L’épuisement entrepreneurial, ça ne frappe pas les gens qui manquent d’ambition. Ça frappe exactement les personnes qui en ont trop. Celles qui veulent tout, qui poussent fort, qui ne s’arrêtent pas. Dans cet épisode, j’accueille Annie Prévost, thérapeute, consultante et conférencière spécialisée en prévention de l’épuisement depuis plus de 20 ans, pour une conversation sur comment on peut entreprendre gros sans finir à plat.
L’épuisement entrepreneurial, c’est pas un problème de paresse
Annie a une façon de voir les choses qui me rejoint profondément: l’épuisement, c’est pas que les gens donnent trop. C’est qu’ils donnent sans s’écouter.
Le premier stade, c’est pas spectaculaire. C’est juste de ne pas aller aux toilettes pendant des journées entières. De sauter des repas. De ne pas boire d’eau. De rester collée à son écran pendant que tout le reste s’efface. Annie l’a vécu elle-même avant de se spécialiser dans la prévention:
> « Je suis une mère Thérèsa en rémission depuis que je suis toute petite. Je me suis sacrifiée et oubliée au profit du bien-être des autres pendant une forte majorité de ma vie. Et quand une entreprise est devenue un troisième bébé, bien, ça a été facile pour moi de me mettre de côté jusqu’à un épuisement assez total. »
La nuance importante qu’elle apporte: l’épuisement entrepreneurial vient rarement d’une seule source. Il y a les besoins de base ignorés, oui. Mais il y a aussi le désalignement: faire des choses qui ne correspondent pas à qui on est, à nos valeurs, à notre rythme. Ce désalignement-là, c’est sneaky. C’est pas une crise. C’est un frottement constant, lent, qui use sur le long terme.
Ce que le repos a à voir avec l’épuisement entrepreneurial (et c’est plus que tu penses)
Il y a un paradoxe que les entrepreneures ambitieuses connaissent bien: on sait que se reposer, c’est productif. On le lit partout. Mais dans la pratique, dès qu’on s’arrête, l’anxiété monte. « La liste avance pas. Je peux pas arrêter. Y’a juste moi. »
Annie répond à ça sans sugarcoating:
> « T’as beau passer huit heures à travailler derrière ton ordinateur, si au niveau physique, t’es complètement brûlé, tu me feras pas croire que ce huit heures-là est aussi efficace que si tu t’assures d’être à ton meilleur au niveau mental et physique. Peut-être tu vas accomplir la même chose en deux, trois heures. »
Elle ne parle pas de prendre des demi-journées tout de suite. Elle parle de 15 minutes. Juste 15 minutes de pause pour une high achiever qui n’arrête jamais, c’est déjà une victoire. L’idée, c’est d’expérimenter à la goutte, pas de tout changer d’un coup. Et une fois que t’as vécu ce 15 minutes-là, que t’as senti ton cerveau se déposer, que t’es revenue à ton bureau plus légère, ça devient beaucoup plus facile de croire que le reste est possible.
Le repos, c’est pas l’opposé de l’ambition. C’est le carburant de l’ambition durable.
Reconnaître les signes avant que l’épuisement entrepreneurial s’installe
Comment est-ce qu’on sait qu’on s’approche du bord avant de tomber dedans? Annie parle d’un « pouls émotionnel », un check-in avec soi-même qui commence par s’arrêter vraiment:
> « Prendre conscience des sensations physiques, des pensées qui émergent, de ce qu’on ressent. J’ai un noeud dans l’estomac. Je sens que ma respiration s’est accélérée. Je ressens une espèce d’apathie qui me donne envie de rester couchée dans mon lit. »
À l’inverse, quand t’es alignée, ça se sent aussi: une énergie, un pétillement, l’envie de conquérir le monde. C’est pas juste une figure de style. C’est physique. Et si on ne prend jamais le temps de vérifier dans quel état on est, on navigue à l’aveugle.
Elle souligne que la pleine conscience, c’est pas juste des licornes et du beau. C’est un outil pour agir plus intelligemment, pour observer sans se noyer dans l’observation. Être ici et maintenant, ça permet de voir les signaux avant qu’ils deviennent des drapeaux rouges.
Un signal concret d’épuisement entrepreneurial à surveiller: la procrastination. Annie ne la voit pas comme un défaut de caractère. Elle la voit comme un message:
> « La procrastination est quelque chose à apprendre à écouter pour voir qu’est-ce qui me dérange, qu’est-ce qui se passe ici. »
Si t’arrêtes de foncer un moment et tu te demandes vraiment ce qui se passe, tu vas souvent trouver une réponse utile. Peut-être que le moyen que t’as choisi n’est juste pas le bon pour toi. Pas le projet qui est wrong. Juste le chemin.
Épuisement entrepreneurial et relation à l’échec: le lien qu’on n’ose pas nommer
Pourquoi est-ce que les gens vont jusqu’au bord sans s’arrêter? Annie pointe quelque chose de précis: la difficulté de s’admettre qu’on a peut-être pris une mauvaise décision.
> « Quand on est un high achiever, accepter qu’on puisse peut-être avoir fait une erreur ou qu’on s’est trompé, c’est très difficile. Ça fait mal. Donc on va souvent préférer se mettre encore plus de pression et se forcer à continuer dans une direction, même si tous les signaux indiquent que c’est pas la bonne. »
C’est le pattern du gambler: juste un peu plus, peut-être que ça va se placer. Sauf que pendant qu’on continue à s’épuiser dans une direction qui ne marche pas, on passe à côté de plein d’autres possibilités.
Ce qu’Annie propose: arrêter de voir l’ajustement comme un échec. Changer de stratégie en cours de route, c’est de l’intelligence. C’est pas de la faiblesse. C’est même une victoire parce que ça prouve qu’on a été à l’écoute et qu’on continue d’apprendre.
Elle est directe sur une réalité difficile: quand tu vides complètement ta batterie, elle ne sera plus jamais aussi performante. L’épuisement entrepreneurial laisse des séquelles sur les fonctions exécutives. C’est pas un message de peur, c’est un message de prévention.
> « Je fais partie de ces personnes-là qui ont dû faire le deuil de ne plus jamais retrouver la même énergie d’autrefois. »
Le stress sain versus l’épuisement entrepreneurial: comment les distinguer
Avoir du stress, c’est pas synonyme d’épuisement entrepreneurial. Annie fait une distinction importante:
Le stress sain, c’est celui qui te donne envie d’avancer. Les papillons avant un webinaire, l’adrénaline avant un gros lancement, la tension excitante d’un nouveau projet. Ce stress-là, c’est un carburant.
Le stress malsain, c’est quand il devient chronique et qu’on ne complète jamais le cycle. Concrètement: ton corps accumule de l’énergie pour combattre ou fuir, mais dans nos vies d’entrepreneures en 2024, il n’y a pas de mammouth à chasser. L’énergie reste coincée. Elle s’accumule. Et si tu ne l’évacues pas, ça finit par tout saturer.
Elle ajoute une nuance que j’ai trouvée tellement juste: même pleurer pour quelque chose qu’on veut profondément, c’est pas nécessairement le signe qu’il faut arrêter. C’est peut-être juste le signe qu’on a pas les bonnes stratégies pour affronter la situation.
> « Le stress, c’est simplement un signe que peut-être t’as pas les bonnes stratégies en ce moment pour affronter la situation. T’as peut-être pas les bons outils. Ou peut-être t’es partie toute seule alors que ça aurait été une bonne idée d’avoir une équipe. »
Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes
Comment savoir si je m’en vais vers l’épuisement entrepreneurial avant d’y être rendue?
Commence par prendre 15 minutes de vraie pause et observe ce qui se passe dans ton corps. Est-ce que tu as un noeud dans l’estomac? De la difficulté à te concentrer sur des tâches simples? Une irritabilité qui monte pour des détails? Ce sont des signaux physiques. Si tu n’arrêtes jamais assez longtemps pour les capter, t’es dans l’angle mort.
Est-ce que ralentir veut dire sacrifier mes ambitions?
Non. Annie est catégorique là-dessus: les gens qui ont du succès durable sont ceux qui protègent leur temps et leur énergie. Pas ceux qui s’épuisent le plus vite. Le raccourci qui ressemble à « tout donner maintenant » finit souvent par allonger le chemin. Deux heures à pleine capacité battent huit heures à moitié brûlée.
Je sens que je vais dans la mauvaise direction avec mon projet, mais j’ai peur d’avoir raté ma chance si j’arrête. Comment je fais la part des choses?
La question n’est pas de tout lâcher ou de continuer à tout prix. C’est de te demander: qu’est-ce qui me pèse vraiment, ici? Est-ce le projet lui-même, ou les moyens que j’ai choisis pour le réaliser? Souvent, c’est les moyens. Et si c’est les moyens, t’as pas besoin de tout saccager. T’as juste besoin d’ajuster.
Mes prochaines étapes
Si le thème de l’équilibre entre ambition et santé mentale te parle, va écouter l’épisode 62 sur 10 façons de prendre soin de toi après un lancement et l’épisode 49 sur la parentalité, le couple et l’entrepreneuriat sans rien sacrifier.
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Show notes
Format: Entrevue avec Annie Prévost Durée: 60 minutes
Sujets abordés:
- Comment Annie en est venue à se spécialiser en prévention de l’épuisement (son propre parcours)
- La différence entre prendre du repos et « performer sa guérison »
- Identifier les signes physiques et émotionnels d’un épuisement qui s’installe
- Le désalignement comme source insidieuse d’épuisement entrepreneurial
- Le paradoxe du high achiever: comment accepter d’ajuster sans voir ça comme un échec
- Stress sain vs. stress malsain: comment les distinguer au quotidien
- La pleine conscience comme outil de performance, pas de zen
- Le lancement du podcast « Foutrement vrai » d’Annie
Liens & ressources:
- Instagram d’Annie: @annieaujourlejour
- Site web d’Annie: aujourlejour.ca/liens
- Speakeasy de Gen: genevievegauvin.com/speakeasy
📝 Lire le transcript intégral
T’écoutes Effrontée épisode 65. Aujourd’hui, on parle d’être une high achiever et entreprendre gros, mais sans se brûler, avec Annie Prévost. Si tu ne la connais pas, laisse-moi te la présenter. Thérapeute, consultante et conférencière spécialisée en prévention de l’épuisement, Annie Prévost pratique la relation d’aide depuis plus de 20 ans, ni plus ni moins. Sans détour, mais toujours avec une nuance, elle enseigne l’art de se foutre la paix pour vivre une vie alignée sans s’épuiser. De là, lui vient son surnom de botteuse de fesses bienveillante. On aime ça. Allergique aux formules toutes faites, aux approches culpabilisantes puis à la positivité toxique, elle amène les gens à se questionner, à s’écouter, à expérimenter et à réajuster pour se reconnecter à qui ils sont et à ce qu’ils veulent vraiment. Bonne écoute!
Rebonjour, Annie. Je dis « re » parce que ça fait pas si longtemps qu’on s’est parlé, quand même. Après une expérience Ka-Ching le bundle, on s’est vu aussi récemment à Paris. Yes! Le galin et les vêtres. Comment ça va? Ça va bien. Écoute, toi? Comment ça va? C’est toi qui es sur mon podcast. C’est moi qui devrais poser cette question-là. C’est un réflexe. C’est de la déformation professionnelle. Moi, ça va bien. Écoute, toi, ça va? Très contente d’être là où ça va. Ça va exciter. Ça va.
J’ai hâte d’avoir cette conversation-là avec toi. Je l’ai visualisée longtemps. Oh! C’est beau! Écoute, je te dirais qu’aujourd’hui, pareillement, le fait d’avoir hâte est très partagée. Puis surtout parce que je pense que, oui, c’est le fun de parler de stratégie, de parler de croissance, d’avoir des ambitions démesurées, d’insatiabilité. Je ne sais pas si c’est un mot, mais tout le monde a compris. Mais on est aussi des humains, derrière ça, qui ne sont pas des machines, qui doivent se gérer nous-mêmes.
Fait que d’aller balancer ces choses-là. Puis ça fait un moment qu’on se suit, je pense, sur Instagram, qu’on se parle assez fréquemment aussi. J’ai toujours adoré ton message de simplicité, de se foutre la paix aussi, d’arrêter de se mettre la pression de faire, surtout quand ce n’est pas des videos qui nous appartiennent. Absolument.
Je voulais qu’on jase ensemble, sur Effrontée, parce que justement, le podcast parle beaucoup aux high achievers, à celles, en majorité, et ceux, les quelques ceux, qui veulent accomplir un gras, qui ont des ambitions démesurées, comme je disais aussi. Puis quand on défriche, quand on se pousse hors de sa zone de confort, drastiquement, ça vient souvent avec un sacrifice, temporaire, idéalement, on va se le dire, en termes de temps, en termes de, souvent aussi, parfois, de bonheur. Oui. Zoom qui fait des pousses.
Puis je dis temporairement, parce que ce n’est pas notre objectif d’être misérable, on va se le dire, mais que si tu tiens vraiment à tes rêves qui sont colossaux, on va se le dire, et que tu es la seule, sur le staff aussi, qui peut y arriver, bien, tu as besoin de te relever les manches puis mettre les efforts. Now, c’est tout un art, justement, de défricher, de rencontrer des filles après des filles, puis de quand même prendre soin de sa santé mentale.
J’ai moi-même passé dans les derniers mois par une phase où la montagne de défis semblait, tu sais, était devenue tellement grande que j’étais comme, ouh, je suis due pour toute crisser là. Ça faisait longtemps, que je n’avais pas expérimenté ça, mais tu sais, justement, quand on rencontre ce genre de défi-là, ouh, c’est difficile de faire la part des choses. Fait qu’aujourd’hui, justement, je veux qu’on parle ensemble de ça.
Je veux qu’on parle de solutions, de nuances aussi, de prévention, de comment être une humaine qui est colossale, mais qui ne fait pas de compromis sur sa santé mentale non plus. Fait que… Go! Go! Go!
Écoute, souvent, on pense que c’est deux choses qui sont opposées de pouvoir, justement, atteindre des grands objectifs, d’avoir des grands rêves, et en même temps, d’être capable de prendre soin de soi. Je ne suis tellement pas d’accord. C’est une critique, même des fois, que j’ai entendu qu’on pouvait t’associer que, ah, tu sais, Geneviève, c’est le succès avant tout. Moi, ce n’est pas ce que je perçois du tout dans ton message. Au contraire, un message qui est essentialiste, je pense que notre point commun au niveau de l’amour, de la simplicité, est là aussi.
Je pense que ça peut aller de pair, mais pour ça, il y a un travail, peut-être, de déconstruction, de comment on peut percevoir le succès, la réussite et la croissance. Je pense que c’est pas mal ça, ma mission. Quand je parle d’apprendre à se foutre la paix, ce n’est pas de dire, bien, écoute, je m’en vais sur mon canapé. Bon, je sais, je suis souvent sur mon canapé, mais reste que c’est plus… C’est confortable. Oui, c’est ça. C’est plus d’envoyer le message de dire que, la plupart du temps, notre plus grand bourreau, notre plus grande critique, c’est nous-mêmes et c’est aussi nous qui nous mettons les plus grands freins souvent, justement, par rapport aux grands rêves qu’on peut avoir.
Alors, apprendre à se foutre la paix, justement, ce n’est pas de mettre de côté nos rêves, c’est de faire en sorte que, oui, on a des rêves, mais tout en apprenant à se connaître, connaître nos besoins, nos limites, tout en étant aussi capable de savoir, bien, qu’est-ce qui fait du sens ou pas pour nous, parce qu’à travers des grands rêves, un désir de croissance, on peut, oui, s’oublier, tu sais, au niveau physique, être fatigué, tout ça, mais on peut aussi s’oublier au niveau de nos valeurs, au niveau des choses qui sont importantes pour nous, en tentant peut-être de reproduire des modèles qui ne sont pas les nôtres.
Et je sais qu’un autre point qu’on a en commun, ça a été un peu de déconstruire quelque chose qu’on avait initialement construit, qui finalement, bien, peut-être qu’on s’est rendu compte à un certain moment que, bien, finalement, ça ne nous convenait pas. Ça, ça amène un challenge aussi supplémentaire de dire, bien, je sac tout ça aux poubelles, finalement, et je recommence avec quelque chose qui fait plus de sens pour moi. Et là, la différence importante, c’est que ça ne veut pas dire que je n’aurai pas de succès. Au contraire, je pense que je vais avoir un plus grand succès, plus durable sur le long terme si c’est 100% aligné à la fois avec qui je suis, mes valeurs, mais aussi avec mes besoins, mon énergie, mon rythme à moi et non pas celui des autres.
Écoute, c’est une introduction fabuleuse. Merci. Voilà. Merci pour cette intro. Écoute, avant d’aller digue dans tout ça, je vais revenir un petit peu en arrière sur, écoute, on en a parlé brièvement durant notre entrevue durant l’expérience Ka-Ching 2024, mais qu’est-ce qui t’a mené à enseigner aux gens, aux entrepreneurs à simplifier leur vie, à gérer leur stress puis éviter l’épuisement aussi?
Bien, comme beaucoup d’entre nous, souvent, on finit par avoir l’intérêt de transmettre quelque chose qui nous a d’abord été utile et qu’on a appris nous-mêmes, donc qui a pris racine dans notre propre expérience. Alors moi, je suis une mère Thérèsa en rémission depuis que je suis toute petite. Là, on me surnommait déjà comme ça à l’âge primaire. Je me suis sacrifiée et oubliée au profit du bien-être des autres pendant une forte majorité de ma vie, encore plus quand les enfants sont arrivés. Et quand, en plus, il y a eu une entreprise qui est devenue un troisième bébé, bien, ça a été facile pour moi de me mettre de côté jusqu’à un épuisement, je dirais, assez total. Donc, c’est assez rare qu’on se rend à ce niveau-là et ça a été chêlon pour moi de remonter la pente et c’est devenu une évidence.
Donc, ça fait 20 ans que je suis dans la relation d’âge, j’aide des gens depuis toujours, mais c’est devenu une évidence que ce que je voulais vraiment, c’était de faire une différence à ce niveau-là. Je voulais que les gens qui ont envie d’être utiles, qui ont envie de contribuer, bien, arrêtent de s’oublier et leur prouver qu’ils pouvaient avoir une contribution encore plus grande s’ils prenaient d’abord soin d’eux. Et c’est de là qu’est né ce que je fais aujourd’hui, au jour le jour où ma mission, c’est de dire aux gens, bien, écoute, fous-toi d’abord la paix, prends soin de toi, respecte-toi, aime-toi pleinement puis après ça, tu vas voir, tu vas pouvoir réellement apporter quelque chose puis rejoindre dans ton plein potentiel de cette façon-là.
D’où ça vient au jour le jour, d’ailleurs? Ça vient vraiment du terme. Tu sais, c’est littéral. Un jour à la fois. Au jour le jour, un jour à la fois parce que pour moi, la remontée de la pente, bien, ça n’a plus qu’à être un jour à la fois, justement, et justement, je me mettais de la pression dans le futur. Puis là, tu sais, comme beaucoup de high achievers, mon objectif, c’était de performer un peu ma guérison, de performer un peu le moment où j’allais être capable de me remettre en action. Et j’ai eu à apprendre à revenir dans le moment présent et à savourer vraiment chaque minute, chaque journée parce que c’est très challengeant quand t’as toujours surperformé, de te retrouver à un état quasi de légumes. Juste être capable d’aller prendre une douche te demande énormément d’énergie. Donc, ça a été un apprentissage assez intense pour moi puis c’est de là que c’est né.
Et pour moi, bien, c’est le principal de mon message aussi. C’est vraiment de vivre à fond une journée à la fois aussi. Puis tu sais, loin de moi l’idée de dire que j’ai vécu quoi que ce soit de similaire que ça, mais tu sais, ça m’a parlé quand t’as dit d’être dans la performance de guérir. Parce que, outre guérir, il y a aussi être dans la performance de prendre du temps pour soi. Puis ça m’a fait penser à l’an passé où j’étais à Paris tout seul puis j’étais comme, oh, il y a un couple qui pleuvait. Puis là, j’étais chez nous. Oui, puis j’écoutais Netflix puis j’étais comme, je devrais être à… Puis c’était pas, je devrais travailler. J’étais correcte de ne pas travailler. Je devrais être à l’extérieur. Je devrais faire des activités. Je devrais profiter de ce temps-là. Je devrais rencontrer des gens. Je devrais, je devrais, je devrais. Quand à ce moment-là, j’étais juste comme, non, en fait, j’ai juste vraiment besoin. C’est pas grave. Si j’ai dépensé pour être à Paris, ça me coûte plus cher.
Il y a comme une espèce d’idée de retour sur investissement, de comme, non, d’arrêt là. Puis je pense que c’est des choses justement à désapprendre qu’on ne veut pas se rendre à le burn-out et essayer de combattre la performance de la guérison.
Le sujet d’aujourd’hui, c’est vraiment, on s’y rend pas. Je suis tellement d’accord avec toi parce que je le vois tous les jours. On le voit par les contenus sur les réseaux sociaux même qui vont nous parler de self-care, qui vont nous parler de bien-être, de développement personnel où il y a cette notion quand même de pression, de performance. Et c’est encore là pour ça que c’est important pour moi de parler de on se fout la paix dans le sens que pour moi, se foutre la paix aussi, c’est revenir à soi.
Tu l’as dit, on cherche un peu à rentabiliser chaque minute de notre vie, même à monétiser. Oui, le temps, c’est précieux, c’est vrai, mais prendre du temps pour juste ne rien faire, c’est aussi une façon pertinente de prendre du temps, j’y crois. Et c’est ce qui nous permet même souvent de prendre conscience encore plus de la valeur du temps parce qu’en s’arrêtant, on peut se connecter à ce qui fait du sens pour nous et prendre de meilleures décisions par la suite qui sont plus alignées à ce qu’on a pu entendre en s’arrêtant justement à écouter ce qu’on avait à l’intérieur de nous.
Puis tu sais, je vais traduire en high achiever. Ça m’a fait penser, je sais pas si c’est un challenge que j’ai rencontré récemment où tu sais, quand tu as une team autour puis que tu veux leur enseigner à faire les choses comme toi tu veux faire, tu peux amener les gens à juste comme, OK, on va le faire dans l’action, on va apprendre dans l’action puis comme, fais l’affaire puis après ça, je vais te donner du feedback sur le fly ou je vais le faire pour toi puis tout. À la place, le meilleur retour sur investissement c’est de s’arrêter, c’est de faire un loom, c’est d’expliquer, c’est de faire un meeting ensemble puis de dire, non, regarde, on va s’assurer que tout le monde comprend puis après ça, on n’aura pas besoin de répéter les mêmes erreurs over and over again. Donc de prendre ce step back, oui, on n’est pas dans le faire actuellement, on est dans l’éducation, on est dans le mettre les bases, mais c’est quelque chose qui est un retour sur investissement à long terme, tu sais, quand tu penses aussi, là.
Et c’est fou parce qu’on a désappris à prendre le temps alors que c’est inscrit dans nos gènes, là. C’est une nécessité, on le voit dans la nature autour de nous, le temps, le respect des cycles, c’est quelque chose de fondamental pour être capable, tu sais, l’équilibre des énergies. On ne peut pas toujours être dans le tapis, là, au niveau de notre énergie puis toujours, toujours être dans l’action, dans la performance. On est conçu pour avoir besoin de temps d’arrêt, de temps de repos pour vraiment pouvoir venir se régénérer puis ensuite être capable de, oui, se remettre en action, donc avec énergie, mais aussi d’avoir pris le temps de réfléchir à où est-ce que c’est le plus pertinent pour moi de mettre mon temps et mon énergie.
Si on est toujours dans l’action, on n’est pas capable de réfléchir un, deux, trois, quatre coups d’avance, là. On est toujours en train d’éteindre des feux, on avance, il se passe quelque chose, ça devient la prochaine priorité, la prochaine urgence, mais avec un regard d’ensemble, on se rend compte des fois que cette chose-là, finalement, c’était vraiment pas important par rapport à d’autres éléments qui avaient un impact beaucoup plus grand sur nos résultats. Puis c’est impossible de prendre du recul si on n’arrête jamais, si on court tout le temps.
Alors, tu as raison. Je te dirais même qu’en équipe, là, tu as parlé d’une façon qui peut-être, potentiellement, serait plus efficace que l’autre. Encore là, ça va dépendre des individus avec qui on travaille et c’est là tout le challenge d’être en équipe. Il y en a qui vont avoir besoin d’être dans l’action, de faire leurs propres erreurs pour comprendre, pour apprendre. D’autres vont avoir vraiment besoin qu’on prenne le temps d’expliquer puis de pouvoir poser leurs questions. Donc, je pense qu’il y a ça à apprendre aussi. Il n’existe pas une méthode, il n’existe pas une façon. Est-ce qu’on peut arrêter d’essayer d’enfoncer dans la gorge à tout le monde que, bien, voici comment ça doit fonctionner, voici ce qu’est le succès, fais comme moi, tu vas avoir les mêmes résultats.
Moi, je suis vraiment tannée de ce message-là qui, malheureusement, 2024 est encore beaucoup trop présent. Tu sais, moi, c’est sûr, je suis dans un genre de bulle, je suis plein de gens qui pensent un peu comme moi, c’est certain que je vois une évolution dans le message. Mais quand je discute avec les gens, je me rends compte qu’elle est petite encore, cette évolution-là, qu’il y a beaucoup de travail et qu’on enseigne encore beaucoup des méthodes toutes faites pour réussir sur le web, notamment, ou même pour prendre soin de soi ou pour sortir du burn-out en suivant cette routine en cinq étapes. La magie, pour moi, ça fait aucun sens. La magie, puis tu sais, c’est la pseudo-simplicité. Pour moi, c’est pas ça, la simplicité, en fait.
Quand t’es big time dans ton boss era, tu sais, dans ton, je fais tout pour faire en sorte que mes rêves se concrétisent, on dirait que c’est un peu de se mettre des bâtons dans les roues, de volontairement ralentir. C’est un peu comme tantôt de se dire, mais non, mais faut que je passe les patentes, faut que la liste avance des choses parce que si je fais pas ça, elle, elle a pas ce matériel-là, le dossier avance pas, faut que ça avance. Comment est-ce qu’on jongle finalement avec cette idée-là de, genre, il y a absolument rien qui peut m’arrêter, genre, je vais travailler jour et nuit pour y arriver parce que je suis la seule sur le payroll pratiquement, puis aussi, genre, shit, si je travaille jour et nuit, est-ce que je vais me rendre dans la ligne d’arrivée finalement? Comment est-ce qu’on fait pour délire là-dessus? Parce que je veux dire, il y a vraiment personne qui est là qui va le faire à ta place.
C’est un grand paradoxe. Quand on fait juste regarder ça de face en se disant, tu sais, logiquement, si je prends moins de temps, je coupe des heures en prenant du temps pour moi, bien, forcément, je vais avoir moins d’heures à mettre dans mes rêves, dans l’accomplissement de mes objectifs. Là, on parle juste en termes de quantité. Oui. Le hic, c’est qu’on oublie de parler en termes de qualité. T’as beau passer huit heures à travailler derrière ton ordinateur, si au niveau physique, t’es complètement brûlé, épuisé, même au niveau mental, bien, tu me feras pas croire que ce huit heures-là est tout autant efficace et productif que si, tu sais, tu t’assures d’avoir toutes les ressources dont tu as besoin, que tu t’assures d’être à ton meilleur au niveau mental et physique, bien, peut-être tu vas accomplir la même chose en deux, trois heures.
Mais le hic, c’est que pour le comprendre, ça, il faut l’expérimenter. Et c’est là que c’est difficile parce que quand je dis à quelqu’un, exemple, une étudiante qui a besoin d’étudier pour un examen ou un entrepreneur qui est en plein lancement, tant tu lui dis, écoute, prends une pause, prends, je sais pas moi, prends une demi-journée, puis après ça, remets-toi dans le travail, tu vas voir, ça va aller mieux, il me croit pas, jamais, tu sais, les gens résistent énormément.
Bien, il y a une anxiété, on dirait qu’il y a une anxiété supplémentaire, c’est genre, mais de quoi tu parles? Genre, je peux pas arrêter, man, j’ai une anise, des choses, elle est longue, tu sais. Exactement, mais ce qui arrive, c’est que face à ce qu’il y a à faire, justement, notre façon de le voir, là, est complètement embrouillée par notre manque d’énergie, par notre fatigue mentale, on a de la difficulté à raisonner, à être logique dans nos décisions, on a de la difficulté à être créatif, on a, puis tu sais, quand on réalise ça, là, et qu’on l’essaie, qu’on l’expérimente, puis là, jamais je vais dire à quelqu’un de commencer par une demi-journée, là, généralement, juste 15 minutes, déjà, c’est un bon début, honnêtement. Oui.
Quand on est avec une personne high achiever, on commence, les petits, juste par expérimenter à la petite goutte, alors 5 minutes, 10, 15 minutes de pause, tu sais, il faut dire, Geneviève, que moi, je suis vraiment une ancienne high achiever, je me définis plus du tout comme ça, OK? Mais j’étais du genre à complètement oublier d’aller à la salle de bain pendant une journée entière, de ne pas manger, de ne jamais me lever de ma chaise. Oui. C’est très high, là. Oui. Et donc, c’est sûr que si on m’avait dit, ben là, tu commences, tu lâches tout, tu prends une demi-journée. C’est ça, exact. Prends un verre d’eau, va aux toilettes, ça va bien aller.
Donc, bref, on commence un petit peu puis on le constate généralement. Quand on l’expérimente, après, on le voit tout de suite que quand on se rassoit tout d’un coup, ouf, on est comme plus, on est plus léger, déjà. C’est comme si les choses devenaient comme plus claires pour nous. On est capable de raisonner, on est capable, justement, de peut-être mettre de l’ordre dans nos idées qui semblaient si inatteignables et floues. Et je pense que tous les entrepreneurs passent par un moment, là, où ils regardent la feuille, là, de ce qu’ils ont à faire, là, puis ils ont l’impression que c’est devenu du chinois, ils ne comprennent plus rien, c’est flou, hein? Donc, des fois, seulement 15 minutes à sortir de ça, faire autre chose, donner du carburant à ton corps, soit en termes, tarément, de nourriture, d’eau, d’énergie, tu reviens, puis là, c’est comme, t’es une nouvelle toi, hein? Tu regardes les choses différemment.
Faut l’expérimenter. Fait que, des fois, tu vas t’obstiner pendant des heures avec quelqu’un pour y prouver que c’est vrai. Tu sais, la fameuse phrase, le repos est productif, là, c’est démontré scientifiquement, là. Ça, c’est même plus qu’on peut obstiner, là. C’est vraiment démontré scientifiquement. Par contre, les gens, tant qu’ils l’ont pas essayé, ils n’y croient pas.
C’est bien, c’est bien, bien rare que les gens disent, ben oui, t’as raison, tellement productif d’aller se coucher, de prendre, de faire une sieste en plein après-midi, d’aller marcher, peu importe. Mais c’est prouvé que ça a un impact, là. Tu sais, on pourrait passer une heure juste à citer des statistiques, des études, des recherches. On le fera pas, là. S’il y en a qui ont envie d’aller dans ça, je vous encourage à le faire. Mais bref, ça a une incidence hyper importante sur la productivité, l’efficacité, les fonctions, toutes les fonctions mentales, en fait. Donc, d’être capable vraiment de booster son potentiel.
Alors, je pense que c’est ça qu’ils veulent, au final, les high achievers, avoir les meilleurs résultats possibles. Donc, si on te démontre que prendre soin de toi, te reposer, prendre des pauses, ben, ça aide à booster ton potentiel, ben, il me semble que c’est quelque chose de super intéressant de se dire, hey, je pourrais en faire encore plus, mais en moins de temps. Il me semble qu’il y a quelque chose d’intéressant dans cette idée-là. Il me semble, on doit tout avoir envie. Mais oui. Il me semble, si tu me dis que je vais être capable d’en faire plus en moins de temps, il me semble, je me dis, wow, tout ce que je vais pouvoir faire de ce temps sauvé.
100%. Bon, dans la pratique, c’est une autre histoire. Des fois, justement, parce que tu as parlé d’anxiété, de… au niveau émotionnel, au niveau des croyances, ça fait peur, c’est sûr, mais c’est comme n’importe quel risque qu’on prend dans la vie. Tant qu’on ne l’a pas pris, le risque, on ne peut pas aller mesurer les impacts à la fois positifs ou négatifs que ça peut avoir sur nous.
Tu me fais une transition extraordinaire. Je suis une big fan de l’action, justement, pour apprendre. Genre que l’introspection, c’est nécessaire, mais qu’elle peut t’amener, justement, jusqu’à un certain point. Après, tant que tu ne sais pas, tant que tu n’essayes pas, c’est vraiment là aussi que je m’en allais. Donc, des fois, dans le processus, tu apprends que le nouveau projet, il n’est pas fait pour toi. Tu sais, c’est bien correct d’arrêter là, mais des fois, le projet devient juste fucking difficile, éprouvant émotionnellement, mais on n’a pas le sentiment que ce n’est pas le bon projet. On sait qu’on est sur la bonne voie, mais c’est juste tough. C’est juste vraiment difficile.
Comment est-ce qu’on fait pour déterminer que c’est un moment difficile qui mérite, qu’on persévère, qu’on persiste, qu’on aille jusqu’au bout de tout ça, puis d’un moment difficile qui indique que ça devrait être la fin?
Déjà, réapprendre à faire confiance à son intuition et à son corps, parce que le corps est un immense messager. Donc, si on voit nos émotions, notamment comme des obstacles, comme quelque chose qui nous empêche de pouvoir atteindre nos objectifs ou avancer, et qu’on passe notre temps à les ravaler, à les tasser, et qu’on n’écoute pas ce qui se passe, ça va être très difficile pour nous, justement, de se dire est-ce qu’il y a un message derrière? Et quand je parle d’émotions, je parle, oui, de la peur qui peut être super positive, parfois moins, mais aussi de la procrastination, qui n’est pas une émotion en soi, parce que ce qui vient avec la procrastination, c’est la peur, notamment, mais la procrastination est aussi quelque chose à apprendre à écouter pour voir qu’est-ce qui me dérange, qu’est-ce qui se passe ici, qu’est-ce qui fait en sorte que je n’ai pas envie d’y aller, parce que, techniquement, le projet dans lequel on se lance, on est content d’être dedans, on a du plaisir, on a du fun, à partir du moment où on n’a plus de fun, qu’on commence vraiment à avoir envie d’être ailleurs, là, il faut juste s’arrêter puis se questionner, c’est essentiel, voir, il se passe quoi à l’intérieur de moi, qu’est-ce qui me dérange, et encore là, on va être dans l’exploration, on va être encore dans l’exploration de dire, OK, peut-être je vais changer un petit paramètre, peut-être que je vais ajuster un autre petit paramètre.
Mais moi, je ne suis pas pour les décisions noires ou blancs, ça ou ça, je suis pour la nuance, et je pense qu’avant, par exemple, de décider de lâcher un projet, je pense qu’il faut se donner la possibilité d’ajuster les paramètres et de se demander qu’est-ce qui peut-être fait un peu moins de sens pour moi, qu’est-ce qui respecte peut-être pas certains de mes besoins, ou à la limite d’aller creuser, quels sont peut-être les besoins que j’ai qui ne sont pas répondus dans le processus actuel, parce que c’est rarement l’idée en soi ou le projet qui pose problème, généralement, ce sont les moyens qu’on s’est donnés pour l’atteindre, et on a de la difficulté à se donner le droit de changer d’idée et de changer les moyens, comme si tout d’un coup, ça faisait de nous une personne incohérente, ou même comme si c’était un échec, comme si on s’était trompé.
Puis ça, quand on est un high achiever, accepter qu’on puisse peut-être avoir fait une erreur ou qu’on s’est trompé, c’est très difficile, ça fait mal, donc on va souvent préférer se mettre encore plus de pression et se forcer à continuer dans une direction, même si tous les signaux indiquent que c’est pas la bonne. Donc, d’arrêter de voir l’ajustement, les changements, comme des échecs, comme un signe de faiblesse ou un signe de j’aurais dû le voir venir avant, j’aurais dû être capable de le prédire, de le prévoir tout ça.
Je suis pas bonne, finalement, c’est ma faute, j’ai pas été capable. Tu sais, la réalité, dans le moment présent, c’est que de toute façon, même si t’avais voulu prévoir tous les scénarios, c’est impossible, il va toujours avoir des impondérables, il va arriver des situations. Si t’as une équipe, encore plus, parce que là, tu rajoutes toutes ces personnes-là aussi qui ont leur propre vie, alors je pense que de se dire, non, c’est pas un échec, au contraire, pour moi, de se dire, OK, à ce moment-ci, peut-être je me rends compte que ça, c’est pas la meilleure stratégie, le meilleur moyen pour moi, bien, je vais me donner la permission d’expérimenter autre chose, et pour moi, ça, c’est l’inverse d’un échec, c’est même une victoire, parce que ça démontre que de un, t’as été à l’écoute, des signaux, et de deux, tu continues tes apprentissages, donc en testant une autre stratégie ou en t’autorisant à changer d’idée, tu augmentes tes chances de pouvoir arriver à tes fins.
Alors que si tu persistes, que tu t’épuises, que finalement, tu deviens dégoûté de ton projet, t’as plus envie d’être dedans, bien, est-ce que l’objectif ultimement va avoir été atteint? Absolument pas. Tu risques d’avoir baissé les bras, d’avoir abandonné, de t’être épuisé, peu importe. Donc, je pense que de naviguer, de faire preuve de flexibilité, c’est tout, sauf un échec, et j’aimerais que ce modèle-là, justement, en termes de succès, soit davantage mis de l’avant.
Justement, il n’y a pas une méthode, il y en a plein, essaie, et si ça marche pas, arrête de dire que c’est toi le problème. C’est juste pas la bonne stratégie pour toi, c’est pas parce que t’es pas à la hauteur de cette stratégie-là, essaie autre chose, puis arrête de perdre ton temps, tout de suite, essaie autre chose.
Puis de revenir aussi à l’idée de genre, qu’est-ce qui est essentiel pour vraiment la réalisation de ce projet-là? On parlait d’essentialisme, il y a pas long, mais qu’est-ce qui est essentiel pour ça? Peut-être que je m’en suis rajoutée vraiment trop parce que je voulais que ça soit big, il y a aussi une question de perfectionnisme aussi, genre je voulais que ça soit big, je voulais rajouter ça, puis là tu tiens à ces petites parties-là qui en fait n’amènent pas grand-chose au succès total.
Genre, c’est quoi ton objectif au final? Tu sais, il y a plein, je pense à moi même, il y a plein de boutes dans le Ka-Ching. Moi aussi depuis tantôt. Il y a plein de boutes dans le Ka-Ching que genre j’ai laissé aller au fur et à mesure, j’étais comme ok, non fuck ça, là ça marche plus, ça marche plus, mais ça veut pas dire, tu sais, il y a eu des boutes où j’étais comme, quand je te disais tantôt genre je vais tout c’est là, c’est parce que c’était pas tant, c’est pas que c’est plus le projet que ça me tente plus, je continue à avoir envie, mais dans les paramètres, ça marche pas.
Là cette affaire-là, attends un peu, c’est-tu vraiment essentiel à mon projet où genre c’est juste du glaçage sur le top pis des cerises, fait que m’en est, tu viens comme, regarde, you know what, fuck ça. Pis d’être capable de dire, de voir ces red flags-là pis de dire, ça sera pas comme je l’avais imaginé au départ, but it’s still gonna work. Genre, c’est quelque chose qui s’est travaillé, oui, mais tu sais, c’est pas facile, c’est pas facile de lâcher prise et de laisser aller parce que souvent on va avoir idéalisé un peu ces éléments-là et on finit par se convaincre que c’est ça qui va faire la différence.
Pis au final, oui, c’est une question aussi de se demander à quel point c’est important, tu sais, oui l’objectif, mais aussi à quel point ça c’est important pour moi. À quel point c’est important pour les gens qui sont visés par ce que je suis en train de mettre en place. Parce qu’au final, ce qu’on fait, tu sais, oui, on le fait pour nous, mais on le fait pour mettre quelque chose au monde qui va faire une différence, qui va aider, qui va amener quelque chose à quelqu’un, quelque part.
Donc, si on ne s’arrête jamais à se demander, c’est-tu juste moi qui accroche sur ce détail-là ou ça va réellement faire la différence pour mes clients? Ça va vraiment leur permettre d’atteindre la transformation que je veux qu’ils atteignent. Tu sais, qu’est-ce que ça va m’apporter au final? Pis moi, j’aime bien voir ça en termes de coût, en fait. C’est quoi le coût réel de cette action-là? Tu sais, son coût en termes de temps, c’est une chose, mais en termes d’énergie aussi, ça va me prendre. Parce que ça peut être pas long, mais ça peut venir me drainer complètement.
Le coût émotionnel aussi, tu sais, est-ce que je vais jouer peut-être dans, tu sais, la fameuse sortie de zone de confort, Geneviève, tu sais, on en parle beaucoup. Il y a un équilibre là-dedans aussi dans la sortie de zone de confort. Si tu n’es que dans une sortie de zone de confort, là, continuelle, ton système nerveux va tellement être suractivé que tu vas devenir non fonctionnel. Il y a un niveau de stress qu’on est capable de prendre et de gérer. Donc là, il y a un moment donné, peut-être qu’il faut se dire c’est quoi mon coût émotionnel, est-ce que c’est vraiment ça la priorité? Puis finalement, c’est quoi le coût monétaire? Ça, on en parle souvent. Donc, de vraiment prendre le temps d’aller regarder ces quatre choses-là et se dire est-ce que ça vaut vraiment la peine?
Parce que moi, j’ai un montant X à investir puis il n’y a pas que cette action-là, il y a toutes les autres autour. Donc, de prendre le temps de les regarder puis de dire est-ce que cette action-là vaut vraiment que je mette tout ça en termes d’investissement puis voici ce qui va me rester pour tout le reste. Parce qu’on a beau se faire croire qu’on est des surhumains et qu’on a un fini d’énergie, c’est faux. C’est faux puis là, à un moment donné, il va juste falloir comme l’accepter que c’est une réalité puis à un moment donné où on atteint le fond de la banque, il n’y a plus de réserve puis il y a peut-être encore plein de choses qu’on doit accomplir.
Donc là, encore là, c’est un peu comme avec l’argent, comment on fait nos investissements? Bien, voilà, ça demande de prendre du recul aussi.
Comment est-ce que les gens se rendent au fond de la banque au burnout sans s’en rendre compte? Pourquoi est-ce qu’on ne s’arrête pas avant?
En n’allant pas à la salle de bain? Non, non, non. En n’écoutant pas ses besoins, c’est la base. C’est vraiment la base. Puis c’est tellement sous-estimé. C’est juste comme arrêter de sauter des repas, voir de l’eau, manger le sommeil, etc. Quand tu es rendu à s’accepter tes besoins en bas de la pyramide de Maslow, tu es allé trop loin.
C’est plus fréquent qu’on le pense. Après, c’est le nombre de temps qu’on va faire ça. Ça nous arrive toutes et tous, je pense, un moment ou un autre. Puis c’est correct aussi, c’est une question d’équilibre, des énergies, d’avoir des moments où on les skippe ces besoins-là. Prenons un exemple des mères, quand elles ont un bébé qui ne dort pas. Il y a une période de leur vie où peut-être le sommeil va prendre le bord. Après ça, c’est temporaire. Mais si tu fais ça pendant des années et qu’il y a tous les autres besoins aussi que tu ignores, bien là, éventuellement, tu vas arriver au fond de ta banque.
Donc, les besoins de base, c’est certain, mais moi, je crois aussi que le désalignement, qui est extrêmement énergivore, il est pour beaucoup aussi, dans le fait d’arriver au fond de sa banque. Donc, on peut répondre à tous nos besoins de base, mais être quelque part qui ne fait pas de sens pour nous, qui ne fait pas de sens avec nos valeurs, qu’on n’a pas de bonheur, de plaisir à le faire, puis ça va vraiment venir accélérer, je crois, la baisse d’énergie parce que ça va venir générer énormément de stress et c’est le mot clé à retenir dans épuisement. L’épuisement, c’est la conséquence directe d’un stress chronique qu’on continue de laisser nous envahir sur le long terme et les sources du stress sont nombreuses. Ce n’est pas juste le fait de ne pas écouter ses besoins de base.
Je trouve ça intéressant parce qu’il y a quand même un aspect sneaky à le désalignement. Dans le sens où, tu sais, quand tu vis constamment des crises, genre, il se passe des affaires dans ta vie qui, à la limite, il y en a probablement qui sont dans ton contrôle, mais il y a des affaires qui t’arrivent, tu sais, c’est une affaire après l’autre, tu gères des crises une après l’autre, tu fais comme, OK, puis là, il faut que j’aille négocier, puis tu sais, c’est stressant, ça. Mais le désalignement, c’est un choix que tu as fait. C’est pas quelque chose nécessairement qui est comme, je passe ma journée en crise, c’est juste, genre, une espèce de, c’est comme des frottes, des frottes, des cuisses qui frottent, tu sais.
J’adore l’image. Tu sais, c’est genre, tu vas pouvoir mourir, mais genre, quand il fait chaud, puis tu as les petites shorts, puis que tu as longtemps à marcher. Peut-être avoir des petites irritations. C’est ça. Là, la fin, t’es genre, peut-être que tu marches en pingouin, puis t’es comme, ah, tu sais que c’était de la marde comme choix. Fait que, bref, mais ça, on s’entend, c’est drôle, c’est ironique, mais c’est un stress sur ton corps.
Puis là, on essaie de traduire ça en stress émotionnel, tu sais. OK, on peut pas, on peut pas revenir en arrière sur ce qui a été fait. Oui. Mais ce qu’on peut faire, par exemple, c’est s’arrêter et à chaque fois se demander qu’est-ce qui aurait pu être fait différemment? Est-ce que ça faisait du sens pour moi? Est-ce que j’ai été bien? Le X, c’est ce bout-là qu’on fait pas. C’est qu’on est continuellement en train d’avancer, d’avancer, d’avancer. On prend très peu de temps pour juste s’arrêter et juste s’autoriser à se dire même, ben écoute, finalement, peut-être, non, c’était pas une bonne idée.
J’aurais pas dû mettre des choses. Ben, pourquoi? Parce que, encore là, c’est une blessure. Admettre qu’on s’est trompé, qu’on a pas pris la meilleure décision, c’est pas facile. C’est pas facile. Ça a l’air anodin. C’est sûr qu’on parle de mettre des shorts ici. Mais ça reste que c’est pas facile, déjà, juste de s’admettre nos, peut-être nos erreurs et d’arrêter de voir les erreurs comme quelque chose de catastrophique, mais de juste se les admettre et de changer un peu notre rapport par rapport à ça.
Surtout si on est dans le perfectionnisme et qu’on cultive l’illusion que, ben, c’est possible un jour de devenir parfait, là, tu sais, d’atteindre un niveau de standard toujours, toujours plus élevé, sans fin. Ben, c’est souffrant en quelque sorte, donc on va finir par l’éviter. On va pas trop vouloir se poser de questions parce qu’on a pas vraiment envie de connaître les réponses au cas où ça irait pas dans le sens qu’on veut.
Donc oui, c’est sneaky. Ça l’est énormément parce que, des fois, c’est l’extérieur qui va venir nous le refléter, le désalignement. On va pas forcément s’en rendre compte si on a le nez collé. Exemple, je prends souvent l’exemple du feu, là. Tu sais, les pompiers, pendant qu’ils sont en train d’éteindre le feu, dans le feu, ils voient pas vraiment ce qui se passe à l’extérieur. Ils voient pas non plus ce qui a causé le feu. C’est après, une fois que tout va être terminé, une fois qu’ils vont avoir signé d’éteindre le feu, qu’ils vont chercher la cause. Qu’est-ce qui a allumé le feu? Et qu’est-ce qu’on pourrait faire la prochaine fois pour éviter qu’il y ait un feu qui s’allume?
Mais pour ça, il faut bien, à un moment donné, se le demander. Et ça, on ne le sait pas. On le sait très peu. Je te dirais même que des personnes qui ont vécu des épuisements, s’ils n’ont pas été accompagnées à apprendre à faire ça, ils vont juste reprendre les mêmes habitudes. Ils vont prendre soin d’eux, ils vont se guérir, ils vont se tourner dans le travail et ils vont reprendre les mêmes patterns, les mêmes habitudes dans le pilote automatique sans justement prendre le temps de questionner est-ce que c’est les bonnes habitudes à avoir pour travailler pour moi?
Puis c’est vraiment différent. Je ne parle même pas de « Ah, il faut faire de l’exercice tous les jours, il faut manger. » Non, non. Je parle des fois juste de comment est-ce que tu abordes le travail. Donc, justement, ton rythme, ton horaire, à quel moment tu prends tes pauses, tes limites, ta capacité à dire oui, à dire non, toutes ces notions-là, je pense qu’à un moment donné, si tu ne l’adresses pas, tu ne pourras pas le savoir si c’est aligné ou désaligné pour toi. Puis encore là, si tu n’écoutes pas ce qui se passe à l’intérieur de toi, tu ne pourras pas plus le savoir.
Le désalignement, ce n’est pas forcément quelque chose de spirituel à la limite. Non, oui. Le désalignement, c’est quand tu sens que ça ne fonctionne pas pour toi, point.
Puis il y a quand même aussi, je me dirai ce que tu en penses, mais un aspect, tu parlais d’admettre qu’on a, on va mettre des gros guillemets « fail », parce qu’on sait que c’est de l’apprentissage, mais d’admettre que finalement, notre décision, ce n’était pas bon. Puis ça, il y a quand même aussi une relation à l’échec parce que tant que tu n’as pas tacklé ça, cette relation à l’échec-là, est-ce que ça se peut que tu feras juste recommencer non-stop parce que tu es comme, il y aura beaucoup d’égo aussi là-dedans ou, en fait, ce n’est pas tant que tu vas recommencer, c’est que tu n’arrêteras pas.
Dans ça, tu dis « je veux tellement pas » et j’en perds. Ou les deux. Oui, un peu les deux, effectivement. Je ne veux tellement pas, genre je sais que si je pousse un peu plus, un petit peu comme les gamblers, si je pousse, il n’y a qu’un peu plus, peut-être que ça va tout se, c’est sûr que tu as de l’acharnement. Oui, mais tu sais l’image classique sur Internet, ce n’est pas un « mean » parce que ce n’est pas tant drôle, mais les deux mineurs, puis il y en a un qui est là puis qu’il laisse tomber puis l’autre est au bout puis il n’y avait rien de diamants. Fait que ça, puis on se dit « non, mais si je continue y’en qu’un peu, peut-être que je vais arriver à ma mine de diamants puis que si je drop, bien là, peut-être que tu sais, c’est un échec puis c’est tout de ma faute. »
Mais tu sais, au final, tu vas te dire « attends un peu, c’est pas un échec, c’est genre ‘check, c’est pas ça que j’avais besoin, mes shorts, c’est pas ça que j’aurais dû mettre, it’s fine, next time, je vais arrêter de mettre des shorts.' » Tu sais, je pense à des décisions puis tu sais, même pour l’argent, qu’est-ce que ça veut dire l’échec? Quand tu perds de l’argent, est-ce que ta vision de l’argent, c’est « il n’y en aura plus? » Parce que si oui, tu vas toujours, tu sais, te tenir à genre « je ne peux pas arrêter de faire ça, sinon je vais perdre de l’argent. »
Tu sais, mais le hic, c’est qu’on voudrait être capable de prédire l’avenir. Tu sais, tout ce que tu as dit, c’est vrai, il y a toujours la possibilité, c’est intéressant. La question à se poser, c’est ici et maintenant, est-ce que tu te sens bien? Oui. Tu sais, donc, je ne te dis pas d’arrêter de le creuser ton tunnel. Je te dis peut-être de prendre une pause un peu de le creuser ton tunnel, de te demander « change d’outil, peut-être, demande-toi est-ce que j’ai vraiment envie d’être là en train de creuser ce tunnel-là? »
Parce que tu sais, c’est génial qu’il y ait plein d’or de l’autre côté du tunnel, mais de l’or, il n’y en a pas juste de l’autre côté de ce tunnel-là. Et peut-être aussi que pendant que tu le creuses, tu es en train de mettre de côté plein d’autres trésors qui sont ailleurs. C’est un risque qui est toujours présent et c’est la base de l’essentialisme aussi. Le problème, c’est de tout vouloir en même temps et à tout vouloir en même temps et être partout en même temps et mettre son énergie partout, finalement, on n’est nulle part et on n’est surtout pas dans le moment présent.
On n’est surtout pas ici et maintenant en train de profiter de ce qu’on est en train de vivre et si on est toujours dans l’avenir à espérer que si je continue, je vais peut-être que, OK, mais tu vas avoir souffert combien de temps finalement et est-ce que tu vas trouver que ça en valait la peine rendu au bout finalement d’avoir peut-être creusé pendant tellement d’années alors que tu aurais pu vivre plein d’autres, peut-être plus petits succès, petites victoires, mais qui étaient profondément alignées. Et qui se stack aussi quand tu penses. Absolument, qui s’accumulent.
Il y a un moment donné à juste toujours voir le haut de la montagne puis de dire, moi, c’est vraiment juste là que j’ai envie d’aller puis j’ai une belle image par rapport à ça que j’enseigne souvent. On part faire de l’escalade, on est deux. Moi, durant toute ma montée, je profite du paysage. Tu sais, je suis super fière de moi parce que, tu sais, je me risque à essayer des prises un peu plus difficiles qu’habituellement, je n’essaie pas puis je profite vraiment du processus et j’ai l’autre qui se dit, moi, je vais arriver en haut le plus vite possible puis qui focus juste sur le top. Et là, il se met à avoir une orage épouvantable. On est obligé de redescendre avant la fin. D’après toi, lequel des deux va avoir vraiment eu un sentiment de satisfaction, de réussite le plus élevé?
Définitivement, celui qui a été capable de saisir les opportunités dans le moment présent aussi puis d’être capable de se satisfaire aussi de ça. Puis je sais qu’un discours comme ça, ça peut envoyer un message contradictoire avec l’idée de dire, tu sais, moi, je veux toujours plus. Oui. Il y en a qui le voient comme ça, qui disent, OK, tu sais, dans le fond, puis je me le fais dire, c’est une critique que je me fais dire parfois, tu sais, OK, au final, dans le fond, ce que tu nous dis, c’est de ne pas avoir d’ambition.
Pas ça du tout, c’est que j’ai vraiment l’impression qu’en ramenant aussi ton ambition dans, j’ai l’ambition d’avoir une journée extraordinaire aujourd’hui, bien, en additionnant toutes ces journées extraordinaires-là, tu sais, le prix de ça, pour moi, il est plus grand que de dire, finalement, je me fous de tout le chemin, de tout le processus, c’est pas grave, si je suis pas bien, si je me sacrifie, en espérant que, au bout, il y ait quelque chose d’extraordinaire qui nous a dit que ce quelque chose-là, bien, on aurait le temps de s’y rendre, tu sais, ça peut avoir l’air défaitiste, mais ça reste que c’est ça, la vie. C’est plein de surprises, c’est plein de… Alors, je pense que l’ambition, c’est aussi de croquer dans la vie à pleine dent chaque jour et non pas toujours après un objectif qu’on sait pas si on va y arriver un jour.
Bon, bon. Est-ce que ça existe du stress sain? Oui, bien oui, définitivement. Puis on en parle quand même, tu sais, le stress, c’est pas un problème puis on associe souvent le stress comme étant le problème. Le stress, c’est un cadeau, le stress, c’est un messager, c’est celui qui nous dit ben voici comment tu dois activer tes ressources pour t’en sortir, pour avancer vers un objectif. Le stress devient malsain à partir du moment où ben on le laisse nous envahir et qu’on va pas au bout du processus aussi et que ça devient chronique. C’est-à-dire que le stress est toujours là puis qu’on n’est pas en mesure d’aller au bout du processus.
Donc soit, on parle souvent, bon, combattre, fuir, tu sais, il y a toutes sortes de stratégies, mais ça reste qu’on doit se rendre au bout du processus parce que le stress, c’est une accumulation d’énergie qui se retrouve dans notre corps. Tu sais, c’est tout un processus physiologique qui va faire en sorte qu’on va être prêt à combattre ou à fuir. Mais tout ça, il s’accumule plein de choses à l’intérieur de notre corps. Donc si on ne se rend pas au bout du processus, parce qu’on s’entend des mammouths, là, aujourd’hui, il n’y en a plus beaucoup. Plus beaucoup. Ça reste que le peu. Il y en a plus beaucoup. Quelques-uns sont comme bien secs, là. Dans quelques musées dans le monde. Voilà.
Bref, tout ça pour dire que le problème, c’est de l’accumuler, de ne pas aller au bout, de ne pas se rendre au bout de ce processus-là. Et là, ça devient chronique. Et là, on a des problèmes de santé qui vont être associés à ça. Alors le stress peut être sain quand il nous amène à passer à l’action, quand il nous donne envie d’avancer, quand on a un petit… Tu sais, il suffit de penser au stress qu’on peut avoir avant une entrevue, avant un webinaire, avant un Ka-Ching, peu importe. C’est un stress qui est stimulant, qui nous donne envie justement d’aller combattre. De dire, yeah, je vais me lancer.
Il devient malsain quand je pleure en petite boule le soir parce que j’ai pas envie d’y aller puis qu’après, je pleure encore. Je ressens pas cette satisfaction-là.
En même temps, il y a-tu une question de gestion émotionnelle dans le sens où si tu me dis des décisions que j’ai prises qui étaient risquées ou qui me faisaient peur, mais tu sais, peur dans le bon sens. Tu sais, dans le sens où c’est big. Je sais, il y a une question… Pour moi, il y a quand même une différence entre avoir le track où tu me parlais de l’espèce de petit stress de papillon, de genre, ouh, puis le stress qui me fait pleurer en boule. Mais ça m’est arrivé de pleurer en boule pour quelque chose que j’avais vraiment envie, mais c’était juste comme, it’s a lot. J’en sais, beaucoup d’émotions aussi, mais ça veut pas dire que j’aime pas ça.
Et oulaline. Absolument. Le stress, c’est pas un signe que c’est pas la bonne chose pour toi. Le stress, c’est simplement un signe que peut-être t’as pas les bonnes stratégies en ce moment pour affronter la situation. T’as peut-être pas les bons outils. On va revenir avec nos mammouths, mais peut-être t’as pas la bonne arme pour aller attaquer ton mammouth. Ou peut-être t’es parti toute seule alors que ça aurait été une bonne idée d’avoir une équipe avec toi. Donc, c’est pas forcément la mauvaise décision parce que tu vis du stress. C’est peut-être que tu dois revoir les stratégies à déterminer. Qu’est-ce que t’en fais de ce stress-là? Est-ce que t’as complété le cycle? T’es allé au bout du cycle de ton stress. T’as évacué toute l’énergie qui s’est accumulée parce que c’est assez rare de nos jours que littéralement on va combattre avec tout notre corps et qu’on va brûler plein, plein, plein d’énergie.
Les stress qu’on vit sont beaucoup au niveau psychologique aujourd’hui. Et là, ce qui nous manque généralement, c’est justement d’évacuer toute l’énergie que normalement notre corps nous a donné, l’adrénaline, toutes les hormones, nous a donné pour aller combattre ou pour se sauver à plein de jambes. Donc, c’est de compléter ce cycle-là, mais c’est d’apprendre à se poser des questions. Le stress est normal. Le stress est normal. Ce qui n’est pas normal, c’est de rester pris avec le même stress qui tourne et qui tourne et qu’on rumine continuellement et c’est là que ça devient chronique.
Donc, merci le stress. On en a besoin. On ne pourrait pas fonctionner sans ça. On n’aurait pas pu survivre sans ça. Donc, il faut arrêter de le voir comme un ennemi en soi. Ça ne veut pas dire lâche tout parce que tu es stressé. On s’entend qu’en tant qu’entrepreneur, le stress fait partie de notre quotidien, mais c’est de voir justement comment ça devient un moteur pour avancer plutôt que quelque chose qui me fait figer en fait au lieu de…
Comment est-ce qu’on fait pour rendre son pouls émotionnel… Pour savoir, au jour le jour, quel genre d’attitude puis de comportement est-ce qu’on devait prendre aujourd’hui selon ce qu’on a besoin? Est-ce que c’est « je suis en boule et je pleure » et où je suis heureuse? Comment est-ce… Parce que, je veux dire, il y a un range, hein? Comment est-ce qu’on fait pour savoir où est-ce qu’on est aujourd’hui?
Bien déjà, il faut s’arrêter. C’est une première chose que peu de gens font, honnêtement. Puis quand je parle de s’arrêter, c’est vraiment s’arrêter, là. C’est-à-dire… Freeze. On arrête et on revient à ce qui se passe à l’intérieur de nous. Donc, prendre conscience des sensations physiques, des pensées qui émergent, de ce qu’on ressent. J’ai un noeud dans l’estomac. Je sens que ma respiration s’est accélérée ou je ressens une espèce d’apathie qui me donne envie de rester couché dans mon lit. Je me sens tendue très, très coincée dans mon corps ou, à l’inverse, je pétille.
Quand tu as cette sensation-là d’avoir envie de conquérir le monde, ça se sent physiquement. Il y a une espèce de… J’ai envie de bouger. Je me sens énergique. Je me sens dynamique. Donc, déjà, les sensations. Après ça, les pensées, qu’est-ce qui se passe à ce niveau-là? Qu’est-ce qui émerge? Quels sont les questionnements qui émergent aussi? Les illuminations, peut-être, donc les pensées qui reviennent en boucle continuellement. Ça ne veut pas dire qu’encore là, que c’est négatif, mais ce sont des indices à écouter.
Ça ne veut pas dire que tu vas tout tromper. Ça veut juste dire, hey, red flag, il y a quelque chose qui bug. Exact. Revenons encore. Le problème, ce n’est pas le pourquoi. Le problème, c’est souvent les moyens. Des fois, ça peut être le pourquoi. Ça, ça demande une réflexion plus en profondeur. Tu ne décides pas un matin que tu s’acclottes toute ta business. En tout cas, j’espère du fond du coeur que si vous avez cette pensée-là, vous allez vous asseoir un peu pour essayer de faire un portrait d’ensemble de la situation.
Mais c’est un indice. Si je me sens comme ça, si j’ai cette pensée-là, c’est qu’il y a peut-être un moyen, il y a peut-être quelque chose en ce moment qui ne me convient. Donc, s’arrêter, être à l’écoute de ce qui se passe à l’intérieur de notre corps, tout ce qui est plein de conscience, c’est à ça que ça sert. Ça ne sert pas juste à trouver que la vie est belle et qu’il y a des licornes et voilà.
Puis on associe un peu trop, malheureusement, la pleine conscience à ça, alors que la pleine conscience, à quoi elle sert? Initialement, elle sert à être capable d’agir, de réagir aussi convenablement en fonction de ce qu’on a été capable d’observer. Puis pour être capable d’observer, il faut s’arrêter. C’est juste, c’est le mot, c’est être en pleine conscience, c’est conscience de tout qu’est-ce qui se passe. Là, oui. Ici et maintenant, puis ça a l’air tellement simple, mais c’est vraiment compliqué parce que, tu sais, je suis en train de me rendre en métro quelque part, bien clairement, je suis déjà en train de me faire le chemin de me rendre à cet endroit-là, puis là, des fois même à me dire, OK, quand je vais arriver là, il va y avoir du trafic, il va y avoir ci, il va y avoir ça. Alors, je ne suis pas dans la pleine conscience, je suis dans le futur. Ou je suis en train de ruminer la chicane que j’ai eue hier avec mon conjoint, puis je suis en train de me repasser ce qu’on s’est dit, je suis dans le passé.
Être ici et maintenant, ce n’est pas quelque chose de facile, et c’est pour ça qu’on a développé toutes sortes de pratiques, d’approches, notamment la méditation, juste pour nous pratiquer à se concentrer sur ce qui est en train de se passer avec un outil merveilleux que nous avons, c’est-à-dire cinq sens. Et juste de se reconnecter au sens, ça nous amène forcément, oui, à être plus en observation de notre environnement, mais aussi en observation de nous, de ce qui se passe à l’intérieur de nous et de cette machine extraordinairement puissante que nous avons, un corps, qui nous envoie beaucoup de messages qu’on n’écoute pas, en fait, malheureusement.
Mais écoute, ce que je trouve cool de cette entrevue-là, puis un des gros messages, c’est surtout des gens, tchèques, tu peux être autant ambitieuse que tu veux, mais tu peux aussi être justement dans cette pleine conscience-là, puis de faire des touch points avec toi-même, puis de dire, wait, what do I need today? Genre, c’est quoi mes besoins actuellement? Puis de vraiment faire ce travail-là, ça n’enlève rien à genre tout qu’est-ce que tu peux réaliser. Au contraire, ça donne les outils de réaliser de façon alignée, de façon plus productive, maybe, tu sais, toutes ces choses-là, de faire… Non, pas maybe. Oui. Pas maybe. Absolument. Définitivement plus productive, là, j’y crois, là. La science le dit, non, mais vraiment, gardons-le en tête, définitivement, pour moi, c’est être plus stratégique.
Right. C’est être plus stratégique dans nos actions que de se donner la possibilité d’être en équilibre de notre énergie et pas tout le temps en train de foncer dans le tas, là. Puis quand même, je veux dire, c’est pas l’entièreté des gens qui ont énormément de succès qui font ça, mais il y en a beaucoup où, quand tu vas rencontrer ces gens-là qui vont mettre tellement une priorité à protéger leur temps, protéger leur énergie, faire en sorte qu’il n’y a rien de négatif, mais pas, il n’y a rien de négatif parce qu’il y a des choses que tu ne contrôles pas, mais, tu sais, dans les choses que tu contrôles, de faire attention puis de protéger ces ressources-là qui ne sont pas infinies.
Ils vont prendre soin de leur santé, ils vont être très in tune avec, genre, ce qu’est-ce qu’ils ont. C’est-tu des gens magiques, genre, mais je pense qu’il y a une question d’entretien de ça puis de pas rechoir, de choix, de pas rejeter ce qui vient, de notions aussi, comme on en a parlé, de gestion de l’échec, de comme, quand j’essaie quelque chose puis ça ne marche pas, est-ce que ça veut dire que je suis vraiment poche, puisque je suis une mauvaise personne, tu sais, de dissocier, finalement, qu’est-ce que ça veut dire par rapport à moi versus, tu sais, mes actions, mes essais, ce genre de truc-là.
Puis attention de pas juste lire le livre d’une personne qui a eu du succès puis d’essayer d’appliquer sa recette parce qu’il y a beaucoup de livres du genre, mais effectivement, un point commun dans les gens qui ont des succès durables sur le long terme, c’est ça le mot-clé. Pas forcément un succès rapide, fulgurant, extraordinaire, mais les gens qui ont des succès durables, c’est forcément des gens qui ont appris à prioriser leur temps, leur énergie. C’est essentiel, c’est la ressource de base dont on a besoin et si tu veux que ce soit durable, il faut que tu sortes de cette croyance que tu dois tout donner maintenant, tout de suite, le plus rapidement possible parce que tu seras plus utile ni à ta cause, ni à tes objectifs, ni aux gens que tu veux aider si tu vas tellement vite dans l’utilisation de tes ressources que finalement, tu attrapes le mur et que ça te prend des années avant d’être capable de recharger cette batterie-là dont tu as abusé.
Puis ce qu’il faut savoir aussi et là, c’est l’heure du message alarmiste mais c’est qu’une fois que tu l’as vidée complètement ta batterie, elle ne sera plus jamais autant performante. Donc, c’est pour ça que je suis dans un message de prévention parce que, oui, ça prend du temps à la remplir notre batterie mais tu ne veux pas aller au bout de tes limites, tu ne veux pas parce qu’après ça, il y a des séquelles au niveau des fonctions exécutives, on doit après faire le deuil de nos capacités qui sont devenues différentes et moi, je fais partie de ces personnes-là qui ont dû faire ce deuil-là de ne plus jamais retrouver la même énergie d’autrefois.
Donc, je pense que ça vaut la peine si on a envie que ce soit durable des fois de faire certains compromis sur la vitesse à laquelle on a une croissance. Écoute, ça a beau être un message entre gros guillemets alarmiste de fin mais je trouve que c’est important de le finir comme ça. Non, mais dans le sens où genre yo, regarde, si tu as encore cette capacité-là, si tu as encore ton… On a tous le choix. Pendant que tu as le choix, fais donc les bons.
Écoute, dans quelques jours, parce qu’au moment où ça lance aujourd’hui, dans quelques jours, tu lances ton nouveau podcast « Foutrement vrai ». Peux-tu nous en parler un petit peu? De quoi tu vas parler là-dedans?
Bien, « Foutrement vrai », pour moi, c’était vrai. J’ai mis « vrai » au féminin, au pluriel aussi, au singulier parce que c’est pas de dire « on va parler de la vérité », c’est plus de venir briser des tabous. On va parler de santé mentale définitivement, un sujet dont, selon moi, on ne parle toujours pas assez. Et je veux justement que des personnes puissent venir partager leur vérité. Donc, ne pas juste inviter des gens qui pensent comme moi. J’ai envie d’entendre des points de vue différents pour qu’on soit capable d’être dans la nuance justement et pour envoyer un message qu’il n’y a pas de réponse ultime magique pour personne et que c’est important d’avoir accès à un discours qui est varié, qui est nuancé pour trouver par la suite ce qui fait le plus de sens pour nous.
Donc, « Foutrement vrai » pour dire « on peut-tu enfin se les dire, les vraies choses? » Les vraies affaires. Ben, oui, les vraies affaires. Écoute, j’ai déjà été prie, je me disais que… Non, c’est ça, oui. Mais ça fait du bien. En fait, je trouve qu’on a de la difficulté à être dans la sincérité à plein de niveaux, de juste être capable d’exprimer nos besoins aux gens, d’être capable de dire non quand on a envie de dire non. Puis, je ne suis pas en train de dire que c’est facile, mais je veux que les gens se donnent davantage cette permission-là. Et je pense qu’avec ce podcast-là, ils vont entendre des gens qui ont osé se la donner la permission d’être dans leur pleine vérité et que ça… Ce n’était pas si pire, finalement. Ils sont encore là puis ils se sentent bien. Ce n’est pas la fin du monde, finalement. Mais plus de sincérité, plus de transparence, c’est mon objectif.
Pourquoi est-ce que spécifiquement les entrepreneurs qui écoutent devraient l’écouter? Bien, parce que… Puis, je suis contente d’avoir eu l’opportunité d’amener une formation sur la santé mentale dans Ka-Ching parce que c’est quelque chose qui est négligé, je trouve, encore plus chez les entrepreneurs qui ont le plus haut taux d’épuisement, de burn-out, de problématiques de santé mentale. Donc, s’il vous plaît, voyez ça aussi comme un atout supplémentaire. C’est super, les stratégies entrepreneuriales, mais prendre soin de sa santé mentale, pour moi, c’est votre outil le plus puissant pour être en mesure d’atteindre vos objectifs, mais surtout de faire la différence dans le monde que vous avez envie de faire. En prenant soin de vous d’abord, vous allez être capable après de prendre soin de tous ceux dont vous avez envie de prendre soin.
C’est beau! Écoute, Annie, où est-ce qu’on peut te retrouver sur Internet? Alors, on peut me retrouver, Annie, au jour le jour sur tous les réseaux sociaux. Simplicité. Donc, je suis surtout active sur Instagram. Donc, c’est surtout là qu’on me retrouve et il y aura le podcast, évidemment, « Foutrement vrai », qui sera sur toutes les plateformes. Puis j’adore parler avec les gens. Je trouve que c’est ça que ça sert, les réseaux sociaux, les connexions humaines. Oui, exact. Alors, c’est pas juste d’essayer de vendre ou de lancer du contenu, mais c’est aussi d’avoir des connexions. Donc, il ne faut pas se gêner de venir me jaser, ça va me faire super plaisir.
Toi qui écoutes, tu veux revisiter du contenu partagé dans l’entrevue, ou cliquer sur un lien qu’on a mentionné, tu peux retrouver tout ça dans les show notes sur genevievegauvin.com/effrontee-65. Puis, si tu as aimé l’entrevue d’aujourd’hui comme je l’ai aimée, bien évidemment, partage ça dans tes stories sur Instagram. Tag mon compte @_genevievegauvin et celui d’Annie @annieaujourlejour pour nous dire c’est quoi la chose que tu retiens de notre discussion. Évidemment, on a super hâte de savoir ce que tu en as pensé.
Annie, un énorme merci d’être passée sur Effrontée. Je pense que c’est un message qui… Merci à toi! Ça me fait plaisir, qui est extrêmement important qu’on se le rappelle parce que si on est bon, à gérer des budgets de finances, il faut qu’on soit aussi bon à gérer des budgets d’énergie. Budget de temps! Exact! Encore une analogie, yes! On aime ça! Écoute, guys, on se reparlera la semaine prochaine pour un autre épisode d’Effrontée. Bye!
T’as aimé l’épisode? Évidemment, vu que t’es rendu jusqu’ici. Merci pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter Effrontée, bien la meilleure façon de le faire, c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast. Puis vraiment, c’est super simple à faire. Va sur l’application Apple Podcast puis tape Effrontée dans la barre de recherche. Une fois que tu m’as trouvé, clique sur S’abonner puis descends en bas de la liste d’épisodes jusqu’à la section Évaluation et avis. Puis à partir de là, bien c’est à toi de jouer. Laisse-moi 5 étoiles si t’aimes le contenu du podcast puis laisse-moi un témoignage. Dis-moi pourquoi t’écoutes le podcast puis comment est-ce que ça a un impact sur ta business puis ta vie. Un énorme merci d’avance d’avoir pris le temps. C’est vraiment des gens comme toi qui font que le show continue. À la semaine prochaine.

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