Effrontée

Coming in: Alexe Martel parle de non-binarité et d’authenticité en entrepreneuriat

10/09/2024

Dans cet épisode, Alexe Martel fait son coming in sur Effrontée. Alexe, que tu connais peut-être via ses formations en copywriting ou son livre Ajoute un zéro sur le pricing de valeur, s’identifie maintenant comme une personne non-binaire. Ses pronoms: iel et ellui. Cette conversation, c’est pas une entrevue business ordinaire. C’est un moment de vérité, de courage, et d’authenticité radicale.

Ce que veut dire faire son coming in publiquement, selon Alexe Martel

Alexe a choisi Effrontée pour faire son coming in, et pas par hasard. Ce n’est pas une plateforme « super woke » selon ses propres mots, et c’est exactement pour ça que c’était stratégique:

> « Je savais qu’en venant sur cette plateforme-ci, il y a des personnes qui n’avaient jamais entendu une personne non-binaire parler de sa non-binarité qui allait écouter le podcast. Puis genre ça, pour moi, c’était hyper important. »

Faire son coming in, pour Alexe, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Il y a eu des mois de questionnement, des discussions avec l’entourage proche, la famille, puis tranquillement, un cercle d’environ 100 entrepreneurs avant l’annonce publique. C’était une démarche intentionnelle, orchestrée, et très consciente.

> « Je voulais orchestrer le lancement de mon identité de genre parce que je me disais, avec la communauté que j’ai et le rayonnement que j’ai dans la communauté entrepreneuriale, si je n’annonce pas ça en grand, en fait, je vais me retrouver à l’annoncer encore et encore et encore. »

La logique, c’est celle d’une infopreneur. Optimiser son temps, faire le grand move une fois, libérer l’espace mental pour la suite.

Le coming in d’Alexe Martel: d’où ça vient, vraiment

Alexe remonte loin dans son histoire. Enfant, iel voulait être un garçon. Ado, le questionnement s’est compliqué: il n’y avait pas de dysphorie corporelle, mais une inadéquation difficile à nommer. Vers 15-16 ans, Alexe a fait des recherches pour comprendre si iel était un homme trans. Mais les témoignages disponibles à l’époque parlaient surtout de dysphorie, de transition physique. Pas son cas.

> « J’avais comme pas le choix d’être une femme, dans le fond. J’étais comme, écoute, je ne vois pas d’autres options. »

C’est en voyant des personnes non-binaires dans l’entourage de son copain, des personnes un peu plus jeunes, qu’Alexe a commencé à ressentir de l’envie. Pas de la jalousie malveillante, de la jalousie révélatrice.

> « Je disais des choses comme, ‘Ah, si j’étais née cinq, six ans plus tard, je me serais identifiée comme non-binaire.’ […] Ça revenait tout le temps. »

Le moment décisif: un thread Reddit sur le subreddit non-binary. Le commentaire le plus upvoté disait: « Je jalousais les identités des personnes non-binaires que je côtoie. » Alexe s’est reconnu.

> « Puis là, je me disais, oh my God, je ne suis tellement pas spéciale, dans le fond. »

Comment le coming in a changé la créativité et le business d’Alexe

Alexe parle d’un burn-out vécu l’hiver précédent. Pendant longtemps, iel n’arrivait pas à en raconter toute l’histoire:

> « Je pouvais raconter que je m’étais épuisée parce que j’avais fait trop de projets, etc., etc. Mais maintenant, avec le recul, c’est évident pour moi que cette crise-là a vraiment eu un impact sur ma motivation, mon moral, ma personne. »

Cacher quelque chose d’aussi central a un coût créatif réel. Alexe crée du contenu en racontant son existence. Quand il y a un « major thing » qu’on ne peut pas nommer, tout le reste se retrouve bloqué.

> « Ce qui est devenu difficile pour moi, ça a été de le cacher, en fait. […] Ma créativité, ma motivation, c’est clair, c’est limpide pour moi. Puis de penser que cet épisode-là va sortir le 10 septembre, puis que je vais pouvoir faire mon infolettre, puis comme après ça, que je vais être libérée de ce secret-là, je sais que ça va me ressusciter créativement. »

C’est aussi ça, l’authenticité en business: pas juste un beau mot, une condition concrète à la créativité et à la motivation.

Rédaction neutre et écriture inclusive: la position d’Alexe Martel

Copywriter spécialisé en persuasion, Alexe a une position nuancée sur la rédaction au neutre. Iel n’impose rien, ne juge pas le choix de cibler au féminin dans les niches à majorité féminine. Mais iel note quelque chose d’important:

> « Quand tu écris de manière inclusive, ça inclut plus. Genre ça, c’est un fait. »

Et il y a un signal que les lecteurs ne mesurent pas toujours:

> « Quand quelqu’un écrit de façon inclusive, […] c’est un indicateur que la personne est safe. »

Pour les personnes trans, non-binaires, qui scannent des pages de vente et des newsletters à la recherche de signes debienveillance, l’écriture inclusive n’est pas un détail stylistique. C’est une promesse silencieuse.

Alexe mentionne aussi le débat public autour d’une professeure non-binaire au Québec. Sans entrer dans la polémique:

> « J’ai vu des entrepreneurs que je connais […] avoir des opinions très problématiques à ce sujet-là […] Moi, je pouvais pas le savoir. »

Ce qu’Alexe dit ici, entre les lignes: faire son coming in, c’est aussi apprendre à connaître son entourage. Les réactions révèlent des choses.

Coming in en entrepreneuriat: le conseil d’Alexe pour celles qui hésitent

Si tu t’apprêtes à te montrer tel que tu es dans ta business, que ce soit ton identité de genre, ton orientation, ou ta personnalité, Alexe a un conseil qui va à contre-courant:

> « Je pense qu’il faut pas forcer les choses. Tu sais, je pense qu’il faut se sentir vraiment 100 % en sécurité, à l’aise, etc., etc., pour faire ce move-là, par exemple, dans sa business. Et la raison, c’est qu’il y a pas vraiment de retour en arrière possible. »

Y aller cercle par cercle. Commencer par les proches. Élargir quand tu te sens prêt. Et reconnaître que l’impact de ton coming in ne se limite pas à ton soulagement personnel:

> « Quand on se donne la permission d’exister puis d’être awesome, peu importe c’est quoi nos caractéristiques, bien, on crée de la représentativité. Puis il y a d’autres personnes qui partagent ces mêmes caractéristiques-là qui vont te regarder aller puis qui vont se dire, bien, crime, moi je suis non-binaire mais ça ne m’empêchera pas d’être infopreneur puis d’avoir une grosse communauté. »

Et finalement, Alexe dit quelque chose de vrai pour n’importe qui qui hésite à être soi-même publiquement:

> « Je pense que c’est encore plus terrifiant quand on a une identité qui est justement des fois marginalisée ou jugée très durement par certaines personnes. […] Ça fait peur à tout le monde, tu sais, tout le monde a peur d’être soi-même. »

Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une personne non-binaire exactement? Une personne non-binaire est quelqu’un dont l’identité de genre ne correspond pas uniquement à « homme » ou « femme ». C’est un spectre vaste. Alexe en parle dans l’épisode: il n’y a pas une seule façon d’être non-binaire. On peut ressentir de la dysphorie ou pas, vouloir une transition physique ou pas, alterner les genres au niveau grammatical. Le lexique partagé dans les show notes offre une entrée accessible pour explorer tout ça.

Comment utiliser les pronoms neutres iel et ellui en français? iel et ellui est le pronom neutre choisi par Alexe, qui alterne entre les accords masculin et féminin pour les adjectifs. Le principe: faire l’effort, se corriger quand on se trompe, et traiter ça comme un processus normal d’apprentissage. Alexe lui-même dit se tromper encore parfois. Ce qui compte, c’est l’intention et la volonté de s’améliorer.

Est-ce que le coming in d’une personnalité publique a un impact réel? Alexe l’a vécu avec d’autres aspects de son identité (TDAH, grossophobie) avant de le vivre pour son genre: partager qui on est crée de la représentativité. Des personnes qui vivent la même réalité voient que c’est possible d’exister et de réussir. Ce n’est pas de la vertu signaling, c’est un effet documenté dans la communauté. Alexe le nomme clairement dans l’épisode.

Mes prochaines étapes

Si cet épisode t’a touché, je t’invite à rejoindre mon Speakeasy. C’est ma communauté VIP par courriel où je partage chaque semaine du contenu encore plus uncensored, des réflexions que je ne mets pas ailleurs. Tu peux t’inscrire au genevievegauvin.com/speakeasy.

Pour creuser la question de l’authenticité et du courage d’être soi-même, va écouter l’épisode 8 avec Alexe Martel sur l’ambition et les plateaux et l’épisode 88 sur le courage de ne pas être aimée.

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Show notes

Format: Entrevue avec Alexe Martel Durée: 33 min

Sujets abordés:

  • Le coming in d’Alexe Martel: pronoms iel et ellui, identité non-binaire
  • Le questionnement dès l’enfance et l’adolescence
  • Pourquoi faire son coming in publiquement, et pourquoi maintenant
  • L’impact du secret sur la créativité et le burn-out
  • Rédaction neutre et écriture inclusive: la position nuancée d’Alexe
  • Le conseil aux entrepreneur(e)s qui hésitent à se montrer tel(le)s qu’iels sont
  • L’euphorie de genre et les pronoms neutres en pratique

Liens & ressources mentionnés:

  • Livre Ajoute un zéro par Alexandra Martel:

– Amazon CA: Ajoute un zéro (lien affilié) – Amazon FR: Ajoute un zéro (lien affilié)

Trans Lifeline (Canada, 1-877-330-6366) – Interligne (anciennement Gai-Écoute) – ATQ (Aide aux personnes Trans du Québec): 1-855-909-9038 poste 1, 24/7 – Fondation Le Refuge (France, 06 31 59 69 50)

📝 Lire le transcript intégral

T’écoutes Effrontée épisode 89. Aujourd’hui, je parle avec Alex Martel qui fait son coming in. Qui est Alex Martel pour ceux qui ne la connaissent pas? Eh bien, Alex est spécialiste de la persuasion et elle s’est d’abord fait connaître pour ses formations en copywriting à travers son projet Les mots pour vendre. Aujourd’hui, à la tête d’une business en ligne joyeusement chaotique, elle partage avec passion ses connaissances en marketing, en rédaction persuasive et en intelligence artificielle, tout en célébrant son amour très singulier pour les grues de construction.

Son livre sur le pricing de valeur Ajoute un zéro a été publié au Québec puis en France. Un peu beaucoup désenchanté des réseaux sociaux, Alex communique surtout via sa délicieuse infolettre. Et je seconde, elle est délicieuse. Donc sur ce, bonne écoute! Put your hands together! Let’s make some noise!

C’est pas compliqué. T’es tannée de marcher sur des oeufs pour pas froisser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact. Peu importe ce que tu veux, il n’y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps de t’arrêter de cacher tes ambitions aussi.

Je m’appelle Geneviève Gauvin. Chaque semaine, j’anime effrontée. Le rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables puis fiers de l’aide. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles puis les limites pour faire les choses en grand. Travaieller cinq heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Y’a où le problème? Voyager de temps plein puis travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe?

En plus de te partager mes conseils et mes stratégies pour faire toujours plus en travaillant moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite. On va explorer les secrets de leur succès, leurs chiffres fascinants, puis discuter en paire pour t’inspirer à toi-même à atteindre les sommets dont toi, tu rêves. Je te donne la permission de vouloir toujours plus. Je te donne la permission d’être 100 % effrontée.

Je suis présentement avec Alexandra Martel. Alex, re-bienvenue sur Effrontée! Yay! Je suis contente d’être là. Yay! Bien écoute, moi aussi, parce que la dernière fois qu’on s’était parlé, écoute, c’était en février 2023, donc ça fait quand même un moment. Ta vie a changé, il y a eu pas mal de changements depuis. On avait parlé de ton ambition la première fois, qui d’ailleurs, c’est la deuxième invitée que j’ai reçue sur Effrontée.

Aujourd’hui, on s’en va d’un sujet à l’autre. On parle pas des « I », on parle pas vraiment de « Copyright Day ». C’est un épisode qui est assez spécial. J’ai pas l’habitude d’être une plateforme de nouvelles. Je vais me transformer en TVA nouvelles le temps d’un instant. Mais il y a des moments pour moi importants dans la vie des gens qu’on aime, qui méritent vraiment qu’on change un petit peu le script de temps en temps.

En mai dernier, tu m’as contactée pour voir si j’étais intéressée à te faire une petite place sur Effrontée pour annoncer quelque chose qui méritait vraiment d’être entendue par le plus grand nombre possible. Ce que je veux faire aujourd’hui, c’est vraiment te laisser toute la place possible pour ça. J’ai une couple de questions, mais je te laisse pas mal mener le bal. Donc, Alex, de quoi est-ce qu’on parle aujourd’hui?

Je suis terrifiée. Ça fait longtemps que j’ai été terrifiée comme ça avant d’enregistrer un pas de piastres. C’est comme, c’est le fun. J’haïs pas ça. Fait qu’on est ici aujourd’hui pour parler de ma crise existentielle de genre des derniers mois et du fait que je m’identifie maintenant non pas comme une femme, mais comme une personne non binaire. Mes pronoms, c’est iel et ellui. Je vais survivre. Si vous utilisez L, puis si vous vous trompez, moi aussi, je me trompe des fois encore.

Attends, on va faire quelque chose pour rectifier des faits dans ce cas-ci. Juste un instant. Alors, comment? Oui. T’écoutes effrontée épisode 89. Aujourd’hui, je parle avec Alex Martel qui fait son coming in. Si tu ne connais pas Alex Martel, laisse-moi te présenter iel et ellui. Donc, Alex Martel s’est d’abord fait connaître pour ses formations en copywriting à travers son projet Les mots pour vendre. Aujourd’hui, à la tête d’une business en ligne joyeusement chaotique, iel et ellui partage avec passion ses connaissances en marketing, en rédaction persuadive et en intelligence artificielle tout en célébrant son amour singulier pour les grues de construction.

Son livre sur le pricing de valeur, Ajoute un zéro, a été publié au Québec, puis en France. Un peu beaucoup désenchanté des réseaux sociaux. Alex communique surtout via sa délicieuse infolettre et via mon podcast. Put your hands together. Let’s make some noise! All right, much better! C’est génie. Right?

Écoute, je suis contente qu’on ait un peu brainstormé ça ensemble. OK. Bon, OK. Je te laisse. Mais pourquoi c’était important pour toi d’annoncer ça ici et de faire ça publiquement? Oui, en fait, j’ai beaucoup réfléchi. Bon, évidemment, une transition de genre, c’est un peu terrifiant pour les gens qui nous écoutent et qui ont peut-être vécu ça ou qui ont vu un proche vivre ça. C’est quelque chose qui bouleverse beaucoup de choses dans ta vie.

Et évidemment, tu commences par ton cercle proche. Donc, moi, ça fait maintenant plusieurs mois que mes amis sont au courant, que mes amis entrepreneurs aussi proches sont au courant et tout. Et éventuellement, je suis arrivée au stade où je me suis dit, j’ai besoin que ce soit public, que j’étais à toutes les fois que je donne une conférence ou que je suis en entrevue, puis qu’évidemment, la personne me présente au féminin parce que les gens ne sont pas au courant de ce qui se passe. Je me sens… J’ai l’impression de mentir un peu à mon audience, pour vrai. Je ne me sens pas authentique.

Ça me fait sentir un peu pas très bien. Puis là, je voulais orchestrer le lancement de mon identité de genre parce que je me disais, avec la communauté que j’ai et le rayonnement que j’ai dans la communauté entrepreneuriale, si je n’annonce pas ça en grand, en fait, je vais me retrouver à l’annoncer encore et encore et encore et encore. Puis moi, je ne suis pas une personne patiente, tu le sais, Jen. Ça fait que je me suis dit, si on fait un lancement avec ça, puis que c’est gros, genre, je pourrais aller sur le podcast à Jen, je fais une infolettre en même temps. Après ça, je dis, écoute, si tu veux en parler, c’est cette semaine. On peut faire un live, sinon c’est fini, tu sais.

Ça va me permettre de gâcher ça dans l’univers. Oui, voilà. Fait que tout d’un coup. Puis écoute. Tout d’un coup. Tout d’un coup. Mais c’est ça, ça fait sortir un petit peu le… Ça fait sortir… C’est comme stratégique, en fait, quand tu penses. Tu sais, c’est comme, non, non, regarde, moi, c’est optimisé mon temps, là. Moi, que je me vois répéter pendant six mois, ça ne marchera pas.

Qu’est-ce qui est important pour toi que les gens comprennent sur c’est qui vraiment, Alex? Oui, écoute, c’est… Je pense qu’on peut remonter un peu à la source. Puis il y a peut-être des gens qui vont nous écouter puis qui vont se retrouver un peu dans ce que je dis. Mais c’est important pour moi de mentionner que je ne suis pas non plus une personne ressource, tu sais, par rapport aux questions de genre. Donc, j’ai donné à Jen toutes sortes de ressources vraiment intéressantes qu’elle va pouvoir mettre dans la description de l’épisode s’il y a des personnes qui s’interrogent à ce sujet-là en nous écoutant.

Mais moi, si je remonte vraiment en arrière, le premier moment où je me suis vraiment questionnée sur mon genre, c’est dès l’enfance. Moi, enfant, je voulais être un garçon. Après, ado, je ne voulais plus vraiment être un garçon parce que là, j’aimais mon corps, en fait. Et j’aimais beaucoup mon corps. J’aimais ce que je pouvais expérimenter aussi avec mon corps. On s’entend. Puis je n’échangerais pas mes morceaux, tu sais. Mais je sentais quand même une inadéquation entre mon genre et qui j’étais assez pour que je fasse des recherches.

J’étais adolescente, vers 15-16 ans, j’ai fait des recherches pour savoir si j’étais trans, si j’étais un homme trans, en fait. Puis ce n’est pas comme si, je veux dire, à 15-16 ans, je sais que tu es un peu plus jeune que moi, mais je veux dire, ça fait quand même un petit moment. Oui, ça fait 15 ans, là. C’est ça. En fait, tu sais, ce n’est pas comme s’il y avait énormément de ressources non plus. À l’époque, je ne sais pas…

Toutes les expériences que je lisais, c’était des personnes qui ont fait une transition female to male, donc qui ont vraiment changé complètement d’identité pour se retrouver un homme alors qu’elles étaient une femme. Puis souvent, ce qui revient beaucoup dans les témoignages de personnes trans, puis là, je ne veux pas non plus généraliser ces variables d’une personne à l’autre, mais surtout à l’époque, c’était la dysphorie par rapport à leur corps, justement. Alors que moi, je ne ressentais aucune dysphorie, mais je ressentais une espèce de mal-être difficile à expliquer.

Et les années ont passé, tu sais, puis je me suis… J’avais comme pas le choix d’être une femme, dans le fond. J’étais comme, écoute, je ne vois pas d’autres options. Tu sais, c’est vraiment ça, c’est que je ne voyais pas d’autres options. Et quand, tranquillement, on a commencé à entendre parler un peu plus au début, c’était les personnes gender fluid, les personnes non-binaires, tranquillement. Là, il s’est produit des choses intéressantes dans ma vie.

Notamment, je ressentais beaucoup d’envie. Vraiment, je ressentais de l’envie et de la jalousie. Et l’année dernière, mon copain, à son travail, il a des collègues qui sont des personnes non-binaires. Et vraiment, ce que je ressentais… Iels sont un peu plus jeunes que nous, peut-être quelques années en dessous. Puis je disais des choses comme, « Ah, si j’étais née cinq, six ans plus tard, je me serais identifiée comme non-binaire. » Tu comprends? J’étais comme dans le… Ah, je jalousais ces personnes-là, mais je me disais, moi, j’ai passé à côté. Ce n’est pas de ma génération. Il est trop tard.

Eh, mon Dieu, t’imagines-tu, toi, annoncer ça à tout le monde à 30 ans? Ça n’a pas de sens. Tu sais, je me faisais vraiment du serre-pargne. Et là, on est là! Ah oui, totalement! Mais c’était tellement fort, ça revenait tout le temps. Puis j’ai tellement ri. À un moment donné, j’étais sur Reddit, OK? Parce que, bon, quand tu es en questionnement existentiel, là, Reddit, bonne ressource de… Écoute, en général, Reddit, quand tu es en crise de quelque chose, de genre, ils font des informations, puis là, tu te trompes dans un fucking rabbit hole.

Ah oui! C’est terrible! Puis là, je suis tombée sur un thread sur le subreddit non-binary, genre que c’était comme, hé, c’est quoi les indices qui vous ont fait comprendre que vous êtes non-binaire, tu sais? Puis le premier message du thread le plus upvoté de tous, c’était, je jalousais les identités des personnes non-binaires que je côtoie. Puis là, je me disais, oh my God, je ne suis tellement pas spéciale, dans le fond. Ça, c’est fâchant, par exemple.

Oui. Oui. Fait que je pense que c’était une expérience, finalement, qui est très commune. Et c’est parti comme ça. Après, ça a été de nombreuses discussions, beaucoup d’introspection, beaucoup de recherches aussi, avant de me décider, en fait, parce que moi aussi, j’avais plein d’affaires à apprendre, là. Je veux dire, je n’étais pas la moins éduquée sur le sujet, mais je n’étais vraiment pas la plus éduquée sur le sujet non plus.

Oui, bien, j’imagine que c’est pas mal plus ta réalité, mais je te dirais, quand on se préparait pour cet épisode-là, j’étais genre, oh! Attends un petit peu, là. J’ai vraiment dû me regarder dans un miroir, j’étais comme, t’as du travail à faire, fave. En tout cas. Mais justement, qu’est-ce que t’aimerais dire aux gens qui écoutent, qui t’aiment, qui te respectent, puis qui souhaitent te supporter, genre, là, là?

Ça coûte rien de changer les pronoms que tu utilises pour désigner quelqu’un. Que tu trouves ça bizarre ou pas, que ça te rende un peu inconfortable ou pas, toi, c’est un geste qui n’a aucun coût et qui va avoir des conséquences vraiment positives pour moi. Tu sais, j’ai beaucoup parlé de dysphorie de genre, puis du fait que c’est pas nécessairement ce que j’expérimente, mais il y a aussi l’euphorie de genre qui est le sentiment de… Ah, c’est beau, ça! Ah oui, genre, le sentiment de plénitude et de joie quand quelqu’un te désigne par ton genre, puis quand toi, tu te permets aussi de t’exprimer à travers ce genre-là.

Puis, tu sais, au début, quand on a commencé à tester les pronoms neutres et tout, puis juste, en fait, de parler du fait que je me sentais comme ça, ne serait-ce qu’avec mon amoureux, avec mes proches, c’est vraiment ce que ça me fait ressentir. Et c’est arrivé au point où je me suis dit, écoute, tu sais, dans ma communauté, une des choses pour lesquelles on me félicite le plus, c’est justement mon authenticité. Tu sais, c’est le fait que me permets d’être moi, que je me donne plein de permissions. Fait que je peux pas ne pas me donner cette permission-là aussi.

Ah, cheers to that! Comment est-ce que… Tu viens de parler de l’authenticité dans ton entreprise. Comment est-ce que ça va l’influencer, tu penses? Ben, je pense que là… Tu sais, j’ai parlé un peu du fait que j’ai vécu un burn-out, comme l’hiver passé, et un peu avant aussi et tout, puis j’étais un peu frustrée parce que je pouvais pas raconter toute l’histoire. Tu sais, je pouvais raconter que je m’étais épuisée parce que j’avais fait trop de projets, etc., etc. Mais maintenant, avec le recul, c’est évident pour moi que cette crise-là a vraiment eu un impact sur ma motivation, mon moral, ma personne.

C’est-à-dire que, ben, au début, j’étais très prise par ces émotions-là. Tu sais, c’était des grosses émotions, des grosses discussions, des questionnements qui me semblaient immenses. J’avais l’impression que j’étais en train de m’embarquer de quoi? Dans quelque chose de dangereux, presque. Genre mon cerveau était un peu en mode survie, mais en même temps, cette espèce de sensation-là que t’as pas le choix.

Puis après, une fois que j’ai commencé à en parler autour de moi, je me rappelle, par exemple, quand j’en ai parlé à mon âme Charles, puis à Chloé, par exemple, Charles de l’Agence Antilope, qui est mon bon ami entrepreneur et tout, là, ça a comme libéré quelque chose. Puis au contraire, petit à petit, c’est devenu… Ce qui est devenu difficile pour moi, ça a été de le cacher, en fait. C’est que là…

Tu sais, pour moi, créer du contenu, puis m’exprimer, puis tout ça, c’est très relié à ce que je vis. Je fais des ségués, je raconte mon existence. Puis là, il y a comme ce major thing. Cette chose immense, cruciale-là dans mon existence, puis j’en parlais pas. C’est l’impact que ça a eu sur mon… Ma créativité, ma motivation, c’est clair, c’est limpide pour moi. Puis de penser que cet épisode-là va sortir le 10 septembre, puis que je vais pouvoir faire mon infolettre, puis comme après ça, que je vais être libérée de ce secret-là, je sais que ça va me ressusciter créativement. Vraiment.

T’as pas, je vais avaler ma petite boule dans la gorge, là, pendant… Je sais pas toi, mais ça mérite une gorgée d’eau. Ouais, moi aussi. Ouais, mais… Écoute, déjà, en tout cas, moi, je te l’ai dit en off, à quel point je me sens choyée que à la limite, tu m’es choisie pour ça, c’est comme indescriptif. Fait que j’étais comme là…

Je sentais le poids de créer cet espace-là pour toi, puis après ça, je suis comme, c’est pas ma nouvelle. Tu sais? Mais c’était… En tout cas, bref. Merci pour la confiance, mais aussi, en tout cas, j’imagine que c’est… J’ai la misère à imaginer comment ça peut être autant… Changement… Changement dans une vie, c’est comme un secret-là, finalement que tu gardes, puis qui est la vraie toi, tu sais.

On te connaît tout d’abord avec le copywriting, la rédaction. Fait que c’est difficile d’éviter de parler de rédaction épicène ou neutre aujourd’hui. J’ai juste une question. Est-ce que tu crois que tout le monde devrait rédiger de façon neutre ou est-ce qu’il y a des situations où c’est correct d’utiliser un genre ou l’autre?

Moi, j’ai pas nécessairement d’opinion hyper tranchée sur le sujet. Tu sais, j’ai beaucoup de clientes qui gèrent au féminin parce que leur communauté est majoritairement féminin, puis j’ai envie de dire, tu sais, on a tellement genré au masculin par défaut pendant longtemps. Ça peut être un move de résistance féministe un peu. Tu sais, c’est comme… J’ai pas vraiment de problème avec ça. C’est certain, par contre, que moi, mettons… Tu sais, récemment, là, c’est niaiseux, j’ai participé à une conférence, ça s’appelait « Femmes d’influence », tu sais, puis je salue Catherine.

Puis je me disais, tu sais, c’est quand même drôle, je suis un truc qui s’appelle « Femmes d’influence », mais je suis pas une femme puis personne le sait. Fait que je pense qu’il y a quand même une… Tu sais, quand tu écris de manière inclusive, ça inclut plus. Genre ça, c’est un fait. Après, le fait de choisir, de cibler en particulier les femmes, je pense pas que c’est nécessairement une mauvaise chose non plus. C’est juste d’être conscient, consciente de ce que ça peut faire, en fait, l’écriture inclusive.

C’est-à-dire que quand tu inclus tout le monde, les personnes comme moi, ça envoie un signal que t’es « safe », en fait. Puis ça, c’est quelque chose à quoi les gens pensent pas, je pense. Tu sais, moi, quand j’ai… En plein dans mon questionnement, c’était le débat au Québec de la professeure d’école à professeure d’école. Elle utilise quand même des trucs genrés au féminin. Son pronom, c’est « elle », je pense. Mais elle voulait se faire appeler « Mix Martin » au lieu de « Madame Martine » parce que c’est une personne non-binaire.

Et c’était le débat existentiel de ça. Et j’ai vu des entrepreneurs que je connais, pas des proches, tu sais, mais des gens que je connais de loin, avoir des opinions très problématiques à ce sujet-là, tu sais, dire que cette personne-là devrait pas enseigner, qu’elle va traumatiser des enfants ou quoi que ce soit. Fait que… Puis moi, je savais pas que ces personnes-là pouvaient entretenir des opinions aussi dangereuses à mon humble avis.

Bon, on embarquera pas là-dedans, mais tu sais, je pouvais pas le savoir. Fait que moi, quand quelqu’un écrit de façon inclusive, et je pense que c’est le cas pour toutes les personnes trans, toutes les personnes non-binaires, c’est un indicateur que la personne est safe. Right. Puis, en tout cas, je pense qu’il y a pas mal de tout le monde qui écoute, tu sais, on veut te faire sentir safe. On a aussi, comme tu l’as mentionné, des audiences. Mais tu sais, c’est ça, comment…

Balancer les deux, c’est complexe, puis je pense qu’il y a plein de personnes qui vont sentir ça et avoir la volonté d’aider, puis de supporter, puis d’aimer les personnes non-binaires. Fait que je pense que de se retrouver un petit peu là-dessus, c’est de faire ses propres opinions aussi, c’est de le dire aussi. Tu sais, vous êtes safe, mine de rien. En tout cas, ça se traduit aussi de cette façon-là, puis je pense bien.

Quel conseil est-ce que t’aimerais donner à d’autres entrepreneurs qui souhaitent montrer en toute transparence qui iels sont, que ce soit avec leur genre, leur orientation sexuelle, ou même tout simplement leur amour des grues, par exemple?

Ça fait tout le temps peur au début, tu sais, puis je veux dire… Ça fait peur à tout le monde, tu sais, tout le monde a peur d’être soi-même. Je pense que c’est encore plus terrifiant quand on a une identité qui est justement des fois marginalisée ou jugée très durement par certaines personnes. Puis je pense que pour ça, il faut pas non plus… Puis là, ça va peut-être te paraître surprenant, mais je pense qu’il faut pas forcer les choses.

Tu sais, je pense qu’il faut se sentir vraiment 100 % en sécurité, à l’aise, etc., etc., pour faire ce move-là, par exemple, dans sa business. Et la raison, c’est qu’il y a pas vraiment de retour en arrière possible, tu sais. Puis ça, c’est… C’est terrifiant. C’est un gros move au niveau de notre sécurité aussi. Tu sais, moi, ce qui m’a rassurée, c’est d’y aller cercle par cercle, c’est-à-dire au début, d’en parler à mon entourage proche, après ma famille, après tranquillement élargir mon cercle.

Et au moment où on enregistre cet épisode de podcast-là, il doit y avoir une bonne centaine d’entrepreneurs qui sont au courant, tu sais, qui m’ont soutenu, qui ont hyper bien réagi, qui m’ont fait sentir que ce serait pas grave, que j’étais capable de faire ça. Je pense aussi que dans mon cas, à cause du rayonnement que j’ai, à cause du message que j’ai, à cause de la communauté que j’ai aussi, je suis très consciente que le fait d’en parler, ça va être positif.

Parce que, je veux dire, je l’ai vécu avec le fait de parler de mon TDAH, je l’ai vécu avec le fait de parler de grossophobie, je l’ai vécu avec le fait de parler d’à peu près tout ce qui me concerne. Quand on se donne la permission d’exister puis d’être awesome, peu importe c’est quoi nos caractéristiques, bien, on crée de la représentativité. Puis il y a d’autres personnes qui partagent ces mêmes caractéristiques-là qui vont te regarder aller puis qui vont se dire, bien, crime, moi je suis non-binaire mais ça ne m’empêchera pas d’être infopreneur puis d’avoir une grosse communauté, tu sais.

Puis genre, ouais, ça c’est important pour moi. Mais à l’aise que mon message de fond, c’est, vas-y tranquillement, tu sais, tu ne dois à personne de faire ce que je suis en train de faire en ce moment. Si tu le fais, il faut que tu aies une envie vraiment, tu sais, profonde de le faire puis que ça vienne de toi en premier, tu sais.

Puis tu m’as demandé, tu sais, moi c’était évident, Jen, que je voulais le faire sur ton podcast parce que tu n’es pas quelqu’un qui a nécessairement la réputation d’être super woke ou super aware de ces choses-là. Non, mais c’est vrai, genre je veux dire, tu n’es pas, tu sais, tu es une personne bien ordinaire à ce niveau-là, tu as une certaine éducation, tu as super bien réagi quand je te l’ai annoncé, mais tu n’es pas non plus la personne qui va parler de neurodivergence puis de ci, puis de ça, puis de, tu sais, ce n’est pas ça ta marque de commerce.

Puis je savais qu’en venant sur cette plateforme-ci, il y a des personnes qui n’avaient jamais entendu une personne non-binaire parler de sa non-binarité qui allait écouter le podcast. Puis genre ça, pour moi, c’était hyper important. Puis je veux dire, tu sais, moi, il y en a plein des gens dans mon entourage qui ne savaient rien sur le sujet puis là, je leur arrive avec ça puis iels font l’effort. puis ça me valide, ça me fait du bien puis j’ai l’impression que ça sert à quelque chose.

Tu sais, j’ai l’impression qu’on fait avancer quoi ensemble. Bien, c’est ça que j’allais dire. C’est que, tu sais, il y a comme une espèce de double whammy de ça fait du bien à moi de m’exprimer, d’être qui est-ce que je suis. Mais l’affaire qu’on n’anticipe pas souvent puis que, parce qu’on pense juste à ce que les gens vont penser de mal, c’est vraiment comment on a un impact en étant juste soi-même.

Puis tu sais, moi, ma business, c’est juste ça maintenant. C’est juste à faire de la documentation, j’enseigne plus rien. Je peux juste dire, j’ai fait ça, j’ai fait ça puis ça s’est passé comme ça. C’est vraiment ça. Puis la plupart des gens, c’est tout le temps ça qui me revient. Tu m’as inspiré à faire telle affaire, mais je t’ai pas dit quoi faire. T’as juste écouté. Tu t’es validé toi-même. Puis après ça, tu sais, t’es allé faire tes trucs.

Fait que je pense qu’il y a comme quelque chose de rassurant dans le fait qu’en étant vraiment soi-même puis en se permettant d’être cette personne-là, non seulement on va se faire du bien, je trouve que c’est un beau cadeau pour tout le monde au final.

Merci Alex. 100 %. Dans les ressources que tu m’as envoyées, il y a par exemple un lexique pour les gens qui veulent comprendre tous les termes reliés à la communauté queer en général. C’est vraiment, vraiment large comme document. Honnêtement, je me suis assédée à mon chum hier, je me suis dit c’est cool les différents aspects, c’est fun.

Il va mieux comprendre. Tu avais mentionné aussi l’organisme Famille LGBT qui était une bonne ressource pour la formation. Deux ressources de copywriters qui font de la formation et du service. Ça, je n’étais comme pas je pense que oui. Absolument. Oui, par rapport à l’écriture inclusive. Donc, on a Stéphanie Gélina et Charles Saliba Couture. Les deux liens vont être dans les show notes. Et il y a un document qui est, si je ne me trompe pas, il est ongoing, right? C’est comme le fameux document Google Doc que tu m’avais envoyé.

Oui, ça, ça circule en fait dans les communautés de personnes non binaires. Tout simplement. C’est quelqu’un qui bénévolement a monté ce document-là. L’anonyme MM qui est, bref, des infos et ressources pour les personnes transgenres, non binaires, intersexes et les familles qui veulent supporter, les familles, amis, et ainsi de suite qui veulent supporter. Donc, c’est vraiment cool. Initialement, je l’avais fait une copie. Puis là, j’étais comme « Ah non, attends un peu, c’est ongoing cette affaire-là. » Il y a plein de mimes aussi, c’est le fun à la fin. Oui, c’est important, les mimes.

Il y avait aussi, je pense, une espèce de disclaimer que tu voulais faire aussi par rapport aux gens qui écoutent. Est-ce que tu voulais en parler par rapport à ton rôle dans leur propre découverte, peut-être? Oui, c’est ça. À toutes les fois que je parle d’un élément qui vient avec son lot d’émotions, que ce soit mon TDAH ou la grossophobie ou quoi que ce soit, j’ai toujours des gens qui m’écrivent des témoignages et c’est très touchant, mais je veux juste mentionner que je n’ai pas l’espace émotionnel de ta compagnie dans ta transition.

Je pense que ce n’est pas mon rôle non plus. Peut-être juste un disclaimer de dire que ça va me faire plaisir de lire ton témoignage, mais je ne veux pas garantir que je vais répondre, que je vais être présente ou quoi que ce soit. Ce n’est pas quelque chose qui est possible pour moi. Je pense que c’est important aussi de savoir mettre nos limites dans ces situations-là, dans ces cas-là.

Si tu as besoin d’aide, surtout si tu es en détresse, parce que, mine de rien, il y a beaucoup de personnes trans qui sont en détresse. Ça, c’est de quoi qu’on n’a pas mentionné, by the way, mais les personnes non-binaires, techniquement, on fait partie de la communauté trans. On n’est pas cisgenre. Il y a beaucoup de personnes trans qui vivent de la détresse. Je ne suis pas la personne la mieux placée pour t’aider si tu vis de la détresse. On a mis des ressources pour ça dans la description de l’épisode. Je vais nommer un en particulier, justement, la ligne d’écoute d’urgence de Trans Lifeline, numéro de téléphone, donc le 1-877-330-6366.

Déjà là, puis effectivement, le reste des informations vont se retrouver dans les show notes, mais c’est à noter quand même parce que c’est déjà tellement émotionnel aussi comme processus de toi. puis tu n’es pas psychologue, aider les gens, ce n’est pas nécessaire. Sainement! Non, c’est ça. Mais vraiment.

Est-ce qu’il y a quelque chose d’autre que tu voudrais partager avant de terminer qu’on n’a pas mentionné puis qui est important pour toi? Bien, je pense que si, mettons, il y a des gens qui veulent en apprendre plus ou sont comme en questionnement ou peu importe, un des stades les plus le fun pour moi de cette expérience-là, ça a été justement le lexique, en fait. Ça a été de constater… Le lexique. Ah oui! Genre la vastitude d’identités de genres qui sont possibles, qui existent.

Ah, c’est super! J’ai trouvé ça libérateur. Je me disais, oh my God! Puis ça, c’est peut-être moi, là, c’est mon côté un peu recherche, etc., etc. Mais ça m’a fait du bien aussi de lire sur les présentations de genres atypiques à travers l’histoire, dans toutes sortes de cultures. Puis de constater qu’en fait, des personnes trans, c’est-à-dire qui ne sont pas cisgenres, il y en a eu dans toutes les cultures, sur tous les continents. C’est vraiment impressionnant, en fait, de voir que les personnes non-binaires ont toujours existé, en fait. Peut-être pas sous ce nom-là, mais qu’il y en a eu partout.

Puis ça fait, ça fait du bien, en fait, juste de regarder des fois la liste des termes, d’être comme, oh my God, peut-être que je suis un peu demi-girl, ou peut-être que je… C’est super intriguant. Ça m’a vraiment… Ça m’a beaucoup, beaucoup éclairée. Puis c’est très variable. Tu sais, tu peux ressentir de la dysphorie ou pas, tu peux avoir envie de faire une transition sociale, mais pas une transition physique. Moi, c’est mon cas, par exemple. Tu peux… Bref, tous ces spectres-là, cette vastitude-là, il y a quelque chose de profondément beau puis créatif même, là-dedans.

Ça fait que peut-être, si tu as le goût de faire un beau party, aller lire là-dessus, c’est vraiment le fun, c’est vraiment intéressant. Ben justement, en partant à la base par le fameux PDF du lexique. Si toi qui écoutes, tu veux revisiter du contenu, tous les liens qu’on a mentionnés, partagés durant l’entrevue, cliquez sur un lien justement, tu vas retrouver ça dans les show notes de l’épisode au genevievegauvin.com slash effrontée-89 parce qu’on est déjà rendus là.

Si tu as aimé ça, parce que, en tout cas, les petites émotions, tu veux partager ça. Partage ça dans tes stories, tag nous, donc, barre en bas, Geneviève-Gauvin puis le compte d’Alex, donc Alex Martel pour nous dire c’est quoi la chose que tu retiens de notre discussion. J’ai super hâte de savoir qu’est-ce que tu en as pensé aussi.

Tu m’inspires de quoi? Vas-y. Tu sais, tu t’es trompée dans le pronom puis je voulais juste dire que c’est correct de se tromper. Tu sais, moi, j’ai décidé d’y aller pour Yael puis d’alterner entre le féminin puis le masculin pour les adjectifs et je me trompe encore parce que j’ai passé toute une vie à tout conjuguer puis accordé au féminin fait que juste de dire que pour moi, le fait que tu te corriges, je le vois jamais comme une attaque. En fait, au contraire, je me dis oh my God, cette personne-là a pris la peine de faire l’effort de se corriger. C’est vraiment, c’est un signal positif fait que comme faites des erreurs puis c’est OK. Ça fait partie du processus pour tout le monde.

Mais écoute, ce que j’ai réalisé hier puis ce qui est, en préparant l’entrevue puis tout, c’est les adjectifs. J’avais pas réalisé ça du tout. Puis on a une langue française qui est très genrée où les adjectifs, on les entend quand iels sont au féminin puis c’est, oh my God, je manque de vocabulaire. Je suis comme, oh my God, qu’est-ce que je vais faire? Puis honnêtement, premièrement, j’apprécie ça puis le pire, c’est que je le sais que t’es comme ça, tu sais.

Mais en même temps, c’est ça, j’étais comme, qu’est-ce que je vais faire pour les adjectifs? mais on s’en sort puis je pense que c’est, tu sais, comme tu dis, je pense que c’est un processus humain puis ça vient aussi de l’intention, tu sais, dans le sens où, en tout cas, corrige-moi, puis c’est vraiment, c’est pas l’expérience, mais c’est l’intention aussi, tu sais, c’est une intention, c’est je veux être meilleure, je veux supporter, je veux faire les changements. C’est complètement différent de je manque à l’ice. Exactement. 100%.

Ben écoute, merci, ça me touche beaucoup. Ben donc, bref, pour tous ceux qui écoutent, c’est tout ce qu’on avait à dire aujourd’hui, ce qui est quand même déjà pas pire, fait qu’on se reparle la semaine prochaine pour une autre entrevue d’Effrontée, Alex. Mouah! Bien l’amour. Bye là!

T’as aimé l’épisode? Évidemment, vu que t’es rendu jusqu’ici. Merci, Boul, pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter d’Effrontée, ben la meilleure façon de le faire, c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast. Puis vraiment, c’est super simple à faire. Va sur l’application Apple Podcast puis tape Effrontée dans la barre de recherche. Une fois que tu m’as trouvé, clique sur S’abonner puis descends en bas de la liste d’épisodes jusqu’à la section Évaluation et avis. Puis à partir de là, ben c’est à toi de jouer. Laisse-moi 5 étoiles si t’aimes le contenu du podcast puis laisse-moi un témoignage. Dis-moi pourquoi t’écoutes le podcast puis comment est-ce que ça a un impact sur ta business puis ta vie. Un énorme merci d’avance d’avoir pris le temps. C’est vraiment des gens comme toi qui font que le show continue. À la semaine prochaine, là!

Pis toi? T’en as pensé quoi?

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