les femmes? Pourquoi c’est triggering pour les femmes? Tu dis l’accomplissement professionnel? Oui, l’accomplissement personnel. Le fait d’avoir atteint les castes hautes, appelons-le comme ça. Tu m’as partagé qu’il y a beaucoup de personnes qui voient ça comme un luxe, que c’est quelque chose qui est réservé peut-être à une élite, quelque chose comme ça.
Est-ce que c’est le cas? Pourquoi est-ce que les femmes, surtout les femmes, je pense, il y a comme une espèce de haine envers le luxe, tandis qu’il y a beaucoup d’hommes, au contraire, qui vont faire comme je suis tellement heureux que ma vie, c’est vivre dans le luxe, puis je veux dire, c’est pas comme si c’était le cas pour tout le monde, mais un homme avec beaucoup d’argent, c’est beaucoup moins triggering qu’une femme avec beaucoup d’argent. Pourquoi est-ce qu’on voit cette forme d’accomplissement-là personnel comme un luxe qui est dérangeant?
Déjà, je pense que beaucoup de femmes, aujourd’hui, se galèrent encore au niveau de l’indépendance financière, c’est une vraie réalité. En tout cas, moi, dans le pays dans lequel je vis, en Suisse, il y a beaucoup de femmes qui, au moment où elles ont leur premier enfant, elles réduisent leur taux de travail, voire elles arrêtent, puis quand elles reprennent plus tard leur carrière, elles ont un gap énorme, en fait. Elles ont un gap énorme avec les hommes, puis potentiellement, il suffit qu’il y ait un accident de parcours que ton mec, il te largue, et là, tu te retrouves dans une situation qui est presque une situation précaire pour une femme.
Donc, tu vois, je pense qu’encore aujourd’hui, je n’ai pas les stats, mais je sais qu’encore aujourd’hui, tu as beaucoup de familles monoparentales les plus pauvres sans celles avec les mamans célibataires, grosso modo. Donc déjà, tu as une partie d’entre nous qui vivent dans la galère. Donc, je peux comprendre, comme on le disait tout à l’heure, quand tu vis dans la galère, tu as du mal à te projeter vers un univers que tu ne connais pas et qui est en plus un univers qui est assumé parce que parler d’argent, parler de réussite, parler d’ambition aujourd’hui, parler de luxe, ça reste quand même assez tabou dans beaucoup de pays.
En France, on n’aime pas trop. J’ai entendu ça hier d’une coach en finance ici en Suisse, elle disait en France, on a honte de gagner trop d’argent, donc on a honte des riches et en Suisse, on a honte d’admettre qu’on est pauvre. Tu es assez drôle. Ça ne me souvra pas pour la Suisse, en disant. Mais l’argent est donc toujours tabou, peu importe.
Mais c’est ça, l’argent est toujours tabou, donc il y a aussi ce côté-là et puis finalement, il y a encore ce truc, je ne sais pas. Moi, ce que j’ai senti au niveau professionnel, c’est que les femmes entre elles qui se sont galérées et qui ont réussi, donc pas seulement celles qui ne sont pas encore arrivées, elles ont tendance à regarder les autres en disant, tu sais quoi, je ne vais pas te donner un coup de pouce parce que je me suis bien galérée toute seule en fait. Donc, tu vas te galérer et puis on s’en reparle dans dix ans.
Et ça, je l’ai vraiment vécu dans le monde corporate et c’est vrai que cette notion de se soutenir entre nous, quel que soit en fait où on en est, qu’on est déjà réussi, qu’on soit un peu plus en galère ou en chemin, ben, on n’est pas copine, quoi. Tu sais, on ne soutient pas, enfin, on ne soutient pas, on ne se donne pas la main, on ne s’aide pas et puis, ben, voilà, quoi.
Alors que les mecs, je peux vous dire, eux, ils se soutiennent, il n’y a pas de problème, il y a des réseaux d’entrepreneurs, il y a des clubs privés, il y a tout ce que tu veux où ils suivent du business et nous, on reste un petit peu à la ramasse parce qu’on n’a pas encore compris ce truc-là.
Right. Je pense qu’il y a une espèce de satisfaction un peu dans l’égo de comme je me suis bâtie par moi-même dans la, dans l’adversité, à la limite, il y a tellement d’adversité contre nous puis là, je dis ça, puis je suis une femme blanche au Canada, on s’entend, née de parents pharmaciens, tu sais, fait que je ne sais pas comme si j’avais, j’ai quand même pas mal de privilèges dans ma vie et yet, I’m a woman.
Fait que tu sais, il y a ça, mais au final, je pense qu’il y a quand même beaucoup d’adversité qui fait qu’on en a tellement arraché puis on a tellement combattu puis c’est, j’ai l’impression qu’il y a ça aussi pour une femme qui est monoparentale qui va se battre pour survivre, on est vraiment au bas de la pyramide de Maslow, il va se battre pour survivre puis une fois où tu es capable de t’en sortir, ça fait genre, hey, est-ce que tout ce que j’ai, tout ce que j’ai fait, tout ce par quoi je suis passée qui était tellement difficile n’était pas nécessaire finalement puis il y avait quelqu’un qui peut juste prendre un raccourci, c’est fâchant, c’est fâchant de voir ça.
Yes, on n’aime pas trop la facilité de manière générale. Oui, effectivement. Il faut que ce soit difficile et dur, n’est-ce pas? C’est ça le labeur. 100%.
Mais comment est-ce que tu penses que les femmes entrepreneurs justement peuvent mieux se soutenir puis s’inspirer mutuellement dans leur parcours pour qu’on ressemble, I guess, à ces réseaux d’hommes-là qui se donnent de la business, tu sais?
Yes. Déjà, voilà, une initiative comme avoir un podcast partagé aujourd’hui, je trouve que déjà, tu vois, un pas en avant, par rapport à ça, d’arrêter de voir la concurrence. Tu sais, moi, j’ai vraiment un truc avec la concurrence où j’ai presque envie de dire la concurrence n’existe pas. Ça dépend de ce que tu fais, bien sûr. Maintenant, si tu travailles sur les réseaux sociaux et que tu es entrepreneur, etc., finalement, ce que tu as à offrir, c’est totalement unique.
Donc, si on arrêtait de se voir en tant que concurrente et qu’on arrêtait d’avoir peur des autres, déjà, ce serait un énorme pas en avant. Moi, je n’ai aucun souci de mettre en avant des copines qui proposent exactement la même chose que moi ou de faire des collabs ou, tu vois, ou d’inviter ou d’en parler ou de donner des noms. Je n’ai aucun problème avec ça parce que je me dis, finalement, que déjà, les gens, ils peuvent acheter partout. Voilà. Tu vois, ce n’est pas parce qu’ils achètent chez Geneviève qu’ils ne pourraient pas acheter chez Betty, typiquement, parce qu’on est différents.
Donc, sûrement que ce qu’on apporte est complémentaire et ça enrichit le monde, en fait, d’avoir plusieurs perspectives. Donc, les gens pourraient acheter n’importe quoi. Et puis, personne n’appartient à personne. Tu vois, il y a vraiment un truc autour de la concurrence que je me dis, on a quelque part le devoir, un petit peu, d’éliminer cette notion de concurrence et plutôt de se dire si on réussit toutes, toutes ensemble, bien, ce sera ça, la victoire. Et que, du coup, plus les femmes auront cette opportunité d’avoir accès à plus de ressources financières, plus ce sera bénéfique à l’intégralité de la société, finalement.
Je pense qu’il y a une partie aussi de la réponse qui se trouve dans un peu cette espèce de partage de vulnérabilité que tu fais maintenant, aujourd’hui, dans le sens où, tu sais, quand on partage qui on est, c’est quoi notre parcours, c’est quoi nos difficultés, c’est quoi les défis qu’on fait face en ce moment, on devient, on crée ces connexions-là, tu sais, dans le sens où, si on reste, on veut être tout « polished », puis on veut tout être parfait, puis montrer, tu sais, il n’y a pas cette connexion-là avec d’autres personnes, puis on n’est pas capable de voir plus bas que finalement la pointe de l’iceberg en tant qu’autre femme, puis on se dit, « Ah ouais, avec toi, t’es parfaite, en moins, moi, je vais essayer d’être plus parfaite que toi », ce genre de truc-là, mais au final, il n’y en a juste personne, fait comment est-ce que, comment est-ce qu’on peut, parce que partager son histoire, c’est très vulnérable aussi, ça a eu clairement, je pense, un bel impact sur toi, est-ce que tu peux en parler un petit peu, c’est quoi les impacts au niveau personnel, même professionnel que t’as eu en partageant cette histoire-là, ton parcours finalement?
Yes. Moi, j’aime bien dire que souvent, cette chose dont t’as le plus peur et dont t’as le plus honte, c’est sûrement ta plus grande force. Pourquoi? C’est hyper simpliste. Le fait d’oser partager en toute vulnérabilité d’où on vient, c’est quoi notre histoire, c’est quoi nos galères, etc., ça crée un espèce de message dans le monde d’une puissance de ouf qui dit, « Regardez, je suis encore debout, je suis encore vivante et je suis là aujourd’hui pour vous témoigner » que c’est possible.
Et là, comme je te l’ai dit, moi, j’ai pas forcément eu d’énormes traumas en fait dans ma vie. J’ai des clientes qui ont des traumas et qui n’osent pas en parler. Donc, on peut comprendre parce que souvent, t’as d’autres personnes qui sont impliquées, etc. Seulement, le jour où ces femmes-là ou ces personnes-là oseront prendre la parole, elles vont créer un espèce d’effet, je sais pas comment expliquer, une espèce de vague en fait dans le monde qui fait que ça va toucher la vie d’une, deux, de mille personnes et qui va avoir un effet en retour de « Ah, j’ai envie d’y aller. Moi aussi, je peux le tenter. Moi aussi, je peux essayer. Et si je le faisais? Et si je le faisais pour mes enfants? »
Et tu vois? Et c’est comme ça qu’on arrive à dépasser collectivement, je trouve, des expériences qui sont pas des expériences cool et pourtant d’en tirer des leçons et d’en tirer le meilleur. Parce que je pense que finalement, sincèrement, on cherche tous et toutes à avoir un impact positif sur le monde quelque part. C’est comme, on n’est pas dans un film, il n’y a pas des gens qui veulent être méchants, c’est juste d’aller travailler sur soi, de dépasser ces choses-là puis d’oser porter un message qui est plus grand que nous et qui va aider beaucoup plus de monde qu’on imagine.
Oui, effectivement, parce que, tu sais, j’allais te poser comme question, genre comment est-ce que partager cette histoire-là, ça t’a permis d’élargir ta propre vision puis compréhension de c’est quoi le succès parce qu’au final, chaque fois que quelqu’un a le courage de partager cette histoire-là, déjà, on voit l’autre côté du miroir aussi un petit peu, mais on voit aussi c’est quoi les différentes options dans notre vie.
Au lieu de tout fit le même mot, puis tout faire exactement la même affaire, il y a des gens qui vont dire, pour vrai, moi, mon histoire m’a amenée dans les plus hautes sphères, des grandes multinationales ou whatever, puis finalement, je me suis dit, c’est pas ça que je veux. Moi, finalement, ma vision du succès, c’est acheter un petit chalet sur le bord d’un lac puis faire de la pêche puis ça, c’est mon succès. Puis genre, je fais mon entreprise qui finance ça puis that’s it, j’ai pas besoin de rien d’autre.
Mais de partager tout ça avec vulnérabilité puis de pas montrer que genre, on court après un succès qu’il faut qu’on fasse, ça varie aussi les différentes visions. Est-ce que toi, au final, de partager ça de façon transparente, ça t’a permis d’élargir ta propre vision aussi? De qu’est-ce qui était disponible?
Oui, je pense que ça, ça nous ramène aussi un peu sur terre, tu sais, à certains moments où dans le business en ligne, tu peux vite partir sur toujours, il faut rechercher en fait le futur objectif, tu fais le résultat, les chiffres. J’imagine que ça te parle parce qu’on a des communautés, on a des métriques, on a des chiffres d’affaires qui rentrent, donc t’es tout le temps un petit peu à la recherche de la suite et finalement, de se reconnecter avec cette histoire-là, ça nous ré-ancre dans notre… de là où on vient, donc dans une réalité qui est celle qui compte, quoi, finalement.
Parce que moi, quand je réponds de cette histoire, je me reconnecte au fait que quand j’ai grandi, mes parents, ils m’ont donné beaucoup d’amour, donc ça me donne encore plus envie de les voir, de leur parler, de leur dire que je les aime, enfin tu vois, de revenir à des essentiels qui sont hyper importants finalement et de ne pas être dans cette recherche effrénée d’un modèle de succès qu’on nous martèle la tête avec un certain modèle de succès. Et je pense que de revenir à son histoire, c’est aussi de revenir à qu’est-ce que je veux vraiment pour moi finalement.
En regardant vers l’avenir puis le futur, comment est-ce que tu vois l’évolution de l’entrepreneuriat féminin dans les prochaines années puis c’est quoi les changements que tu aimerais voir en fait?
Oui, alors je pense que j’ai déjà touché à des changements que j’aimerais bien voir et qu’on a à mettre une sorte de concurrence au possible qu’on peut observer. C’est déjà un changement qui est en train de s’opérer, que je vois de plus en plus, je ne sais pas pour toi, c’est qu’il y a de plus en plus de personnes qui viennent et qui mettent en relation et qui nous font découvrir des profils féminins et qui donnent de plus en plus d’exemples.
Et en fait, je pense que c’est ça aussi et j’espère que ça va aller dans cette direction-là. Sergent, un petit peu ce que tu disais, c’est d’avoir cette espèce de variété d’exemples de succès, de profils et d’histoires et qui va de plus en plus nous permettre de nous projeter, nous, sur quelque chose qui nous parle.
Parce que, voilà, moi, si tu me dis le seul exemple d’inspiration que tu as aujourd’hui, c’est Tony Robbins, je vais te dire, je ne le connais pas du tout avec ce modèle d’inspiration, tu vois. Effectivement, c’est un bon point. Il est tellement populaire, tu m’enches genre, oh my God, business God. Je fais comme, ouais, mais non. Moi, ce n’est pas cette histoire-là qui va m’inspirer.
Donc, et on a tous besoin de ce côté inspirationnel que d’autres personnes peuvent nous amener et qu’on espère trouver dans nos contemporains, en fait, parce que tu peux trouver plein de gens exceptionnels dans l’histoire ou dans le passé. C’est toujours hyper intéressant d’avoir cette opportunité de connecter et d’être avec cette personne aujourd’hui et de les découvrir. Et c’est ça.
Moi, ça a été un des impulses aussi dans mon entrepreneuriat, ça a été de découvrir une personne en particulier qui avait le même modèle familial que moi, des valeurs très proches que moi, une maman. C’est mon amie Sophie Chag, donc je peux peut-être la nommer, pas de problème. Et donc, Sophie, dans sa façon d’être, m’a énormément inspirée, moi, sur mon parcours, quoi. Ça m’a donné envie, ça m’a inspirée et on n’est pas du tout non plus sur le truc de la jalousie ou du truc un peu mesquin ou d’avoir trop vie l’ami de l’autre.
Ce n’est pas ça, c’est de se dire… Elle me montre que mon excuse, par exemple, est de dire, oh, tu sais quoi, j’ai trois enfants, donc moi, je ne peux pas non plus espérer avoir un business de ouf qui cartonne parce qu’il faut s’en occuper, trois enfants. Et bien en fait, mon excuse, elle me la met à la poubelle et en fait, tu as besoin de pas mal de gens aussi pour t’aider à mettre tes excuses à la poubelle et te dire, ok, ce n’est pas parce que je viens de là que je ne peux pas y arriver parce qu’elle, elle l’a fait. Ce n’est pas parce que j’ai trois enfants que je ne peux pas y arriver parce qu’elle, elle l’a fait, etc. Et plus on aura de modèles féminins pour elle.
Je pense qu’il y a, j’imagine, il y a beaucoup de travail sur ton mindset qui a été fait à travers le temps parce que d’accepter les hard truths comme tu le fais dans le sens où genre, c’est juste de la bullshit, c’est juste une excuse que je suis en train de me dire, ce n’est pas évident. C’est une espèce de self-awareness de comme, en ce moment, je suis en train d’utiliser une carapace pour ne pas voir la vérité, tu sais. D’être capable de voir ta propre bullshit, ça prend quand même un travail et une certaine expérience. Un, comment est-ce que tu l’as bâti? Deux, comment est-ce que les autres peuvent bâtir ça?
Yes. Je t’ai parlé à un moment donné que je me suis fait accompagner, je me suis fait coacher. Oui. Je pense qu’au niveau de enlever ces espèces de masques que tu te mets sur les yeux pour ne pas voir la vérité, quelque part, tu as besoin parfois d’avoir cette autre personne qui va jouer cet effet de miroir. Et qui va te faire voir des choses que tu n’as pas forcément envie de regarder. Voilà. Donc, c’est inconfortable, je sais, on n’a pas trop envie.
Et puis, en fait, au fur et à mesure où tu le fais, ce travail avec un coach, avec une personne qui t’accompagne et que tu es OK avec ça et que tu l’acceptes au fur et à mesure, ça vient aussi naturellement. Tu commences aussi à te rendre compte de tes propres limitations toute seule. Bien sûr, il reste toujours des zones à aller travailler et puis à les améliorer. Tu sais, on n’aura jamais fini ce truc-là.
Et c’est de laisser tomber, je pense aussi, cette image, cette pensée qu’on a besoin d’être parfait pour whatever, pour réussir, pour je ne sais pas quoi. Et que toutes ces petites failles qu’on va aller trouver chez nous sont autant de force et de richesse qui font qu’on est nous finalement. Et que dans les failles, il y a du mauvais. OK, donc on fait des erreurs et c’est OK, pardonnez-vous vos erreurs. On met tous ici pour la première fois sur Terre. C’est OK de faire des billettes. Ça dépend des religions. Il y a certaines personnes qui pensent que ce n’est pas la première, mais au final, effectivement, dans celle-là, ça se veut être la première fois qu’on fait toutes ces expériences.
Oui, dans celle-ci. En tout cas, c’est la seule dont je me rappelle. Les autres, c’est ça. C’est OK d’avoir ces failles parce que ces failles, c’est comme cette espèce de l’art japonais, je ne sais plus comment ça s’appelle, le kitsou, je ne sais plus quoi. Avec l’or? Oui, tu sais, avec l’or. Qui va aller combler ces petites failles avec de l’or et donc c’est OK d’accepter tout ça et moi, en fait, c’est ce regard-là que je porte sur moi et c’est souvent ce regard-là aussi que je porte sur les autres. De dire OK, tu sais quoi, on fait tous du mieux qu’on peut en fait. Donc, je ne vois pas de…
Pendant que tu parlais, ça m’a fait penser à une analogie de velcro dans le sens où on essaie tous… Je réfléchis à des choses. On essaie tous d’être tous très lisses dans le sens où on essaie tous d’être le plus parfait possible et tout. Puis à chaque fois qu’il y a ces espèces de petits crochets-là de velcro qui ressortent, on est comme « Ah non, lisse, lisse, lisse! » On essaie de les faire rentrer à l’intérieur. Mais les petits crochets de velcro, leur nécessité, c’est de s’accrocher à d’autres choses.
Je pense que c’est avec ces petits crochets-là, nos imperfections qui ne sont pas lisses que les autres s’accrochent vers nous autres. Essayer de cacher ça puis de les lisser, tu te rends juste comme une panne de cuisson en teflon. Genre, il n’y a rien de colle. Donc, au final, ce n’est pas idéal non plus pour la business. D’aller utiliser ces petits crochets-là qui ne sont pas lisses, qui ne sont pas parfaits, c’est les façons dont on connecte.
Oui, mais carrément. Oui, oui. Carrément. Moi, je dis, c’est souvent ces points communs qu’on crée entre nous. Les prochains. Analyse velcro aujourd’hui. Écoute, j’ai le temps pour… J’ai le temps pour une dernière question pour toi avant de terminer. Ça serait quoi le message final que tu aimerais transmettre aux auditrices de Effrontée qui sentent que leur réalité actuelle les emprisonne dans un futur dont ils n’ont pas du tout envie?
Oui. Yes. Alors, pour moi, le message peut-être que je voulais donner avec le partage de mon parcours aujourd’hui, c’est, et on l’a dit au début, c’est que là où tu es aujourd’hui ou là d’où tu viens ne définis en rien là où tu peux aller. Et que moi, je suis un peu la preuve vivante qu’on peut avoir des trajectoires qui ne sont pas celles qu’on avait prévues et qui peuvent être beaucoup plus grandes avec beaucoup plus de possibles que ce qu’on imaginait.
Et qu’il y a peut-être une ou deux choses qui sont importantes à garder en tête quand on veut faire cette sortie de là où on est, c’est de garder, d’aller travailler son mindset, puis d’avoir cette espèce d’ouverture d’esprit sur le monde, sur les gens, d’être OK, de s’adapter et puis de garder cette agilité au fond de soi. Moi, j’ai dû faire preuve d’énormément d’agilité, d’adaptation, de retour en arrière pour revenir à qui je suis, de retour en avant pour découvrir un nouvel univers.
Tu vois, il y a cette espèce d’effet où on est vraiment beaucoup en train de bouger à l’intérieur et que c’est OK, en fait. On n’a pas besoin de s’accrocher aux versions de nous d’il y a deux ans, il y a trois ans, il y a dix ans ou des attentes des gens. Donc, cette agilité et j’ai vraiment ce truc-là de quand on veut, on peut. Je sais que très souvent, on dit ouais, mais bon, c’est facile de dire ça et tout. Moi, je suis un peu la preuve vivante que quand on veut, on peut, tant que t’es… C’est mon truc de base, mon principe de base, c’est tant qu’on est vivant, il n’y a rien qui peut nous arrêter. Donc, tant que t’as cette volonté au fond de toi et que t’es debout et que tu peux t’exprimer et que t’as cette chance-là de marcher encore sur tes deux jambes, je ne sais pas ce qui te retient en réalité, toi. Il n’y a rien qui te retient à part ce qui est ici entre tes deux oreilles.
Donc, au final, je ne sais pas si t’as déjà vu l’espèce d’image de tous les choix du passé qui amènent à juste un point et une ligne et après ça, t’as tous les autres choix possibles pour le reste de ta vie. Techniquement, tout ça, ça veut être linéaire dans le sens où t’as choisi un truc puis un après l’autre mais l’arbre des possibilités est insane puis à partir d’aujourd’hui, il continue, tout est possible.
Je pense qu’il y a un backlash avec l’expression de quand on veut, on peut justement pour des gens qui sont comme oui, mais je pars de tellement loin que genre est-ce que c’est une expression privilégiée puis j’aime croire puis je ne sais pas si à travers mes propres lunettes mais j’aime croire aussi que à chaque moment justement où tu te fais face à cette infinité de possibilités-là, de choix que tu peux faire, au final, tu peux rediriger ton parcours ou ta ligne vers quelque chose d’autre puis je pense qu’il y a des gens comme toi aussi qui prouvent ça aussi au final, je pense qu’il y a une bonne dose d’optimisme dans le sens qu’on a besoin dans le sens où tout n’est pas noir, négatif, terrible et doomed à l’être à l’infini aussi.
Donc, il y a beaucoup comme tu disais de mindset à travers ça. Mais c’est ça, j’aime croire qu’on a toute la possibilité de changer notre vie à chaque moment même si effectivement pour beaucoup de personnes ça va nécessiter beaucoup plus d’efforts que si j’étais aujourd’hui pour décider de changer ma vie au complet.
Oui, complètement, complètement. Je suis tout à fait d’accord avec ça. Parfait, je suis contente qu’on s’entende là-dessus. Écoute, où est-ce qu’on peut te retrouver sur Internet pour aller continuer d’explorer ton parcours puis d’écouter tes histoires respirantes?
Yes, alors vous pouvez me retrouver sur mon Instagram où je partage effectivement pas mal mon histoire, ce qui se passe pour moi. Donc, c’est Instagram, vous savez, vous connaissez, slash betty-ba, rise, R-I-S-E-T-R-E-B-A, c’est mon Instagram. Et autrement, j’ai un podcast aussi. Yes! Qui voulait venir me voir, il s’appelle Me, myself and rise. J’ai fait pas mal de business là-bas. Après, c’est vrai que j’ai envie, tu vois, de plus en plus de parler de cette histoire. Je pense qu’elle est importante à transmettre et du coup, je me réjouis de la faire découvrir à de plus en plus de gens parce que je pense que c’est une histoire importante à raconter.
Stratégie Velcro, Stratégie Velcro, quand on en a besoin. Pour toi qui écoutes, si tu veux revisiter le contenu qu’on a partagé durant l’entrevue, cliquez sur un lien qu’on a mentionné, tu peux retrouver tout ça dans les show notes de l’épisode au genevievegauvin.com slash effronté-107. Évidemment, si tu as aimé l’entrevue, partage ça dans tes stories et tu peux nous taguer. Moi, c’est @_genevievegauvin et comme Betty a mentionné, Betty, @betty_rise_, pour nous dire c’est quoi la chose que tu retiens de notre discussion. On a super hâte de savoir et on a super hâte de savoir est-ce que tu relate à l’analogie du Velcro parce qu’il n’y a rien de plus important que cet épisode-là. C’était le point à retenir. That’s it. Évidemment, il fallait qu’on l’attende dans la fin. On a gardé le suspense jusqu’à la fin, Betty. Betty, un énorme merci d’être venue t’ouvrir avec autant de transparence sur Effrontée. Je suis certaine que les gens qui ont écouté vont y trouver leur compte, peu importe, n’importe quel sujet qu’on a discuté aujourd’hui. Merci pour ta transparence. Merci à toi. Guys, on se reparle la semaine prochaine. Bye là. Ciao.
T’as aimé l’épisode? Évidemment, vu que t’es rendu jusqu’ici. Merci, Bull, pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter Effrontée, la meilleure façon de le faire, c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast. Puis vraiment, c’est super simple à faire. Va sur l’application Apple Podcast puis tape Effrontée dans la barre de recherche. Une fois que tu m’as trouvé, clique sur S’abonner puis descends en bas de la liste d’épisodes jusqu’à la section Évaluation et avis. Puis à partir de là, c’est à toi de jouer. Laisse-moi 5 étoiles si t’aimes le contenu du podcast puis laisse-moi un témoignage. Dis-moi pourquoi t’écoutes le podcast puis comment est-ce que ça a un impact sur ta business puis ta vie. Un énorme merci d’avance d’avoir pris le temps. C’est vraiment des gens comme toi qui font que le show continue. À la semaine prochaine, là!

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