La prise de parole en public, c’est une compétence qui fait peur, qui attire, qui fascine. Si tu rêves de monter sur un stage ou de faire des lives qui frissonnent, cet épisode est pour toi. Dans cet épisode, j’accueille Stéphanie Méthé, PDG et fondatrice de Business Flyée, coach en prise de parole au féminin, ex-animatrice à TVA et Rouge FM. On dissique ensemble comment on part de zéro pour monter sur un stage, comment on structure une présentation qui frappe, et comment on pitcher pour décrocher ses premières opportunités.
Prise de parole en public: surmonter l’imposteur et la peur du jugement
La prise de parole en public commence dans la tête, bien avant de prendre le micro. Et selon Stéphanie, les freins psychologiques, c’est pas les bonnes choses qui manquent.
> « Le syndrome de l’imposteur, je suis qui, moi? Ça, c’est ce que je vois dans mes formulaires, quand les filles appliquent pour des accompagnements. J’ai des filles vraiment incroyables, des filles qui ont des business depuis 10 ans, il y en a qui sont des leaders, j’ai même des politiciennes que je commence à coacher. Puis, honnêtement, c’est tout le temps la même histoire. »
La peur du jugement et le syndrome de l’imposteur, c’est universels. Ce que Stéphanie enseigne, c’est pas de les éliminer, mais d’aller quand même. Do it scared, comme elle dit.
Ce qui aide énormément dans cette démarche: l’alter ego. Stéphanie l’a découvert intuitivement, bien avant de lire The Alter Ego Effect par Todd Herman (aussi disponible sur Amazon FR). Sa version: incarner Véronique Cloutier pour prendre le micro quand la gêne prenait toute la place.
> « J’ai découvert récemment, j’ai eu un atelier avec Todd Herman qui a écrit le livre de Alter-ego Effect. J’ai lu son livre, je suis tombée dedans. J’ai fait, c’est ma vie. C’est comme si je le savais pas que j’avais utilisé un alter-ego. »
Ce que Stéphanie précise aux filles qu’elle coache: si tu ne crois pas encore assez en la meilleure version de toi-même, emprunte quelqu’un d’autre. Une femme de scène que t’admires. Oprah. Beyoncé. Peu importe. Puis tu l’incarnes le temps de performer. C’est pas fake, c’est un outil.
Le stress, lui aussi, n’est pas à éliminer. C’est l’adrénaline qui te rend puissante. La nonchalance, c’est l’ennemi de la performance.
> « Venez pas me voir pour que j’enlève votre stress. Je veux pas faire ça. Je veux que vous restiez stressé parce que le stress amène une adrénaline sur scène. »
Prise de parole en public: trouver le bon message avant tout
Stéphanie le dit clairement: 90 % des conférencières n’ont pas le bon message. Et le bon message, c’est pas ton expertise toute sèche. C’est ton expertise + ton pourquoi personnel, le storytelling ancré dans ton vécu.
> « On a tendance à vouloir partager notre expertise, mais on oublie de partager qui on est réellement. Et ça part de là, en fait, le vrai message. »
Elle va deep down dans le coaching. Tant que la cliente ne touche pas à l’émotion derrière l’histoire, le message reste en surface.
L’autre règle d’or: un sujet par conférence. Pas dix. Un. Le plus précis possible. C’est l’analogie de la boîte de chaussures qu’on retrouve dans Move The Room par Trevor Currie (aussi disponible sur Amazon FR), un livre qu’on a toutes deux lu en préparation de conférences. Tu ne montres pas tout le mur de souliers à ton audience. Tu choisis la paire exacte pour elle.
> « Choisis un sujet, pas dix sujets. Et l’erreur, c’est qu’on met trop de sujets dans un seul temps. Un sujet. Très précis. »
Les détails sans émotion? On les coupe. L’heure exacte où c’est arrivé, le lieu précis. Ce qui compte: l’émotion vécue. Les silences aussi. Stéphanie travaille énormément les pauses avec ses clientes parce que « tout peut se dire en silence ».
Trouver ses premières opportunités de prise de parole en public
Attendre que les demandes arrivent toutes seules quand tu commences dans la prise de parole en public? Ça marche pas. Il faut aller cogner aux portes.
Stéphanie suggère les vitrines de conférenciers (au Québec, cherche « vitrine conférencière » pour trouver les deux événements annuels où les entreprises et corporations recrutent). Elle a elle-même commencé gratuitement, en première partie d’un conférencier qu’elle admirait.
> « J’ai dit, mon rêve, c’est de faire des conférences comme toi. Il m’a dit, OK, viens-t’en la semaine prochaine. Je n’ai pas demandé de me payer. »
La règle: fais tes 10 premières conférences avant de commencer à charger. Bâtis de la crédibilité, des images, du contenu pour les réseaux. Puis quand tu es prête à pitcher, personnalise.
> « Concentre-toi sur ce qu’eux ont besoin et non sur ce que toi, tu veux offrir. »
Son modèle de pitch vient de son expérience à la radio, où elle recevait 50 albums par jour. Les pitchs génériques allaient à la poubelle. Ceux qui nommaient spécifiquement son contenu, ses invités, ses intérêts? Elle les prenait.
Pour les prix: base-toi sur le marché local, demande à d’autres conférencières, puis ajuste selon ton expérience. Stéphanie a monté les échelons graduellement: 0, 500, 1000, 2000. Elle réserve maintenant 2-3 opportunités gratuites par an pour des causes qui lui parlent, et le reste est payé.
Orizon est un exemple de bureau de conférenciers à qui tu peux écrire pour te renseigner sur les cachets moyens: orizon.ca.
Prise de parole en public: ce qui tue ton impact sur scène
Quand on pratique la prise de parole en public, selon Stéphanie, les erreurs les plus coûteuses sur scène sont souvent physiques et inconscientes.
Les « pas de danse », soit bouger sans cesse sur place, transmettent le stress au public. Le cerveau de l’audience perçoit l’insécurité et commence à douter du message. Les feuilles qui bougent, le micro qu’on triture: idem. Tout ça crée des distractions qui parasitent le message.
Le regard est l’outil le plus sous-utilisé. Pas le scanner de gauche à droite. Le contact vrai, soutenu, avec une personne dans la salle.
> « Ça va connecter avec une personne qui t’écoute. On sent toujours dans une salle qu’il y a des gens qui s’en foutent puis il y a des gens qui nous écoutent. »
Introvertie? C’est pas un désavantage en prise de parole. Les extraverties, Stéphanie les ramène souvent, justement parce qu’elles peuvent partir dans tous les sens.
> « Les introverties sont capables d’aller chercher souvent une puissance dans leur voix puis sont capables de raconter des histoires avec beaucoup plus de douceur, d’émotion, de vulnérabilité. »
Gérer son énergie après une prise de parole en public
Après une prise de parole en public, le post-conférence, c’est épuisant. Les gens veulent te parler, te toucher, partager leur histoire. Stéphanie a développé une philosophie claire: être généreuse mais avec des limites nommées.
> « J’établis mes limites claires d’avance. Avec moi-même et avec les gens. »
Elle se planifie du temps de repos dans les jours qui suivent une conférence. Elle ne met pas 10 coachings le lendemain. Et elle a appris, en voyant Melissa Normandin-Roberge se retirer pour prendre son bain en plein lancement, que se protéger est un acte de leadership.
La règle pratique: engage-toi pleinement le temps de la conférence et du post, avec l’intention d’être là pour les gens. Mais quand le verre est plein, dis-le clairement et pars. C’est ni impoli ni froid. C’est de l’intégrité.
Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes
Faut-il apprendre sa conférence par coeur?
Non. Stéphanie travaille sur la structure: l’histoire choisie, le cadeau au public, les clés principales, une entrée percutante, une sortie mémorable. Une fois la structure solide, tu peux t’appuyer sur tes histoires sans les mémoriser mot pour mot. Tu les connais parce que ce sont les tiennes.
Extravertie ou introvertie, est-ce que ça change quelque chose?
Les deux profils peuvent être excellentes en prise de parole en public. Les extraverties ont parfois trop d’énergie dispersée. Les introverties ont souvent une profondeur émotionnelle et une douceur dans la voix qui touche les gens plus que n’importe quelle performance bruyante. L’harmonie entre les deux énergies, c’est le vrai objectif.
Comment pitcher une organisation quand on commence?
Recherche l’organisation en profondeur avant d’écrire. Comprends ce dont elle a besoin, pas ce que toi tu veux offrir. Nomme explicitement ce que tu as vu dans leur contenu ou leurs valeurs. Adapte ta conférence à leur réalité spécifique. Un pitch personnalisé bat un communiqué de presse copiè-collé à cent pour cent.
Mes prochaines étapes
Si tu veux du contenu uncensored chaque semaine, rejoins ma communauté VIP par courriel le Speakeasy: genevievegauvin.com/speakeasy.
Pour continuer sur les thèmes de la confiance et de l’alter ego, écoute l’épisode 45 sur l’alter ego et la confiance en soi et l’épisode 87 avec Noëllie Salgueira sur bâtir une confiance inébranlable.
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Show notes
Format: Entrevue avec Stéphanie Méthé Durée: 63 min
Sujets abordés:
- L’alter ego comme outil pour prendre la parole en public avec confiance
- Le syndrome de l’imposteur et la peur du jugement chez les conférencières
- Trouver le bon message: expertise + storytelling personnel
- L’analogie de la boîte de chaussures: choisir un sujet précis
- Comment trouver ses premières opportunités de conférence
- Pitcher de façon personnalisée pour décrocher des contrats
- Fixer son prix selon le marché et son expérience
- Ce qui tue l’impact sur scène: distractions, regard, posture
- Introvertie vs extravertie: les deux peuvent performer
- Gérer son énergie et ses limites après une conférence
Liens & ressources:
- Livre The Alter Ego Effect par Todd Herman:
– Amazon CA: The Alter Ego Effect (lien affilié) – Amazon FR: The Alter Ego Effect (lien affilié)
- Livre Move The Room par Trevor Currie:
– Amazon CA: Move The Room (lien affilié) – Amazon FR: Move The Room (lien affilié)
- Orizon, bureau de conférenciers
- Instagram de Stéphanie: @stephanie_methe
- Site de Stéphanie: stephaniemethe.com
- Speakeasy: genevievegauvin.com/speakeasy
- @_genevievegauvin sur Instagram
📝 Lire le transcript intégral
T’écoutes Effrontée épisode 71. Aujourd’hui, on parle de comment débuter ta carrière de conférencière et créer la présentation la plus mémorable de la journée avec Stéphanie Méthé. Si tu ne la connais pas, laisse-moi te la présenter parce que c’est la première fois que je l’interview sur un de mes podcasts. Stéphanie Méthé est la PDG et fondatrice de Business Flyée, nomade digital, podcaster et coach en prise de parole aux féminins. Elle a passé 10 ans devant la caméra et derrière le micro. Elle a travaillé entre autres à TVA et Rouge FM. Son grand rêve est d’inspirer 500 000 femmes dans les prochaines années à s’exprimer haut et fort pour réaliser pleinement leur mission de vie, propulser leur carrière et affirmer leur présence tant sur la scène que sur le web. Donc que tu veuilles être conférencière en personne, que tu souhaites tout simplement prendre la parole en public via des lives, différentes collaborations, cet épisode-là est pour toi.
C’est pas compliqué. T’es tannée de marcher sur des œufs pour pas froisser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact. Peu importe ce que tu veux, il n’y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps de t’arrêter de cacher tes ambitions aussi.
Je m’appelle Geneviève Gauvin. Chaque semaine, j’anime Effrontée le rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables et fiers de l’aide. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles et les limites pour faire les choses en grand. Travailler 5 heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Il y a où le problème? Voyager de temps plein et travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe? En plus de te partager mes conseils et mes stratégies pour faire toujours plus en travaillant moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite. On va explorer les secrets de leur succès, leurs chiffres fascinants, puis discuter en paire pour t’inspirer à toi-même à atteindre les sommets dont toi, tu rêves. Je te donne la permission de vouloir toujours plus. Je te donne la permission d’être 100% effrontée.
Je suis présentement avec Stéphanie Méthé. Stéphanie, comment ça va? Hey, ça va bien. Contente que tu m’invites. Salutations aux gens qui sont là aussi.
Écoute, ça me fait plaisir et ça fait très longtemps que tu étais sur ma liste de stand-by. Je ne te l’ai jamais demandé, mais j’étais comme « OK, attends, je vais trouver un angle. J’ai besoin qu’il y ait quelque chose qui… » Puis là, tu as commencé à parler beaucoup de conférences. Justement, j’ai remarqué que c’est ça depuis un moment. Ton contenu, ça aborde de plus en plus, ou spécifiquement, finalement, la prise de parole en public, que ce soit en live sur Instagram, dans une conférence en personne.
Puis, je trouve ça super cool parce que je trouve que c’est un sujet qui n’est pas tant abordé. Quand on peut faire avec facilité des lives, de façon technique, mettons, c’est moins évident de trouver des gigs de conférencière aussi. Puis, encore moins d’être bien préparé pour. Ça fait que, comme j’ai développé une addiction dans les derniers mois à la scène, je voulais qu’on jase ensemble, finalement, de comment bien se préparer pour une conférence sur le web ou en personne.
Je l’ai mentionné dans l’intro, mais tu as travaillé à la télé, tu as travaillé à la radio aussi pendant plusieurs années. Est-ce que tu avais, au départ, la confiance de recevoir le spotlight qui vient avec ça ou ça s’est bâti à travers le temps?
Oh mon Dieu, que ça s’est bâti à travers le temps. Parce que moi, j’étais une timide quand j’étais jeune. Moi, prendre la parole, je te le dis. Puis, c’est ça des fois qui est drôle parce que les gens sont comme, « Mais toi, tu n’es pas gênée, toi, tu fais du stage. » Oui, mais j’en faisais beaucoup plus dans mon salon que dans la vraie vie, mettons. Quand j’arrivais dans la vraie vie, moi, faire un exposé oral, j’avais mal au cœur, j’avais mal au ventre. J’avais tellement peur de dire les mauvaises choses. La peur du jugement et du rejet, ça prenait toute la place dans ma vie.
Mais en même temps, c’est spécial parce que moi, je regardais les femmes. Tu sais, les femmes qui s’expriment et qui ont confiance en elles. Ça venait tellement me chercher. C’est comme s’il y avait des frissons qui me traversaient le corps. Un jour, je vais être comme ça parce que j’ai l’impression que quand tu es une femme et que tu es capable de bien t’exprimer avec confiance, tu es capable de tout faire. Donc, c’était comme une aspiration que j’avais.
Mon idole, moi, les Françaises la connaissent peut-être pas, mais les Québécoises la connaissent. C’est Véronique Cloutier. Elle a traversé tellement d’affaires et était tout le temps très confiante dans sa posture, no matter what. Et j’étais comme, OK, je vais être Véronique Cloutier. Fait que moi, c’est l’alter-ego de Véronique Cloutier que je me suis bâtie puis je me prenais pour elle dans ma tête. Puis c’est ça qui fait que j’ai commencé à développer de la confiance. Puis finalement, je me suis ramassée à faire de la radio puis de la télé.
Tu sais, c’est fou pareil, mais c’est plein de micro-actions pour se rendre là. Mais je trouve ça cool que tu parles de l’alter-ego parce que j’ai commencé à en parler beaucoup, mais c’est quelque chose que j’ai réalisé que je faisais. C’était pas conscient. On dirait que toi, c’était plus conscient. C’était-tu conscient? Genre, je vais incarner cette personne-là.
Bien, en fait, c’était conscient, mais inconscient parce que j’ai découvert récemment, j’ai eu un atelier avec Todd Herman qui a écrit le livre de Alter-ego Effect. J’ai lu son livre, je suis tombée dedans. J’ai fait, c’est ma vie. C’est comme si je le savais pas que j’avais utilisé un alter-ego. Parce que c’était vraiment inconscient. C’était comme, je pense que si je fais comme si j’étais Véronique Cloutier, ça va m’aider à avoir de la confiance parce qu’elle en a, parce qu’elle est capable de s’exprimer avec puissance. Fait que moi, dans ma tête à moi, je le savais pas, sérieusement.
Mais c’est ce qui m’a aidée vraiment, vraiment, vraiment beaucoup. Puis aujourd’hui, je l’enseigne, l’alter-ego. Puis aujourd’hui, je l’utilise encore. C’est juste qu’aujourd’hui, mon alter-ego, c’est une version de moi, alors qu’avant, je pouvais pas parce que je manquais trop de confiance.
Bien, je suis curieuse de voir ton point de vue là-dessus parce que, tu sais, c’est sûr que tu connais l’alter-ego le plus populaire de la planète, Sasha Fiers. Sasha Fiers, qui était celui, donc, de Beyoncé, parce que quelque part dans son parcours, un moment donné, elle a décidé de le mettre à retraite parce que, selon elle, puis moi, ça fait beaucoup de sens avec mon expérience à moi aussi, éventuellement, l’alter-ego et elle-même ont juste merged, puis c’est devenu une personne.
Moi, comment je le vois, dans mon cas, c’est beaucoup une béquille. Donc, quand je manque de confiance en moi, je vais retomber sur cet outil-là, mais c’est pas quelque chose qui est fake. Genre, c’est juste une partie de moi que je vais puiser, comme je vais mettre dans un bucket. Ça résonne-tu avec toi?
Oui, puis tu sais, en même temps, quand tu manques de confiance, tu sais, je coach beaucoup de filles en prise de parole. Moi, je vais lui dire, je veux que tu prennes quelqu’un d’autre, parce que des fois, il y a des filles qui se créent un alter-ego avec elles-mêmes, en s’imaginant la meilleure version d’elle-même, mais c’est comme s’il y a une partie d’elle inconsciente qu’elle n’y croit pas vraiment. Donc, je suis comme, non, trouve quelqu’un d’autre. As-tu une femme de scène que tu aimes? Puis plus tard, ça sera toi. Mais là, pour l’instant, c’est qui que t’aimes? C’est-tu Oprah? C’est-tu Beyoncé? Peu importe, là. Tu sais, comme, c’est qui que t’aimes? Incarnel.
Parce qu’elle, là, elle serait pas en train de se poser toutes ces questions-là que tu te poses. Moi, ça, moi, j’ai l’impression que la vérité, là, c’est que j’ai plein d’alter-ego pour prendre des décisions dans mon entreprise aussi, là. Tu sais, moi, j’ai Daniel Enkel qui m’aide quand je reçois des critiques négatives. Je me dis, Daniel Enkel a pas le temps. Qu’est-ce qu’elle dirait, Daniel Enkel? J’ai d’autres choses à faire. What would Daniel do?
C’est parfait. Mais à un moment donné, ça devient nous, mais il y a un danger, quand même, de devenir accro-dépendante. Tu sais, je regarde Marilyn Monroe qui utilisait l’alter-ego aussi quand elle avait son manteau, mais Marilyn Monroe a vécu beaucoup de dépression puis à un moment donné, son personnage était devenu trop célèbre et trop fort. Fait que je pense qu’il y a des dangers à s’accrocher, à devenir dépendante à son alter-ego.
Bien, surtout, est-ce que c’est surtout quand il est trop loin de soi, dans le sens où on veut être quelqu’un qui est plus bâti sur qu’est-ce qu’on pense que les gens veulent de nous versus qui on est comme individu, finalement? Je pense à Marilyn Monroe. Tu sais, si vraiment, tu crées ce personnage-là de genre blonde bombshell qui est comme sexualisé, puis que la personne, elle, c’est quelqu’un qui est complètement différente de ça, éventuellement, de supporter ça quand c’est pas soi, c’est là que ça devient comme problématique.
Oui, puis je pense que ce qui est important, c’est d’utiliser son alter ego dans des moments clés de performance. Ça, c’est important. Pas partout dans sa vie avec tes amis. Parce que moi, quand j’entends des filles, je vais être bien franche, mais moi, quand j’entends, il y a une lune présentement, je suis en SPM, je m’en contrefous. Je veux que quand tu arrives en live, tu livres le message de ta vie, je m’en contrefous de la lune ou genre de l’horoscope présentement.
Moi, je faisais de la télé puis je venais de perdre mon père. Ça faisait deux jours. Puis honnêtement, j’étais aussi bonne. Pourquoi? Parce que dans l’espace d’un instant, pour une minute, je ne pensais plus à mes problèmes. Je pensais à qu’est-ce que j’ai à livrer au public. Je pense qu’à partir du moment où notre alter ego nous sert à performer, c’est comme un manteau, c’est comme des talons hauts, c’est comme un baume à lèvres que tu mets puis à partir de ce moment-là, tu serres les autres. Ça change tout.
Je trouve ça intéressant parce que la question qui me venait quand tu parlais, c’était est-ce que c’est sain? Mais après ça, je me dis, c’est vrai, dans le sens où si tu veux quelque chose de grand, si tu veux quelque chose que les autres n’ont pas, il faut que tu fasses des affaires que les autres ne font pas. Puis il y a des moments comme ça où je pense que c’est les moments de show must go on où tu as comme une responsabilité que ce soit publique envers d’autres personnes, que tu t’es engagé dans un projet, dans une décision puis que là, il faut juste que tu livres.
Oui, puis je trouve ça important ce que tu dis là, vraiment un bon point que tu sais, est-ce que c’est sain? Bien, ça dépend. Ça dépend toujours. Il faut reconnaître l’émotion qu’on est en train de vivre. Puis tu sais, moi quand mon père est décédé, je pleurais avant mes lives. C’est comme, je veux dire, je pleurais, je reconnaissais ma peine. C’était, je pleure et après je performe et je pleure et je performe. Tu sais, donc, c’était correct que je vive mon émotion.
Puis autre chose, c’est sûr qu’à télé, je ne pouvais pas faire ça parce que c’est impossible, sauf que nous, en tant que conférencière, en tant qu’entrepreneur, personnes qui ont des communautés, moi je trouve ça important de nommer les choses telles qu’elles sont. Moi, quand j’arrive sur un stage, si j’ai vécu quelque chose de grave, je le dis en partant. À un moment donné, je viens de faire un accident de voiture. Ça fait cinq ans. Il y a ça cinq ans, je fais la première partie de Robert Savoie puis je dois parler du bonheur. Puis j’ai zéro envie de parler du bonheur parce que je ne file pas ça dans mon corps au moment où j’arrive là-bas.
J’arrive, je prends le micro puis je le nomme. Écoutez, aujourd’hui, je suis censée vous parler du bonheur, mais je vous avouerais que je viens de vivre un accident puis je n’ai pas pris le temps de respirer aujourd’hui de tout ce qui s’est passé. Combien de fois dans la vie on s’empêche de respirer ou de prendre ces moments-là? Et j’aimerais qu’on fasse ça aujourd’hui. J’ai comme nommé les affaires puis c’est plus authentique. Tu n’es pas en train de faire semblant que tu ne vis pas quelque chose puis ça, c’est important. Puis tu peux rester une leader en étant vulnérable.
Oui. Puis en tout cas, il y a plein de personnes qui, je pense, qui écoutent, qui vont se dire oui, mais non, j’ai peur du jugement puis si je montre ces faiblesses-là, à quel point je vais être perçue comme faible ou ce genre de truc-là. Mais les moments les plus efficaces en termes de contenu dans mon existence d’entrepreneur, ça a tout le temps été ceux où j’ai été la plus vulnérable.
Oui, c’est ça le fait. On vit tout ça, les femmes, on a toutes peur de ça, tu sais. J’ai juste le goût de dire que quand on a été sur le même stage pour Mélissa Normandin-Roberge, moi, j’avais la chienne d’être avec des femmes aussi puissantes. J’étais comme, oh my god, je peux pas croire que j’étais avec Geneviève Gauvin, je peux pas croire que j’étais avec Anne-Marie. J’avais deux nuits que j’étais comme pas sûre, là, tu sais. Et là, après, je me suis raccrochée, je me suis dit, bien, j’étais invitée, puis je veux dire, j’ai ma place, puis j’ai un message à passer.
Et je me souviens l’avoir partagée à certaines filles quand on était là, puis les filles riaient parce qu’elles étaient comme, ah, c’est drôle, moi, j’ai eu le même feeling par rapport à vous. Fait que c’est fou, dans le fond, qu’on réalise que toutes les femmes, peu importe notre niveau, peu importe notre nombre d’abonnés sur Instagram puis notre notoriété, crédibilité, on peut toutes ressentir cette peur-là à l’intérieur de nous, là.
Oui. Il y a plusieurs entrepreneurs qui ont envie, voire qui rêvent, à la limite, d’être un jour conférencier, conférencière. Mais souvent, on met ça sur le back burner parce qu’on n’est pas prêt, parce qu’on attend d’être assez big pour ça. Comment est-ce qu’on devient prêt, guillemets, pour ça? C’est quoi les plus gros freins psychologiques par-dessus lesquels on doit passer, selon toi?
Tu sais, les plus gros freins psychologiques, bien, je te dirais, on en a nommé un depuis le départ, c’est vraiment la peur du jugement qui nous arrête beaucoup plus qu’on pense parce qu’à force d’avoir peur du jugement, on se fait à croire qu’on n’est pas prête à devenir conférencière. Puis les femmes, elles ont beaucoup ce syndrome de l’imposteur-là aussi. Je suis qui, moi? Ça, c’est ce que je vois dans mes formulaires, quand les filles appliquent pour des accompagnements, je te le dis, j’ai des filles vraiment incroyables, des filles qui ont des business depuis 10 ans, il y en a qui sont des leaders, j’ai même des politiciennes que je commence à coacher. Puis, tu sais, honnêtement, c’est tout le temps la même histoire. Le syndrome de l’imposteur, je suis qui, moi, pour passer ce message-là?
Accepte donc que tu vas avoir peur du jugement puis que tu vas te sentir l’imposteur puis go. On commence. Tu sais, le faire malgré tout. Il y a un livre que j’adore le titre « Do it scared ». That’s it. C’est la seule leçon que j’ai besoin d’apprendre.
Mais tu sais, c’est drôle que tu dis ça parce que je me rejoins dans ces choses-là encore. Le syndrome de l’imposteur, je pense que tu finis juste par mieux gérer, mais je connais peu de personnes pour qui ça a vraiment complètement disparu parce qu’à chaque fois que tu essayes quelque chose de nouveau, bien, tu es beginner. Puis être beginner, c’est genre, est-ce que j’ai vraiment ma place là?
C’est important d’être stressé aussi. Ça, je le dis souvent, venez pas me voir pour que j’enlève votre stress. Je veux pas faire ça. Je veux que vous restiez stressé parce que le stress amène une adrénaline sur scène. Faut que t’ailles un minimum de stress, pas un grand stress parce que ce qui arrive, c’est que si t’as un grand stress, ton cerveau, il perçoit une menace puis il va t’envoyer tous les symptômes physiques désagréables, genre bégayer, la bouche sèche, mal de ventre, tout ça.
Mais c’est correct que t’ailles… Moi, j’ai tout le temps mal au ventre. Je vais être bien honnête avec toi, je mange pas avant des conférences. Je mange une galette de riz puis c’est ça. J’ai mal au ventre, je m’en vais aux toilettes. Je suis très honnête avec ma communauté par rapport à ça. Mais en même temps, maintenant, je l’accueille. Je suis comme, ah, t’as mal au ventre. C’est cool. Fait qu’encore une fois, tu vas aller aux toilettes avant de faire ta conférence, mais tu vas arriver sur le stage puis tu vas être sacoche. Fait que tu sais, maintenant, mon discours interne est aussi très bon. Puis le fait que j’aille ce stress-là fait que je suis puissante sur le stage.
Quand tu n’es pas stressée du tout, du tout. Tu sais, des fois, on est nonchalant puis on est comme, moi, ça va bien aller, je suis déjà bonne puis c’est beau puis je suis habituée de faire des conférences. Ce n’est pas bon. Parler devant 1000 femmes ou 2000 femmes, mettons que sur un stage, c’est une chance en or de livrer un message qui est puissant puis moi, c’est ça qui me challenge. Je suis comme « Hey, je veux que mes mots résonnent avec la salle puis je le sais, la chance que j’ai d’être là. »
Parlons d’aller chercher ces opportunités-là, en premier, la recherche d’opportunités ou la préparation du contenu, selon toi?
Ah, la préparation du contenu parce que, honnêtement, si tu n’es pas capable de vendre ton pitch, honnêtement, ça ne marchera pas. Tu sais, je veux dire, il y en a tellement de gens qui font des conférences, il y en a tellement des personnes qui veulent faire du stage. Il faut que tu sois capable de pitcher à perfection. Je me prépare avec un coach moi-même en prise de parole puis j’enseigne la prise de parole parce que je ne veux pas être bonne. Je veux être puissante.
Parce que pour moi, là, un bon TED Talk, quand tu regardes ça sur Internet, où il y a des heures de préparation là-dedans. Mais attention, la préparation, ce n’est pas genre de lire mot pour mot, ce n’est pas ça. Mais de réfléchir aux cadeaux que tu veux offrir au public. Puis ça, la plupart des gens, ils arrivent avec moi et disent, « Ah, moi, je vais parler d’environnement. » OK, mais c’est quoi le cadeau concret que tu veux offrir au public? Bien, que les gens, ils soient plus conscients de l’environnement. Oui, mais ce n’est pas clair.
Puis je te dirais que 99 % des gens qui arrivent dans mes coachings n’ont pas le bon message. Bien, tu mentionnes que 90 % justement des conférencières n’ont pas le bon message. C’est quoi le bon message?
Bien, en fait, souvent, on a tendance à vouloir partager notre expertise. Partager vraiment notre expertise, mais on oublie de partager qui on est réellement. Et ça part de là, en fait, le vrai message. Souvent, j’ai des filles qui viennent pour partager leur expertise, un message lié à leur expertise. Mais il faut revenir à toi. Pourquoi toi? Pourquoi toi, c’est si important pour toi? Et là, c’est là qu’on rentre dans le storytelling plus personnel que beaucoup de femmes ne veulent pas aller. Ils vont, mais en surface. Mais moi, je vais deep down. Je te dis, tant que ma cliente ne pleure pas, ce n’est pas réglé.
Bien, tu sais, on s’entend que j’ai des femmes fortes, ambitieuses, elle peut avoir juste une petite goutte ou elle peut avoir les yeux pleins d’eau, ça passe. On a toutes nos bobos.
Bien, j’ai lu le livre Move the Room, qui est… J’ai adoré. J’ai lu ce livre-là justement cet automne en préparation, notamment à ma conférence à Paris, parce que c’était ma première conférence. Un des trucs, justement, du livre, pour créer du contenu qui est assez facile, c’est d’utiliser tout le temps des histoires. Puis pourquoi c’est facile? C’est parce que tu connais tes histoires. Même si tu n’as pas besoin de les apprendre par cœur, tu connais c’est quoi les leçons, tu connais la timeline de chaque étape. Non seulement c’est plus touchant de venir chercher les gens, mais c’est beaucoup plus facile de se rappeler de c’est quoi ton contenu si tu fais juste raconter ton histoire.
Oui, exact. Puis là, ce qui est intéressant, c’est qu’il y en a beaucoup qui ont les histoires, mais n’arrivent pas à les faire vivre. Tu sais, moi, des fois, j’ai des filles qui me racontent leur histoire. Puis ça fait des histoires quand même assez profondes et puissantes, mais quand ils me le racontent, je ne sens rien dans mon corps. Oui, parce que, tu sais, tous les éléments, moi, que je travaille avec les filles, c’est la voix, la posture, les pauses, au bon moment, le regard, avancer vers l’avant, comment bouger sur un stage, toutes les choses qu’on travaille puis ça fait toute la différence pour vrai.
Fait que, tu sais, des fois, tu peux avoir la meilleure histoire au monde, mais elle vibre pas. Fait que, tu sais, moi, c’est pour ça que j’aide les filles à faire des prises de parole frissons que j’appelle. Je veux que les gens frissonnent quand tu racontes ton histoire. Puis je te dirais qu’un de mes trucs, moi, c’est d’éliminer beaucoup de mots dans les conférences des filles parce qu’on met trop de mots alors qu’on peut tout dire en silence.
Et comment est-ce que tu fais pour éliminer des mots si c’est pas scripté? Première structure, moi, avec mes clientes, de base, tu sais, on choisit l’histoire, le cadeau que la personne veut offrir, les clés principales, un peu comment on veut finir, quel cadeau on veut laisser pour retourner à la maison. Fait que je fais quand même une structure. Après, souvent, je vais dire à mes clientes, OK, raconte-moi ton histoire puis quand on va me la raconter, je vais tout de suite l’éliminer. Tu sais, je vais comme, je le vois ça. C’est comme mon cerveau, il est programmé à voir quoi éliminer avec la radio puis la télé.
Je te dirais qu’un truc pour savoir ça, c’est que tous les détails de ton histoire ne sont pas importants s’ils ne font pas vivre d’émotions. À un moment donné, j’avais une cliente, elle me parlait du décès de son mari puis tu sais, c’est super, son histoire est incroyable mais là, elle me disait à quelle heure il est parti puis là, il est allé là. Non, non, on s’en fout de ça. Ce qui est important, c’est toi, tu t’es sentie comment à ce moment-là. Moi, je vais aller jouer plus avec les émotions que les détails.
Fait que moi, je travaille énormément avec les silences avec les filles. Et c’est très challengeant parce que justement, ce qui challenge les filles, c’est que c’est tellement plus facile de dire tes affaires vite puis c’est fait. J’ai des filles super dynamiques qui sont très bonnes en prise de parole mais ils parlent vite. À cause de ça, je ne sens pas leur émotion puis je leur dis pourquoi tu parles vite de même? Ah, c’est parce que si je parle lentement, je vais pleurer. Ben, c’est bon ça. Tu n’es pas obligé de pleurer sur scène mais en faisant une pause, ça te donne aussi une pause à toi pour ne pas t’effondrer en larmes. C’est comme si tu reprenais ton souffle mais par l’intérieur.
Au niveau du contenu, comment est-ce qu’on fait pour trouver un angle qui est spécifique, qui va bénéficier aussi au reste de notre entreprise? Moi, je choisis toujours un sujet par conférence. parce que tu sais, un angle pourrait être la prise de parole au féminin. OK, parfait. Mais mon sujet en lien avec la prise de parole au féminin, c’est quoi? Et ce qui est très difficile pour la plupart des femmes, c’est d’en choisir un parce qu’ils sont comme, mais moi, j’ai plein d’affaires à partager.
Choisis un sujet, pas dix sujets. Et l’erreur, c’est qu’on met trop de sujets dans un seul temps. Un sujet. Très précis. Puis, il faut que ce soit en lien avec ce que tu as à vendre présentement.
Dans Move the Room, le livre qu’on a lu en commun, il y a une des analogies hyper puissantes qui concerne histoire, vente, puis trouver un sujet, c’est l’analogie de la boîte de chaussures. Tu peux décider, si tu es un vendeur de chaussures, soit tu vois le client arriver puis là, tu proposes plein de souliers. Et là, après, des fois, la personne, elle a tellement de choix qu’elle est comme, je ne sais pas trop. Mais c’est la même affaire quand on parle et qu’on s’exprime. Choisis la bonne paire de chaussures pour ton audience. Celle qui est tellement précise. C’est-tu des talons hauts, rose avec la paillette? C’est-tu des petites sandales gougounes orange pour aller dans le sud? Choisis, c’est quoi le sujet par rapport à l’audience que tu as puis concentre-toi là-dessus. Premièrement, toi, tu vas être moins fatigué après parce que parler de trop d’affaires en même temps, ça a un impact. Et après, les gens aussi, c’est pas normal qu’ils ressortent d’une conférence puis sont épuisés de toi.
OK, on a parlé du contenu, mais là, une fois que le contenu est fait, la prochaine étape, c’est d’arriver puis de faire des pitchs. Comment est-ce qu’on fait pour trouver des vraies opportunités intéressantes de conférencière? Est-ce que les gens viennent vers toi ou est-ce que toi, tu vas vers eux?
C’est un mix entre les deux. Parce que si tu veux que les gens viennent vers toi, il faut que tu ailles une crédibilité puis une notoriété qui se bâtissent sur plusieurs années sur les médias sociaux, entre autres, le réseautage. Fait que c’est sûr que si demain matin, tu deviens conférencière puis qu’on ne t’a jamais vu sur les médias sociaux, bien, ça se peut que tu n’en reçoives pas des demandes.
Attends pas que les gens viennent vers toi. Vas-y. Vas-y, va cogner à des portes. Il y a des vitrines au Québec. Des vitrines où est-ce que toutes les entreprises, les corporations, les gens qui engagent des conférenciers vont. Tu peux écrire vitrine conférencière, il y en a. Je vous dirais, par exemple, soyez prête. Parce que, tu sais, quand tu as 200 entreprises qui viennent trouver des conférenciers, tu n’as pas le temps de faire ça dans le coin d’une table. Assure-toi d’être prête parce que c’est la chance de ta vie d’aller décrocher peut-être 3 contrats 10 000.
Il y a les vitrines de conférenciers, il y a aussi commencer dans des organismes locaux où au début, on peut offrir gratuitement des conférences. Moi, parce que ça peut te faire, par exemple, tu pourrais te faire filmer, te faire des images, te donner une crédibilité sur les médias sociaux. Moi, j’ai commencé, au début, je faisais les premières parties de Robert Savoie et c’était gratuit parce que je suis allée le voir une journée et j’ai dit, mon rêve, c’est de faire des conférences comme toi. Il m’a dit, OK, viens-t’en la semaine prochaine. Je n’ai pas demandé de me payer parce que, déjà, il y avait une salle pleine. Je trouvais que c’était une opportunité en or.
C’est quoi tes meilleurs trucs justement pour convaincre les gens que tu as ta place sur leur scène?
C’est vraiment de se concentrer sur ce qu’eux ont besoin et non sur ce que toi, tu veux offrir. Parce qu’en fait, c’est ça l’erreur. Quand j’étais animatrice radio, télé, je recevais à tous les jours des livres, des CD. Tout le monde voulait que je les interview. Puis je te le dis, dans une journée, je pouvais recevoir 50 albums puis livres. Et tu sais, on sentait qu’il fallait que je choisisse. Comment est-ce que je faisais mes choix? En fonction de quand les gens m’écrivaient premièrement personnellement à moi. Quand les gens prenaient le temps, au lieu de m’envoyer un communiqué de presse comme à tout le monde puis à tous les médias copiés-collés, ils m’envoyaient « Salut Stéphanie, je le sais que t’aimes les artistes comme ça, comme ça, comme ça. J’ai vu un de tes entrevues que t’as faites récemment avec telle personne. Je pense que cet artiste-là, tu pourrais l’aimer parce que [raison précise]. Et je pense que pour TVA, ça pourrait être avantageux pour [raison précise]. » Moi, quand je recevais ce message-là, j’étais comme « Ok, je le prends. »
Quand j’envoie des demandes pour aller faire des conférences soit dans des organismes soit dans des entreprises, je vais vraiment me concentrer sur ce que je vois dans leur entreprise et non sur « Hey, moi, je veux faire une conférence sur la confiance en soi. » Qu’est-ce que ça va apporter à cette entreprise-là, concrètement? Fait que je veux être capable dans mon pitch de dire « Dans votre entreprise, vous dites que vous manquez de productivité. Voici ce que je pourrais faire pour vous. » Puis c’est rarement le titre de la conférence qu’on a choisi. C’est vraiment d’y aller très personnalisé.
On a parlé rapidement de prix. Au début, gratos, mais comment est-ce que tu bases ton prix éventuellement?
Oui, ajusté à l’audience parce que, mettons, une conférence corporative dans une entreprise ne sera pas le même prix que si je m’en vais dans un organisme. Par contre, il faut faire attention parce que les femmes, facilement, les organismes, on va nous dire, « Ouais, mais là, on n’a pas beaucoup d’argent » puis là, souvent, les femmes, on fait « Ah oui, bien oui, vous avez raison. » Fait que moi, je suis capable aujourd’hui de fixer mon prix puis si vous me voulez vraiment, c’est ça. C’est comme si je mettais dans mon agenda maintenant, j’offre deux ou trois événements de bénévolat par année puis le reste, c’est payé.
Donc, au début, c’était gratuit. Ensuite, c’était 500. Après, c’était 1000. Après, c’était 2000. Tu sais, ça a vraiment monté les échelons. Je vous dirais, informez-vous localement auprès des conférenciers. Ils sont payés en moyenne combien pour ce genre de choses-là. Il n’y a aucun problème d’écrire un courriel à une compagnie, mettons comme Orizon, puis leur demander c’est quoi la moyenne des conférences.
T’acceptes-tu encore de faire du gratuit et si oui, dans quel cadre?
J’accepte encore de faire du gratuit quand je sais que ça peut m’apporter une énorme visibilité. Moi, chaque fois que je fais du présentiel, je le vois dans mes ventes, les gens me le nomment. Je t’ai vu aux paillettes, je t’ai vu à la zette, je t’ai vu à l’événement en France. Sinon, j’en fais quand même, j’en fais quand même du gratuit, à peu près un par mois quand c’est des audiences très ciblées.
Je veux venir avec la présentation elle-même. Comment est-ce que tu te prépares mentalement, à part aller aux toilettes, à donner tout ce que tu as avant la conférence?
Bien, en fait, je te dirais qu’il y a plusieurs choses. Bon, il y a l’alter ego. Donc, l’alter ego va venir souvent avec un look en particulier, des talons hauts. Moi, j’ai besoin de talons hauts pour faire du stage. C’est comme mon arme secrète puis je suis vraiment plus confiante. Ça m’aide dans ma posture parce que la posture, ça, c’est quelque chose que je vais beaucoup travailler avant une conférence. Fait que l’alter ego va beaucoup m’aider là-dedans. Et je vais beaucoup travailler mon ancrage, mon énergie pour la faire lever. Je vais mettre de la musique. Puis souvent, des musiques qui m’ont aidée à performer. J’avais déjà fait une conférence avec mon amie Annick Laprate. On avait mis la chanson ACDC puis on était rentrés comme des queens. Ça va toujours rester un moment marquant de mes entrées de conférences.
Mais l’ancrage, c’est important parce que si tu es trop en feu mais que tu n’es pas assez ancré, ça balance pas. Puis j’ai toujours trouvé ça un petit peu space, l’histoire de se parler avant, de dire que tu es belle, tu es bonne, tu es capable. J’étais comme fâchée que ça marche. J’étais comme, pourquoi ça marche ces affaires-là, c’est bien trop simple.
En termes d’énergie, de personnalité surtout, on a tendance à croire que c’est les personnes qui vont être les plus extraverties qui vont ressortir du lot. Est-ce que c’est vrai?
En fait, ce n’est pas vrai parce que les introverties sont capables d’aller chercher souvent une puissance dans leur voix puis sont capables de raconter des histoires avec beaucoup plus de douceur, d’émotion, de vulnérabilité. Puis ça, je trouve que c’est vraiment une très grande force. Je te dirais qu’être extrovertie, ce n’est pas toujours positif parce qu’il y a des extroverties qui ont tellement d’affaires à partager puis ils sont comme énervés. On pense qu’être extrovertie, c’est… Moi, les extroverties, des fois, je les calme, je les ramène.
Moi, quelqu’un que je trouve qui incarne toutes les énergies sur un stage est Oprah. Tu sais, je veux dire, tu le regardes, est capable d’être touchante, est capable d’être puissante, est capable de parler puis d’aller… Sa voix touche le fond de la salle. Tu sais, comme ça vibre puis elle ne parle pas trop fort, mais elle a une puissance puis elle a une énergie. Moi, je pense que l’harmonie entre introvertie et extrovertie doit être là sur le stage.
Puis, c’est quoi les affaires que les gens font sur le stage qui peuvent leur coûter, finalement, l’intérêt de l’audience?
Plusieurs choses. Je te dirais, tout ce qui peut causer des distractions. Tu sais, des fois, il y a des gens qui ont des feuilles de même ou le micro de même. Puis, tu sais, des fois, c’est subtil, mais le cerveau, il regarde le micro qui fait ça ou il regarde la feuille qui fait ça. Fait qu’à un moment donné, ça devient, tu sais, on perd le message à cause de ça.
Les pas de danse. Oui. Même si c’est léger, c’est qu’on ressent le stress de la personne. Fait que c’est comme si le cerveau, il perçoit que la personne n’est pas sûre de ce qu’elle dit. Les pas de danse, tout ce qui est bouger les feuilles, bouger le micro, le regard. Le regard, c’est quelque chose qu’on n’utilise pas assez souvent, je trouve, sur le stage, de regarder les gens dans les yeux quand on leur parle. Des fois, il y a des gens qui vont faire un scanner. Ils vont partir à gauche puis s’en aller à droite puis repartir à gauche puis repartir à droite pour essayer comme de voir tout le monde, mais ça nous étourdit.
C’est mieux d’aller connecter avec une personne qui t’écoute. On sent toujours dans une salle qu’il y a des gens qui s’en foutent puis il y a des gens qui nous écoutent. Il y a des gens qui sont sur leur téléphone. Aujourd’hui, moi, je me challenge à aller chercher un contact avec ces gens-là. Regarde-moi Roger. Mais l’idée, c’est d’aller chercher quelqu’un qui t’a déjà capté l’attention de cette personne-là puis elle te regarde déjà. Regarde-la encore plus. Ça va la toucher.
Oui, effectivement, c’est intime, mais c’est énorme. Je m’en vais vers les dernières questions, le post-présentation, en personne surtout, c’est souvent énergétiquement très demandant. Les gens vont venir te voir pour te féliciter et te partager leurs émotions, leurs histoires, leurs questions. Est-ce que tu as des trucs pour gérer ça puis conserver ton énergie?
Oui, en fait, déjà, j’établis mes limites claires d’avance. Avec moi-même et avec les gens. À un moment donné, je suis allée faire une conférence en Europe puis en Europe, les gens touchent plus qu’au Québec. En joke, j’ai dit aux filles, vous pouvez me toucher jusqu’à 11 heures. Passez 11 heures. Non. C’était une blague, mais en même temps, c’était vrai. C’est comme, là, vous pouvez être dans ma bulle jusqu’à un certain moment.
Puis c’est une des choses que j’admire de certaines femmes qu’elles sont capables en lancement. Dans le fond, Mélissa Normandin-Roberge, à un moment donné, je suis allée chez elle pour un de ses lancements, elle m’avait invitée. Puis il y avait plein de monde chez elle. À un moment donné, elle s’est retirée, elle a dit, je vais aller prendre mon bain puis je vais aller lire. Et je me suis posée la question, si moi, je me dis, je ne serais jamais capable de faire ça. Et je me suis dit, pourquoi je ne serais jamais capable de faire ça? J’ai trouvé ça puissant ce qu’elle a fait. J’ai trouvé que c’était un acte de leadership envers elle-même.
Je me planifie du temps de repos dans mon horaire, ce qui fait que j’ai de l’espace pour moi puis que je me sens bien. Et ça, bien pour faire des retraites avec des filles, bien tu sais, à un moment donné, les filles, elles jasent puis elles ont des questions. Je les aime les filles puis le pire, c’est que ça me fait tellement plaisir de répondre à des questions mais je n’ai pas le choix des fois de mettre une limite puis de dire les filles, j’ai besoin d’aller lire avant de me coucher, j’ai besoin de prendre un temps. Je leur nomme puis elles comprennent.
En terminant, tu as mentionné rapidement tantôt que tu organisais un événement, c’est un événement sur l’empowerment féminin à Montréal le 15 juin. Est-ce que c’est quelque chose qui pourrait aider les gens qui sont intéressés par les conférences justement à prendre confiance en elles?
Oui, puis en fait, ça va être un événement beaucoup d’empowerment au féminin et de développement personnel. Fait qu’autant les femmes qui ont des entreprises que celles qui n’en ont pas peuvent venir parce que c’est vraiment bâti autour de la prise de parole au féminin. Fait que c’est sûr que je vais faire de l’enseignement dans la journée. Et j’ai aussi coaché des filles qui vont faire leurs conférences sur scène que je voulais présenter au public. C’est des conférences qui sont très touchantes. C’est des conférences, il y a des filles que c’est leur première. Puis je trouvais ça important de montrer ça aux filles pour leur montrer que n’importe qui peut parler sur le stage, peu importe l’histoire de vie que tu as.
Où est-ce que les gens peuvent avoir plus de détails sur cet événement-là et te retrouver sur Internet aussi?
Oui, bien sur mes réseaux sociaux, Stéphanie Méthé, Facebook, Instagram, Stéphanie Méthé aussi, mon site stephaniemethe.com puis l’événement va se passer au Cabaret C le 15 juin à Laval.
Merci pour les petits détails. Merci aussi pour cette belle discussion-là pour les gens qui écoutent. Évidemment, si tu as aimé l’entrevue, partage ça sur Instagram. Tu peux taguer mon compte @_genevievegauvin puis celui de Stéphanie @stephanie_methe pour nous dire c’est quoi la chose que tu retiens dans la discussion. Est-ce que ça te motive à commencer les conférences aussi, la prise de parole en public? On a vraiment hâte de savoir qu’est-ce que tu en as pensé.
Stéph, un énorme merci d’être passée sur Effrontée. J’espère qu’on a créé plein de bébés conférencières. Puis après ça, il faut juste les placer. Il faut créer plus de scènes.
Oui, puis je dirais en terminant, ne doutez jamais de la puissance que vous pouvez apporter dans le monde avec votre message, peu importe c’est quoi. On arrête de douter, team, ça a été dit. OK. Bye. On se reparle la semaine prochaine. Bye.
T’as aimé l’épisode? Évidemment, vu que t’es rendu jusqu’ici. Merci pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter Effrontée, la meilleure façon de le faire, c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast. Va sur l’application Apple Podcast puis tape « Effrontée » dans la barre de recherche. Une fois que tu m’as trouvé, clique sur « S’abonner » puis descends en bas de la liste d’épisodes jusqu’à la section « Évaluation et avis ». Laisse-moi 5 étoiles si t’aimes le contenu du podcast puis laisse-moi un témoignage. Un énorme merci d’avance d’avoir pris le temps. C’est vraiment des gens comme toi qui font que le show continue. À la semaine prochaine, là!

Je fais ma 2ere conférence sur la ménopause, l’approche ayurvédique. Je vais réviser ma présentation en fonction de ce que j’ai noté pendant le podcast.
J’ai surtout retenu de ne pas mettre trop de contenu. Il y aura d’autres conférences.