Effrontée

Rédiger un livre en 18 mois: le processus complet de Tony Neves

04/06/2024

Rédiger un livre, c’est sur ma bucket list depuis le primaire. Et si t’es comme moi, tu sais que l’idée est séduisante mais le chemin de l’idée au livre imprimé, il est beaucoup moins clair. Rédiger un livre d’affaires avec une maison d’édition, ça implique des deadlines, des contrats, un processus de rédaction et de réécriture, et une stratégie de lancement qui ressemble beaucoup plus à un lancement de business qu’on ne l’imagine. Dans cet épisode, j’accueille Tony Neves, formateur en ligne et auteur de Solopreneur par Tony Neves (aussi disponible sur Amazon FR), pour disséquer son processus de A à Z: comment il a accepté un contrat sans sujet en tête, structuré 256 pages avec un fil rouge, géré les deadlines en parallèle de son business, et lancé son livre avec une stratégie marketing rodée.

Comment Tony Neves a décidé de rédiger un livre sans sujet en tête

En janvier 2023, les éditions Alizio contactent Tony Neves. Il accepte le contrat pour rédiger un livre. Il n’a aucune idée du sujet.

Ce qui l’a guidé, c’est pas l’audience, pas un sondage. C’est une intuition sur le type de livre qu’il voulait lire lui-même:

> « Moi, les livres que j’aime bien lire, c’est toujours quand on essaye d’expliquer les concepts, de ramener de l’histoire, du vécu. Et ensuite, on en tire les stratégies. »

C’est là qu’il a décidé d’écrire Solopreneur: L’art de créer un business en ligne au service de sa vie. Un livre qui mélange stratégie, croyances et storytelling. Pas une liste de 300 pages de conseils numérotés.

Il a aussi choisi de ne pas consulter son audience pour le sujet. Sa logique: si tu écoutes trop de monde, tu crées quelque chose qui ne te correspond plus.

> « Si tu écoutes un peu tout le monde, tu as tellement d’avis différents qu’au final, tu te retrouves à créer quelque chose qui ne te correspond pas vraiment. »

C’est un point qui revient souvent dans sa façon de travailler: partir de soi, d’abord.

Rédiger un livre: la méthode du fil rouge pour structurer 256 pages

Pour quelqu’un qui n’avait jamais rédigé un livre, le premier défi, c’est la structure. Écrire un article de 2000 mots avec une logique cohérente, c’est une chose. Rédiger un livre de 256 pages où les idées s’enchaînent avec une suite logique de la page 1 à la page 256, c’est une autre compétence.

Tony a suivi une formation sur l’écriture avec Laurence Ortegat (« J’écris mon livre signature ») et a découvert le concept du fil rouge:

> « J’ai passé peut-être 20% du temps uniquement sur le sommaire. J’ai passé peut-être une vingtaine d’heures ou une trentaine d’heures juste pour sortir le sommaire. »

L’idée: si le sommaire est détaillé et logique, l’écriture devient de l’exécution. Tu n’as plus à improviser la suite, tu remplis les sous-parties que tu as déjà définies.

Ce travail de structuration a pris le premier mois. Mais ça a rendu le reste fluide. Sur 200 heures de travail total pour rédiger un livre de 256 pages, environ un tiers a été dédié à l’écriture de la première version. Un autre tiers à la réécriture. Le dernier tiers au marketing, à la couverture, au titre.

Pour rédiger au quotidien, il s’est imposé une discipline simple: une heure chaque matin, sans internet, sur sa tablette Remarkable avec clavier. 1000 à 1200 mots par session.

> « Tous les jours une petite heure j’écrivais 1000 mots 1200 mots et en fait petit à petit comme ça je me retrouvais à la fin du mois avoir écrit 5 chapitres ou 4 chapitres sans même trop avoir bossé. »

Pas de retraites d’écriture d’une semaine. Pas de grosses sessions qui dépendent du mood créatif. Une récurrence simple, tous les jours. C’est souvent ce que les gens sous-estiment quand ils veulent rédiger un livre: la discipline du quotidien bat n’importe quelle retraite intensive.

Les croyances limitantes qui empêchent de rédiger un livre et de scaler son business

Rédiger un livre demande de la concentration sur 18 mois. Les mêmes croyances qui bloquent la croissance business bloquent aussi l’écriture. Une grande partie du livre de Tony, et de notre conversation, tourne autour de ces croyances qui bloquent les entrepreneurs. Pour lui, les 3 natures principales de croyances limitantes sont:

La peur du regard des autres. On ne fait pas des choses pour éviter le jugement. Pour Tony, ça s’est traduit par des années à hésiter avant d’augmenter le nombre de lancements par peur de « saouler les gens ».

La peur de l’échec. Classique mais réelle, surtout dans les phases de croissance.

La peur liée à l’argent. Ce que Tony nomme là-dedans, c’est pas juste la peur de ne pas avoir d’argent, c’est la peur de gagner plus:

> « Il y a beaucoup de choses que font les entrepreneurs ou que ne font pas les entrepreneurs qui sont liées à une peur de l’argent. Et ça peut être lié à plein d’histoires qu’on nous a racontées durant notre vie que pour bien gagner sa vie, il fallait forcément souffrir. »

Et à partir d’un certain palier, disons 5000 euros par mois, 90% de la croissance supplémentaire est affaire de croyance. Les stratégies changent peu. C’est l’exécution et la fréquence qui changent.

> « Les stratégies qu’on utilise quand on fait 5 000, 10 000 par mois ou 100 000 par mois, elles ne sont pas bien différentes. C’est la même chose, mieux exécuté, plus rapidement, plus de fois. »

Rédiger un livre vs lancer une formation: les différences clés

Un des échanges les plus intéressants de cette entrevue porte sur la différence fondamentale entre rédiger un livre et lancer une formation en ligne. Pour Tony, c’est pas le même jeu du tout.

Avec une formation, la qualité seule ne suffit pas. Le marketing, la page de vente, le funnel: si tu ne les travailles pas, la formation ne se vend pas, même si le contenu est excellent.

Avec un livre, c’est presque l’inverse. Le contenu fait le marketing lui-même, parce que le prix est bas.

> « À 20 euros il n’y a pas besoin de convaincre les gens. Les gens vont l’acheter. Mais maintenant comment est-ce qu’on arrive à convaincre les gens d’en parler? Ils en parlent uniquement s’ils l’ont trouvé excellent. »

On a nommé plusieurs livres dans cette conversation: Solopreneur par Tony Neves (Amazon FR), The One Hour Content Plan par Meera Kothand (Amazon FR), Company of One par Paul Jarvis (Amazon FR), Write Useful Books par Rob Fitzpatrick (Amazon FR), et The Almanack Of Naval Ravikant par Eric Jorgenson (Amazon FR). On en parle parce qu’ils nous ont marquées. Et c’est exactement pour ça que rédiger un livre de qualité est la seule vraie stratégie de distribution à long terme: c’est exactement la mécanique que Tony essaie de reproduire avec Solopreneur.

La stratégie de lancement de Tony pour rédiger un livre et le propulser a misé sur les précommandes et le placement physique à la FNAC, via son partenariat avec Alizio. Son raisonnement: un livre en librairie physique touche des gens qui ne feraient jamais partie de son audience en ligne.

Être solopreneure et croître sans grossir inutilement

Tony est solo. Son équipe compte lui plus 3 personnes à temps partiel. Et il assume les limites de ce modèle (les mêmes qu’il explore dans le livre qu’il vient de rédiger):

> « Je veux dire structurellement, il y a une limite que tu ne vas pas pouvoir dépasser. À mon sens, c’est compliqué d’être solo comme on en parle depuis tout à l’heure et d’avoir un business qui fait 50 millions à l’année. »

Mais cette limite, pour lui, est suffisante. Le modèle qu’il défend dans le livre: identifier où est l’argent dans ton business, couper ce qui ne rapporte pas, augmenter la fréquence de ce qui rapporte.

Il parle aussi beaucoup de bâtir une communauté autour de contenus alignés avec ses forces, et de créer un « ennemi commun » pour souder cette communauté. C’est d’ailleurs un des axes de son livre. Son ennemi commun: les business qui ne soutiennent pas la vie dont tu rêves. Le hustle culture. L’idée qu’il n’y a qu’une façon de réussir. Si tu veux rédiger un livre un jour, c’est le genre de positionnement clair qu’il faut avoir avant même d’écrire la première phrase.

Si le sujet du solopreneur et des décisions de structure business te parle (au-delà de l’envie de rédiger un livre), écoute aussi l’épisode 66 sur les raisons de retourner seule et l’épisode 74 sur les impacts de cette décision.

Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes

Par où commencer si on veut rédiger un livre mais qu’on n’a pas encore de sujet?

Commence par définir la nature du livre que toi, tu aurais envie de lire. Pas par ce que l’audience demande, pas par ce qui se vend bien. Le type, le ton, le mélange de conseils et de storytelling: ça, c’est ta boussole. Le sujet va émerger de là. Tony n’avait pas de sujet quand il a signé son contrat. Il avait juste une vision du livre qu’il voulait créer. Rédiger un livre à partir de ses propres critères de lecture, c’est le point de départ le plus solide.

Est-ce qu’il faut absolument travailler avec une maison d’édition pour rédiger un livre?

Non. Mais une maison d’édition ouvre des portes physiques (librairies, grandes chaînes) qui seraient autrement fermées. Et elle gère des étapes logistiques, correctrices, mise en page, que tu aurais à orchestrer toi-même en auto-édition. Si ton objectif est d’être présent en librairie physique, la maison d’édition a un avantage réel. Si ton objectif est de maximiser tes revenus sur chaque vente, l’auto-édition donne de meilleures marges.

Comment rédiger un livre sans sacrifier son business pendant 18 mois?

Tony a consacré environ 25% de son temps à rédiger un livre pendant un an. Soit environ 200 heures réparties sur l’écriture, la réécriture et le marketing. La clé: des petites sessions quotidiennes plutôt que de grosses retraites. Une heure par matin. Sans viser la perfection chaque jour. Le livre s’accumule sur la durée, pas en sprint.

Mes prochaines étapes

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Pour aller plus loin sur le solopreneur et la structure business, va écouter l’épisode 66 sur pourquoi j’ai décidé de retourner seule et l’épisode 82 sur comment créer un produit systématisable pour maximiser ton ratio gain/temps.

Cet article contient des liens d’affiliation. Si tu décides d’acheter un de ces outils via mes liens, je reçois une petite commission, sans coût supplémentaire pour toi. Je recommande seulement des outils que j’utilise et que j’aime.

Show notes

Format: Entrevue avec Tony Neves Durée: 81 min

Sujets abordés:

  • Comment Tony a accepté un contrat avec une maison d’édition sans sujet en tête
  • Le processus d’écriture et la structuration du livre (la méthode du fil rouge)
  • Est-ce qu’on doit demander l’avis de l’audience quand on rédige un livre?
  • Les 4 piliers du livre Solopreneur et la définition d’un business au service de sa vie
  • Les 3 types de peurs qui limitent les entrepreneurs
  • Comment construire une communauté en ligne (introspection, valeur, ennemi commun)
  • Croître en tant que solopreneure: les limites et les leviers réels
  • La différence fondamentale entre lancer un livre et lancer une formation
  • La stratégie de prélancement, précommandes et placement à la FNAC

Liens & ressources:

  • Livre Solopreneur par Tony Neves:

– Amazon CA: Solopreneur (lien affilié) – Amazon FR: Solopreneur (lien affilié)

  • Livre The One Hour Content Plan par Meera Kothand:

– Amazon CA: The One Hour Content Plan (lien affilié) – Amazon FR: The One Hour Content Plan (lien affilié)

  • Livre Company of One par Paul Jarvis:

– Amazon CA: Company of One (lien affilié) – Amazon FR: Company of One (lien affilié)

  • Livre Write Useful Books par Rob Fitzpatrick:

– Amazon CA: Write Useful Books (lien affilié) – Amazon FR: Write Useful Books (lien affilié)

  • Livre The Almanack Of Naval Ravikant par Eric Jorgenson:

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📝 Lire le transcript intégral

T’écoutes effrontée épisode 75. Aujourd’hui, on parle de comment rédiger et lancer un livre en 18 mois avec Tony Neves. Puis si tu ne fais pas partie des quelques 200 000 personnes en tout qui le suivent sur Internet, laisse-moi te le présenter rapidement. Tony est formateur en ligne, business et réseaux sociaux depuis 2017. Il a accompagné des milliers de personnes à développer une communauté engagée et créer un business en ligne au service de leur vie. Et maintenant, il est aussi auteur du livre Solopreneur, l’art de créer un business en ligne au service de sa vie. Bonne écoute!

C’est pas compliqué. T’es tannée de marcher sur des œufs. Faut pas croiser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact. Peu importe ce que tu veux, il n’y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps de t’arrêter de cacher tes ambitions aussi.

Je m’appelle Geneviève Gauvin. Chaque semaine, j’anime effrontée. Le rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables et fiers de l’être. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles et les limites pour faire les choses en grand. Travailler 5 heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Y’a où le problème? Voyager de temps plein et travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe?

En plus de te partager mes conseils et mes stratégies pour faire toujours plus en travail en moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite. On va explorer les secrets de leur succès, leurs chiffres fascinants, puis discuter en paire pour t’inspirer à toi-même à atteindre les sommets dont toi, tu rêves. Je te donne la permission de vouloir toujours plus. Je te donne la permission d’être 100% effrontée.

Je suis présentement avec Tony Neves. Tony, comment ça va? Eh bien, écoute, ça va très bien. Très content de venir sur ton podcast pour échanger aujourd’hui avec toi. Ben écoute, merci d’avoir accepté. Comme je te disais en off, je te considère comme une créature mythique. Il y a peu de personnes qui ont la chance de contacter, d’écrire des entrevues de podcast, de collaborer avec. Je suis vraiment, vraiment heureuse aujourd’hui qu’on fasse ça.

Écoute, je suis certaine que ça a déjà été fait. Mais comme il est à peu près 3h30 p.m. chez toi, au moment de l’enregistrement de cet épisode, je crois qu’il est de mise de Pop le Champagne parce que tu viens de sortir un tout nouveau livre. Ça ne fait pas très longtemps, on va se le dire. Non. Le 24 avril dernier, en fait, justement, ton livre « Solo printer », « L’art de créer un business en ligne au service de sa vie » a été publié chez les éditions Alizio. Avant toute chose, comment est-ce que tu te sens par rapport à cette réalisation-là?

Je suis extrêmement content parce que c’est un aboutissement pour moi d’écrire un livre. C’est un truc que j’ai toujours voulu faire. Et extrêmement soulagé parce que c’est un an et demi de travail où je me dis, c’est bon, on a fini les prises de tête, les réflexions sur plein de trucs, je pense, dont on va parler. Mais les deux maîtres mots, c’est content et soulagé.

Content et soulagé. J’ai l’impression que c’est comme un accouchement. Je pense que tu ne pourras pas vivre ça, malheureusement. Mais il y a peut-être eu la douleur jusqu’à se rendre là. Puis ensuite, c’est juste comme, ah, finalement, il est out of the world. Maintenant, il peut grandir. L’avantage que quand il est sorti, c’est bon, je n’ai plus à m’en occuper. Voilà, effectivement.

Écoute, tu as fait un reel expliquant qu’en janvier 2023, justement, on t’a contacté pour publier ton livre. Donc, ce n’est pas toi qui as approché des gens, des maisons d’édition, mais que tu n’avais aucune idée comment en écrire un. Malgré tout, tu as accepté, comme ça a toujours été un rêve pour toi, puis je pense pour beaucoup de personnes qui écoutent, pour moi aussi. J’ai déjà été contactée. Puis là, je suis contente qu’on s’en parle. Parce que je suis comme, OK, attends un peu, là. Je veux qu’on disait que c’est quoi son processus. Parce que je suis un peu dans la même team où, genre, je n’ai aucune idée comment écrire un livre. Je ne sais même pas encore sur quoi écrire un livre. Fait que tu sais, il y a beaucoup de questionnements.

Mais toi, tu as dit, ça m’a pris une seconde. J’ai dit, OK, on se lance là-dedans. Est-ce que tu avais un sujet en tête ou est-ce que tu partais d’absolument rien? Alors, je n’avais pas de sujet en tête quand j’ai accepté. J’ai accepté parce que je savais que je voulais écrire un livre. Parce qu’Alizio, c’était une maison d’édition avec laquelle j’ai travaillé, que je connaissais. Et en fait, au moment où je dis oui, je n’ai aucune foutre idée du sujet, ni de comment je vais faire. Mais je me dis, bon, j’ai créé beaucoup de contenu sur Internet. J’ai fait plein de formations. Ça ne doit pas être non plus quelque chose de très, très compliqué. Ça doit être dans mes cordes.

Et donc, en fait, la question de comment on fait, je m’étais dit, voilà, on verra plus tard. J’accepte et je vois ensuite. Et pour le coup, non, je n’avais aucune idée du sujet, de l’angle, etc. La seule chose que je savais, c’était la nature du livre. C’était que je voulais écrire un livre qui était vraiment une sorte de guide. Un truc qui mêle, en fait, stratégie, croyance et écrit comme moi, j’aime les lire. Moi, les livres que j’aime consommer, c’est des livres où on ne s’arrête pas juste aux conseils. On enchaîne une liste de conseils, astuces, tac, tac, tac, tac, pendant 300 pages. Ce qui rend le truc un peu moins storytellisé, un peu moins intéressant.

Moi, les livres que j’aime bien lire, c’est toujours quand on essaye d’expliquer les concepts, de ramener de l’histoire, du vécu. Et ensuite, on en tire les stratégies. Je trouve que c’est la meilleure façon d’apprendre. C’est d’abord de raconter quelque chose et ensuite de tirer les apprentissages pour soi. Et je savais juste que je voulais écrire un truc comme ça.

C’était quoi la suite dans ce cas-ci? Comment est-ce que… J’imagine qu’il y a eu un processus avec l’éditeur, la maison, pour brainstormer. Ou est-ce que ça s’est fait du côté de ton audience? Alors, j’ai discuté avec ma maison d’édition au début. Parce qu’il faut savoir que quand on bosse avec une maison d’édition, on bosse avec un contrat actuel, en fait. On bosse avec un prestataire. Et c’est donnant-donnant. Ce n’est pas toi qui fais ce que tu veux de ton côté.

Moi, la chance que j’ai eue, c’est que j’ai eu une maison d’édition qui m’a laissé assez de liberté. Et le choix, le sujet, l’angle, je l’ai pris tout seul. Je n’ai pas consulté mon audience parce que je pense qu’on en reparlera aussi plus tard dans l’entrevue. Mais avec le livre, je trouve que c’est très dangereux de demander l’avis des autres. Pourquoi? Parce que c’est un peu comme un contenu.

Moi, j’ai toujours cette histoire que je raconte et qui m’avait marqué, en fait, quand je me suis lancé sur YouTube à l’époque. On m’a souvent donné le conseil d’écouter les gens, d’écouter l’audience, etc., pour créer du contenu. Et je pense qu’il faut faire attention à ça parce qu’une fois, j’avais sorti une vidéo avec une musique de fond, tu sais, inspirante. J’avais quelqu’un qui m’avait dit « Waouh, trop bien, la musique, j’adore. » Et je refais la même chose pendant plusieurs vidéos et j’ai un commentaire contraire. « J’adore la vidéo, j’adore le discours, mais dommage, la musique vient casser le truc. »

Et je pense qu’il faut faire attention à ça parce qu’en fait, si tu écoutes un peu tout le monde, tu as tellement d’avis différents qu’au final, tu te retrouves à créer quelque chose qui ne te correspond pas vraiment. Puis souvent, on se rappelle aussi de ces arguments-là négatifs, beaucoup plus que les positifs. Ils nous marquent, on est comme « Ah, ben là, les gens n’aiment pas ça. » Ben, les gens ou une personne, ou quelques.

C’est ça, et c’est d’autant plus compliqué avec le livre, qui est vraiment quelque chose avec beaucoup plus de matière. Et du coup, je me suis dit que j’allais écrire vraiment le livre comme moi, j’aurais aimé le lire. Et après, ceux qui aiment, aiment, ceux qui n’aiment pas, n’aiment pas. Mais au moins, j’étais concentré sur le fait d’écrire un truc qui me plaisait.

Et après, sur le processus, je me suis fait accompagner, donc j’ai suivi une formation sur l’écriture. Une formation française sur l’écriture. C’est une personne qui accompagne, une femme qui accompagne beaucoup d’entrepreneurs à écrire leur bouquin. Et ça m’a grandement aidé, parce qu’en fait, écrire un livre, c’est très très différent, de sortir une formation, écrire du contenu, etc. Parce que là, on est sur 256 pages, à peu près 170 000 caractères. Donc en fait, pour arriver à avoir quelque chose de concis et de logique, ça demande beaucoup plus de pratique.

Donc je me suis formé, pour moi, c’est un indispensable sur l’écriture, sinon je savais que j’allais pas y arriver. C’est quoi le processus que t’as découvert là-dedans, qui t’a vraiment aidé à écrire? Parce que t’as dit que tu voulais pas avoir de feedback nécessairement, peut-être sur le sujet, mais par contre, t’as fait des contenus sur Instagram que j’ai vus où t’as fait lire ton livre à plein de personnes aussi. Donc il y a eu un processus quand même avec des gens extérieurs, non?

Alors les gens extérieurs sont vraiment arrivés plus à la fin. Quand le livre, en fait, était déjà fait, c’est-à-dire que c’était vraiment pour récolter les feedbacks. Alors je crois qu’on devait être dans la phase de réécriture de mémoire quand j’ai fait lire mon livre à des bêta lecteurs. Mais bon, je l’ai fait, mais c’était déjà à la limite un peu trop tard parce que les bêta lecteurs, une fois que c’est la phase de réécriture, je vais pas réécrire le livre en entier. C’était plutôt pour me conforter dans l’idée de me dire est-ce que je suis dans la bonne direction ou pas?

Bon, avéré que c’était le cas parce que j’ai eu de très bons retours. Mais sur l’écriture du bouquin, en fait, ce qui est très différent d’un contenu classique, c’est que là, il faut vraiment prendre le livre dans son entièreté. Et je pense que c’est une erreur à pas faire quand on veut écrire un bouquin, même si je suis pas expert là-dedans, mais d’expérience avec ce que j’ai vécu. Il faut pas tomber dans le piège de rédiger les chapitres indépendamment les uns des autres. Il faut voir ça vraiment comme un article géant où il y a une suite logique qui va du point A au point Z.

Et moi, ce qui m’a beaucoup aidé et ce que j’utilise maintenant dans mon business sur d’autres secteurs, c’est vraiment la notion du fil rouge. Le fil rouge, en fait, c’est l’idée de faire un gros, gros travail de structuration des chapitres et des sous-chapitres. J’ai passé peut-être 20% du temps uniquement sur le sommaire. J’ai passé peut-être une vingtaine d’heures ou une trentaine d’heures juste pour sortir le sommaire. Parce que le sommaire, à partir du moment où tu l’as et qu’il est bien détaillé, bien complet, eh bien, en fait, t’as juste à remplir les sous-parties.

Si t’as tes chapitres, tes sous-chapitres, t’as juste à écrire à l’intérieur des sous-chapitres parce que la suite est assez logique. Et ça, en fait, c’est un raccourci parce que tu prends beaucoup de temps au début, certes, mais après, l’écriture est très fluide. Et à l’image, dans le business en ligne d’une page de vente, si tu prends beaucoup de temps à préparer les idées, au moment de l’écriture, ça va forcément fluidifier l’ensemble. Et ça, c’est le truc qui m’a grandement aidé à écrire la première version.

Et donc, tout ça, toute cette partie-là d’écriture et de relecture, je l’ai fait tout seul. La seule partie où je me fais accompagner, où j’ai voulu, en tout cas, me faire accompagner, c’est qu’on a une correctrice, une relectrice attitrée qui, en fait, nous aide, une fois qu’on a pondu la première version, elle nous aide à essayer de synthétiser un petit peu le texte, voir si c’est bien, etc.

Combien de temps ça t’a pris dans ton horaire? Parce que je sais qu’avoir justement une entreprise à ton service, au service de ta vie, de ton lifestyle, c’est super important, mais mine de rien, c’est un projet qui prend du temps à écrire, puis tu avais d’autres choses, j’imagine, dans ton assiette. C’était quoi la proportion de travail, finalement, sur le livre versus le reste?

Sur l’année 2023, j’ai dû y passer de mémoire, peut-être, 25% de mon temps, donc un quart de mon temps de travail. À savoir que je travaille, l’année dernière, j’ai travaillé 770 heures. Tu sais le nombre d’heures que tu as travaillées dans une année. En même temps, j’imagine que si je m’assoie et que je fais le calcul, je le saurais aussi, mais je ne pourrais pas te le dire comme ça sur le play. En fait, je traque tout mon temps depuis deux ans et ça m’aide beaucoup à prendre plein de décisions.

Et du coup, je sais exactement le temps que je passe. Sur le bouquin, j’ai dû y passer presque 200 heures à peu près, sans compter. À peu près 200 heures de travail, tout compris. Parce qu’en fait, l’écriture d’un livre ne s’arrête pas à l’écriture. Donc il y a l’écriture, la première partie, évidemment. Il y a toute la partie réécriture, etc., qui prend aussi beaucoup de temps. Et après, il y a une grosse partie pas négligée, c’est la partie promotion, couverture et marketing.

Tu rentres là-dedans, titre et couverture. Mais je suis contente, on va en parler tantôt du marketing, mais avant d’aller là, je voulais qu’on parle justement un peu du contenu du livre. La promesse justement du livre, c’est de créer un business en ligne au service de sa vie. Qu’est-ce que ça veut dire pour toi? Comment est-ce que ta business est au service de ta vie?

Alors, pour moi, un business au service de sa vie, en fait, c’est une notion individuelle et c’est ce que j’ai essayé de retranscrire dans le livre. Je pense que le truc qu’il faut arrêter de faire sur Internet, c’est d’avoir cette posture de gourou en disant, en gros, ça, c’est la définition du succès. Voilà ce que vous devez faire aujourd’hui pour réussir. Je pense que la notion de créer un business en ligne au service de sa vie, elle est très individuelle parce que tout est dans le titre. C’est-à-dire que ça dépend de la vie qu’on veut avoir.

Il y a des gens pour qui ce business-là, qui soutient la vie dont ils rêvent, c’est gagner des millions d’euros, travailler 150 heures par semaine, sacrifier 10 ans de leur vie pour leur travail, faire un exit de leur sas, etc. Pour moi, à titre personnel, c’est avoir un business dans lequel je suis épanoui, c’est-à-dire que je fais des choses qui me plaisent, un business qui me permet de gagner suffisamment d’argent pour soutenir la vie que je veux avoir. Et une vie qui me permet surtout d’avoir un équilibre parce que pour moi, je considère que le business doit venir soutenir ta vie et non l’inverse.

C’est-à-dire que moi, en tout cas, je ne me vois pas mettre ma santé physique, ma santé mentale, mes relations, mes envies, mes passions au détriment de l’argent. Je devrais plutôt mettre l’argent au service de ces choses-là. Et c’est la raison pour laquelle je travaille en moyenne 3h30 par jour. Parce que ça me permet de gagner extrêmement bien ma vie tout en travaillant assez peu pour pouvoir faire d’autres choses qui sont importantes pour moi, comme du sport, voyager, être avec mes amis, ma famille, profiter, lire, me balader en forêt, promener mon chien, ce genre de trucs.

Puis j’aime ça que tu dis que… En fait, il n’y a pas de one size fits all. Au service de sa vie, ça dépend vraiment de ce qu’on veut. Je me rappelle, il y a plusieurs années, j’étais dans la business avec mon chum, puis on était dans une autre industrie de santé alternative. Puis on allait à un événement. Et dans cet événement-là, qui est le Mindshare Summit, qui est un gros, gros événement. Tu sais, ça coûte 5 000 US. C’est un truc de trois jours. Et la JJ Virgin, qui est l’organisatrice de l’événement, elle est venue à créer des best-sellers, New York Times best-sellers.

Puis je me rappelle qu’à l’époque, j’étais dans un mindset où j’étais comme, c’est pas comme ça que je veux que ma business me serve. Tu sais, je veux que moi, c’était aussi beaucoup voyage à ce moment-là. On voyageait tout le temps, tout le temps. Puis c’est comme, non, c’est pas comme ça que je veux bâtir les choses. Je veux pas que ça soit nécessairement un empire. Je veux que ça me serve moi, que je sois capable de partir au Vietnam, en Thaïlande, quand ça me tende au Japon.

Puis ça évolue ces choses-là, dans le sens où, comme je te dis maintenant, j’ai comblé ces besoins-là dans le passé. Fait que tu sais, il y a des saisons et tout, mais de construire quelque chose qui te permet en ce moment, dans cette saison-ci, d’être épanoui, peu importe ce que c’est, puis peu importe si c’est un empire ou une business qui est lifestyle, de commencer par se poser la question, qu’est-ce que je veux maintenant? Je pense qu’effectivement, c’est la première étape.

Puis dans la deuxième partie du livre, justement, tu abordes les croyances limitantes. C’est quoi les croyances limitantes, finalement, qui empêchent les gens de bâtir une entreprise à notre service? Oula, il y en a beaucoup. Ton deux, trois les plus importantes. Oui, en fait, il y en a énormément. Je pense que moi, dans le bouquin, j’ai essayé de les regrouper en trois natures différentes, parce qu’en fait, c’est les trois natures qui représentent la majorité des croyances.

Et à mon sens, en tout cas, même s’il y en a beaucoup d’autres, il y a la peur du regard des autres, c’est-à-dire qu’on va ne pas faire des choses et souvent regretter de ne pas les faire parce qu’on a peur de l’avis, du jugement des autres. La deuxième, pour moi, à mon sens, c’est la peur d’échouer, c’est-à-dire de faire quelque chose qui ne va pas marcher. Et la troisième, qui englobe plusieurs choses, qui est plus axée, on va dire, business, c’est la peur qui est liée à l’argent.

Je pense que c’est un peu les trois peurs principales. Donc, la peur du regard des autres, bon, ça, c’est ok, tout le monde connaît, la peur de l’échec aussi, c’est assez commun. Ce que j’entends par la peur de l’argent, c’est qu’en fait, il y a beaucoup de choses que font les entrepreneurs ou que ne font pas les entrepreneurs qui sont liées à une peur de l’argent. Et quand je dis de l’argent, c’est un inconfort lié à l’argent ou une peur de tout simplement gagner plus d’argent.

Et ça peut être lié à plein d’histoires qu’on nous a racontées durant notre vie que, en fait, pour bien gagner sa vie, il fallait forcément souffrir, il fallait forcément travailler dur, il fallait forcément suer tous les jours. Et en fait, inconsciemment, si on se raconte cette histoire dans notre modèle mental, ce qui va se passer, c’est que si on est passionné par un truc, ça ne nous paraît pas compliqué. Et c’est plus trop une peur liée à nos compétences, mais c’est plus une sorte d’éveil sur quelque chose qu’on pensait ne pas exister.

Et ça, ça marche avec les paliers monétaires. Moi, quand j’ai franchi le palier des 5 000 par mois, j’étais là en mode ok, 5 000, c’est déjà bien et tout. Et quand j’ai commencé à rencontrer des gens qui disaient ok, 10, 15, 20 000, j’étais là en mode ok, ça a l’air… Je n’ai pas l’impression qu’ils travaillent plus, je n’ai pas l’impression que c’est plus compliqué, il y a un truc que je n’ai pas compris. Et donc, j’essaie de comprendre qu’est-ce qu’ils font de plus que moi.

Et en fait, je me rends compte que je fais tout bien, c’est juste que je ne le fais pas assez. Par exemple, à l’époque, je faisais 2, 3 lancements par an. Je me suis dit, mais attends, si je veux vraiment passer des cap, il faut que je fasse 10 lancements par an. Et en fait, qu’est-ce qui m’empêche de faire 10 lancements par an? Eh bien, ce qui m’empêche de faire 10 lancements par an, c’est que j’ai peur de saouler les gens à force de parler de mes offres et on revient à la peur du jugement, etc. Et donc, en fait, pour moi, c’est vraiment à partir de 5 000 euros par mois, à mon sens, 90, 15% des revenus supplémentaires qu’on peut atteindre, c’est que de la croyance.

Parce qu’en fait, les stratégies qu’on utilise quand on fait 5 000, 10 000 par mois ou 100 000 par mois, elles ne sont pas bien différentes, en fait. Et c’est ça que les gens ne comprennent pas. C’est qu’ils cherchent encore le truc en mode, OK, il y a un truc secret pour faire x4, x5, x10. Non, en fait, il n’y a pas grand-chose de secret. C’est la même chose, mieux exécuté, plus rapidement, plus de fois, mais souvent, c’est une question de croyance qui nous empêche de mettre ça en place.

Je trouve ça intéressant parce que je vois une forme d’évolution, finalement, où quand tu arrives à, justement, tu es à 5 000 euros, 5 000 dollars par mois, ça fait quoi? 60 000 par année, quelque chose comme ça. Tu sais, on s’entend, c’est un bon chiffre, mais c’est pas comme, t’es pas encore riche techniquement selon la société. Quand t’es capable de te payer un 100 000, OK, t’as des bons chiffres et tout, mais t’es pas encore complètement disproportionné par rapport à la société. À partir du moment où tu tombes dans des gros chiffres, quand tu vois ces choses-là du possible, tu te rends compte que t’as besoin de laisser beaucoup de choses derrière, finalement.

J’ai l’impression, puis tu me dirais qu’est-ce que t’en penses, mais je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui atteignent un plateau autour de 100 000-ish à cause de ça, à cause du fait que, bien, si tu veux aller plus loin, faut que tu laisses ton ancienne version derrière. Et c’est extrêmement painful. Bien sûr. Il y a un super livre, j’ai le titre cette fois, c’est « What got you here won’t make you there ». Et je trouve qu’en fait, tout est dit.

C’est-à-dire que ce qui t’a emmené à 5 000, t’emmènera pas à 10 000. Ce qui t’a emmené à 10 000, t’emmènera pas à 50 000. Il y a toujours un truc à changer. Des fois, ce n’est pas les stratégies, mais c’est autre chose. Des fois, il faut laisser les croyances derrière toi, les croyances de perfection, de vouloir plaire à tout le monde. Si tu veux faire plus de lancements, sortir plus d’offres, faire plus de marketing, mettre de la pub, il faut accepter de te prendre des bâches. Moi, j’ai mis le mois dernier 8 000 euros en pub. Je peux te dire qu’il ne faut pas aller sur les commentaires Facebook parce que là…

Non mais en général, en général, il ne faut pas lire ça. C’est ça. Mais du coup, tu arrives dans un schéma où si tu n’es pas prêt à accepter ce genre de choses, tu ne pourras jamais scaler à la hauteur. Et il faut laisser derrière toi aussi les tâches qui t’apportent peu. Peut-être laisser des plateformes. Peut-être supprimer des postes dans ton équipe si tu te rends compte qu’en fait, ce ne sont pas les postes les plus rentables. Il faut recruter d’autres. Et maintenant, il faut arriver à balancer un peu entre tous ces trucs.

Au moment où on enregistre actuellement, tu as 123 000 abonnés sur YouTube, près de 58 000 sur Instagram et j’imagine une bunch de milliers par email. Clairement, tu sais comment non seulement créer du contenu, qui est unique, bâtir une communauté aussi autour. C’est quoi les grands principes que tu as utilisés soit intentionnellement ou rétrospectivement pour bâtir une telle communauté?

Je pense que déjà il y a une notion qui est fondamentale à comprendre sur ce sujet des réseaux sociaux et du contenu, c’est la notion d’introspection et on en revient souvent à ça. Je pense que n’importe quel sujet qu’on veut traiter dans le business, il faut toujours partir de soi, que ce soit le business model qu’on veut, l’offre qu’on veut créer, etc.

Et je pense que le premier truc à faire quand on veut créer du contenu et bâtir une audience, c’est ça, c’est comprendre ses forces, ses faiblesses, ce qu’on aime faire, moins faire, consommer, moins consommer parce que le mythe, encore une fois, très gouroutisé, le mythe de la stratégie magique unique et qui fonctionne, c’est un mythe. On peut très bien réussir sur YouTube, sur Insta, sur TikTok, sur Pinterest, sur LinkedIn. Il y a une multitude de façons de faire et je pense que l’alignement, en fait, de la stratégie parfaite c’est comprendre ce dans quoi on est doué, ce qu’on aime faire et ce qu’on veut faire et aller chercher cette tangente là.

À partir de là, je pense que deuxièmement, il faut se former. Parce qu’il faut aussi comprendre que chaque plateforme a ses mécanismes. En plus de ça, la création de contenu, c’est pas juste ça tombe du ciel. C’est des concepts, c’est du storytelling, c’est le travail des accroches, c’est du copywriting, donc c’est des compétences qui sont importantes. Et en fait, sans ça, même si votre contenu est très bien, sur YouTube, par exemple, si la miniature n’est pas bonne, si l’accroche n’est pas bonne, le titre n’est pas travaillé, en fait, c’est 80% du résultat qui part un peu direct à la poubelle.

Et le troisième point, je pense que c’est peut-être une citation de Gary V, de mémoire, je n’en sais rien, mais en gros, give first, then ask. Et c’est, à mon sens, le truc que j’ai toujours essayé de faire, de donner d’abord et de demander ensuite parce qu’en fait, on ne pourra jamais enlever quelque chose qui est l’apport de valeur à une communauté.

Donc en fait, si ce que vous produisez sur Internet est suffisamment bon, en fait, les gens vont vous suivre, les gens vont vous retenir, les gens vont vous accompagner au fil des mois et des années. Et après, il y a d’autres éléments, je pense qu’aussi, essayer de trouver un ennemi commun pour créer une communauté, ça, c’est un petit hack comme ça. C’est quelque chose qui… ça va servir à souder vraiment une communauté. L’idée de dire, je ne sais pas, moi, si vous êtes dans le sport, ok, on fait ensemble la bataille contre les régimes drastiques qui nous disent qu’il faut arrêter de manger des pâtes le soir.

Et en fait, si vous faites des contenus qui ont pour but, finalement, de raconter une histoire, de partager vos valeurs et en fait, dans vos valeurs, vous allez justement essayer de combattre un ennemi commun avec les gens qui vous suivent, en fait, il y aura cet aspect de tribu qui va venir se unifier autour de vous et c’est là qu’en fait, il y aura une communauté qui est très forte.

Oui. Puis autre… J’ai vu un peu des deux, justement, l’ennemi commun ou de trouver un concept qui est vraiment unique autour desquels… Qui peut être positif aussi. Je pense à Alex Martel parce qu’on pense tout le temps à Alex Martel. Alexandra Martel qui est une fan des grues, genre les grues, pas l’oiseau, la machine. Et puis, tu sais, je veux dire, c’est pas un ennemi. Dans ce cas-ci, c’est genre, on aime les grues. Puis là, les gens pensent tout le temps à Alex Martel. C’est le petit truc qui fait qu’on se souvient de toi, quoi.

100%. Moi, tu sais, je reçois des recettes de cocktails. C’est quoi l’ennemi commun chez vous? Chez moi? Moi, justement, mon ennemi commun, c’est les business qui ne soutiennent pas la vie dont tu rêves. En fait, toute l’idéologie de ce que j’essaie de véhiculer, c’est de dire aux gens, arrêtez d’essayer de construire un business qui ne vous correspond pas pour aller dans une direction qui n’est pas la vôtre. Et tous ces trucs de hustle, tous ces trucs de il faut souffrir pour bien gagner sa vie. Non, il n’y a pas. C’est juste des mécanismes, des stratégies, plein de trucs. Mais il faut arrêter de croire qu’il y a juste une façon de faire, une façon de réussir.

Et vous pouvez, peu importe qui vous êtes, ce que vous aimez, ce que vous n’aimez pas, construire un business qui soutient la vie dont vous rêvez. Et à mon sens, en fait, c’est la meilleure façon d’être épanoui parce que quand on passe 40 ans, je ne sais combien de milliers d’heures à travailler, en fait, la meilleure façon d’être heureuse, c’est d’être heureux dans ce qu’on fait.

Tu es toujours solo dans ton entreprise, hormis quelques personnes en orbite, disons. Comment est-ce que tu fais pour rester solo et croître quand même? Est-ce que la croissance ne nécessite pas une équipe grandissante aussi comme on le voit souvent?

Je pense que ça rejoint un peu ce qu’on disait tout à l’heure, c’est d’arriver déjà à sortir de ce modèle mental parce que si on est bloqué dans ce modèle mental dans lequel, en fait, toute réussite ou tout succès financier ou monétaire est forcément lié à de la labeur, du travail dur, des grosses équipes, etc. Il y a un bouquin que j’aime beaucoup qui s’appelle The Company of One. Oui, j’attendais, j’étais comme, il faut que je le plug un moment donné. Company of One de Paul Jarvis, qui a toute l’idée de définir what is enough for you.

Et un business comme ça, à mon sens, c’est compliqué de le monter au-dessus d’un million à l’année, tu vois, peut-être un million, un million cinq, je ne sais pas. Ça dépend du modèle d’affaires aussi. C’est ça, mais il faut aussi comprendre que, je veux dire, structurellement, il y a une limite en fait que tu ne vas pas pouvoir dépasser. À mon sens en tout cas, ça va être compliqué d’être solo comme on en parle depuis tout à l’heure et d’avoir un business qui fait 50 millions à l’année. Il y a une réalité qui rattrape.

Mais cette réalité, elle est suffisante pour moi. C’est-à-dire que faire un million, un million cinq à l’année, je suis tranquille, je n’ai pas envie de plus. Donc, c’est un truc à définir. Et donc déjà, je pense, dans un premier temps, c’est casser un peu ce modèle mental-là. Deuxièmement, c’est une notion de compréhension de ce qui fonctionne déjà et ce qui fait de l’argent.

Parce que beaucoup d’entrepreneurs se méprennent sur ce qui rapporte de l’argent dans leur business. Il faut essayer de comprendre dans votre business où est l’argent. Donc l’argent, il est dans votre liste email. L’argent, il est chez vos clients qui ont déjà dépensé chez vous. Et en fait, plutôt que d’essayer cette année de passer 50% de votre temps à essayer de créer du contenu pour attirer encore plus de personnes, passez seulement 10% de ce temps-là, vous créez moins de contenu, certes, mais après, les 40% du temps restant, vous le passez à créer de nouvelles offres pour les gens qui sont déjà là.

Moi, l’année où j’ai eu le plus d’évolution dans mon business, c’est l’année où j’ai créé beaucoup plus d’offres et j’ai fait beaucoup plus de lancements. Et c’est mathématique. Si tu fais six lancements dans l’année au lieu de deux, mathématiquement, tu viens de plus d’argent. Et ça, ça ne nécessite pas d’avoir une plus grosse équipe.

Donc, identifier vraiment dans le business les pôles qui sont rentables, ceux qui sont moins rentables pour les couper. Et ça, je pense qu’il faut accepter aussi de le faire. Il y a plein de trucs que j’ai lancés. J’ai testé LinkedIn, j’ai arrêté. On a posté un peu sur TikTok, j’ai arrêté. Parce que je fais le test, ça marche, ça ne marche pas, ça me rapporte de l’argent, ça ne me rapporte pas d’argent. Je coupe ce qui ne rapporte pas d’argent.

Et je pense qu’il y a beaucoup de gens qui ne prennent pas leur business en ligne au sérieux. C’est-à-dire, si demain, ces mêmes entrepreneurs, avaient une industrie, comment on est rentable sur ces business? On est rentable en analysant les chiffres, on est rentable en calculant les coûts, les marges, marge brute, marge nette, on est rentable en connaissant vraiment son business. Et ça, il y a neuf entrepreneurs sur dix qui ne le font pas.

C’est-à-dire, ils ne savent pas quel canal rapporte le plus, ils ne savent pas combien convertit leur page de vente, ils ne savent pas combien de mails ils récupèrent chaque mois, ils ne savent pas quelle est leur marge brute. Si à la fin du mois, tu as fait 50 000 euros mais tu as 20% de marge, en fait, il te reste 10 000. Donc, il y a un moment, il faut que tu calcules ça, il faut que tu coupes tes lignes les moins rentables et que tu mettes d’autres choses en place pour essayer de rééquilibrer.

Comment est-ce que tu fais pour garder tes gens dans ton équipe, tes prestataires? Comment est-ce que tu fais pour rester solo et croître quand même? C’est la base, mais il faut le préciser parce que malheureusement, c’est encore des trucs qui sont un peu compliqués. Bien payer les gens, avoir des process qui sont rodés. Pourquoi? Parce que de un, vous êtes plus efficace déjà, plus de résultats. Et de deux, vous simplifiez le travail de la personne en question.

Et surtout, je les respecte. Et ça aussi, je pense que c’est important. Donc, je les mets à mon niveau. Ils ne sont pas en dessous, ce n’est pas mes salariés. Il n’y a pas d’hierarchie verticale, c’est une hiérarchie horizontale. C’est-à-dire que c’est des prestataires qui travaillent pour moi, mais moi, je travaille pour eux. C’est-à-dire que tu dois lui fournir des vidéos. Parce que si le mec, il n’a pas de vidéos à monter…

Écoute, Tony a nommé plusieurs livres dans notre conversation, les books qui lui ont marqué: Company of One de Paul Jarvis, The Almanack Of Naval Ravikant de Eric Jorgenson pour le bouche-à-oreille, Write Useful Books de Rob Fitzpatrick, et The One Hour Content Plan de Meera Kothand. Je vais tout mettre ça dans les show notes.

Puis tu avais-tu fait des retraites d’écriture? Non, ce que je faisais, j’ai une tablette Remarkable qui est une tablette sans écran avec les mêmes écrans que les Kindle. Ils ont sorti un clavier 2-3 mois avant l’écriture du bouquin. Et en fait, ce que je faisais plutôt que de me dire je fais des grosses sessions d’une semaine ou quoi, je m’étais dit, ben tous les matins je vais prendre une heure, je vais sortir mon petit clavier sans écran sans internet, y’a pas de distraction, y’a rien, et je vais écrire comme ça sur mon petit bouquin.

Et en fait, tous les jours une petite heure, j’écrivais 1000 mots 1200 mots. Et en fait, petit à petit comme ça, je me retrouvais à la fin du mois avoir écrit 5 chapitres ou 4 chapitres sans même trop avoir bossé. Et moi, je préférais cette façon là, un peu comme ce que je fais dans mon quotidien, je préfère avoir des petites sessions de travail tous les jours que de me dire je travaille 12 heures aujourd’hui et en fait j’ai plus de jus pendant 4 jours. Ce qui fait qu’en fait ça revient au même avec une question de structure beaucoup.

Et c’est aussi parce qu’en fait j’ai pas envie de miser toute mon année sur un truc ou deux. C’est pour ça que j’évite souvent les très gros lancements. Bah là, c’est un peu pareil. C’est à dire que si je m’organise une session d’écriture d’une semaine et qu’en fait parce que je suis pas dans le bon mood ces jours là, je suis pas créatif, bah je me retrouve en mode merde j’ai fait ça pour rien. Donc, je préférais me dire j’écris un peu tous les jours. Des jours j’écrivais 20 minutes, une demi-heure. D’autres j’écrivais une heure, une heure et demie peut-être deux heures parce que j’étais dans le flow. Ça permet aussi de s’adapter à ces différentes phases parce que l’écriture, faut comprendre que c’est compliqué d’aller creuser et d’aller chercher de la créativité quand elle est pas là.

Est-ce que tu te vois écrire un autre livre? Pourquoi pas. En fait, pour l’instant c’est non parce que là j’en sors. Mais en fait, je suis pas fermé à plus tard peut-être que quand ça me sera passé à écrire un autre livre. Si celui-là a bien plu aussi on va avoir en fonction des retombées s’il a bien plu s’il a bien fonctionné parce qu’évidemment qu’est-ce que ça va compter, ça va peser dans la balance. Mais je suis pas contre à l’idée d’écrire un autre livre parce que même si ça a été assez long et compliqué j’ai quand même pris plaisir durant l’écriture. Ça m’a demandé beaucoup d’efforts et de recherches mais ça a été hyper intéressant donc bon pourquoi pas quoi.

Dans le processus d’en écrire un deuxième, est-ce que tu changerais quelque chose par rapport à ton expérience initiale? Je pense que j’anticiperais un peu plus les deadlines. Parce qu’en fait le truc a été assez compliqué, ça a été les deadlines. Parce que en fait je me disais ok il me reste 3 mois c’est bon. Et puis après 2 mois puis 1 mois en fait il me reste 1 mois et j’ai encore 3 chapitres à écrire ou 4 ou 5 et je suis là en mode ah bon.

Et c’est pour ça que dans mon tableau tracking de temps en fait j’ai une courbe comme ça de travail et en fait il y a des périodes où je travaillais 20h par semaine sur le bouquin et d’autres où je travaillais 3 heures. Mais j’essaierais de mieux gérer des deadlines pour un peu plus anticiper je pense que ça m’aiderait pas mal quoi.

Toi qui écoutes, si tu veux revisiter du contenu qu’on a partagé durant l’épisode par rapport tous les livres qu’on sait pas c’est quoi les titres mais on va les trouver, ça va être dans les show notes de l’épisode au genevièvegauvin.com slash effronté tiré 75. Tu vas aussi trouver les liens justement pour aller mettre la main sur le livre de Tony. Si t’as aimé l’entrevue aujourd’hui, évidemment, partage ça dans tes stories sur Instagram parce que c’est la maison. Tu peux me taguer @_genevievegauvin et taguer le compte de Tony @tonynvs pour nous dire c’est quoi la chose que tu retiens de notre discussion.

Tony, un énorme merci d’avoir accepté de venir. Avec plaisir. Je suis vraiment honorée. Tant mieux! On se reparle la semaine prochaine pour un autre épisode d’Effrontée. Bye là!

T’as aimé l’épisode? Évidemment, vu que t’es rendu jusqu’ici. Merci beaucoup pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter Effrontée, la meilleure façon de le faire, c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast. Va sur l’application Apple Podcast puis tape « Effrontée » dans la barre de recherche. Une fois que tu m’as trouvé, clique sur « S’abonner » puis descends en bas de la liste d’épisodes jusqu’à la section « Évaluation et avis ». Puis à partir de là, c’est à toi de jouer. Laisse-moi 5 étoiles si t’aimes le contenu du podcast puis laisse-moi un témoignage. Un énorme merci d’avance d’avoir pris le temps. C’est vraiment des gens comme toi qui font que le show continue. À la semaine prochaine, là!

Pis toi? T’en as pensé quoi?

3 Commentaires

  1. Claude Cardinal

    Wow
    J’étais Crevée de ma journée mais j’ai voilu écouter juste la fin !

    Ça m’a rassuré, encouragé, stimulé et donné quelques trucs auxquels j’avais pas pensé !!!

    Merci

    • Geneviève Gauvin

      Ah wow tellement contente que ça t’ait plu! Merci de ton commentaire!

  2. Amouyal

    Super intéressant, moi qui nourrit en ce moment mon rêve d’ecrire un livre. C’est un vaste univers le livre, mieux vaut ne pas partir à l’aveuglette.
    Merci Geneviève

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