Effrontée

Entreprendre à 2: les dessous du partenariat durable avec Julia & Julie (I Don’t Think I Feel)

11/07/2023

Entreprendre à 2, c’est une idée qui fait rêver. Partager la charge, avoir quelqu’un pour bouncer tes idées, ne plus être seule face aux galères du quotidien. Mais la réalité du partenariat en affaires est beaucoup plus nuancée que ça. Dans cet épisode, j’accueille Julia Coudert et Julie Fabre, le duo derrière l’univers I Don’t Think I Feel, pour qu’on explore ensemble les dessous concrets d’une association qui tient la route.

Comment elles ont choisi d’entreprendre à 2: une décision de terrasse

Tout a commencé dans un espace de coworking à Lyon, autour d’un café, d’un projet client en commun et de beaucoup de fous rires. Julia avait un blog qui explosait. Julie était là pour le soutien moral et les retours francs. Ce n’est pas une décision qui a été planifiée sur un tableau blanc de stratège: c’est Julia qui, lors d’une soirée en terrasse à l’été 2019, a posé la question directement.

> « Est-ce que tu veux monter une boîte avec moi? Parce que moi, toute seule, je ne me vois pas monter une société toute seule. »

Ce qui est fascinant dans leur histoire, c’est que la décision d’entreprendre à 2 n’est pas née d’un business plan. Elle est née d’une vraie connaissance de l’autre, construite sur des années de coworking, de potins de couloir et de collaboration informelle. Avant de fonder la société en novembre 2019, elles avaient déjà une dynamique de travail en place. La structure officielle n’a fait que donner un cadre à quelque chose qui existait déjà.

Elles ont ensuite fait un choix radical: se séparer de 80% de leurs clients en début 2020 pour aller à fond sur les formations. Le contexte Covid a aidé. Les formations ont explosé. Et elles ne l’ont jamais regretté.

Ce que ça demande vraiment d’entreprendre à 2: les défis au quotidien

Entreprendre à 2 ne signifie pas partager équitablement la charge et passer ses journées à célébrer les wins. Il y a des frictions réelles, et Julia et Julie les nomment sans détour.

Premier défi: les rythmes de vie incompatibles. Julie est maman en garde alternée. Julia n’a pas cette contrainte. Pendant certaines semaines, Julia voudrait être joignable et productive H24. Julie, elle, doit jongler avec les responsabilités parentales. Ce n’est pas un problème ponctuel: c’est le quotidien.

> « Il faut que Julia ne subisse pas une frustration finalement de ne pas pouvoir communiquer avec moi tout le temps… tout en respectant aussi mes propres contraintes. »

Deuxième défi: la communication en temps réel. Julia a une tendance naturelle à transmettre les informations dès qu’elles lui traversent l’esprit. Elle l’avoue elle-même avec un sourire:

> « Je pop dans sa vie pour lui dire des choses sans me dire attends, Julia, stop. Est-ce que Julie, elle est dans de bonnes conditions pour recevoir l’info? »

La solution qu’elles ont trouvée? Jauger le niveau d’urgence de chaque information. Certaines choses se compilent pour une session de brainstorm hebdomadaire. D’autres passent par Slack sans attente de réponse immédiate. C’est simple en théorie, et ça demande une discipline constante en pratique.

Entreprendre à 2 avec des personnalités opposées: un avantage, pas un obstacle

Un des éléments les plus intéressants de cette conversation, c’est à quel point Julia et Julie sont différentes sur à peu près tout, sauf sur ce qui compte vraiment.

Leurs goûts: opposés. Leurs rythmes de vie: opposés. Leur déco: elle vomit la déco de l’autre. Leurs styles personnels: rien en commun.

Leurs valeurs: identiques. Transparence, rigueur, fun, authenticité.

> « Qui se ressemble, s’assemble… ça s’applique toujours au niveau des valeurs. Les contraires s’attirent, ça peut être au niveau des personnalités, mais si tu as des valeurs contraires, ça ne pourra pas fonctionner. »

Cette distinction est précieuse. Quand on réfléchit à entreprendre à 2, on a souvent tendance à chercher quelqu’un qui nous ressemble dans nos façons de travailler, dans nos méthodes, dans nos forces. Ce que Julia et Julie illustrent, c’est que la complémentarité opérationnelle fonctionne mieux. Julie porte la communication, les relations humaines, le management. Julia porte les chiffres, la tech, les expérimentations. Ensemble, elles couvrent un spectre beaucoup plus large que l’une ou l’autre seule.

La vision commune au coeur d’entreprendre à 2 sur le long terme

La question qui tue dans un partenariat: est-ce que vous avez la même définition du succès?

Pour Julia et Julie, la réponse est oui, avec quelques nuances personnelles. Leur vision commune: durer plutôt que briller. Être là dans 10 ans. Continuer à apprendre. Continuer à kiefer ce qu’elles font.

> « On est beaucoup le regard tourné vers toutes les nouveautés… le challenge de nous, on veut toujours être là dans 10 ans. »

Julia résume ça avec une image que j’ai adorée: feu sacré versus feu d’artifice. Elles ne cherchent pas le coup de projecteur éphémère. Elles cherchent quelque chose qui brûle longtemps.

Sur le plan personnel, leurs ambitions divergent légèrement: Julia veut voyager seule trois mois à l’étranger. Julie veut reconstruire une nouvelle famille. Mais ces aspirations personnelles nourrissent la vision collective plutôt que de la contredire. La business est au service de leur vie, et non l’inverse. C’est un shift qui prend du temps à intégrer, surtout quand on a passé 7-8 ans à mettre la vie pro avant tout le reste.

Entreprendre à 2 et créer du contenu: la stratégie qui double le trafic

Un des sujets les plus concrets de cette entrevue, c’est leur stratégie de contenu. Julia et Julie ont créé une quantité impressionnante de contenu pendant des années: carousels, stories, vlogs, newsletters, articles de blog, Pinterest, YouTube. Et elles ont appris, à force d’expérimenter, que la quantité n’est pas la réponse.

Leur constat: le référencement naturel (SEO) via leurs articles de blog leur génère maintenant 2x plus de trafic que les médias sociaux.

> « Le référencement du coup commence à doubler le trafic qui vient des réseaux sociaux… est-ce que les efforts on les mettrait pas encore plus du coup sur une stratégie long terme? »

C’est une prise de conscience qui a changé leur façon de prioriser. Les posts Instagram durent 72 heures. Un article de blog optimisé dure des années. Pour deux personnes qui veulent entreprendre à 2 sur la durée, investir dans le contenu evergreen est parfaitement cohérent avec leur vision.

Leur modèle de production repose sur le recyclage systématique. Tout part d’un article de blog original ou d’une newsletter originale. Tout le reste, carousels, reels, épingles Pinterest, est du reformatage de ce contenu central. Ce n’est pas de la paresse: c’est une stratégie délibérée pour maximiser le retour sur chaque contenu créé.

Elles ont aussi calmé la cadence sur le compte Instagram de Julie, qui avait stagné en croissance malgré un effort de production constant. Le diagnostic: trop d’énergie dépensée pour trop peu de retour. La solution: réduire, se concentrer sur les collaborations avec Julia pour toucher son audience plus large, et garder Instagram pour le fun et le lien, pas pour la croissance.

Entreprendre à 2 sans perdre son identité individuelle: la newsletter backstage

Une question que je leur ai posée franchement: pourquoi ne pas regrouper vos comptes sous une seule bannière? Vous avez la même entreprise, vos audiences se chevauchent. Pourquoi deux comptes?

La réponse est limpide. Leur vraie voix, leur contenu le plus fort, ça se passe dans leur newsletter backstage. C’est là qu’elles s’expriment avec toute leur personnalité, parfois à 4 mains, parfois individuellement. Regrouper les comptes Instagram sous une seule voix tuerait ce qu’elles ont construit: deux personnalités distinctes qui coexistent dans une même vision.

> « On veut capitaliser sur notre audience qui est présente dans cette newsletter backstage et pas de diluer un peu partout les sons de voix. »

Cette approche est un beau rappel que entreprendre à 2 n’oblige pas à fusionner les identités. Les deux associées peuvent garder leur voix propre, leur compte propre, leur façon d’être distincte, tant que la vision et les valeurs sont partagées.

Elles partagent aussi une honnêteté que j’apprécies: l’image lisse et positive de J&J en ligne ne reflète pas toujours la réalité du quotidien. Il y a des galères, des bas, des désaccords. Elles n’en parlent publiquement que quand elles ont du recul et une leçon à tirer, pas à chaud.

> « On partage les cicatrices, pas les galles. Parce que les galles c’est pas guéri. »

Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes

Comment savoir si une personne est la bonne partenaire pour entreprendre à 2?

Cherche la compatibilité de valeurs avant la compatibilité de personnalité. Tu peux t’adapter à quelqu’un qui travaille différemment de toi. Tu ne peux pas t’adapter à quelqu’un qui a des valeurs opposées aux tiennes. Transparence, rigueur, façon de gérer les conflits: c’est là que ça se joue, pas dans les goûts musicaux.

Est-ce qu’il faut avoir les mêmes ambitions chiffrées pour entreprendre à 2?

Pas nécessairement. Ce qui compte, c’est la vision directionnelle: vouloir durer vs. vouloir briller vite, vouloir grossir vs. vouloir rester agile, vouloir une business qui soutient ta vie vs. une vie au service de ta business. Ces grandes orientations doivent s’aligner. Les chiffres précis, ça se négocie au fil du temps.

Combien de temps avant que les rôles soient clairs dans un partenariat?

Julia et Julie disent que pour elles, c’était évident dès le départ, parce qu’elles se connaissaient depuis plusieurs années avant de s’associer. Mais dans la plupart des cas, ça se définit par la pratique: qui fait naturellement quoi, qui supporte mieux quoi, qui veut s’améliorer dans quoi. Plan pour 6 mois de flou potentiel. C’est normal.

Mes prochaines étapes

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Pour continuer sur les thèmes du partenariat et des relations en affaires, écoute l’épisode 51 sur l’amitié en affaires: trouver sa tribe et s’élever ensemble et l’épisode 13 sur les 5 actions qui ont le plus d’impact sur la croissance de ta business.

Un peu plus sur Julie & Julia

Julia Coudert & Julie Fabre forment un duo d’associées à la tête de l’univers I Dont Think I Feel.

La mission et la raison d’être de J&J sont simples :

✔️ aider, avec soin et bienveillance, les freelances et les entrepreneur.e.s à développer leur entreprise sur le web.

✔️ partager leurs savoir-faire et méthodes pour allier organisation, stratégie, sérénité et kiff au quotidien. Ce sont, pour elles, les piliers essentiels d’une aventure entrepreneuriale à la fois saine, pérenne et épanouissante !

✔️ apporter un impact transparent, authentique ET fun au sein de la sphère entrepreneuriale.

Show notes

Format: Entrevue avec Julia Coudert & Julie Fabre Durée: 58 min

Sujets abordés:

  • D’où vient le nom « I Don’t Think I Feel » et les débuts en freelance
  • Comment Julia et Julie se sont associées en 2019
  • Pourquoi elles ont lâché 80% de leurs clients en 2020 pour se concentrer sur les formations
  • La complémentarité des personnalités opposées vs. valeurs communes
  • Les défis concrets d’entreprendre à 2: rythmes de vie, communication en temps réel
  • Vision commune de la durabilité: feu sacré vs. feu d’artifice
  • Leur stratégie de contenu: le SEO qui double le trafic des médias sociaux
  • Le modèle de recyclage systématique du contenu
  • Pourquoi garder des comptes séparés et une newsletter backstage
  • Partager les cicatrices, pas les galles: leur rapport à la transparence

Liens & ressources:

📝 Lire le transcript intégral

T’écoutes Effrontée épisode 30. Aujourd’hui, on parle de bâtir une entreprise durable et entreprendre à deux avec Julia Coudert et Julie Fabre, les très célèbres G&G. Si tu ne les connais pas, par contre, si pour toi, ce n’est pas des gens célèbres, je te les présente. Donc, Julia Coudert et Julie Fabre forment un duo d’associés à la tête de l’univers I Don’t Think I Feel.

La mission et la raison d’être de G&G sont simples. Aider avec soin et bienveillance les freelance et les entrepreneurs à développer leurs entreprises sur le web. Partager leurs savoir-faire et méthodes pour allier organisation, stratégie, sérénité et kiff au quotidien. Ce sont pour elle les piliers essentiels d’une aventure entrepreneuriale à la fois saine, pérenne et épanouissante. Et apporter un impact transparent, authentique et fun au sein de la sphère entrepreneuriale. Et pour les connaître, honnêtement, je peux t’assurer qu’elles cochent toutes ces cases. Donc, sans plus tarder, je te laisse sur cette belle entrevue.

C’est pas compliqué. T’es à mieux de marcher sur des œufs pour pas froisser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact. Peu importe ce que tu veux, il n’y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps de t’arrêter de cacher tes ambitions.

Je m’appelle Geneviève Gauvin. Chaque semaine, j’anime effrontée. Le rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables et fiers de l’être. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles et les limites pour faire les choses en grand. Travailler 5 heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Y’a où le problème? Voyager de temps plein pis travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe?

En plus de te partager mes conseils et mes stratégies pour faire toujours plus en travail en moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite. On va explorer les secrets de leur succès, leurs chiffres fascinants, pis discuter en paire pour t’inspirer à toi-même à atteindre les sommets dont toi, tu rêves. Je te donne la permission de vouloir toujours plus. Je te donne la permission d’être 100% effrontée.

Je suis présentement avec les très célèbres Julie et Julia. Comment ça va, vous deux? Ça va très bien. Et toi? Ça va super bien. Et je suis contente parce que ça fait très longtemps que j’ai pas fait des entrevues à trois, justement. Pis en plus, c’est ça, vous êtes même pas au même endroit. C’est toujours cool d’avoir cette espèce de vibe-là qui est vraiment plus, je veux dire, c’est une conversation à deux, mais à trois, t’as comme vraiment l’espèce de on se passe la balle. Je trouve ça vraiment plus dynamique. Donc, je suis contente de pouvoir faire ça avec vous les filles aujourd’hui.

Merci encore une fois, comme je vous disais juste avant, d’avoir accepté mon invitation pour venir parler sur Effrontée. J’ai hâte qu’on discute ensemble parce que, et comme je vous disais aussi juste avant, j’ai dû faire un double check de l’information parce que je vous ai jamais interviewé, ni sur Livreuse Affaires et évidemment ni sur Effrontée. J’ai vraiment eu de la difficulté à croire ça, mais c’est ça, c’était nos multiples interviews au travers de l’expérience Ka-Ching 2021 avec Julia et 2022-2023, qui m’ont donné l’impression que ça avait été coché sur la bucket list. Je sais pas vous, mais en tout cas, moi, c’était mon impression. J’ai eu de la misère à y croire.

Si, c’est ça, comme on a déjà échangé sur d’autres formats et d’autres… Exact. Je suis pas, ouais. Fait qu’aujourd’hui, on va rectifier cette erreur-là, clairement, puis on va commencer par une question de vraiment la plus haute importance. Il y a rien de plus important. Pour commencer, Julia, oublie le nom de ton compte Instagram, I don’t think I feel. Ben écoute, je crois que j’ai croisé cette petite phrase, finalement, quand j’étais ado. Ah oui. Je sais plus où. Mais c’est vieux, ça date d’il y a 1000 ans, parce que c’était mon adresse… On communiquait, on avait cette adresse hotmail. Oui. Et c’était mon adresse hotmail, donc ça date, quoi.

C’est vieux, de fou. Et finalement, au début… Ah, t’as gardé littéralement le même ID que t’avais quand t’étais ado. Oh mon dieu. Ben ouais, parce qu’en fait, moi, mon blog, je l’ai appelé comme ça parce qu’au début, c’était juste un blog-blog au sens le plus journal intimesque qui puisse exister. Donc, du coup, finalement, voilà, j’ai gardé ça. Et puis, avec le temps, je me dis, mais c’est très… C’est très vrai, en fait. Tu ne penses pas, toi? Je ressens. Oui, mais j’ai dû de la misère à croire que tu ne réfléchis pas non plus. En tout cas, que tu ne penses pas non plus.

Non, c’est vrai que la phrase est jolie, mais en vérité, il y a le cerveau plus le feeling. Est-ce que c’est le genre de truc que t’écrivais dans ton… Tu sais, le statut sur MSN Messenger, là, avec des lettres en majuscule. MSN, bien sûr. Bien sûr. La belle époque. Écoute, si j’avais eu à faire ça aussi, ma première adresse courriel aurait définitivement été « Salut, bar en bas, la bar en bas, gang, 10 ». Ça aurait été ça, mon compte. Maintenant, tout le monde m’aurait connue sur ça. Est-ce que c’est bon? Est-ce que ça se passe le test de la business aujourd’hui? Je ne crois pas. Non, pas du tout.

Oh là là, mais je voulais qu’on aborde un sujet ensemble, outre les noms de vieux courriels, que je n’ai pas la chance souvent de toucher l’entrepreneuriat à deux. On va rester un petit peu plus dans le sérieux. Dans mon tout premier podcast, The Great Anomaly, que probablement peu ici vont connaître ou se rappeler, j’interviewais des gens avec, j’interviewais avec mon chum, d’autres couples en business, qui nous parlaient de leur expérience, puis de leur expertise. Mais vous, ce n’est pas votre cas. Vous êtes des amis. Vous êtes des amis qui avaient fait un choix d’être partenaire d’affaires aussi. Ce n’est pas tout à fait la même dynamique, on va se le dire.

Déjà, comment ça s’est passé pour vous? Qu’est-ce qui vous a amené à vous associer? C’est qui qui a fait les premiers pas? Tu veux que je raconte, Julia? Vas-y. Alors, pour la faire courte, parce que l’histoire est un peu longue, en vérité, autour de notre rencontre, on s’est rencontrés via un client qu’on a eu en commun, que moi, j’avais de manière historique. Et on a recruté Julia pour des missions assez spécifiques que je ne vais même pas citer, puisqu’elle n’aura rien à voir avec son champ d’expertise actuel.

Mais bon, c’était le temps. Je suis presque gérieuse. Mais bon. Oh, bah alors si, on peut le balancer. C’est ça. C’était de la… À moins que ça soit tabou. Non, pas du tout, pas du tout. Elle faisait une partie de gestion de service client. Et en fait, elle avait une des missions qui était très drôle, finalement. C’était de réceptionner des produits de matériel de coiffure qui avaient été achetés, puis fait l’objet d’un truc de rétractation. Et tu veux, elle réceptionnait ce colis, elle le nettoyait, elle vérifiait qu’il était bien en état de marche, etc. Et elle le reconditionnait. Ah oui? Donc je passais mes journées dans une cave. Une cave propre, je tiens à le préciser. Dans une grotte. T’as un sous-sol. Un sous-sol. Je passais mes journées dans un sous-sol à faire des tests pour savoir si les sèches-cheveux fonctionnaient toujours.

Mais comment t’es tombée là-dedans? C’est Julie. Moi, qui m’a traînée là-dedans. Ok, mais Julie, comment? Qu’est-ce qui… Quoi? Alors, moi, je travaillais en tant que rédactrice web freelance aux côtés de ce client qui s’appelait Jérôme et qui avait une boutique e-commerce de matériel de coiffure professionnel. Donc, moi, quand je dis que j’étais rédactrice web, j’étais aussi couteau suisse. C’était nos débuts en freelance. On disait oui à tout. Voilà, il fallait travailler et puis essayer de comprendre. Oui, puis c’était le format startup aussi. Ouais.

Cette boîte, elle était vraiment sur le format startup à essayer beaucoup de projets initiés, abandonner très vite s’il ne marchait pas, mais beaucoup, beaucoup d’idées. C’était un fonctionnement assez cool aussi. On a appris beaucoup aussi aux côtés de Jérôme avec Julia, en tout cas dans nos débuts en freelance. Et puis, donc, pour revenir au sujet, il s’avère que pour qu’on puisse bien travailler tous ensemble, en sachant que ce n’était pas mon seul client, ce n’était pas le seul client de Julia, on s’était dit OK, on se retrouve tel et tel jour par semaine dans un espace de co-working. Nous, on était déjà dedans et Julia, du coup, nous a rejoints.

Ce qui fait que, quand bien même nos missions pour ce client ne se croisaient pas, on était quand même beaucoup en contact. Donc, au début, ça a commencé comme ça, le côté humain et l’amitié s’est créée au fil du temps. Ça a commencé tout bêtement par des petits potins, voilà, café club, parce qu’à l’époque, on fumait toutes les deux. Voilà, c’était le côté fun de rencontrer un autre humain et de se trouver finalement des petits points d’accroche, enfin, principalement sur le fun, à la base.

Puis après ça, il y a eu de l’association pour créer une entreprise. C’était quoi la prochaine étape? Comment ça s’est passé, ça? Ben, c’était plus vis-à-vis de moi, finalement, où j’avais le blog qui prenait de l’ampleur. Julie le voyait, puisqu’on travaillait dans le même espace, on se partageait nos galères, etc. Et moi, de plus en plus, Julie partageait mes challenges. J’étais souvent en recherche d’une certaine approbation, où elle me disait, oui, oui, moi, ça me semble déconnant, ou ça, non, ça, c’est OK, etc. Elle était beaucoup là en conseil, finalement, en soutien mindset pour moi. Et ça m’aidait beaucoup, en fait, moi qui étais toute seule dans cet environnement-là, de prendre des décisions.

Ça me, on va dire, ça me donnait de l’élan. Et en fait, tout ça, ça a pris beaucoup, beaucoup d’ampleur au fil des mois, assez rapidement. Et donc, là, j’essaie de me situer un petit peu sur la timeline. 2019. Ah quand même, c’est pas si longtemps que ça. Non. Oui. Et au final, 2019, ça a été un raz-de-marée, finalement, parce que j’ai fait énormément de chiffres, j’ai vendu énormément de formations, et comme une débile, je n’ai absolument pas… Anticipé. … pris la mesure de tout ça, en fait.

Et donc, je me suis retrouvée en juillet 2019, à me dire, OK, dans deux mois, je dépasse le plafond de la micro-entreprise. Et j’ai pas le choix, en fait. C’est quelque chose qui va se passer, parce que je vais vendre, et que je peux pas dire aux gens… Stop. Arrêtez d’acheter. Vous n’achetez plus. Voilà. Je pouvais pas le dire. Donc, je me suis retrouvée un peu coincée, et en même temps, je crois que je le réalisais pas, vraiment pas, parce que sinon, j’aurais été bien plus paniquée que ça, en vérité. Et un jour, en terrasse, en plein été, j’ai dit à Julie, on en était au café, je lui ai dit, est-ce que tu veux monter une boîte avec moi?

Pop the question! Parce que moi, toute seule, je ne me vois pas monter une société toute seule. Je me vois pas passer du… Bah, de la maternelle au CP, comme on l’a souvent dit, seule. C’est pas possible. Et donc, du coup, on a imaginé un peu vite fait, à la terrasse de ce bar, ce qu’on allait pouvoir faire. Et finalement, on s’est dit, bah, on va regrouper tous nos clients. Et en fait, on va regrouper nos deux activités. Et au moins comme ça, ça nous fera une base de chiffre d’affaires propre, qui est déjà là. On ne se sépare de personne. Et on avance simplement de manière beaucoup plus officielle, à deux, parce qu’on avait déjà une manière de fonctionner un peu plus officieuse, sur des contrats, avec des clients en B2B, etc. C’était déjà en place. On s’est dit, bah, en fait, il suffit juste de tout regrouper de manière plus officielle, dans une structure. Et du coup, c’est ce qu’on a fait en novembre 2019.

Comment est-ce que ça s’est passé, cette transition-là? Parce que… J’ai une question, elle lève la main. Comment est-ce que ça s’est passé, la transition, d’amener vos clients de chaque côté vers une brand qui n’est pas vraiment unifiée encore aujourd’hui? On s’entend. On vous connaît les deux. On connaît le J&J, on connaît tout ça, mais vous avez vos comptes séparés, vous avez encore vos trucs. Est-ce que vous aviez déjà… J’ai plusieurs questions. Est-ce que vous aviez déjà pensé tout regrouper littéralement sous un même toit? Pourquoi vous avez gardé le truc séparé? C’était quoi votre vision par rapport à cette transition-là?

En fait, ça a pris plus d’ampleur que prévu, mais ça a été très, très vite dans les négociations. C’est un bon problème. Oui, c’est ça. Au départ, ce qui était très évident, effectivement, c’était de regrouper nos deux micros pour proposer des prestations plus globales, à la fois sur le volet social media management que portait… avec cette extension de base SEO. On s’était dit que c’était très évident parce que, de toute façon, on avait commencé à éduquer nos clients sur le fait que, bah, on était deux entités, qu’on pouvait proposer des prestations plus complètes ou alors qu’on pouvait greffer l’une à l’autre à nos projets respectifs. Est-ce que vous voyez plus comme une agence à ce moment-là? Parce que Julia, t’as mentionné qu’il y avait des formations aussi. C’était quoi le format que vous aviez imaginé?

En gros, on était à 50-50. 50% de ventes de prestations de services, donc rédaction web, social media management, et 50% de ventes de produits digitaux et à ce moment-là, des formations. Et en fait, on avait pour volonté de réduire drastiquement les prestations en social media et en rédaction web pour se donner une chance, en fait, de faire que de la formation pour voir ce que ça nous procurerait et ce que ça donnerait. Et au final, c’est ce qu’on a fait. On s’est séparé de nos clients, de 80% de nos clients en 2020, début 2020, et où on s’est dit, vas-y, on va faire de la place dans nos plannings pour créer des produits digitaux et pour aller à fond là-dedans parce qu’on a envie de faire ça en ce moment et on se posera la question plus tard de si on change d’avis, si on repivote, etc. Et finalement, les formations ont explosé. Après, le contexte nous a aidé, le Covid, etc. Tout ça, ça a été très, très favorable pour nous à ce moment-là. Et puis, on n’a jamais regretté finalement d’avoir fait ce choix-là.

Comment est-ce que vous vous complétez en termes de, je pense, travail, de personnalité d’affaires? En fait, nos points de similitude sont plus, les points où on se rejoint, c’est un socle de valeurs vraiment humaines. C’est au-delà du business, justement, on a commencé à identifier ces points d’accroche entre nous sur la partie perso et donc amicale où, ben voilà, on partage quand même les valeurs. Le socle, c’est la transparence, le fun et puis, ouais, le soin, la rigueur au-delà, justement, de toutes ces vibes un peu freestyle, très, très drôles. On aime beaucoup plaisanter sur beaucoup de choses. En revanche, on est quand même des deux grosses bosseuses. Donc, ça faisait un socle, si tu veux, qui permettait déjà d’être amie et de faire des projets et des projections, d’imaginer des choses ensemble.

Après, il a bien fallu, effectivement, se répartir les choses et voir comment l’une pouvait soutenir l’autre et comment tout ça s’équilibrait. Et en fait, nous, on n’a même pas eu à faire de brainstorm là-dessus. Tout était très évident, autant d’un point de vue de nos personnalités que de nos compétences. Parce que pour le coup, je vais peut-être parler plus de nos compétences. Julia, tu complètes sur la partie personnalité? Sur les compétences, c’était très évident parce que, oui, on a toutes les deux des appétences et des compétences innées ou en tout cas travaillées sur nos vies de freelance pour la rédaction web, pour le marketing en général, etc.

Après, moi, j’avais quand même cette casquette SEO qui était cool d’accueillir dans la sphère de Julia. Mais après, ça s’est très vite délimité où moi, j’étais plus sur la partie communication, relations humaines. Donc après, ça a été un peu plus loin sur le management quand on a commencé à ne plus être que toutes les deux. Et puis le mindset. Julia, de l’autre côté, c’était plus les chiffres, la tech, les outils, les expérimentations, des idées un peu what the fuck telles qu’on lui connaît si bien. Et que donc, en fait, si on mettait ça dans une espèce de balance, c’était assez complet, en fait.

Julia, est-ce que tu avais quelque chose à rajouter par rapport à la personnalité? En termes de personnalité, déjà, je pense que tout ça parle de nous-mêmes. Mais au final, on est très différentes, très, très différentes dans nos goûts. Julie vit plutôt la nuit. Moi, je vis plutôt le jour, en théorie. Julie fait beaucoup la fête. Moi, je suis plus ce soirée entre amis à la maison. C’est vraiment deux salles, deux ambiances. On n’écoute pas la même musique. On ne regarde pas les mêmes programmes à la télé. C’est vraiment, on est vraiment radicalement différents. On ne s’habille pas pareil. Il n’y a rien de commun. C’est-à-dire, elle, la déco de son appart, je la vomis. Je ne t’ai pas prête pour le verbe. Non, mais les couleurs. Les couleurs, en tout cas. Voilà, on est vraiment radicalement différentes sur nos goûts.

Sur nos goûts, ça va très, très loin. Ça va aussi sur l’alimentation, sur nos goûts physiques pour des mecs. Tu vois, ça va vraiment, on est les opposés. Et on se retrouve sur les valeurs communes comme la dine Julie, finalement. J’ai tendance à dire, ça s’est toujours plus appliqué au couple, mais clairement, ça s’applique à pas mal toutes les relations où il y a les deux expressions classiques de genre les contraires s’attirent, puis qui se ressemble, s’assemble. Mais je pense que qui se ressemble, s’assemble, c’est toujours au niveau des valeurs justement. Puis les contraires s’attirent, ça peut être au niveau des personnalités, mais si tu as des valeurs contraires, ça ne pourra pas fonctionner.

Est-ce que, par rapport à la personnalité, j’ai quelqu’un qui m’a demandé de vous poser la question. Julie, est-ce que tu comprends vraiment le côté extra-geek, vraiment le cerveau geek de Julia ou est-ce que tu fais semblant? Non, la tournure, la tournure de la question est extraordinaire. Alors, déjà, il faut savoir un truc sur moi et ça s’applique sur absolument toute ma vie. Je ne sais pas faire semblant. Je ne sais pas faire semblant. Déjà, de base, physiquement, je suis quand même très, très expressive. Donc, j’aurais beau tenir un discours contraire à ce que je véhicule physiquement, il y aurait déjà un point de warning en se disant attends, c’est bizarre.

Je suis très expressive, je ne sais pas camoufler les choses et je sais encore moins mentir. Je suis la pire des menteuses que la téléportée. Mais en même temps, je pense que ça devient une qualité. Ce n’est pas un défaut. Il me va bien, il me va bien ce petit défaut-là, c’est clair. Donc non, en fait, je ne sais pas faire semblant. La réponse est non. Après, il y a comprendre et comprendre. En fait, je comprends parce que je la respecte en fait, tout simplement. Je respecte ses goûts, je respecte ses choix.

Il y a des moments où… Mais elle, elle ne respecte pas ta déco, clairement, par exemple. Ça a été mentionné. C’est vrai. Elle ne m’a pas respecté sur ce coup, mais ça n’empêche pas de venir prendre un café chez moi avec plaisir. Voilà. J’aime pas cette tasse, mais j’apprécie le café. Merci. C’est un peu ça. Mais voilà, en fait, je comprends sans comprendre. Il y a des choses que je n’ai pas envie de comprendre. Des fois, elle passe quelques minutes, elle le voit très vite que j’ai décroché. Il y a des choses qui glissent sur moi. Il y a des choses où souvent, on fait le lien justement entre des jeux vidéo et un peu notre vie et l’aventure entrepreneuriale au sens large. Donc là, forcément, ça résonne. Donc il y a des choses sur lesquelles je suis plus contente de l’écouter, plus à même de l’écouter. Mais sinon, ça reste juste du respect de nos différences communes, de nos différences respectives plutôt.

Est-ce que c’est… Que ce soit les différences ou que ce soit d’autres choses, est-ce qu’il y a, au contraire, il y a des choses qui ont été un défi de travailler à deux? Puis si oui, comment est-ce que vous faites pour gérer ça? Ah, le premier truc, je vais te laisser la parole. Oh mon Dieu! Pour moi, il y a deux défis. Clairement, c’est clair pour tout le monde. Pour moi, il y a deux défis. Le premier défi, le plus évident, c’est que Julie… Ah, c’est une fille qui est une freestyle. Il n’y a pas d’orga, le planning. Encore hier, on était en débat sur ce planning où je lui dis mais pourquoi tu fais ça? Ça fait trois ans que je te travaille au corps pour que ça change. Ça ne change pas. Est-ce que ça va changer un jour? C’est vraiment… C’est vraiment… Voilà.

Le côté… Alors, ce n’est pas un manque d’organisation. On n’est plus là-dessus. On est sur autre chose. On est sur des problèmes plus profonds, on va dire, de gestion du temps. OK. Et je n’aurais pas vraiment les mots même là à poser en gros pour décrire ça mais c’est vraiment des choses qui sont des challenges au quotidien, qui sont des challenges au quotidien qu’on relève et qu’on prend les uns après les autres. Mais voilà, ça, ça fait partie des choses plus difficiles. Et la seconde chose, je dirais que c’est… Donc à l’inverse, c’est Julie vis-à-vis de moi.

C’est plus d’un… Alors là, je n’aurai pas les mots Julie. Peut-être que tu les trouveras mais ce que je veux dire, c’est que on est… Moi, je suis du sang filtre. Enfin, c’est-à-dire, je ne sais pas mettre un stop à mon cerveau pour moi-même. Et vu que, en fait, j’estime Julie être dans le même sac que moi, je transmets en temps réel à Julie. Donc, moins maintenant, mais ça a été un challenge où, en fait, je pop dans sa vie pour lui dire des choses sans me dire attends, Julia, stop. Est-ce que Julie, elle est dans de bonnes conditions pour recevoir l’info? Est-ce qu’elle n’est pas occupée à faire autre chose? Est-ce que machin… Juste, il fallait que ça sorte. Et tu sais, c’était vital pour moi. Il fallait que je transmette et qu’elle ait le même niveau d’info que moi. C’était une obsession pour moi.

Et ça, ça a été aussi un peu un cap un peu difficile. Bah disons que… Pardon. Excuse, vas-y Julie. Non, je disais que c’est jamais des difficultés insurmontables. Là, c’est deux exemples qu’on cite mais c’est souvent des adaptations, des ficelles attirées et trouvées. Donc, des compromis, c’est évident. On a fait déjà le parallèle avec un couple et un duo d’associés. La vie est faite de compromis, d’essayer de trouver des terrains d’entente, de composer en respectant en fait les envies et les… Ouais, ce qui réside à l’intérieur en fait, de chacune. Donc, c’est un challenge quand même du quotidien.

Et un truc qu’on n’a pas précisé aussi, c’est que dans nos différences, il y a aussi notre quotidien. C’est-à-dire qu’on a toutes les deux une vie perso, toutes les deux notre passion pour notre entreprise commune, ça c’est clair, même si notre vie perso est composée de choses différentes. Mais il y a quand même mon rôle de maman, ma casquette de maman, qui fait que je ne peux pas être effectivement et le cerveau et en termes pratico-pratiques de présence, aussi imprégnée H24 et 7 jours sur 7 du business tel que Julia peut le vivre.

Et après, c’est ce qui en découle aussi dans son organisation et qui fait qu’on a vraiment deux modes de vie très différents. Mais voilà, il a fallu composer, effectivement, et trouver quel est le meilleur moyen pour que Julia ne subisse pas une frustration finalement de ne pas pouvoir communiquer avec moi tout le temps ou qu’elle ait l’impression de devoir attendre ou tu vois, gérer les points de frustration tout en respectant aussi mes propres contraintes.

Je suis curieuse, est-ce que vous voulez partager un petit peu c’est quoi la solution que vous avez trouvée finalement? C’est très technique, j’imagine. C’est plusieurs en fait, c’est un ensemble, ça dépend du contexte, ça dépend de plein de choses. On a réussi aussi en expérimentant les choses et en vivant notre vie, notre meilleur vie à deux. Il y a forcément, moi je suis en garde alternée donc il y a des semaines effectivement où on peut se permettre beaucoup de choses, des semaines où c’est beaucoup plus difficile donc déjà ça a été un peu tu vois, à Julia aussi de suivre ce rythme-là et puis après on a mis en place des choses, c’est-à-dire qu’au lieu de popper en temps réel pour tout et n’importe quoi, il faut jauger ce qui est de l’ordre du allez vas-y je te transmets, tu l’écoutes quand tu veux, on en reparle plus tard, du domaine de l’urgence absolue, non là j’ai besoin de t’avoir au téléphone ou des choses qu’on compile pour faire des petites sessions soit de brainstorm, soit de transmission mutuelle, tu vois après ça prend différentes formes quoi.

Fait que de grouper un petit peu ces communications-là, de déterminer justement le niveau d’urgence, le niveau de est-ce que ça doit vraiment être instantané ou non, je pense que c’est bon à savoir pour n’importe quelle équipe en fait, je pense à ça puis moi aussi ça m’arrive Slack, un classique, hey j’ai cette information-là, je ne m’attends pas nécessairement à tes réponses tout de suite mais ça pop quand même donc d’essayer de batcher ça I guess, où il y a plusieurs façons mais de prendre en considération les différents lifestyles, rythmes de travail aussi puis moi quelque chose que j’ai découvert en travaillant à deux puis, mon expérience de travailler à deux c’était en couple, en tout cas qu’on en prend puis on en laisse mais je pense que ça va s’adapter à vous aussi où on découvre vraiment la personne à 100%.

Dans le sens où on a tout le temps eu, dans votre cas amitié, c’est sûr que vous avez commencé à travailler ensemble donc c’est un petit peu différent mais tu sais, dans le cadre d’un couple, de la relation amoureuse qui c’est juste ça qu’on connaît et à partir du moment où tu travailles avec une personne, tu as aussi l’autre facette de cette personne-là qui est toute la partie créativité, la partie productivité qu’on ne connaît pas. Tu sais, souvent un couple plutôt régulier dans leur 9 à 5 de chaque côté ne vont jamais explorer ces différentes facettes-là donc vraiment d’aller explorer ça pour moi, oui ça peut créer des challenges mais c’est aussi de connaître la personne pratiquement dans son entièreté pour moi je vois une beauté là-dedans honnêtement.

Là ça crée des liens qui sont peut-être un peu plus deep mais même si vous avez un projet qui est commun comme tu l’as dit vous restez deux individus qui sont séparés qui sont différents avec des objectifs dans la vie qui ne sont pas nécessairement les mêmes non plus. À quoi ça ressemble votre vision commune et séparée du succès en affaires? Fasile. C’est une question. Ben oui j’essaie. La vision commune, Julie tu me dis si je me trompe mais je pense que c’est simplement de s’épanouir dans nos projets en fait communs donc je mets derrière ça le kiff, le progrès, l’apprentissage sur nous-mêmes sur nos compétences etc. Genre tant qu’on se sent glow up mois après mois c’est tout ce qui compte pour nous, c’est tout ce qui compte.

D’un point de vue plus personnel moi c’est toujours ça qui me drive aussi donc ça c’est aussi ma vision perso et je veux de plus en plus parce que plus on vieillit plus la vision en gros soit change soit elle s’affine un peu. Moi je veux de plus en plus que effectivement ma vie professionnelle vienne soutenir ma vie personnelle, celle que je veux. Ne soit plus un frein enfin, en fait elle a été beaucoup mise en avant cette vie pro par rapport à ma vie perso pendant bien 7 ans, 7-8 ans et maintenant en fait je veux inverser tout et je voudrais mettre ma vie personnelle un peu plus sur un piédestal que ma vie pro. Voilà je me dis qu’à presque 33 ans c’est bien de faire ce petit switch là maintenant.

Julie est-ce que tu as une vision un peu différente au niveau perso ou si tu as des choses à rajouter pour le commun? Non pas vraiment en fait en vérité c’est la même vision et c’est une manière de faire qui est différente en tout cas mes points d’accroche ne sont pas les mêmes forcément vu qu’encore une fois il y a ma chie. Voilà. Mais sinon c’est exactement le même concept c’est à dire que moi je veux me lever le matin en sachant que déjà j’ai envie de sourire. Moi ce qui arrive alors bon quand même je me fais que c’est marrant je t’ai déjà vue dans un autre état.

Il m’arrive quand même d’être de mauvaise humeur ou de la tête. Julia les facettes, toutes les facettes. Non non bien sûr je suis comme tout le monde. Après on a quand même, Julia aussi on a quand même cette tendance naturelle à voir les choses du bon côté, à essayer de toujours regarder du côté positif parce que de toute façon, parlons un peu grossièrement, de la merde il y en a partout, des soucis, des ennuis, des choses négatives, il y en a partout, donc autant focus quand même là où il y a des rires et du positivisme en fait.

Le truc c’est que, est-ce que je viens vraiment de dire positivisme? Ouais tu viens de le faire. On n’a pas le droit? C’est d’accepter, je ne sais pas, je ne crois pas… c’est de la positivité? Non je n’en sais rien. Je crois que je viens de m’enfoncer avec cette correction. Je ne sais pas. Le positivisme ça ne m’a pas choqué. Écoute, l’aspect positif des choses c’est quand même toujours plus cool de voir les choses comme ça. Mais après voilà chacun gère sa vie comme il veut. Mais en tout cas pour en venir aux aspirations, l’équilibre et d’avoir justement un focus davantage sur l’épanouissement personnel, et de pouvoir en fait, bah ta vie personnelle ça peut être une coquille vide, à toi d’y mettre ce que tu veux à l’intérieur. Donc oui notre vie pro forcément est directement reliée mais le but étant de toute façon, in fine, que ce soit sur le pro ou sur le perso, donc équilibre au quai, mais surtout alignement, bien-être, sensation d’épanouissement. Et l’épanouissement c’est bien que tu l’aies dit aussi Julia, chez nous ça passe aussi par le challenge, l’apprentissage, la découverte, tu vois tous ces trucs qui sont un peu palpitants aussi.

Vous avez amené beaucoup vos réponses par rapport à l’humain mais par rapport pas possible en fait. Ma question c’est est-ce que vous vivez déjà ça, dans le sens où est-ce que vous avez des ambitions qui sont plus grandes que ce que vous avez déjà? Que ce soit au niveau du lifestyle, qu’est-ce qui devrait être différent? Au niveau de la business, est-ce qu’il y a des choses que vous voulez qui sont beaucoup plus grandes que vous avez déjà, qui sont ambitieuses, qui font à la limite un petit peu peur mais que c’est pas encore le cas mais c’est dans la direction que vous allez?

Sur le perso pour le coup nos réponses seront forcément un peu différentes. Moi le perso effectivement j’ai des ambitions plus grandes que ce que j’ai aujourd’hui c’est-à-dire que je veux pouvoir revoyager, je veux reconstruire une nouvelle famille. Ça, ce sont des life goals, life dreams et que je sais que j’ai en ma possession des moyens pour tendre vers ça donc on pense forcément le présent au service de ce potentiel futur. Voilà, je te laisse compléter pour toi Julia.

Pour la partie perso, c’est essentiellement expérimenter des choses que j’ai jamais fait. Genre partir trois mois à l’étranger et faire comme toi Jen et travailler. Partir seule, ça va être encore un autre challenge je pense, un autre level. Mais voilà, j’aimerais bien y arriver franchement, j’aimerais bien faire ça. D’un point de vue pro, pour toutes les deux, nous ce qu’on regarde surtout, le challenge qui est récurrent et je crois qui est commun à tous les entrepreneurs aujourd’hui, c’est de savoir durer. Nous on est très dans le « on veut durer plutôt que briller », finalement.

OK. Et donc on est, on est beaucoup le regard tourné vers toutes les nouveautés, vers ce qui se passe aux États-Unis, on est très curieuse de ça, où je suis sans cesse en train de me dire à Julie « regarde ça, t’as vu, moi j’ai vu ça dans une newsletter, est-ce qu’on n’essayerait pas? » Enfin on est beaucoup là-dedans parce que bah en fait c’est d’un côté la soif d’apprendre mais aussi le challenge. Nous, on veut toujours être là dans 10 ans en fait. On a toujours envie du coup d’avoir une mission. Ça se trouve elle sera un peu différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Mais ça passe pas par briller non plus.

Non. Parce que c’est quoi ta définition de briller? Ouais je pense que c’est ça. C’est peut-être la définition qui va derrière « briller ». Pour moi briller c’est très éphémère. Pour moi briller ça… ouais je sais pas. Alors les diamants ça brille toute la vie, c’est vrai. Mais ouais j’ai une vision très très star system en fait, dans le sens coup de projecteur, fame, peut-être un peu rapide etc. C’est peut-être là où il y a une petite nuance avec le fait de juste shiner, tu vois? C’est le fait d’être reconnu pour et apprécié pour ce que tu fais et ce que tu transmets, mais sur la durée, et pas seulement pour un coup, un one shot, ou bah un concours de circonstances ou une opportunité qui a fait plus de bruit qu’une autre. Enfin tu vois, c’est plus dans cette logique-là. J’irais plus avec genre l’espèce de feu sacré versus feu d’artifice là. Ah j’aime beaucoup cette image.

Mais ouais non mais c’est parce que pour moi vous brillez quand même, vous êtes déjà deux personnes extrêmement brillantes ici dans la tête, mais aussi brillantes au niveau, vous avez une communauté qui est extrêmement engagée, les gens vous recommandent tout le temps. Vous appréciez normalement ça connecte déjà. Fait que pour moi c’est pas indissociable, ça fonctionne les deux ensemble.

Puis on m’a dit que vous en parliez par courriel mais de façon publique on vous entend rarement parler d’argent, de vos chiffres. Est-ce que c’est tabou par chez vous ou est-ce que c’est un choix? Qu’est-ce qui se passe? Pas du tout, absolument pas, pas du tout. Je pense que c’est la chose la moins tabou chez nous. Tant mieux, tant mieux, parlons-en. C’est la chose la moins tabou. Ben tu sais Jen, je sais pas si tu me connaissais à l’époque parce que ça date un peu maintenant, mais j’ai partagé mes revenus, ce que je gagnais et ce que je dépensais pendant 5 ans. Et j’ai sur le blog, en fait sur le site internet, quand tu vas dans la partie blog, t’as une section qui s’appelle « nos revenus » et en fait je partageais tous les mois ce que je gagnais au centime près, ce que je dépensais au centime près et comme ça les gens voyaient exactement dans quoi j’investissais mon argent, dans quels outils, ce que je gagnais et voyez la réalité finalement d’une vie en freelance en tant que solopreneur.

Vous voyez que parfois j’étais dans le négatif, c’était pas grave, parfois je gagnais énormément d’argent, je savais pas quoi en faire et je le disais, tu vois j’écrivais vraiment genre toutes les sensations et toutes les émotions que cet argent me procurait finalement. Et ça au fil des mois et des années, et je sais par retour, ben, de plein de personnes pour qui ça manque finalement ces sortes de bilans financiers. Me disaient « mais moi ça m’aidait beaucoup en fait à me rendre compte que si je pouvais redépenser ce que je gagnais, je pouvais tout réinvestir si j’en avais envie » et que voilà qu’il y a plein de stratégies possibles et imaginables avec l’argent et que chacun en fait ce qu’il en a envie et que c’est un outil avant tout.

Donc nous on a toujours, en fait si tu veux quand on est passé en société c’était trop compliqué de retranscrire tout ça, on a essayé, on en a fait deux ou trois mais c’était trop compliqué de tout expliquer le changement de mindset de l’argent, que c’est plus du tout la même gestion de passer du micro-entreprise à une société en France et donc du coup on a stoppé ça. Mais par contre dans la newsletter effectivement de temps en temps on dit « bon alors qu’est-ce qu’on a gagné ce mois-ci? Du coup ben voilà la liste des outils qu’on utilise et voilà combien il nous coûte » etc. Donc on parle un peu plus d’argent effectivement en newsletter maintenant.

Est-ce qu’il n’a pas ta boue? Oui aussi. Il y avait un petit côté contraignant aussi avec ces rapports de revenus mensuels c’est que la vision du coup d’une gestion financière, des mouvements financiers etc. De l’envisager et du coup de l’interpréter de manière mensuelle c’était très déconnant, ça nous forçait à parfois devoir attendre le mois suivant pour présenter tel chiffre parce que enfin tu vois en termes de facturation, enfin bref c’était très laborieux et c’était pas forcément surtout représentatif de la réalité et donc pas forcément transposable sur un quotidien avec une micro ou en solopreneur, tu vois, une entreprise individuelle ou quoi.

Est-ce que des objectifs financiers ça vous motive ou vous êtes vraiment plus motivé par autre chose? Qu’est-ce qui vous motive à faire plus grand, à continuer de grossir finalement pour que ça dure très longtemps? Qu’est-ce qui vous motive? Julie tu me dis si jamais c’est pas tout à fait correct ce que je dis mais pour nous ce qui nous motive dans l’argent c’est que c’est le moyen de faire des trucs. Genre payer des gens pour faire des trucs, pour acheter des outils, pour voilà. Moi j’aime l’argent pour le dépenser, pour apprendre à faire des trucs et faire des nouveaux trucs, pour se créer de nouvelles expériences. Du coup c’est ma seule motivation à gagner de l’argent, c’est pour pouvoir le redépenser.

Ben c’est pas ça qui sert, des fois on en garde, on le garde pendant un certain moment pour qu’il fructifie mais éventuellement l’objectif c’est qu’il soit dépensé, si c’est pas par nous par quelqu’un d’autre plus tard. Je veux dire suffit de bien savoir comment le dépenser. Mais au final c’est pas mal sa seule motivation d’exister l’argent lui-même. C’est exactement ça. Il y a le côté step one c’est la rentabilité donc tu vois pouvoir payer tout le monde et qu’il reste une petite couche dans ta tréso, la base de la bad. Et après c’est tout ce qui est du plus. Pour nous c’est pas une source de motivation en soi en disant « je vais travailler, je vais me mettre à mon bureau ce matin parce que je vais générer plus d’argent ». C’est plus « ok je vais me mettre à mon bureau ce matin parce que je vais générer plus d’argent parce qu’on va pouvoir donner vie à telle idée ou initier tel projet ou faire intégrer une autre personne à notre team ». Enfin tu vois c’est plus une vision comme ça.

Tu parles justement du nombre de projets. Au final vous êtes très prolifique en termes de projets, en termes de contenu. Donc évidemment de déléguer puis d’avoir de l’aide de ce côté-là évidemment c’est très utile. Mais je pense entre autres à votre contenu, médias sociaux pas que, mais le nombre de carousels, de différents visuels pour les stories, les posts, le vlog, l’infolette, vous créez plein de nouvelles formations ces temps-ci. Puis souvent le contenu même sur les deux différents comptes sont différents en plus. C’est énorme, c’est beaucoup de contenu. Fait qu’on va commencer par, j’imagine que c’est pas toutes vous qui produisez ça maintenant?

Déjà, on s’est calmé, non? Oui, on s’est un peu calmé. Est-ce que ça a été un défi justement où c’est comme « ok là c’est trop »? Alors ça dépend quel type de contenu on parle. Sur le blog, tous les contenus écrits, ils sont donc délégués. Je ne garde que le calendrier édito, c’est moi qui choisis des sujets en accord avec Julie, qui elle a plus la casquette stratégie de référencement. OK. En ce qui concerne les réseaux sociaux, donc Instagram, on a eu délégué la réponse aux commentaires, le post de certaines stories des stories brandées notamment, tu sais un petit peu graphées. Ça c’est fini, on en est revenu. Tout simplement parce que parce qu’Instagram, alors c’est pas qu’Instagram nous saoule, Instagram est sympa, mais c’est plus que c’est tel sur LinkedIn aussi, c’est un si un plus.

Mais je pense que c’est souvent le même contenu par exemple. Ça se peut-tu? Oui c’est ça. Nous c’est du recyclage. Nous on part, et ça c’est pas un secret, c’est une stratégie qu’on clame à l’effort. On part d’un article de blog, on en crée un carrossel qui devient ben du coup peut-être une épingle idée sur Pinterest. En fait vraiment on est dans du recyclage plus plus plus d’absolument tout. Il n’y a que deux types de contenus qui sont des contenus, on va dire, très originaux. C’est l’article de blog en lui-même et notre newsletter. Sinon, tout ce qui sort sur Insta c’est du recyclage.

Par exemple des reels c’est des petits bouts du coup des vidéos ben qu’on fait, des vlogs qu’on fait sur YouTube. Il n’y a que du recyclage ensuite. En fait pour les contenus courts c’est forcément du recyclage. Je suis très fan de recyclage moi-même. J’utilise des show notes de cet épisode-là qui vont être à peu près l’infolettre qui vont être à peu près le premier caption. Je réutilise énormément aussi. Mais mine de rien tout ça, c’est même s’il faut faire le travail de faire le découpage, de faire le reformatage, de faire le graphique. Le reel c’est un truc en lui-même. Le carousel ça nécessite 10 graphiques. Est-ce que c’est vous-même qui faites tout ça? Parce que si oui comment est-ce que vous faites pour ne pas que travailler dans la business?

Vers ce sûr alors pour le coup les articles donc les carousels sur Instagram, ils sont parfois faits par moi quand j’ai eu une petite tôme créative, je m’ennuie donc je fais un petit carousel. Ça ça arrive. Sinon c’est la personne du coup qui est en charge de la rédaction des articles de blog et de la logistique des articles de blog qui fait les carousels dans la foulée. Est-ce que c’est toujours la même? Parce que j’ai l’impression que c’est pas tout le temps la même? OK oui, c’est bon, c’est toujours la même. Mais elles sont deux maintenant du coup à céder. Alors qu’avant elle était toute seule. Donc du coup il y a deux personnes qui sont là-dessus. Dès qu’il s’agit de vidéos, bah c’est la monteuse vidéo des vlogs qui s’occupe de faire le découpage pour les tout petits contenus vidéo. Et puis voilà finalement on a fait le tour, on a dit qu’on avait calmé.

Il y a aussi bah évidemment comme pour tout, une analyse des performances, de la pertinence. Voilà, on a remis en question un peu, notamment sur mon propre compte qui a un peu stagné en termes de croissance ces derniers mois, c’était un peu frustrant de continuer à produire autant de contenu pour qu’il soit vu par si peu de personnes. Et surtout que ça sert pas finalement la croissance aussi de mon compte, tu vois? Donc j’ai fait différents tests, j’avais essayé aussi des reels, des vidéos longues sur Instagram, plutôt bien fonctionné mais c’était pas ouf. Et en fait ce temps passé il a fallu le remettre en question à un moment donné en se disant « est-ce que c’est toujours pertinent, est-ce que les résultats sont là ou pas? » Et sur mon compte principalement très peu d’intérêt à maintenir en tout cas un rythme aussi élevé, aussi poussé, pour que ça tombe dans si peu d’oreilles finalement. C’est un peu le constat qui a été tiré.

Donc moi j’ai largement, pour pas dire à l’instant, à l’heure où on se parle, complètement stoppé la production de contenu. Tu vois, j’en fais un de temps en temps quand il y a un truc important à dire, un carousel, ou bah tu vois le Ka-Ching où forcément j’ai fait des contenus. Mais sinon c’est plus des apparitions un peu brèves en story pour continuer à maintenir un échange parce que j’adore l’audience qui s’est constituée autour de mon compte justement, mais c’est plus pour le fun et le plaisir que vraiment de la prône de contenu stratégique qui pousse des produits etc. Tu vois?

Pourquoi ne pas regrouper tout maintenant considérant que vous avez la même entreprise? Vous êtes obviously au niveau personnel deux personnes différentes, mais vous pourriez avoir des comptes personnels qui sont pas liés. Pourquoi ne pas regrouper? Pourquoi avoir les deux trucs séparés? Parce que finalement les gens qui sont chez Julie sont déjà chez moi. C’est un peu ça? Oui mais vous créez quand même le double. Bien là Julie dit qu’elle ne crée plus autant de contenu mais pendant un certain temps il y avait autant de contenu sur les deux.

Puis tu sais je compare avec le compte Instagram du podcast que j’ai pas mal délaissé parce qu’après plusieurs mois je me suis dit bien ça split mon trafic, où j’étais dans la même situation où bien il y a beaucoup moins de personnes qui suivent le compte du podcast parce que bien ça prend du temps puis c’est long et tout. Mais moi sur mon compte personnel tous ces visuels-là qui n’ont pas le même impact finalement auraient pu avoir plus d’impact sur mon compte à moi. Donc je me suis dit bien à la place de splitter le trafic, quand de toute façon les gens me taguent anyway, je vais juste tout ramener sur un truc puis c’est le compte de la business et c’est tout.

L’idée à la base c’était que le podcast ait sa propre identité séparée mais au final ça ne me servait pas. Donc au niveau business, est-ce que vous n’auriez pas avantage à regrouper ça sous un même toit? Il y a aussi la notion de personnalité. On est tellement différente qu’à la base c’était même pas une option envisageable. Le fait que j’ai arrêté la production de contenu sur le mien, interrompu, parce qu’on sait pas tu sais avec nous dans 6 mois je peux te dire « ah j’ai une stratégie Instagram qui tue ». Donc à l’instant T en tout cas c’est le calme plat sur mon compte. Ça ne m’empêche pas de faire des posts en collab avec Julia. Ça permet un peu de diluer le contenu, en tout cas de le diffuser sur nos deux comptes. Mais en vérité l’audience de Julia elle est beaucoup plus colossale donc il y a plus d’intérêt à aller s’adresser à ces personnes-là sur son compte.

Parler en nos deux voix sur un seul compte ça apparaît un peu, tu vois, déconnant. Et puis bah en fait le but aussi c’est de s’exprimer de moins en moins, en tout cas de donner la valeur telle que nous on l’envisage de la donner à notre audience, d’une seule voix ou en nos deux voix individuelles. Ça se passe et c’est pour ça qu’on vraiment insiste là-dessus, ça se passe dans notre newsletter backstage où soit on écrit des newsletters à quatre mains mais la plupart du temps on s’attribue finalement à une newsletter backstage et l’une ou l’autre écrit avec toute sa personnalité, toute sa plume, toute sa vision etc. Et ça nous permet aussi tu vois de capitaliser sur notre audience qui est présente dans cette newsletter backstage et pas de diluer un peu partout les sons de voix.

Est-ce que votre stratégie de marketing de contenu, est-ce que c’est ça qui vous permet de faire grossir votre communauté en général? Comment est-ce que les gens vous découvrent? Oui, de plus en plus. De plus enfin, là les chiffres parlent d’eux-mêmes. Finalement on arrive à un stade où en fait ça fait tellement longtemps qu’on écrit notamment des articles de blog que les articles de blog, que le référencement du coup commence à doubler le trafic qui vient des réseaux sociaux. Tu vois, c’est aussi pour ça où on se dit « attends, est-ce que les efforts on les mettrait pas encore plus du coup sur une stratégie long terme et est-ce qu’on ferait pas de l’opti encore plus plutôt que de se faire chier, pardon pour le langage, à faire des carousels et des carousels et des carousels? »

Il y a un petit logo explicite devant mon podcast au complet donc on se dit au bout d’un moment en fait est-ce que est-ce que faire des carousels qui ont une durée de vie de aller 72 heures grand maximum est-ce que vraiment ça sert justement notre vision qui veut tenir sur le long terme qui veut briller du coup sur le long terme? Non. Nous du coup on essaie de en fait de capitaliser sur de l’acquisition qui est durable, qui est la plus solide possible, du coup la plus evergreen possible. Donc tout ce qui correspond à ça ben on fonce là-dessus. Par exemple ben là on reprend depuis un peu moins d’un an, on reprend le pouvoir sur Pinterest parce que ça reste quand même un moteur de recherche, ça reste quand même une stratégie long terme. Donc ça c’est important pour nous plutôt que ben des formats courts qui périment très très vite.

Parce que est-ce que la seule façon finalement d’avoir un succès ou que ce soit efficace, un retour sur investissement disons, avec le marketing de contenu c’est juste de faire plus de contenu? Est-ce que c’est la seule façon de faire grossir l’audience? Je pense qu’au début il faut en faire beaucoup en fait parce qu’il faut te faire connaître, il faut dire « hé coucou moi j’existe et je fais ça ». Oui donc je pense qu’au début il faut, il faut pas avoir peur de bombarder. Mais après en fait avec le temps, une fois que tu vois ben ton client idéal qui se dessine, que tu vois une sorte d’audience qui est là et qui te suit au bout de 3 ans, 4 ans, 5 ans, là tu te poses des questions différentes où tu te dis « ok maintenant j’ai fait mes tests, j’ai vu ce qui marchait parce que j’ai bombardé un petit peu partout, genre j’ai jeté des bouteilles à la mer, j’ai vu celles qui sont revenues, maintenant je vais me poser et je vais essayer de voir et de faire un mix and match entre ce qui produit du résultat vraiment vraiment très efficace et ce que je kiffe ». Right. Et de garder ce qui te fait kiffer plus ce qui te produit du résultat. Je pense que c’est la formule gagnante vraiment.

On parle souvent de la balance work-life balance puis tu sais de les entrepreneurs partent à peu près tous pour les mêmes raisons, pour plus de liberté, ce genre de truc-là. Pis après ça on découvre rapidement que ben oulala, s’il y a pas de structure ben on en a plus beaucoup de la liberté. Mais en même temps après beaucoup de réflexions j’en reviens à peu près à la même conclusion où t’as comme pas le choix de sacrifier la liberté initialement, de sacrifier du temps, de sacrifier à la limite de l’argent, de faire beaucoup de sacrifices initiaux. Pis tu sais on en parle comme si… je parle d’essentialisme pis je suis encore très d’accord avec le fait que si on met en place à la base des boundaries qui sont très sévères par rapport à combien d’heures on veut travailler, ben on a déjà un peu ce qu’on veut plus tard donc c’est super.

Ça prend plus de temps quand même donc il faut prendre ça en compte. Mais moi-même là au début dans les premières années je suis allée en ligne dans le travail, je suis allée en ligne dans le 40 heures, dans le dépassé pour savoir qu’est-ce que je veux après. Fait que je pense que ceux qui écoutent ça en ce moment, je pense que c’est pas un, ben t’es doomed à faire à travailler à tout essayer, mais de garder en tête qu’au final faut que ça reste focus sur qu’est-ce que toi tu veux comme entrepreneur, comme individu aussi.

On parlait de tu veux essayer plein de choses dans la vie, tu vas avoir plus de temps, tu vas vivre les expériences pis tout, tu veux du contenu qui dure pendant longtemps. Ben c’est comme un peu évident que le marketing de contenu sur Instagram va un peu à l’encontre de ça où genre ben ça demande énormément beaucoup de temps, c’est du contenu qui est éphémère, c’est pas aligné avec cette vision long terme-là. Mais c’est un outil qui a permis de s’y rendre, ou qui permet de s’y rendre. C’est ce que j’ai bien résumé? C’est exactement ça. C’est qu’il faut, je pense, tester. Ou on dit « mais il y a plein de stratégies différentes sur Internet je sais pas laquelle choisir ». Et ben ne choisis pas, juste essaye. C’est ça, tu les fais toutes et tu vois celles qui résonnent le plus en toi.

Nous on a tout essayé, on a tout essayé à notre échelle, il y a des trucs qui nous ont pas plu du tout parce que c’était pas aligné avec nos valeurs et avec notre façon de fonctionner mais on les a quand même essayé. Et en fait le fait de ressentir cette gêne dans notre ventre, on s’est dit « bah non c’est pas pour nous, mais au moins on a essayé et on sait ce qu’on veut pas. » Et donc c’est beaucoup plus facile de savoir ce que tu veux quand tu sais ce que tu veux pas. Et on en revient un peu aux deux ingrédients magiques pour trouver une réponse en fait, de « oui je continue » ou « non j’arrête » ou « oui j’y vais »: c’est l’alignement, le kiff, ce que ça te procure, et les résultats. Parce que tant que t’as pas des chiffres sous les yeux c’est quand même difficile de savoir si ça va fonctionner, comment ça va réagir. Le principe des capilles quoi.

Est-ce que vous avez l’impression d’avoir en termes de contenu, en termes de création, considérant que vous en avez fait tellement, d’essayer tellement de choses, est-ce que vous avez l’impression déjà d’avoir tout donné? Comment faire pour toujours avoir une nouvelle idée de contenu? Être curieux et rester au plus proche de ce que tu vis en temps réel. Parce qu’il y a une leçon, un apprentissage, une expérience qui dégage des trucs les plus anodins de ton quotidien. Et en fait rester à l’écoute de ça c’est aussi une partie un peu mindset de rester un peu focus quand même sur ton propre environnement, de quoi il est composé, qu’est-ce que t’as à partager.

Évidemment de se libérer des croyances limitantes, tout le monde c’est-à-dire que comment il se faut de ce que tu vis que tu n’avais rien à partager, que ce que tu vis n’est pas intéressant ou ne peut pas raisonner chez quelqu’un d’autre. Écoute, je vais aller, je vais suivre ton idée là-dessus parce que mon contenu le plus reconnu, je te parle d’un épisode de podcast, c’est un épisode où je parle d’une liste d’ingrédients sur un pot de moutarde. So les leçons peuvent venir de n’importe où. Et c’était pour moi la différence entre le contenu gratuit et le contenu payant, ou bien « on peut avoir les ingrédients mais on ne sait pas comment faire la recette ». Mais c’est parti de moi qui prend mon burger, qui mange, on s’entend, là il n’y a rien de passionnant, il n’y a rien de fabuleux, il n’y a rien de glam là-dedans c’est clair. Mais c’est dans le contenu dont on me parle le plus encore des années après, qui a été fait sur le fly. J’ai juste comme, j’ai posé mon burger, j’ai terminé puis j’étais allée enregistrer ça. J’étais comme c’est fabuleux. C’est rien de fabuleux mais c’était quelque chose qui faisait extrêmement de sens, qui a aidé beaucoup de personnes depuis. Donc c’est pas vrai qu’on n’est pas intéressant parce qu’on ne fait rien au quotidien. Il y a tout le temps des leçons partout, c’est clair.

Ouais et puis comment, comment on va dire garder la flamme de la création de contenu finalement après toutes ces années, après tout ce qu’on a fait? C’est de garder en tête qu’il faut rester généreux et l’être vraiment. C’est-à-dire tout ce que tu apprends, tu le transmets. Comme ça, au moins, juste tu apprends, tu transmets, tu apprends, tu transmets, tu fais que ça. Et vu que tu apprends tous les jours en théorie, du coup tu as toujours un truc à transmettre. Donc c’est incroyable, ça n’en finit jamais. Donc ça c’est une clé pour avoir toujours des idées. Et puis être curieux, parce que sans la curiosité ben tu passes à côté de tout ce qui va se passer dans les prochains mois, prochaines années, dans ton domaine. Et c’est le début de la fin finalement si tu arrêtes d’être curieux.

Ben je vais continuer sur le début de la fin parce qu’il ne me reste pas beaucoup de temps pour cette entrevue-là. C’est beau pas pire hein. Mais c’est quoi une misconception donc une fausse idée que les gens se font sur vous, puis qu’on doit absolument clarifier dès aujourd’hui? On a besoin de le dire tout haut et fort. Est-ce qu’il y a des choses que les gens croient sur vous?

Moi j’ai entendu récemment qu’on disait de nous que, alors de l’extérieur vont donner envie de bosser avec nous parce que… j’aimerais bien retrouver la phrase exacte mais je crois que ça sonnait comme « chez J&J ça se passe toujours trop bien, il y a toujours de l’argent qui rentre, il y a toujours des nouvelles idées qui se pop et à laquelle on donne vie en permanence ». Bah non, non. Et si vous voulez vraiment le voir en temps réel bah faut venir dans la newsletter backstage parce qu’effectivement on y partage les hauts et beaucoup de bas. Et on est comme tout le monde c’est-à-dire que non, oui c’est vrai qu’on a toujours ce positionnement un peu positif, souriant, à prendre les choses du bon côté et tout, le positivisme, voilà tout à fait, on y revient toujours. Mais non nous restons des humaines comme tout le monde et donc nous avons nos bas, des galères, on en traverse absolument tous les jours. On essaye d’en partager un maximum en général, on les partage qu’une fois qu’on a un feedback constructif tu vois à donner.

Si t’es dans le creux, j’ai une analogie absolument dégueulasse mais qui fait beaucoup de sens par rapport à ça, où c’était Amy Porterfield… je me rappelle jamais d’où viennent moi mes crédits comme ça, mais c’est elle spécifiquement… où elle partageait qu’on devait pas partager les galles mais qu’on devait partager les cicatrices. Parce que les galles c’est pas guéri, on est encore dedans, on est encore émotionnellement attaché à ces problèmes-là. Par contre les cicatrices, on est passé, ça s’est reformé la peau, il y a peut-être une trace encore, en fait il y a probablement une trace encore, mais au moins on a pris une leçon de ça puis je vais plus refaire ça pour faire le même bobo.

Je suis bien d’accord avec ça. Ça prend un petit temps pour intégrer finalement qu’est-ce qu’on a appris de ça. C’est pas juste parler à chaud parce que des fois c’est pas tout le temps le bon contenu ou la bonne leçon. Exactement. Et puis notre audience c’est pas non plus notre petit boule tu vois, au mode on se décharte, on déverse des émotions. Voilà, il faut pouvoir aussi nous les trier, être aligné avec le fait de les partager ou pas. Et surtout pour nous quand même la condition sine qua none c’est qu’on puisse apporter de la valeur autour de l’expérience qu’on partage. C’est juste pour parler de nous ou de remuer un peu la merde? Bof quoi.

Il y a aussi beaucoup de gens qui pensent que travailler avec nous c’est fun, voilà, toujours toujours fun. Et à chaque fois on se regarde avec Julie on est là « wow ». Alors que en vérité, oui on est drôle, on rigole. Mais par contre la rigueur du travail, les gens en fait, le peu de personnes qui a travaillé avec nous, qui faisait partie de notre audience avant, on s’est dit « ah bah c’est bon c’est une personne qui nous connaît déjà, ça va être facile de travailler avec nous et tout ». Mais elles étaient pas prêtes en fait. Elles étaient pas prêtes pour la structure, la rigueur, le niveau d’exigence aussi qu’on s’impose à nous-même et que par extension on impose aussi aux autres.

Il y a quand même énormément de sérieux dans ce… Mot sérieux. On a l’impression d’être vos amis, de faire partie du cercle et tout. Puis quand on est amis nécessairement on travaille pas nécessairement ensemble et puis il y a pas nécessairement toutes ces structures-là. Mais à la limite je me demande, toutes les personnes qui ont vraiment ce branding-là versus les femmes entrepreneurs très cellules qui font beaucoup d’argent dans l’abondance, on s’attend à ce que behind the scenes ça soit très structuré. Mais c’est pas parce que la brand est plus douce, parce qu’elle est plus amicale, plus chaleureuse, que ce n’est pas non plus aussi en backstage. Donc j’aime beaucoup la nuance que tu apportes ici.

Écoutez les filles, j’ai pas plus de temps pour cette entrevue-là aujourd’hui. Fait que je vais inviter les gens évidemment à aller vous retrouver. Où sont vos deux comptes Instagram, où est-ce qu’on vous retrouve sur Internet? Sur i.dont.think.i.feel pour Instagram, avec des points entre chaque mot, très pénible mais voilà ne me remerciez pas. Julie.saycheese pour le compte de Julie. Et puis sur idontthink.fr pour tout le reste. Ça sera beaucoup plus simple. Et voilà, on regroupe ça.

Donc pour revisiter le contenu que Julie et Julia ont partagé ou trouver les liens justement qu’elles viennent de mentionner, tu vas pouvoir tout retrouver dans les notes de l’épisode d’aujourd’hui au genevievegauvin.com/effrontée-30 et évidemment si t’as aimé ça l’entrevue avec ce duo de feu bien partage ça dans tes stories sur Instagram et tag mon compte à Geneviève Gauvin, celui de Julia @i.dont.think.i.feel et celui de Julie @julie.saycheese pour nous dire c’est quoi la chose que tu retiens de notre discussion.

Les filles un énorme merci d’être passée sur Effrontée cette semaine. Ça a été une discussion de feu. J’ai hâte qu’on se refasse ça bientôt. Merci à toi. Merci à toi. C’était trop bien. Bye! À bientôt.

T’as aimé l’épisode? Évidemment vu que t’es rendue jusqu’ici. Merci beaucoup pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter Effrontée, la meilleure façon de le faire c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast. Pis vraiment c’est super simple à faire. Va sur l’application Apple Podcast pis tape « Effrontée » dans la barre de recherche. Une fois que tu m’as trouvé, clique sur « S’abonner » pis descends en bas de la liste d’épisodes jusqu’à la section « Évaluation et avis ». Pis à partir de là ben c’est à toi de jouer. Laisse-moi 5 étoiles si t’aimes le contenu du podcast pis laisse-moi un témoignage. Dis-moi pourquoi t’écoutes le podcast pis comment est-ce que ça a un impact sur ta business pis ta vie. Un énorme merci d’avance d’avoir pris le temps. C’est vraiment des gens comme toi qui font que le show continue. À la semaine prochaine, là!

Pis toi? T’en as pensé quoi?

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