Effrontée

Liberté financière: acheter des entreprises automatisées avec Delphine Pinon

11/02/2025

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La liberté financière, c’est un concept qu’on entend partout, souvent dilué jusqu’à vouloir dire rien. Mais quand quelqu’un qui a 5000 euros en banque à 32 ans, après un bac+5 dans une école prestigieuse, finit par acheter des laveries et un car wash depuis Dubaï, qu’elle gère sans être présente, on écoute. Dans cet épisode, Delphine Pinon, créatrice du podcast Richissime, nous parle de son parcours vers la liberté financière, de la psychologie de l’argent, et de comment acheter et automatiser des entreprises locales pour diversifier ses revenus.

La liberté financière commence par un wake-up call, pas par une épiphanie

Delphine l’avoue franchement: son point de départ, c’était une blessure d’ego.

> « J’ai fait de belles études à Sciences Po Paris. À 32 ans, en 2019, je me sépare de mon ex, je retourne vivre chez mes parents, je vis du chômage et j’ai 5000 euros sur mes comptes. Non, ça ne va pas. »

Ce moment de confrontation avec elle-même, c’est ce qu’elle appelle un wake-up call. Pas une révélation mystique, pas une épiphanie de développement personnel. Juste une douleur d’ego suffisamment forte pour enfin passer à l’action.

Ce qui la faisait stagner avant? Exactement ce qui retient beaucoup d’entrepreneures: la dissonance entre ce qu’on sait qu’on devrait faire et ce qu’on fait réellement. Elle savait qu’il fallait épargner, adapter son train de vie, prendre ses finances en main. Elle ne le faisait pas.

> « Pourquoi est-ce qu’on sait qu’il faut faire quelque chose et qu’on ne le fait pas? Pourquoi est-ce qu’on attend le dernier moment? C’est sur ma propre interrogation que j’ai commencé à m’intéresser à la psychologie de l’argent. »

Sa quête de liberté financière a commencé là, dans cette zone inconfortable d’honnêteté avec elle-même. Et c’est cette psychologie de l’argent qui l’a passionnée au point de créer un podcast classé dans le top 3 des podcasts francophones sur le sujet.

Comment Delphine définit la liberté financière (et pourquoi ce n’est jamais la retraite à 40 ans)

Sa définition est claire: la liberté financière, c’est le point où tes revenus passifs couvrent ton train de vie sans que tu aies à travailler activement pour gagner cet argent.

> « À partir du moment où tu peux subvenir à tes besoins avec des revenus qui ne sont pas dépendants de ton travail, c’est ça la liberté financière. »

Mais elle ajoute quelque chose d’important: les gens qui y arrivent ne s’arrêtent jamais là.

> « La promesse, c’est la retraite à 40 ans. Mais ceux qui se lancent dans cette aventure ont toujours une petite étincelle de challenge, d’entrepreneuriat. Ça devient comme un jeu. »

Ce filet de sécurité que donne la liberté financière change aussi la manière dont tu prends des risques dans ta business. Quand tes besoins de base sont couverts par des actifs passifs, tu peux expérimenter sans que l’échec d’un projet ne t’envoie dans la rue. C’est une liberté de décision qui se traduit concrètement dans chaque choix d’affaires.

Pour elle, l’argent est un vecteur de liberté dans tout: choisir ses clients, choisir où vivre, choisir comment passer son temps. Ce n’est pas une fin en soi, c’est ce que ça permet.

Acheter des laveries et un car wash: une stratégie de liberté financière concrète

Le chemin vers la liberté financière de Delphine est passé par des actifs que personne ne romantise: des laveries automatiques et un car wash. Elle en parle avec une clarté d’analyse que j’ai trouvée rafraîchissante.

La logique derrière ces choix? Tout doit être automatisable ou délégable avec un minimum d’implication de son temps. L’immobilier répond à ce critère. Et c’est en rachetant un immeuble avec une laverie incluse qu’elle a découvert ce type d’actif.

Comment repérer une bonne affaire sur une laverie:

Les laveries mal gérées ont souvent 3 problèmes que tu peux régler facilement: elles sont sales, elles n’acceptent pas le paiement par carte, et les tarifs sont sous-évalués. Corriger ces 3 points permet d’augmenter le chiffre d’affaires de 20% rapidement.

> « Tu rachètes un truc qui est un peu moche, qui ne permet pas le paiement en carte bleue. Tu fais un rafraîchissement, tu nettoies. Tu installes un terminal de paiement. Automatiquement, tu augmentes ton panier moyen de 10 à 15% et tu fais venir d’autres clients. »

Les chiffres qu’elle donne: une laverie moyenne se rachète entre 30 000 et 40 000 euros, finançable par une banque. Une laverie moyenne fait entre 20 000 et 60 000 euros de CA annuel. Si tu montes le bénéfice à 15 000-20 000 euros, la valeur de l’actif passe à environ 4 fois ce montant.

Pourquoi ces entreprises sont sous-évaluées à la revente? Parce que la majorité des propriétaires les gèrent pour générer du cash non déclaré, ce qui fait que sur le papier, le bénéfice est minimal. Toi, si tu gères ça dans les règles, ta valeur de revente est beaucoup plus élevée que ce que tu as payé.

Gérer des entreprises à distance: la délégation comme liberté financière réelle

Delphine vit à Dubaï. Ses laveries et son car wash sont en France. Comment ça marche concrètement?

La réponse tient en 2 mots: documentation et personnes.

> « Honnêtement, ça repose sur le fait de trouver les bonnes personnes et bien gérer ton système. Ça veut dire avoir mis des process en place, avoir des vidéos de procédures pour tout. »

Son exemple concret: quand un problème survient sur le car wash (les savons ne fonctionnaient plus), son collaborateur sur place a cherché dans la banque de vidéos de procédures qu’ils avaient créées. Il y avait une troisième vidéo qu’il n’avait pas vue. Problème réglé en 5 minutes depuis Dubaï.

Ce système de documentation prend du temps au départ. Mais Delphine fait un parallèle juste: c’est comme pour une business en ligne. Avant de déléguer tes tunnels de vente, tu dois toi-même les connaître assez bien pour documenter. L’erreur classique c’est de vouloir déléguer sans documentation.

Elle revient 2-3 fois par an en France pour faire des checks sur ses business. Le reste du temps, ce sont ses collaborateurs sur place qui gèrent, avec des personnes de confiance qu’elle a recrutées progressivement.

Ce qu’elle cherche comme profil: quelqu’un polyvalent, manuel, qui a envie d’apprendre. Pas nécessairement un expert dans le domaine. Son collaborateur principal gérait des ménages et des petits travaux avant de prendre en charge le car wash.

Les mythes sur la liberté financière par l’achat d’entreprises

Elle identifie une croyance qui bloque la plupart des gens:

> « Le plus gros frein, c’est que c’est impossible. La délégation fait peur à tout le monde. Trouver des gens, les garder motivés, ça demande des compétences que les gens n’ont souvent pas envie d’acquérir. »

Et les mauvaises expériences passées deviennent des généralisations. Une agence qui n’a pas livré. Un prestataire qui a mal travaillé. Un problème de délégation une fois, et c’est « plus jamais ».

Elle nomme aussi une erreur qu’elle a faite dans sa propre business: déléguer trop vite à des agences externes, sans vraiment leur donner les outils pour réussir, puis être déçue des résultats. La solution n’était pas de ne jamais déléguer. C’était d’internaliser d’abord, de comprendre soi-même le système, puis de trouver des gens à former selon sa méthode.

Sur la liberté financière et l’accès universel, sa réponse est nuancée:

> « Tout le monde peut théoriquement, mais tout le monde n’y arrivera pas. Ce n’est pas une question d’argent de départ. C’est une question de mindset, de ce qu’on a appris à croire possible. »

Elle nomme la reproduction sociale comme le vrai frein. Si ton entourage n’a jamais quitté ton quartier, si tes parents n’ont jamais investi, le chemin mental que tu dois parcourir avant même de passer à l’action est immense. Pas impossible, mais immense.

Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes

Par où commencer si je veux me rapprocher de la liberté financière?

L’étape 1 de Delphine, c’était l’épargne. Pas l’investissement tout de suite. Elle a d’abord reconstitué son trésor de guerre après avoir compris ses patterns de dépenses. La psychologie de l’argent avant les actifs. La question n’est pas « dans quoi investir? » mais « pourquoi je n’ai pas encore fait ce que je sais qu’il faut faire? »

Est-ce que les revenus passifs existent vraiment?

Pas dans le sens où ça ne demande absolument rien. Mais les laveries, le car wash, l’immobilier bien délégué demandent de ton temps de façon épisodique, pas quotidienne. Delphine consacre quelques heures par semaine à la supervision de ses actifs. Ce n’est pas rien, mais c’est structurellement différent d’une activité qui nécessite ta présence continue.

Comment trouver les bonnes personnes pour déléguer?

Pas nécessairement des experts. Des gens polyvalents, qui ont envie de travailler, qui apprennent vite. Tu peux former quelqu’un qui n’a aucun background dans ton domaine si tu l’accompagnes au début avec de la documentation solide. Le premier collaborateur de Delphine faisait des ménages et des jardins. Il gère maintenant un car wash.

Mes prochaines étapes

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Pour creuser les finances et les décisions d’argent, va écouter l’épisode 2 sur la relation à la richesse et l’argent, l’épisode 25 sur les finances et les habitudes, et l’épisode 78 sur les entrées d’argent annuelles.

Show notes

Format: Entrevue avec Delphine Pinon Durée: 75 min

Sujets abordés:

  • Le wake-up call de Delphine: 5000 euros en banque à 32 ans après un bac+5
  • La psychologie de l’argent comme point d’entrée vers la liberté financière
  • Définition de la liberté financière et pourquoi ce n’est jamais vraiment la fin
  • L’achat d’entreprises locales (laveries, car wash) comme stratégie de revenus passifs
  • Comment évaluer et améliorer une laverie pour multiplier sa valeur
  • Gérer des actifs à distance depuis Dubaï: documentation et délégation
  • Les mythes autour de l’acquisition d’entreprises
  • La reproduction sociale comme vrai frein à la liberté financière

Liens & ressources:

📝 Lire le transcript intégral

T’écoutes effrontée épisode 109. Aujourd’hui, on parle d’acheter des entreprises automatisées entre mythe et réalité avec Delphine Pinon.

Et évidemment, si tu ne la connais pas encore, laisse-moi te la présenter. Delphine Pinon est investisseuse, entrepreneuse et spécialiste de la relation à l’argent. Créatrice de Richissime, un podcast classé dans le top 3 des podcasts francophones sur l’argent, elle partage des outils concrets et des stratégies accessibles pour aider ses auditeurs à transformer leur rapport à l’argent et bâtir une sécurité financière durable. À travers un ton pédagogique et décomplexé, elle inspire des milliers de personnes à reprendre le contrôle de leurs finances.

Investisseuse d’expérience, Delphine diversifie ses revenus grâce à des projets comme l’immobilier et l’acquisition d’entreprises locales comme des laveries et des car wash qu’elle gère désormais à distance depuis Dubaï. Elle prouve qu’avec une stratégie claire et une bonne délégation, il est possible de concilier ambition financière et qualité de vie. Sur ce, bonne écoute!

C’est pas compliqué. T’es tannée de marcher sur des œufs pour pas froisser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact. Peu importe ce que tu veux, il n’y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps pour t’arrêter de cacher tes ambitions aussi.

Je m’appelle Geneviève Gauvin. Chaque semaine, j’anime Effrontée. Un rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables et fiers de l’être. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles et les limites pour faire les choses en grand. Travailler 5 heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Y’a où le problème? Voyager de temps plein pis travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe?

En plus de te partager mes conseils et mes stratégies pour faire toujours plus en travaillant moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite. On va explorer les secrets de leur succès, leurs chiffres fascinants, pis discuter en paire pour t’inspirer à toi-même à atteindre les sommets dont toi, tu rêves. Je te donne la permission de vouloir toujours plus. Je te donne la permission d’être 100% effrontée.

Je suis présentement avec Delphine Pinon. Delphine, comment ça va? Ça va très bien. Écoute, je suis super contente de t’avoir sur Effrontée aujourd’hui parce que j’ai l’impression que ça fait trop longtemps que j’ai pas parlé de mon sujet favori. Pis je pense que ça fait partie du tien aussi. Money! Est-ce que je me trompe?

Ben franchement, c’est un sujet que les gens adorent. Des fois, ils n’osent pas se l’avouer, mais c’est toujours un sujet qui marche, parler d’argent. Je pense qu’il y a une espèce de curiosité, de voyeurisme aussi. Parce qu’il y a cette espèce de relation amour-haine. Je pense que oui, c’est préféré de beaucoup de personnes, mais comme tu l’as dit, caché.

C’est bien dit. Ben oui, parce que pour beaucoup dans la culture, c’est entaché de tout ça. Ça peut faire vulgaire. Ça fait tout. Tu vois, l’argent recueille tous les fantasmes des gens. Les meilleurs comme les pires. Et du coup, il y a vraiment ce truc de… Non, pas encore quelqu’un qui parle d’argent. Oh là là, est-ce qu’on peut parler un peu de la planète et du monde et à quel point ça va bien ou que c’est pas bien. Parlons de bonheur au lieu de parler d’argent. C’est tellement des considérations plus importantes. Et puis, t’as… Ah oui, mais personne ne parle d’argent. Mais moi, comment je… Est-ce que ce que je gagne, c’est correct? Est-ce que mon chiffre d’affaires, il est dans les normes? Est-ce que je vais pouvoir me développer avec ça? Qu’est-ce que je fais de toutes mes inquiétudes? À qui j’en parle? Voilà quoi. Donc, c’est la schizophrénie.

C’est la schizophrénie. Mais tu sais, je pense qu’autant toutes les belles choses que t’as nommées qu’il faut absolument dont on parle, il faut aussi qu’on parle d’argent parce que si on n’en parle pas, ça reste tabou, ça reste non normalisé. Puis les femmes restent poignées dans leur espèce de carcan, de « on n’est pas bonne avec l’argent », etc. Fait que je pense que plus qu’on a de femmes qui en parlent aussi, plus on a de succès tous de façon commune, puis moins on est prise dans cette espèce de problème perpétuel finalement que la femme gagne moins d’argent.

Puis après ça, parce que les taux de divorce sont réellement très élevés, quand après ça, il y a des divorces ensuite, c’est elle qui se retrouve dans la rue avec les kids. Fait que je pense que c’est important d’en parler. Mais toi, d’où est-ce que ça vient cette curiosité par rapport à l’argent et sa gestion? Est-ce qu’il y a eu un moment clé où là tu t’es dit « OK, il faut vraiment que je comprenne comment ça marche? »

Oui, je vais te faire l’histoire courte, mais c’est mon wake-up call à moi. Alors, ce n’a pas été un moment particulier qui a été dilué sur quasiment une année ou sur plusieurs mois qui m’a fait prendre conscience de choses et ça vient d’une blessure d’ego. C’est parce que moi, j’ai toujours été une première de classe, j’ai fait de belles études à Sciences Po Paris, des écoles prestigieuses, etc. Je suis diplômée à 23-24 ans et à 32 ans, 2019, je me sépare de mon ex, je retourne vivre chez mes parents, je vis du chômage et j’ai 5000 euros sur mes comptes. Et donc, non, ça ne va pas.

Tu vois, la séparation n’est pas anodine parce que tu fais comme un… Il a fallu, je pense, cette séparation amoureuse pour aussi me prendre la claque supplémentaire parce que je savais très bien que j’avais 5000 euros sur mes comptes. Mais il a fallu se reset et souvent, des séparations où il y a des moments à vie qui permettent de faire ça. Et donc, moi, ça m’a permis de prendre du recul et de dire « Où est-ce que tu en es, Delphine? » Et oui, je retourne vivre chez mes parents parce que je me sépare. J’ai franchement diplômée bac plus 5, école prestigieuse et 7 ans après avoir 5000 euros sur ses comptes. Non, ce n’est pas OK. Tu vois, on ne peut pas être complaisant avec ça.

Et donc, c’était une énorme blessure d’ego de me dire que j’avais été dans la réussite une bonne partie de ma vie professionnelle et que là, je me rendais compte que, en fait, là où ça m’avait amenée, c’était pourri. Donc, c’est cette blessure d’ego qui me dit « OK, intéresse-toi à ton argent. »

Oui, j’avais déjà essayé. Non, je n’avais pas vraiment essayé. On avait essayé de me dire « Tu ne fais pas du budget, toi? » Ma mère avait essayé et ça ne m’intéressait pas parce que je me cachais derrière « Oui, mais moi, je gagne bien ma vie. » Parce qu’en tant que salariée, je gagnais correctement ma vie. Donc, je gagnais plus de 3000 euros. Ensuite, j’ai été entrepreneur et là, ça a commencé effectivement à être plus difficile. Mais jusqu’à ce que j’arrête le salariat, franchement, je ne voyais pas où était le problème.

Oui, si tu vois l’argent qui rentre, tu as comme une grosse masse d’argent qui est là dans ton compte. Tu te dis « Ah, ça va bien. » Non, mais ça rentre. Je suis confiante dans ma trajectoire professionnelle. Je mets un peu d’argent de côté, pas énormément, mais un peu. Et puis, je ne vois pas où est le problème, en fait. Comme il n’y a pas de problème, je ne cherche pas de solution, tu vois. Je n’ai pas de douleur.

Et donc, la douleur, elle vient de ce truc d’ego de me dire « T’en es là à 32 ans. Wake up! » Et là, ça a été douloureux pour moi. Chacun a son wake-up call, tu vois. Des fois, je pose la question aux gens et pour certaines personnes, c’est des séparations. Pour certaines personnes, c’est de dire « Ah ouais, donc j’ai fait bac plus 5 pour gagner un SMIC. » Tu vois, et pour certains, c’est des douleurs. Et comme on ne parle pas d’argent, on ne parle pas non plus de ces douleurs-là. Mais c’est des vraies douleurs, en fait.

Tu vois, pour les entrepreneurs qui écoutent… Il n’y a pas que les entrepreneurs, je crois, qui écoutent ton podcast, mais quand même majoritairement. Et tu te lances dans l’entrepreneuriat. Tu as une vie avant, tu as une carrière. T’as peut-être été dans la réussite. T’as une scolarité. T’as une vie. Et tu te vis comme… Tu t’es mis des étiquettes. Tu as une image de toi-même. Qui peut être complètement balayée par l’entrepreneuriat. Et notamment par les vagues. Les ups and downs financiers, tu vois. Que tu vis ou que tu subis. Enfin, tu vois, ça dépend. Et c’est ton identité qui peut être remise en question par l’aspect financier de tes choix. Et ça, c’est pas facile à assumer.

Ben oui. Puis tu sais aussi, c’est le lifestyle qui va venir avec. Surtout quand tu as l’air d’avoir eu un childhood, une enfance qui était assez privilégiée, I guess. On est dans un… Tu sais, le fait qu’après ça, tu t’attends à ce que ça va être ça, ta vie. Puis tu étudies pour que ça soit ça, ta vie aussi. Puis après ça, tu te rends compte que tu n’as tellement pas les outils pour maintenir ce lifestyle-là. Puis tu es comme, est-ce que je vais devoir vivre en dessous du niveau de vie que j’ai eu tout le reste de ma vie avant?

Fait qu’à ce moment-là, ça te claque dans la face, là. Je me dirais, qu’est-ce que tu fais pour changer ce portrait-là? Parce que justement, tu te trouves avec ton 5000 en banque, tu fais quoi?

Et en lien avec ce que tu viens de dire, je vais répondre à ta question. Ça, pendant plusieurs années, parce que quand j’ai fait la transition de salariat à entrepreneur, j’ai moins gagné, donc j’ai perdu mon niveau de vie. Mais je n’ai pas adapté mon niveau de vie. Tu veux dire, tu as maintenu des dépenses élevées? J’ai maintenu mon niveau de vie avec des revenus en moins. Oups.

Et en fait, et je peux te dire, ça fait cinq ans que je fais ce que je fais, ça fait cinq ans que j’ai le podcast, ça fait cinq ans que je discute d’argent avec tous les gens qui veulent bien discuter d’argent avec moi. Donc je sais que nombreux sont les gens qui vont refuser ou retarder le moment où ils doivent adapter leur train de vie à la baisse et faire d’autres choix sacrificiels.

Et moi, j’ai préféré sacrifier mon trésor de guerre, mon épargne, mes économies, les voir baisser. J’ai préféré faire ça plutôt que d’adapter mon train de vie à la baisse. Et je serais étonnée de savoir tout ce que les gens sont prêts à accepter pour ne pas avoir à revoir leur train de vie à la baisse. Oui. On reste optimiste. On se dit, ça va se régler. C’est juste un mauvais espace. J’ai des épargnes exactement. Pour ça, c’est à ça que ça sert mes épargnes. Exactement.

Donc, on est prêt à faire beaucoup de choses qui nous sont dommageables pour maintenir les apparences. Parce que, tu vois, c’est un peu ça aussi. C’est un peu ça. C’est d’ailleurs plus ça que vraiment le confort qu’on va sacrifier. Et enfin, tu vois, moi, j’aurais adapté mon train de vie. Fondamentalement, je n’étais pas dans l’obligation non plus de changer le lieu de vie. Voilà, c’est juste, il aurait fallu que j’adapte mes sorties, mes dépenses, mes loisirs et quelques trucs. Mais même ça, je n’ai pas voulu le faire, tu vois.

Oui. Donc, pour répondre à ta question, OK, de qu’est-ce qui se passe après? Le premier problème qui se présente à moi, donc effectivement, j’avais un problème de revenu parce que ma boîte ne me payait pas énormément. Donc, j’ai continué à travailler sur ma business. Donc, ça, c’est pour travailler sur la partie revenu. Et puis, sur la partie, on va dire, dépenses, je me suis engagée dans une quête budgétaire pour essayer de comprendre où mon argent partait.

Et c’est vrai que ça m’a amenée sur une voie qui… C’est ça qui a allumé la flamme. Parce que du coup, je me suis dit, OK, donc, qu’est-ce qui fait que je n’ai pas adapté mon train de vie? Qu’est-ce qui fait que je savais ce qu’il fallait faire et que je ne l’ai pas fait? Et c’est là que j’ai commencé à mettre le doigt dans la psychologie de l’argent, appliqué à la finance du quotidien, tu vois.

Mais je me suis rendu compte que qu’est-ce qui fait qu’à peu près tout le monde sait ce qu’il faudrait faire avec son argent? Être modéré dans ses dépenses, épargner, puis investir l’argent qu’on a pas, pour gagner plus. Et puis, si possible, se former un peu pour le faire intelligemment et faire fructifier son argent, pour pouvoir faire plus de projets, s’offrir plus de perspectives de vie, etc. Enfin, voilà, la belle histoire, quoi. On sait à peu près, on sait pas exactement tous les détails de comment il faut faire, mais on sait qu’il y a Internet, qu’on peut se former, qu’on peut écouter des podcasts. Il y a beaucoup de ressources. En vrai, c’est faisable, tu vois.

Pourquoi est-ce qu’on le fait pas? Pourquoi est-ce que, pour certains, on dépense plus que ce qu’on gagne? Pourquoi est-ce qu’on attend le dernier moment pour faire les changements qu’il faut qu’on fasse dans son business? On attend que c’est dans un mois qu’on touche plus le chômage? Pourquoi est-ce qu’on repousse? Pourquoi est-ce qu’on sait qu’il faut qu’on soit visible et qu’on fasse des stories tous les jours et qu’on les fait pas? Et que la douleur de pas gagner d’argent est pas suffisamment forte?

En fait, tout ça, tu vois, je pourrais te donner mille exemples. Pourquoi est-ce qu’on va voir son patron alors qu’on est payé au lance-pierre? Et donc, c’est sur ma propre interrogation, ma propre vie que j’ai commencé. Et je me dis, mais pourquoi j’ai pas fait ce qu’il fallait faire? Je savais très bien, en final, ce qu’il fallait faire. Et donc, j’ai commencé à m’intéresser à la psychologie de l’argent. J’ai lu, je me suis intéressée à moi-même, j’ai essayé de faire une prospection.

Et puis, du coup, j’ai mis en application. Je me suis lancée comme défi de reconstituer mon épargne. Ça a très bien marché. J’ai utilisé des méthodes que j’ai découvertes dans la littérature anglophone, mais qui maintenant sont connues en France aussi. La méthode des enveloppes, etc. Je le faisais de façon virtuelle. Je le faisais pas avec des enveloppes, mais donc, assez rapidement, je me suis remise sur les rails, sur le volet budgétaire.

Et puis, surtout, j’ai découvert ce truc incroyable qui est la psychologie de l’argent, qui m’a passionnée, qui me passionne encore, qui est un sujet infini, comme tous les sujets qui sont liés à la psychologie, de toute façon. Et moi, appliquée à l’argent, je trouvais ça formidable, je trouvais ça passionnant. Et surtout, je trouvais que c’était un levier formidable. Parce que si je progresse sur moi et moi-même, moi et ma relation à l’argent, je trouve que ça a des impacts extraordinaires dans ma vie.

Là où, si je progresse sur d’autres aspects, ça a des impacts moins tangibles. C’est très concret, c’est très tangible, tu vois. Et du coup, c’est aussi par ce biais-là que je me passionne pour le sujet. S’en suit le podcast. Et puis, une fois que j’avais remis sur pied mon épargne et que j’avais de l’épargne, entre-temps, j’ai rencontré mon cher mari, qui est devenu mon mari récemment. Et puis là, on s’est lancé dans une autre aventure, qui est celle des investissements, pour diversifier nos sources de revenus.

Écoute, il y a moins de trois ans après que tu aies commencé, justement, à t’intéresser à l’argent sérieusement, tu as finalement atteint la liberté financière, ce qui est terriblement impressionnant, mais avant toute chose, qu’est-ce que ça veut dire pour toi, la liberté financière, à la base?

Ma définition, elle a évolué un peu à travers le temps, mais je pense que quand j’ai découvert le concept, c’est vraiment l’idée de pouvoir remplacer des revenus actifs, donc des revenus du travail, où on échange son temps contre l’argent, par des revenus passifs, ou des revenus de rente, on peut les appeler de manière différente. Et donc, à partir du moment où tu peux gagner autant en revenus passifs qui ne sont pas dépendants de ton temps de travail, en tout cas, tu peux subvenir à tes besoins, c’est-à-dire payer tes charges avec des revenus qui ne sont pas dépendants de ton travail, la définition de base, c’est ça la liberté financière.

Je n’ai plus besoin de travailler pour gagner de l’argent, parce que mes investissements me rapportent suffisamment pour couvrir à minimum mon train de vie actuel. Ça, finalement, même les gens qui y arrivent ne s’arrêtent jamais là. En fait, la promesse, c’est la retraite à 40 ans, c’est ne plus avoir à jamais rien faire de sa vie, mais sauf que finalement, les gens qui se lancent dans cette aventure ont toujours une petite étincelle de challenge, de défi, d’entrepreneuriat, tu vois, et en fait, ça ne s’arrête jamais là.

Finalement, tu te dis, si je peux arriver là, je peux aussi continuer à travailler un petit peu à côté et finalement, augmenter mes revenus puis je peux peut-être faire encore plus d’investissements et pas juste remplacer mes besoins. Ça devient comme un jeu. Exactement. Ça devient comme un jeu puis aussi le fait que tu atteins cette liberté financière-là qui, du fait que ton train de vie, ton lifestyle est déjà couvert par des trucs qui, comme tu dis, ne nécessitent pas du travail actif, ça fait en sorte que tu as ce filet de sécurité-là pour essayer des nouvelles choses.

Tandis qu’il y a beaucoup d’entrepreneurs qui vont se lancer qui n’ont pas, ils ont juste leur travail actif. Il faut qu’ils travaillent leurs 35-40 heures semaine si ce n’est pas plus pour beaucoup. Ils vont travailler tout ce temps-là puis après ça, sur le side, le soir, la fin de semaine, ils vont travailler encore plus pour bâtir leur truc. Mais si leur entreprise ne fonctionne pas, ils n’en ont pas. Le seul plan B, c’est le salariat.

Donc, du fait que tu as ce filet-là, tu peux te permettre d’expérimenter sur plein de choses. Ça ne veut pas dire que tu es wild puis que tu fais des moves d’investissement extrêmement risqués, mais je pense que tu peux te le permettre un peu plus là où argent rime avec liberté. C’est pour ça qu’on appelle ça la liberté financière. Tu vois, c’est la rencontre des deux. L’argent est un formidable vecteur de liberté.

Et oui, on peut expérimenter une certaine forme de liberté sans l’argent, c’est-à-dire se libérer d’un certain nombre de codes sociaux. Il y a des formes de liberté, tu vois, qu’on peut déjà acquérir sans… Ça n’a rien à voir avec l’argent. Mais il y a aussi plein de libertés qui sont dépendantes de combien on gagne. La liberté, pour certains, de choisir auprès de qui je veux travailler, de choisir ses clients, de choisir là où on veut vivre, de choisir ce qu’on veut faire de son temps.

En fait, on est toujours limité par son niveau de revenu, tu vois. Donc, dans la gamme de vêtements que je peux me payer, ou si tu veux supporter des artistes locaux, des créateurs qui mettent beaucoup de temps dans leur craft, dans leurs matériaux, ça coûte des sous. Donc, si tu veux investir là-dedans, tu as besoin d’avoir ces ressources-là. Et ça, ça devient une option, une liberté pour toi.

Tu touches à un truc, c’est que, de plus en plus dans le discours, l’argent se heurte à l’écologie, tu vois, et c’est tellement culpabilisant d’avoir de l’argent et de vouloir de l’argent parce que on y voit un effet dévastateur ou destructeur. Et ça, c’est ultra culpabilisant et surtout, je pense que ça fait énormément de dommages à une société. Pour que le système fonctionne, il faut qu’il y ait des gens qui aient envie de s’enrichir.

Quand tu penses, mettons, à n’importe quel nouveau produit innovateur, les premières personnes qui peuvent se les permettre, c’est les gens qui ont beaucoup de revenus. Puis une fois qu’il y a assez une masse de personnes qui achètent le produit, le produit coûte moins cher à créer, puis ensuite, il est plus abordable pour tout le monde. C’est la même chose avec les voitures électriques, c’est la même chose avec toutes les différentes technologies où ça prend des gens qui ont beaucoup de revenus pour faire baisser les coûts de production. Puis là, les produits de qualité dont tout le monde a besoin diminuent en coût et que tout le monde peut se le permettre.

Je pense que c’est difficilement entendable, mais une société pour vivre, elle a besoin de gens qui gagnent énormément d’argent. Et il y aura toujours des gens qui gagnent peu d’argent. Mais ça tient aussi au fait que tout le monde ne veut pas vivre la même chose dans les 70-80 ans 100 ans qu’on a à passer dans ce corps, dans cette vie et qu’il y a des gens qui ont envie de se consacrer aux défis, aux challenges intellectuels, techniques, etc. et ont envie de créer beaucoup de valeurs pour le monde.

Écoute, aujourd’hui, t’as beaucoup de projets qui continuent, combinant l’entrepreneuriat, l’investissement, le coaching, formation aussi. Parmi tout ça, c’est quoi l’expérience qui a eu le plus gros impact sur la Delphine que t’es aujourd’hui?

Je pense que c’est pas une, c’est le chemin global, en fait. Aujourd’hui, si je me présente, je suis investisseur, entrepreneur, créatrice de contenu. C’est un mélange de ces trois identités qui me définissent. Mais à la fois, j’ai l’impression d’être la même Delphine et je me vois pas évoluer. En même temps, j’ai l’impression d’être une Delphine totalement différente parce que la Delphine qui a fait ce chemin de faire un premier immeuble avec mon mari, un deuxième immeuble, un troisième immeuble. Entre-temps, on achète une laverie, puis on en achète une autre, puis on achète un car wash. Donc voilà, on achète de l’immobilier, on achète des business. J’ai mon business aussi, d’éducation financière, avec le podcast. Et tout ça se nourrit, forme un écosystème très cohérent d’investissement et de choses que j’aime, de passion, de challenge.

Mais c’est le mindset, tu vois, c’est basique, mais c’est qui je suis devenue pour pouvoir accomplir ça. Et c’est des petites incrémentations. Tu vois, si vous m’avez demandé ça il y a cinq ans et qu’on me parlait de mindset, j’aurais été persuadée que le mindset, c’était quelque chose qui se vivait par épiphanie, tu vois. Il y a des wow moments, genre, oh wow, je ne suis plus la même.

En fait, c’était que des petits trucs, tu ne les vois pas. Des petits changements intérieurs qui viennent parce que tout d’un coup, on était à fond dans l’investissement donc on avait arrêté de dépenser. On était vraiment dans tout ce qu’on gagne, on le réinvestit. Et puis, il a fallu qu’on change parce qu’on s’est rendu compte que ce mode-là qui nous avait servi pendant un temps ne nous servait plus.

Quand tu apprends, il y a cinq ans, si tu prends une échelle de 1 à 10, dans ta capacité à résoudre des problèmes de niveau 1 à niveau 10, peut-être il y a cinq ans, je me sentais à l’aise de résoudre des problèmes de niveau 3-4. Aujourd’hui, mon quotidien, c’est de résoudre des problèmes de niveau 7-8. Et c’est être entrepreneur, avoir la vie que toi et moi, on a choisi, c’est passer notre temps à résoudre des problèmes qu’on a choisi de résoudre mais à un niveau qui est de plus en plus élevé.

Écoute, t’as mentionné au début que t’as récemment acquis un lave-auto que t’as rénové, que t’as amélioré. Je voulais qu’on en parle parce que l’univers d’acquisition d’autres entreprises, déjà pour moi, c’est un mystère. Comment est-ce que t’as évalué leur potentiel avant de te lancer dans ces deux-là?

Il y a un peu un rapport quand même. Déjà, donc effectivement, tout ce que je fais sous la marque Richissime, c’est vraiment du travail, c’est mon business. Et tout ce que je fais à côté a un caractère qui doit être passif, qui doit être automatisable ou délégable. Donc, rapporter de l’argent et être automatisable ou délégable de sorte que ça m’implique un minimum de mon temps. D’où l’immobilier qui répond à ce critère-là.

Et puis, il se trouve que quand on rachète notre troisième immeuble, il y a une laverie dedans. Le propriétaire, à la base, veut juste se séparer des machines et nous, on se dit, on va lui reprendre sa laverie. C’est pas anodin, c’est que nous, dans le périmètre, on avait sept logements en location courte durée. Nos prestataires le faisaient chez eux. Mais du coup, là, nous, on y voit une opportunité.

En plus, il y a un espace de stockage derrière qui peut faire office de buanderie dans lequel on va organiser nos stocks et dans lequel on va pouvoir confier à un de nos prestataires la gestion du linge. Donc, tout le linge sale est mis dans une valise et elle vient une ou deux fois par semaine faire tout le linge de la semaine dans notre laverie. Donc, on y voit une opportunité et on y voit une deuxième opportunité qui est évidemment de tester est-ce que ce business-là qu’on juge assez facilement comme pouvant être automatisable ou délégable parce que ce n’est pas des gros… Il suffit que quelqu’un passe de temps en temps, tu vois, donc il n’y a pas besoin d’un salarié à temps plein pour que ça tourne.

Mon mythe ça aurait été, oui, mais les machines coûtent cher puis l’entretien des machines, s’il y en a une qui brise, ça va me coûter cher. C’est-tu juste dans ma tête ou…

En fait, ça dépend ce qu’on appelle cher, tu vois. Alors, c’est aussi pour ça que reprendre un business est beaucoup plus intéressant que de le créer, pour les mêmes raisons que acheter une voiture d’occasion, c’est plus intéressant que d’acheter une voiture neuve parce que finalement, ton investissement de base, il est moins important, mais ça te rapporte la même chose.

Et en plus, ça te rapporte d’autant plus la même chose que ta clientèle est déjà là le jour 1 où tu reprends le business alors que si tu crées une laverie, il faut que tu te fasses une clientèle qui doit s’habituer au fait que, ah bah tiens, il y a une laverie ici. Là, tu ne changes rien aux usages, tu vas juste venir améliorer le business pour mieux fidéliser les clients qui sont là.

Et tu vas changer éventuellement quelques équipements. Alors, les leviers les plus intéressants sur une laverie, c’est de racheter un truc qui est un peu moche, qui est un peu sale ou qui est un peu vieillissant et surtout, qui ne permet pas le paiement en carte bleue. Si tu as racheté une laverie comme ça, c’est hyper simple de facilement augmenter le chiffre d’affaires de 20%.

Déjà, tu vas faire un rafraîchissement, tu vas faire les peintures, tu vas faire un truc super joli. Ensuite, tu vas nettoyer parce que souvent, elles sont très mal nettoyées. Tu vends de la propreté, donc il faut que le moindre recoin de ta machine soit propre. Et tu n’imagines pas le nombre de laveries où on ouvre le capot pour mettre la lessive et c’est dégueulasse.

Et la dernière chose, c’est le fameux paiement sans contact avec la carte bleue. Automatiquement, tu vas capter des gens qui venaient avec leur petite pièce et qui n’avaient pas assez pour un cycle de séchage en plus. Et en fait, tu augmentes ton panier moyen de 10 à 15% et tu fais venir d’autres clients parce que tu as juste mis un terminal de paiement. Et tous ces investissements, ils sont facilement financés par une banque.

De sorte que aujourd’hui, les laveries et le car wash, ce sont les business les plus rentables. C’est des activités qui sont bien plus rentables que l’immobilier aujourd’hui pour nous. Pour te donner quelques chiffres, une laverie moyenne, ça se reprend 30 à 40 000 euros, c’est finançable par une banque.

Attends, attends, attends, acheter l’entreprise, le local, le stock des machines et tout. Pas les murs. T’achètes l’entreprise ou ce qu’on dit en français le fonds de commerce. Mais quand même, 30 000, c’est rien. Oui, c’est hyper accessible comme investissement. Alors, je ne sais pas comment c’est chez vous aussi au Canada, mais attention, parce que nous, c’est des petites laveries, tu vois, c’est genre la laverie classique.

C’est une, t’as dix machines. J’en ai une au coin en face de chez nous que ça ressemble à ce que tu me dis, justement. J’étais comme, moi, depuis que tu parles d’acheter des laveries comme ça, il y en a une en face de chez nous et je suis comme, toi, tu es à moi pour vrai. Mais c’est surprenant quand même que la valeur de l’entreprise, même sans le local lui-même, que la valeur de l’entreprise soit aussi basse.

Je vais te dire pourquoi, c’est simple. Parce que la plupart des gens qui achètent des laveries le font pour mettre des sous dans leurs poches. Pour prendre les petites pièces qui tombent à côté. Pour faire du cash non déclaré. Voilà. Donc, qu’est-ce que ça a comme conséquence? La conséquence, c’est qu’à partir du moment où tu décides que tu rachètes ce type de business pour te mettre un peu des billets dans les poches, forcément, ta déclaration annuelle à la fin, elle est basse, elle est sous-évaluée.

Ton chiffre d’affaires est sous-évalué, ton bénéfice est sous-évalué puisque tu joues aussi sur le fait que tu veux minimiser le bénéfice parce que tu ne veux pas payer d’impôts. Et donc, l’immense majorité des gens qui exploitent des laveries aujourd’hui le font pour ces deux raisons. Pour les billets qui peuvent se mettre dans les poches et pour minimiser le bénéfice pour payer peu d’impôts. C’est comme ça qu’ils gagnent leur argent en réalité. Ce qui fait que ton business, il n’a pas une énorme valeur quand tu vas le revendre parce que sur le papier, il ne vaut pas grand-chose.

Et donc, du coup, c’est des business qui, après, une laverie, ça fait, pour les moins bonnes, 20 000 euros de chiffre d’affaires. Pour les meilleures, peut-être 55 000, 60 000 euros de chiffre d’affaires. Donc, c’est normal que tu ne vas pas racheter ça à 300 000 euros non plus, tu vois. Je comprends.

Donc, tu rachètes ça, une laverie moyenne, avec un chiffre d’affaires qui a été minimisé. Tu l’achètes peut-être 30 000, 40 000. Si tu l’as acheté 30 000, 40 000, tu as maximum 5 000, 10 000 euros d’investissement à faire que tu peux aussi faire financer par la banque. Et normalement, si tu ne joues pas le même jeu que le propriétaire, mais si toi, tu fais vraiment le truc à fond, toi, tu peux monter un résultat à la fin de l’année à un peu plus de 20 000 euros, ce qui est notre cas.

Et avec 20 000 euros, la laverie, elle en vaut 80. Donc, nous, tu l’achètes 30, 40 000, elle ne faisait pas beaucoup de bénéfices entre 0 et 5. Tu augmentes ton chiffre d’affaires, tu multiplies le bénéfice jusqu’à 15 ou 20, on va dire, que tu arrives à monter le bénéfice à 15 ou 20 000. Et donc, tu as la valeur de ton actif qui a au moins quadruplé. Donc, en pas longtemps, tu as augmenté la valeur de ton actif.

Tu as mentionné avant que dans les choses que tu considères quand tu vas acheter des entreprises, justement, c’est la partie passive. Je peux comprendre comment une laverie peut être somewhat passive, mais gérer ces entreprises-là à distance, comme tu vis maintenant à Dubaï avec ta famille, avec une délégation qui est complète. Est-ce que c’est vraiment complètement autogéré ou il n’y a personne sur place?

Tu sais, je me dis, est-ce que c’est vraiment complètement autogéré ou il n’y a personne sur place? Tu peux peut-être pouvoir me répondre, mais c’est quand même un rêve de beaucoup d’entrepreneurs parce qu’à partir du moment où tu commences à générer assez de revenus, tu te dis, ben justement, je veux commencer à diversifier mes actifs, mais en même temps, je ne veux pas remplir encore plus mon horaire. Qu’est-ce qui est essentiel selon toi pour que ce type de business-là reste rentable, mais sans ta présence quotidienne?

Honnêtement, ça repose sur le fait de trouver les bonnes personnes pour déléguer ton business. Alors, c’est trouver les bonnes personnes et bien gérer ton système, tu vois? Donc, ça veut dire avoir mis des process en place et garder tes collaborateurs performants et motivés. Et c’est ça, ton seul job à la fin au final, tu vois?

Donc, ça implique un peu de faire du contrôle de temps en temps. En étant à Dubaï, on va revenir deux, trois, quatre fois en France tous les deux, trois mois, ça suffit pour venir faire des checks sur ton business. Si vraiment, ça part en couille, ton client te le dit aussi, tu vois? Et ton chiffre d’affaires s’en ressent aussi.

Mais nous, on a de la chance qu’on est partis à Dubaï après avoir mis en place ces systèmes-là. Et donc, on a déjà des gens de confiance, mais il faut quand même mettre en place un certain nombre de process. Donc, nous, la première chose qu’on fait quand on reprend un business, c’est tout documenter, faire des vidéos, toutes les procédures, les ranger, les trier, les classer.

Tu vois, cette semaine, sur le car wash, il y a eu un sujet, c’était les savons qui n’envoyaient plus de savon sur les voitures. Et en fait, la personne nous appelait, elle nous dit, j’ai fait telle, telle vidéo et ça n’a pas réinitialisé. Et en fait, il y avait une troisième vidéo, la personne ne l’avait pas vue, mais elle existait. Et du coup, heureusement que cette vidéo, on l’avait faite au début et que tout était dans la banque de données. Finalement, on a juste su lui, est-ce que tu as bien regardé la troisième vidéo? Il fait, ah oui, je m’en suis oublié. Et puis, il la regardait et puis en cinq minutes, le problème était réglé.

Mais ça, ça veut dire que vous avez passé énormément de temps à essayer de comprendre l’entièreté de cette nouvelle business-là qui était complètement nouvelle. Que ce soit la machine du lave-auto avec les rouleaux, le savon, le passage. Il y a une complexité plus importante techniquement sur les lave-auto que sur les laveries. C’est sûr. Les laveries, c’est vraiment très simple.

En fait, ce qui se passe, et ça, c’est le plus efficace, de toute façon, la personne à qui tu rachètes le business, il faut négocier avec elle qu’elle va t’accompagner pendant un certain temps. Et donc, nous, ce qu’on a fait, surtout sur le deuxième, c’est qu’on a fait toute cette phase de reprise, de signer et d’avoir les clés. Et du coup, on a passé du temps, c’est principalement mon mari qui fait ça. Il est ingénieur, il adore la technique, donc cette partie-là du business, c’est lui.

Et du coup, c’est lui, effectivement, il allait en rendez-vous avec le cédant et en fait, il lui expliquait tout. Donc, tiens, aujourd’hui, on va avoir telle machine, tel fonctionnement, voilà comment on recharge, voilà à quoi ça sert. Et à chaque fois, il a son téléphone, il filme, il filme et quand il rentre, il classe les vidéos qu’il a faites pour les procédures.

Au final, t’as besoin de connaître ton outil. C’est comme quand t’es entrepreneur dans le web, finalement, au début, c’est toi qui fais tous tes tunnels de vente avant que tu les délègues totalement, mais t’as besoin de savoir quel email par quand. Et de toute façon, il faudra 8, 15, 20 heures de passation avant qu’il soit autonome pour comprendre, ah oui, donc il y a tel email que t’envoies à tel moment, partir de là pour toucher telle cible avec tel call to action.

C’est transposer un autre monde, c’est une autre complexité, mais qui finalement, c’est juste parce que c’est un inconnu que ça te paraît complexe. Mais pour quelqu’un qui a jamais travaillé dans le web, je peux te dire que tout ce qu’on fait, c’est du charabia et c’est autrement plus complexe. Donc voilà, c’est il y a un temps de passation qui est de quelques dizaines d’heures que tu fais souvent avec le cédant, il ne faut absolument pas penser que tu vas tout retenir, c’est une grave erreur et il faut tout documenter, processiser.

Si tu as déjà la personne à qui tu vas déléguer, il faut faire toutes ces réunions avec lui et puis comme ça, lui, il y a assisté aussi mais en plus, il a les vidéos parce que lui non plus, il ne s’en rappellera pas six mois après. Après, le système de rémunération, d’incentive, tout ça, tout ça joue.

C’est une belle database que vous avez créée mais qui était nécessaire et qui me fait penser aussi que pour les personnes qui écoutent, qui ne veulent pas seulement acheter des entreprises mais peut-être vendre la leur, c’est peut-être quelque chose, je veux dire, on fait des processus à l’interne pour nous-mêmes pour déléguer à l’interne mais que ces processus-là, si sont bien faits, peuvent servir potentiellement à vendre l’entreprise.

Exactement. Alors, on se projette toujours sur des entreprises, surtout dans le web, de personal branding qui sont liées à soi mais la vérité, c’est que c’est valable quand même pour tous les business. Si tu as un business qui est capable de tourner sur lequel la personne rachète tes processus, voire même rachète tes équipes, qu’elles soient salariées ou freelancers parce que les équipes sont motivées pour continuer à travailler, tu rachètes le savoir-faire, tu ne rachètes pas juste les machines et le potentiel de cash, tu rachètes le système. Et ça, ça a une valeur qui est supérieure. C’est ça qui va faire qu’on va te racheter ta boîte, non pas peut-être trois fois le montant de ton bénéfice mais peut-être quatre ou quatre fois et demi le montant de ton bénéfice.

Tu as mentionné que tu avais de l’immobilier aussi et que les mêmes personnes qui gèrent laverie, le lave-auto t’aident aussi avec les propriétés immobilières. Premièrement, comment est-ce que tu fais pour trouver des personnes qui font les deux?

Alors, ça dépend de quoi on parle mais c’est vrai que tu vois, la personne qui nous aide aujourd’hui sur le lave-auto, c’était la personne qui à un moment donné, avec nous, faisait les ménages sur les locations de courte durée. Sauf qu’elle, en fait, c’est un freelance qui touche à tout et je pense qu’il y en a partout dans le monde des indépendants qui font plein de choses qui sont doués et qui sont des travailleurs.

Il se trouve que Éric, pour ne pas le nommer, Éric on t’aime. Éric, il a monté son auto-entreprise et il faisait des ménages, il faisait du bricolage, il faisait des petits travaux de maintenance, de peinture et des jardins. Tu vois, un peu la personne polyvalente à tout faire qui fait des choses de ses mains et donc, tu vois, l’hiver, il était content d’avoir des ménages d’intérieur parce qu’il n’y avait pas de jardin et puis il était hyper busy sur les travaux de jardin, etc.

Et du coup, quelqu’un qui a un savoir-faire un petit peu technique mais qui est sur tout quelqu’un qui a envie d’apprendre, qui est un travailleur, etc. Et nous, depuis le début, on a un relationnel incroyable avec lui donc quand tu lui as dit ça te tente l’aventure du car wash, il a dit oui tout de suite.

Et donc, c’est quoi la mission sur un car wash? C’est des routines, donc des checkpoints un petit peu partout pour vérifier si ça marche ou si ça ne marche pas. C’est du nettoyage, ça reste un site à nettoyer, il faut vider des poubelles, il faut contrôler le bon usage des machines. Il y a beaucoup de nettoyage sur un car wash parce que du coup, les gens viennent nettoyer leur voiture, ça fait beaucoup de projections, etc.

Ensuite, il y a un peu de technique. Il faut savoir que dans les laveries et les car wash, dès que c’est un peu trop technique et que c’est au fonctionnement même des machines, il y a des sociétés spécialisées qui font ça. Ils sont partout sur le territoire parce que partout sur le territoire, il y a des car wash et des laveries. Donc, ça, c’est vraiment une partie qui est déléguée à des sociétés spécialisées et lui-même, quand on est à court d’idées sur ce qui ne marche pas, on les appelle et en général, c’est des gens avec qui on contracte l’entente et qui viennent dépanner en 24 à 48 heures.

Mais avec autant de responsabilités et de sources de revenus différentes que ce soit justement ta business, l’éducation financière, les différents actifs de l’immobilier avec les différentes compagnies aussi, comment est-ce que tu fais pour organiser ton attention et ton énergie et ne pas te disperser?

Alors, on est deux, ça aide et on est très complémentaires. Donc, tu vois, c’est rare qu’on soit tous les deux dans une urgence à côté qui fait qu’on ne peut pas se libérer. En vrai, tu sais, le système, on a très peu de grosses urgences à gérer parce que le système est vraiment bien délégué.

Maintenant, on a eu à faire des réorientations de focus. Là, on s’est séparés sur les trois immeubles qu’on avait achetés. On en vend un dans quelques jours. Pourquoi? Il y a plusieurs raisons parce qu’il était un petit peu plus loin, on avait un prestataire pour cette zone-là et du coup, il a arrêté. Donc, nos prestataires actuels se déplacent sur cette zone-là et c’était moins pratique. Et c’est le premier, c’est celui où on avait le plus de cash à récupérer d’une vente. Donc, du coup, c’était intéressant à ces deux titres-là et parce qu’on voulait peut-être avoir un petit peu moins de biens pour que ce soit un petit peu moins de gestion le temps qu’on puisse restructurer, mettre en place les processus.

On avait envisagé pour 2025 de refaire de l’immobilier et finalement, on a dit non, ce n’est pas le focus principal. Le focus principal, il sera sur Richissime. Le focus secondaire, il sera sur continuer à racheter des business et si on a de la place, tu vois, on a forcément des variables d’ajustement.

2025, la variable d’ajustement, c’est l’immobilier. Si on peut faire un projet très bien et si on ne trouve pas la bande passante, on n’en fera pas. Mais oui, évidemment, on a tous 24 heures dans une journée. On a aussi un enfant comme toi donc ça nous occupe. Donc, on est très organisé, on délègue énormément. Du coup, maintenant, on a des équipes pour tout.

Après, ça n’empêche que, on parlait d’argent, d’avoir de l’argent dans son business, voilà, voilà ce que ça permet de faire. On a fait des erreurs sur Richissime, c’est des fois de vouloir déléguer trop vite, notamment à des agences, tu vois, externalisées. Ça, pour se rendre compte que sur plusieurs sujets, on a envisagé la vente, on l’a envisagé, je l’ai testé pendant deux ou trois mois sur le contenu et en fait, aujourd’hui, on se dit, ben non, la voie la meilleure pour notre business, c’est de prendre le temps d’internaliser.

Alors, on n’a pas de salariés, mais on a des équipes de freelance qui bossent, qui ont maximum deux ou trois clients dont on est un client principal. Des gens qu’on forme à notre méthode, à notre façon de faire, et pas déléguer des pôles stratégiques de notre business, mais ça, ça prend un temps fou. Tu vois, déléguer, à un moment donné, tu te dis, bon ben, je me signe en bas du contrat, je paye et je fais une petite phase de, allez, on leur consacre un peu d’heures pour les mettre un peu au parfum. Yeah, right.

La baisse de productivité est massive quand tu délègues comme ça. On a tous eu cette faiblesse de penser qu’à un moment donné, il suffisait de payer une agence pour qu’elle fasse le job. Moi, je me suis fait avoir plusieurs fois, tu vois. Mais non pas que c’était une arnaque, c’est juste qu’à un moment donné, je pense que ça ne marche pas pour plein de situations.

Mais t’espères que c’est une solution magique. T’espères que tous tes problèmes vont être réglés parce qu’ils t’offrent un package qui, on paper, a l’air magique puis t’es comme, oh oui, il y a des résultats. C’est plus que toi, t’as comme tellement une douleur à un certain endroit dans ta business que là, de le déléguer, c’est comme, ah, finalement, je ne veux plus jamais m’en occuper.

Donc, le problème, il vient autant de toi que des deux. Du coup, aujourd’hui, en fait, on internalise et ça prend un temps fou. Monter une équipe de vente, ça prend un temps de malade. Et c’est mon chéri qui, du coup, prend ce truc-là. Nous, on a fait le choix de prendre des gens qui ont envie de travailler pour nous, qui n’ont pas nécessairement de background de vente, de les faire former par une amie qui a une académie closing éthique, Katia Delamotte, et ensuite, de les récupérer en tant que débutants.

Donc, on a zéro process. Donc, on doit tout écrire. La formation avait permis d’élaborer des scripts, mais évidemment qu’il faut tester, qu’il faut confronter à la réalité. Il faut regarder quasiment tous les calls de tout le monde au début pour voir les marges d’amélioration et s’améliorer tout de suite. Sinon, on perd de l’argent parce qu’on envoie des leads qualifiés à des gens qui ne savent pas encore bien closer.

Et donc, pour Benoît qui a géré ça, ce projet au sein de Richissime, mon chéri, c’était un temps plein à faire ses propres calls, à analyser tous les calls de tout le monde, à faire des feedbacks, à mettre en place des process, à se rendre compte qu’à bas main, on a trop de no shows, donc il faut un process ici, il faut rajouter un truc. Ah, là, on a des prospects moins qualifiés, donc il faut leur envoyer vachement de contenu avant.

En fait, c’est énorme la base de travail et pour l’instant, c’est un quasi-temps plein depuis quatre mois pour Benoît et on a encore besoin et c’est pas fini, tu vois. Mais c’est comme acquérir une nouvelle business. En fait, quand tu arrives avec un nouveau modèle de vente dans ce cas-ci, c’est exactement la même chose que tu as faite avec la laverie puis la voiture. Je veux dire, au final, il faut que tu comprennes tellement bien les processus pour être capable de les documenter puis ensuite pour les déléguer puis savoir qu’est-ce qui est bon puis qu’est-ce qui est pas bon.

Je pense que c’est absolument nécessaire, mais il faut accepter dans son business qu’à un moment donné, effectivement, ça va prendre du temps et donc, si tu as plein d’autres projets à côté et que tu as quatre mois de temps plein pour monter une équipe de closing performante, forcément, tu vas peut-être accepter de ralentir la croissance de ton business pour que ce soit bien fait. Non, absolument.

Puis je veux dire, il y a ce mythe-là que ça va être, acquérir des entreprises, avoir plusieurs projets en même temps, ça va être énormément de temps. Je pense que tu l’as prouvé aussi qu’il y a des systèmes à mettre en place puis qu’éventuellement, quand tu le fais comme il faut, ça en prend moins avec les bons processus puis les bonnes personnes aussi, mais qu’il y a certains moments, certains projets qui vont en nécessiter plus.

Ça serait quoi le plus gros mythe autour de l’acquisition ou de gérer des entreprises qui génèrent des revenus passifs pour les entrepreneurs, selon toi? Est-ce que ça serait le temps, ou est-ce qu’il y a d’autres choses que tu penses que les gens pensent dans leur tête et qui les empêchent de passer à l’action?

Le plus gros frein, c’est que c’est impossible. Le plus gros frein, oui, parce que la délégation fait peur à tout le monde. Trouver des gens, les garder motivés, tu vois, c’est des compétences mine de rien, tu vois, HR plus ou moins, ça demande de multiples compétences, de savoir lire une personne, tu vois, de savoir négocier, cadrer une relation, driver la performance, incentiver la personne, la maintenir motivée.

Enfin, ça demande tellement de compétences que les gens n’ont souvent pas très envie d’acquérir, qu’ils voient que l’effort qu’il y a à faire, tu vois. Et puis, il y a ceux qui ont des expériences malheureuses sur le sujet parce qu’ils ont voulu déléguer un truc un jour et puis c’est pas bien passé. Enfin, tu vois, où ils ont eu une mauvaise expérience avec une femme de ménage et du coup, c’est pour la vie. Je ne ferai plus jamais confiance à personne. C’est moi. Sinon, c’est personne.

Oui, je connais du monde de même. Non, mais tu vois, pour beaucoup de gens, c’est… Si ça s’est mal passé une fois, c’est une limite. Et, ben, OK, mais du coup… OK. Mais si c’est la philosophie que vous appliquez dans votre vie, effectivement, vous n’irez pas loin, en fait. C’est pas possible. Là, on s’arrête au problème numéro 3 et on décide qu’on ne le résoudra jamais.

Et donc, la clé que vous restiez dans l’entrepreneuriat ou que vous basculiez aussi sur l’investissement, elle est de se dire que vous allez vous heurter à des problèmes, à vous de décider si vous avez envie de les résoudre pour grandir. Dans son business, c’est tout pareil. Donc là, on parle d’investissement, on parle de racheter des business, mais si on parle facilement de parler de son business, si vous n’avez pas envie de résoudre le problème de s’exposer à la critique, si vous n’avez pas envie de le résoudre, vous ne grossirez pas.

Oui, parce que la critique peut venir de l’intérieur aussi avec les employés et comment il peut y avoir des conflits. Puis là, on s’entend, on parle de situations conflictuelles, mais des fois, c’est juste de comment est-ce que régler un problème, genre gérer des gens. C’est aussi un peu avoir ces critiques-là, même si ce n’est pas des critiques genre « Arc, j’aime pas tes cheveux rosses », ça peut être vraiment des critiques, mais d’être capable de gérer ça et d’être capable de, comme tu as dit, cadrer l’équipe et avoir ce rôle-là de supervision.

Il y a une espèce de… Je ne veux pas parler de hiérarchie dans le sens où tu n’es pas plus important que l’autre personne, mais au final, c’est toi qui as le droit de veto. C’est ça. Tu es leur employeur, tu leur fournis du travail. Donc, de fait, tu es un client pour eux. Ils sont des fournisseurs pour toi si on rabaisse un petit peu la relation.

Mais même si c’est des relations de collaboration où on se voit d’égal à égal et nous, c’est plutôt comme ça qu’on voit les choses, ça reste que j’ai des attentes pour la prestation qui va me rendre. Et il a des attentes vis-à-vis de moi en tant que le client que je suis sur la manière de le traiter, sur la manière d’arbitrer certaines situations, sur plein de choses. That’s life.

Et tu vois, une partie de notre job aussi, c’est qu’ils sont là-bas. Tu vois, gérer les ménages durant tous nos logements. Cet été, on en avait sept. Sept logements en location courte durée. La personne qui gère le ménage sur tout un été, la grosse saison, plus elle a d’autres clients. À un moment donné, tu sais, elle nous sollicite, Laurine, elle nous envoie des messages et des fois, elle nous envoie des messages pour des problèmes qu’elle sait résoudre. Mais on est obligés de l’écouter. Parce qu’en fait, elle est toute seule, tu vois.

Elle nous envoie ce message-là pour dire, je rencontre ce problème aussi parce que… Elle, son été, c’est tous les jours faire des ménages. Des fois, elle en assiste la journée parce qu’il y a des voyageurs qui s’en vont et qui partent, tu vois. Donc, ton rôle, c’est aussi de comprendre qu’elle est en train de vivre une période qui n’est pas facile. Et du coup, oui, ce problème-là… Quelqu’un va me faire chier avec ce problème alors que c’est exactement ce qu’il faut faire dans ce cas-là? Tu vois, tu pourrais dire ça. Ou alors, tu peux te dire, en fait, elle a besoin de me parler, elle a besoin que je compatisse avec elle, elle a besoin que des fois je prenne un petit peu le relais pour lui dire, putain, ils sont relous les voyageurs. Tu vois, râler avec elle.

Valider ce qu’elle vit et la manière dont elle gère les choses et finir la conversation avec Well done. Bravo. Oui. C’est cool. J’ai particulièrement aimé la manière dont t’as géré ce truc-là.

Écoute, je pense que c’est quelque chose qui, cette expérience-là, humaine, de délégation, d’être la personne que ton équipe a besoin, c’est quelque chose qui se bâtit avec l’expérience aussi. Fait que, pour les gens qui écoutent, qui considèrent peut-être acheter des nouvelles entreprises et tout, puis qui ont peur finalement de le faire à cause de ce nouveau rôle-là. Je pense que c’est quelque chose qui, comme n’importe quoi, comme dans l’entrepreneuriat, comme les problèmes de niveau 3 à niveau 7 qu’éventuellement, ça devient de plus en plus facile.

Écoute, j’ai eu le temps pour une dernière question. Sachant tout ton parcours, sachant tous les projets que t’as entrepris, mais aussi sachant de où t’es partie. Est-ce que tu penses que tout le monde peut atteindre la liberté financière ou est-ce que c’est réservé à ceux qui ont une certaine base ou des privilèges de départ?

C’est vachement dur à répondre à cette question. Tu vois, d’un point de vue théorique, tout le monde peut et tout le monde n’y arrivera pas. Mais parce que je pense que c’est pas une question de… Alors, c’est absolument pas une… C’est une question de privilèges, mais pas ce qu’on pense. C’est pas une question de privilèges de combien tu as d’argent au départ. C’est une question de privilèges de là. Dans la tête. De la tête. De la psychologie du mindset.

J’ai passé cinq dernières années dans la région de Dunkerque, dans le Nord, qui est une région ouvrière, qui est une des régions les plus pauvres de France. Et la reproduction sociale, c’est ce qui fait plus de mal à notre société, tu vois. Quand tes parents n’ont jamais bougé du petit bled, quand t’as jamais bougé du petit bled, quand tes parents n’ont jamais fait d’études et que du coup, toi, tu te dis je vais aller travailler à l’usine du coin. C’est-à-dire que le chemin qu’il faut que tu fasses pour atteindre la liberté financière, le plus gros chemin qu’il faut que tu fasses, c’est dans ta tête. C’est tes barrières.

Parce que la vérité, c’est que celui qui a des parents middle class, qui a peut-être fait un petit peu plus, bac plus 2, machin. Même si lui, il gagne la même chose que toi, il gagne un SMIC. Potentiellement, vous gagnez la même chose à l’usine, mais lui, il n’a pas le même bagage. Il n’a pas le même écart à faire pour se dire que c’est possible. Il n’a pas accès aux mêmes choses, il n’a pas accès à la même culture. Et c’est cette inégalité-là qui est la plus dure à combler.

Donc, c’est une question… Est-ce que c’est une question de privilège? D’une certaine manière, oui, ça dépend d’où tu es né et de ton environnement, mais donc, ça dépend essentiellement de l’environnement que tu as connu. Et puis, il y a les ovnis, les gens qui ont grandi dans des environnements de merde et qui se transcendent, tu vois, qui ont cette rage, qui ont ce truc, qui vont devenir des multimillionnaires alors qu’ils ont connu des situations de merde. C’est une histoire de médias que tout le monde adore. Mais la vérité, c’est que l’immense majorité des gens qui vivent dans des milieux peu favorisés sont tellement imprégnés d’un mindset de leur entourage.

On est le reflet de notre environnement. Donc, quand ton environnement n’a pas de perspective, tu ne t’offres pas de perspective. Mine de rien, le cas numéro 2 que je t’ai cité, il a peut-être des petits camarades qui ont fait quelques études, qui ont fait bac plus 5, qui sont allées étudier à 300 kilomètres. Mine de rien, ton horizon n’est déjà pas le même. Et donc, le trajet que tu as à parcourir pour arriver à ton rêve, il est beaucoup moins grand que celui qui est resté dans son bled, alors même que sur le papier, vous gagnez la même chose.

Puis tu sais, au final, je pense que quand on parle de privilèges, on parle aussi de genre, on parle aussi de couleur de peau, on parle aussi de toutes ces choses-là. Puis tu sais, la première étape que tu as faite, ce n’est pas d’aller investir dans différentes entreprises. La première étape que tu as faite, c’est l’épargne. Une fois que ça s’est fait, après ça, investir dans l’immobilier ou dans des différentes entreprises comme ça, j’aime croire que ton genre ou ta couleur ne fait pas vraiment de différence parce que c’est toi qui es en contrôle de l’achat de tes actifs versus quelqu’un qui est en contrôle de comment est-ce que tu es rémunéré. Est-ce que c’est moi qui vois ça à travers mes lunettes roses ou est-ce que ça fait du sens?

Oui et non. Il y a un peu de lunettes roses là-dedans. Tu vois, nous, on ne reçoit pas du tout les mêmes messages en tant que femmes que les hommes, par exemple. Il y a l’argent depuis qu’on est toute petite. Donc, forcément, on aura mille fois plus de barrières au moment où il s’agira de faire réellement des choses.

C’est sûr que recevoir un prêt de la banque, par exemple. Ce genre de truc-là, peut-être que ça peut être plus compliqué. Mais tu sais, acheter de l’immobilier… Ce n’est pas forcément plus compliqué parce que le banquier va mal te considérer ou va mal te parler, même si ça arrive aussi que le banquier regarde monsieur et finalement, ne te parle pas trop, tu vois.

Oui. Ça arrive, c’est des situations qui arrivent, mais dans l’absolu, déjà, la barrière, c’est toi-même te dire que tu peux, par exemple, aller investir toute seule sans avoir besoin d’avoir un conjoint, quoi. Oui, oui, oui. Déjà ça. Mais ça revient à ton mindset initial. Ça revient à la question dans la tête. Les hommes ne se posent pas la question de ce que je dois attendre d’avoir une femme pour pouvoir investir. Ça paraît absurde, tu vois. Alors que les femmes vont se dire est-ce que je suis capable de faire un projet toute seule? Donc là, il y a une inégalité.

Je suis trop peu sachante sur l’inégalité de peau, d’où tu viens, de ton nom. Mais j’imagine évidemment que ça a un impact aussi. Et j’imagine que ça existe forcément aussi dans l’investissement. Donc, il y a probablement un peu plus de barrières quand tu vas démarcher à un cédant et que lui, c’est un vieux de la vieille, blanc en une campagne et que toi, tu arrives et que tu t’appelles Abdoula. Peut-être que tu n’es pas son repreneur idéal et tu dois surmonter une barrière supplémentaire, tu vois.

Donc, oui, tu es à la fois plus en contrôle, mais c’est quand même le reflet de… Le parcours que tu vas devoir faire est quand même le reflet du parcours que tu veux faire dans la vie.

Effectivement. Écoute, je pense qu’à la question est-ce que tout le monde peut atteindre la liberté financière, je pense que oui. Oui, la réponse est oui, pouvoir, mais de considérer ça et de considérer ça aussi quand toi, tu es dans cette position-là de pouvoir et de comprendre aussi que, mettons que tu étais pour vendre ta propre business, à qui est-ce que tu vas le vendre? Évidemment, on parle de compétences, on veut vendre à quelqu’un avec qui qu’on clique, et ainsi de suite, mais je veux dire, de prendre ça en considération dans nos propres choix de vente.

Écoute, c’est tout le temps que j’avais pour cette entrevue-là aujourd’hui, j’ai fait 20% de mes questions à peu près. Où est-ce qu’on peut te retrouver sur Internet, Delphine?

Instagram, c’est là où je suis la plus active, même si en ce moment, c’est pas ce qui se voit le plus bien. Richissime podcast, le handle sur Instagram, et puis évidemment, le podcast, si vous écoutez Effrontée, vous savez très bien où est-ce qu’on trouve un podcast, donc vous saurez me trouver Richissime, le podcast, tout simplement.

Si toi qui écoutes, tu peux revisiter le contenu partagé durant l’entrevue, cliquer sur un des liens qu’on vient tout juste de mentionner, tu vas retrouver tout ça dans les show notes de l’épisode d’aujourd’hui au GenevieveGauvin.com slash effrontée-109. Puis si tu as aimé l’entrevue aujourd’hui, parce que pas si, parce que tu as aimé l’entrevue aujourd’hui, partage l’épisode dans tes stories sur Instagram, puis tu peux taguer mon compte @_genevievegauvin et celui de Delphine @richissimepodcast pour nous dire c’est quoi la chose que tu as retenue de la discussion.

Il y a eu bien des sujets spicy aujourd’hui, fait que j’ai hâte de voir qu’est-ce qui va ressortir le plus. Delphine, un énorme merci pour ta participation sur Effrontée aujourd’hui. J’ai adoré cette discussion-là. Merci Geneviève. Tu sais, c’était encore différent de l’habitude et j’ai adoré les sujets qu’on a abordés. Yes! All right! Bye gang! On se reparle la semaine prochaine. Bye là!

T’as aimé l’épisode? Évidemment, vu que t’es rendu jusqu’ici. Merci pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter Effrontée, la meilleure façon de le faire, c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast. Puis vraiment, c’est super simple à faire. Va sur l’application Apple Podcast puis tape « Effrontée » dans la barre de recherche. Une fois que tu m’as trouvé, clique sur « S’abonner » puis descends en bas de la liste d’épisodes jusqu’à la section « Évaluation et avis ». Puis à partir de là, c’est à toi de jouer. Laisse-moi 5 étoiles si t’aimes le contenu du podcast puis laisse-moi un témoignage. Dis-moi pourquoi t’écoutes le podcast puis comment est-ce que ça a un impact sur ta business puis ta vie. Un énorme merci d’avance d’avoir pris le temps. C’est vraiment des gens comme toi qui font que le show continue. À la semaine prochaine, là!

Pis toi? T’en as pensé quoi?

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