Effrontée

Parent entrepreneur: comment porter les 4 chapeaux sans rien sacrifier

21/11/2023

Tu veux être parent entrepreneur sans sacrifier ta business, ton couple ou toi-même? Tu te demandes si c’est possible de faire grandir une entreprise pendant que tu fais grandir un enfant, sans tomber dans le compromis déprimant que tout le monde semble accepter comme une fatalité? Dans l’épisode 49 d’Effrontée, je discute avec mon chum Nicolas Pineault de comment on s’organise concrètement pour porter les 4 chapeaux: l’individu, le couple, le parent puis l’entrepreneur. Voici les principes qu’on applique pour que rien ne tombe.

L’individu passe avant tout, même quand t’es parent entrepreneur

Le piège classique de la vie de parent entrepreneur, c’est de mettre la business en premier, la famille en deuxième, le couple en troisième puis de finir avec les miettes pour soi. Résultat: t’es cadavérique, impatient avec ton enfant, plate avec ton partenaire, pis tu performes mal au travail anyway.

Si tu coupes ton sommeil pour produire plus, tu vas tenir quoi, une semaine? Dans la vingtaine, peut-être. Rendu à 36 ans, c’est non. Tout commence à s’effondrer si tu t’occupes pas de ton corps, de tes niveaux d’énergie, pis de ton besoin de te changer les idées.

Le test que j’utilise: plus je me sens rushée, plus je pense que j’ai pas le temps de prendre 15 minutes pour respirer, plus j’en ai besoin. C’est exactement à ce moment-là que t’es overwhelmed pis pas efficace anyway. Donc l’individu en premier, point. Le reste suit.

Concrètement, ça veut dire: protéger ton sommeil, bouger ton corps, prendre du silence régulièrement. Moi, depuis que je suis maman, j’ai appris à apprécier le silence d’une manière que je connaissais pas avant. C’est devenu une priorité, pas un luxe. Le parent entrepreneur qui zappe son individu finit toujours par zapper sa business aussi.

Le couple comme fondation du parent entrepreneur

Quand t’es parent entrepreneur en couple, ton partenaire devient ton co-CEO de la maison. Si la communication est croche, tout est croche. Pis on l’oublie souvent, mais une famille heureuse, ça commence par un couple heureux.

Une affaire qu’on fait depuis 2021: laisser l’autre partir tout seul plusieurs fois par année. Pourquoi? Parce que quand ça fait longtemps qu’on est en couple, on prend des mauvais plis. On perd notre sens d’individu. Pis ça nous rend plus faibles dans le couple, pas plus forts.

Le test pour savoir si t’as besoin de te retrouver tout seul: si tu te sens bizarre quand t’es seul, c’est que t’en as besoin. Big time. Ça nécessite de l’aide pour la garde du kid, de la planification, mais c’est non-négociable.

Autre habitude qu’on a glissée pis qu’il faut qu’on remette en place: la date hebdomadaire au calendrier. C’est facile à oublier quand le quotidien prend toute la place, mais c’est ce qui empêche qu’un couple de parent entrepreneur devienne juste 2 colocs qui se garrochent un kid pis 2 horaires de travail.

Les 4 rôles du parent entrepreneur, dans l’ordre

Le rôle de parent entrepreneur, c’est porter au minimum 4 chapeaux: l’individu, le partenaire de couple, le parent, l’entrepreneur. Sans compter les sous-chapeaux de la business (CEO, copywriter, marketing, finances). Chaque rôle a besoin d’être entretenu.

L’ordre de priorité change selon le moment de la journée. La nuit pis la soirée (entre 17 h pis 9 h le matin), c’est: individu, couple, famille, business. La business passe vraiment en dernier. Pendant le 9 à 5: individu, business, famille pis couple à peu près sur la même ligne.

Pourquoi ça marche? Parce que l’entreprise prend la place du sable dans le pot Mason. Tu mets les gros cailloux en premier (ta santé, ton couple, ton kid), les médiums ensuite, pis le sable de la business remplit les espaces. Si tu mets le sable en premier, t’as plus de place pour les cailloux.

Ça veut pas dire que la business passe systématiquement en dernier dans la journée. Ça veut dire que t’es lucide sur l’ordre quand y’a un conflit. Pis comme parent entrepreneur, y’a souvent des conflits.

Plages horaires strictes: la base du parent entrepreneur efficace

Quand t’es parent entrepreneur, t’as plus le luxe de l’élasticité. Tu peux pas commencer à travailler à 11 h parce que t’as foiré ton matin. Le 9 à 5 (ou le 9 à midi, ou le 8 à 14, peu importe le créneau que tu négocies avec ton partenaire pis avec la garderie), c’est sacré.

Pendant l’année où on a voyagé de juillet 2022 à juillet 2023, on travaillait des fois 20 heures semaine. Pis on a fait une super bonne année. Pourquoi? Parce que les choses étaient prévues. Si t’as juste 3 heures par jour pis tu passes 15 heures dans la semaine sur des courriels, t’as rien fait. T’as juste échangé de l’information.

La vraie productivité, c’est quand tu décides à l’avance c’est quoi tes 3 priorités du bloc. Pis tu défends ce bloc-là comme si c’était une réunion avec ton meilleur client. Parce que c’est exactement ça.

Le respect du temps de l’autre dans le couple, c’est crucial aussi. Quand l’un travaille, l’autre s’occupe du kid pis le laisse pas aller déranger. Pis tu commences à l’heure. Si t’arrives à midi 12 au lieu de midi pile, tu voles 12 minutes du temps de travail de ton partenaire. C’est de la rigueur, mais c’est ce qui fait que les 2 business avancent.

L’aide payée: l’investissement non négociable du parent entrepreneur

Tu peux pas tout faire toute seule. C’est un mythe que les femmes entrepreneurs traînent encore avec elles, pis ça nuit à tout le monde. Le parent entrepreneur qui refuse l’aide finit en burnout, pas en héros.

Concrètement, ça veut dire: gardiennes pour les blocs où vous voulez travailler les 2 en même temps. Ménage outsourcé. Bouffe livrée quand le souper rentre pas dans la fenêtre. Camp de jour l’été. Aide ponctuelle quand l’un de vous part en lancement intense.

L’objection commune: « j’ai pas le budget ». Réponse: si t’as pas le budget pour de l’aide, t’as pas le budget pour le rôle d’entrepreneur que t’essaies de faire tenir. Faut que tu choisisses. Soit tu travailles moins, soit t’investis dans le support qui te permet de travailler mieux pendant le temps que t’as.

Le concept d’essentialisme s’applique fort ici. Tu prends ta business comme une tour de Jenga, tu enlèves un bloc pis tu regardes si quelque chose tombe. Si rien tombe, c’est que t’avais pas besoin de ce bloc-là. Tu coupes les tâches inutiles. Tu gardes ce qui te fait du cash, ce que t’aimes, ce qui est dans ta zone de génie.

Lancements et asymétrie: comment le parent entrepreneur gère les pics

Dans l’année normale, sans rush, les 2 parents devraient être en mode 50-50 niveau énergie investie dans la maison. Mais y’a des semaines où c’est pas vrai. Pis c’est correct.

Quand je suis en lancement de Ka-Ching, mon gros lancement annuel, je suis capable de donner 20 % à la famille. Je le dis ouvertement: « man, je peux te donner 20 % en ce moment, je suis pas plus disponible que ça ». Ça veut dire que mon chum prend 80 % de l’autre bord. L’enfant disparaît pas, les tâches disparaissent pas, faut que quelqu’un les prenne.

Pis vice versa quand c’est lui qui est en pic. C’est un système d’échange explicite, pas un calcul comptable. Tu valorises le travail de l’autre pour vrai, tu sais que c’est temporaire, pis tu donnes pendant ta période de basse intensité.

L’erreur classique: pas verbaliser. Tu te dis « ben là, c’est un lancement, il va comprendre », pis tu présumes. Ça finit en chicane parce que la personne qui prend le 80 % se sent prise pour acquise. Verbalise: « je sais que c’est plate ces temps-ci, je sais que t’as pas d’aide, j’ai hâte qu’après on passe plus de temps ensemble ». Ça change tout.

La parentalité comme accélérateur du parent entrepreneur

Le twist que personne raconte: avoir un enfant, c’est pas un boulet pour ta business. C’est un forçeur de décisions. Quand t’as 30 heures par semaine au lieu de 60, t’as plus le luxe de niaiser sur des projets qui rapportent rien.

T’es obligée de devenir sélective. Tu coupes les tâches qui te font perdre du temps, tu délègues, tu dis non aux opportunités moyennes pour garder de la place pour les bonnes. Tu construis des stratégies exponentielles (sponsors, affiliés, sommets virtuels, evergreen) plutôt que de juste mettre plus d’heures.

Le modèle « je travaille plus pour produire plus », c’est un modèle salarié. Comme infopreneure, c’est pas vrai que plus d’heures = plus de revenus. C’est mieux organisée + meilleures stratégies = plus de revenus. Pis le rôle de parent te force à apprendre ça plus vite.

L’autre piège: « je travaille autant pour la famille ». Non. Tu travailles autant parce que t’as un système croche. La famille, elle, elle voudrait te voir plus. Le parent entrepreneur qui se cache derrière son cash justifie souvent juste son ego, pas une vraie nécessité.

Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes

Comment je commence si je veux structurer mes plages horaires comme parent entrepreneur?

Décide d’abord c’est quoi ton créneau de travail réaliste, en fonction de l’horaire de garde de ton enfant. Ensuite, dans ce créneau, identifie 3 priorités par jour. Pas 10. Trois. Pis tu défends ce créneau-là contre les meetings, les courriels qui s’accumulent, pis les urgences fabriquées. Outil utile: Calendly (ou n’importe quel calendrier connecté) pour bloquer les créneaux et empêcher les rendez-vous d’envahir le temps perso.

Est-ce qu’il faut être 2 entrepreneurs pour que ça marche?

Non, mais le système est différent. Si ton partenaire est salarié, il y a quand même des plages où il peut prendre le relais (soirées, fin de semaine, congés). L’important, c’est que les 2 reconnaissent le travail de l’autre comme légitime. Le piège commun: l’entrepreneure qui se fait dire « ben t’es à maison, t’as juste à t’arranger ». Non. Le travail entrepreneur, c’est du vrai travail qui demande du focus protégé.

Comment je gère la culpabilité de pas être assez présente?

Tu la regardes en pleine face pis tu te demandes: est-ce que mes blocs de présence sont vraiment de qualité, ou je suis sur mon téléphone pendant le souper? Si t’es 100 % présente quand t’es là (pas de Slack ouvert, pas de scroll Instagram), 3 heures de qualité battent 8 heures de présence éparse. Le parent entrepreneur qui culpabilise sans rien changer fait juste s’épuiser deux fois. Si t’es vraiment pas là assez, c’est un signal pour réviser ton horaire de travail, pas pour te flageller.

Mes prochaines étapes

Si t’as envie de continuer la conversation sur comment être parent entrepreneur sans rien sacrifier, viens me rejoindre dans mon Speakeasy. C’est ma communauté VIP par courriel, plus uncensored que le podcast. Inscris-toi au genevievegauvin.com/speakeasy.

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Show notes

Format: Solo (avec invité spécial: Nicolas Pineault, mari de Gen) Durée: environ 60 minutes

Sujets abordés:

  • La différence entre être parent qui devient entrepreneur vs entrepreneur qui devient parent
  • Le compromis déprimant: comment l’éviter
  • Les 4 rôles du parent entrepreneur (individu, partenaire, parent, entrepreneur)
  • Pourquoi l’individu passe en premier
  • L’importance des plages horaires strictes
  • Le partage du load énergétique entre partenaires
  • L’asymétrie pendant les lancements (80-20)
  • L’effet de loi de Parkinson sur les heures de travail
  • L’essentialisme appliqué à la business
  • La date hebdomadaire en couple comme habitude non négociable

Outils mentionnés:

  • Calendly pour la gestion de calendrier
  • Amazon CA: Essentialism par Greg Mckeown (lien affilié)
  • Amazon FR: L’Essentialisme par Greg Mckeown (lien affilié)

Liens et ressources:

  • Société secrète Speakeasy: genevievegauvin.com/speakeasy
  • Jason Ferruggia (mentionné comme exemple d’entrepreneur qui finit à midi)
  • Vince Del Monte (mentionné pour la conversation sur le travail vs famille)
📝 Lire le transcript intégral

T’écoutes Effrontée épisode 49. Aujourd’hui, on parle de parentalité, de couple, de soi et d’entrepreneuriat, puis de comment ne rien sacrifier de tout ça. Puis comme c’est une discussion, la parentalité, le couple qui se fait en général à deux, j’ai décidé d’inviter aussi mon chum, mon mari, Nicolas Pineault, pour venir discuter de nos différents points de vue, de ce qu’on a mis en place.

Donc si toi aussi, c’est quelque chose qui t’intéresse justement, aller avoir des enfants, être aussi parent, mais que tu te dis « Oh my God, je veux jamais sacrifier aussi mon entreprise, mon rêve, mon bébé », bien c’est peut-être un épisode que tu vas vraiment apprécier. Bonne écoute!

C’est pas compliqué, t’es tannée de marcher sur des oeufs pour pas froisser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact, peu importe ce que tu veux, il n’y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps de t’arrêter de cacher tes ambitions aussi.

Je m’appelle Geneviève Gauvin, chaque semaine, j’anime Effrontée, le rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables puis fiers de l’être. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles puis les limites pour faire les choses en grand.

Travailler cinq heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Il y a où le problème? Voyager de temps plein puis travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe? En plus de te partager mes conseils et mes stratégies pour faire toujours plus en travaillant moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite.

Je suis avec un invité spécial aujourd’hui. Je suis stressé, on dirait. Pourquoi? Ça fait longtemps qu’on a fait un… C’est la première fois que j’ai été invité sur ce podcast, à vrai dire. Oui, parce que sur Les vraies affaires, on t’a entendu et réentendu par tous les débuts de saison à peu près. C’est vrai.

Aujourd’hui, on parle ensemble. Pas, bien oui, on parle de business parce que ça serait bizarre, mais en fait, parce que je ne pouvais pas vraiment parler de ce sujet-là tout seul. Bien, je pouvais donner juste mon point de vue, mais vu que c’est un projet commun, je me suis dit que ça serait intéressant de voir aussi ton point de vue là-dessus, comment est-ce que ça se passe de ton côté.

Puis c’est parti vraiment d’une question qu’on m’a posée dans le story. Quelqu’un me demandait que je parle de maternité, donc spécifiquement dans l’angle de comment être un parent entrepreneur qui se sacrifie, qui sacrifie ses rêves, ses ambitions. Puis le verbatim, donc, la personne cherchait des modèles de parents qui ne sont pas tout le temps dans le compromis déprimant.

C’est quelque chose que je pense qu’on voit assez souvent où des gens qui sont entrepreneurs, ils deviennent parents par la suite versus qui étaient déjà parents quand ils sont devenus entrepreneurs. Puis ils font comme, oh my God, mon enfant m’empêche de travailler vraiment beaucoup. Peut-être que finalement, dans les deux sens, ça fonctionne.

Bien, tu sais, déjà, moi, parler de maternité en général, je trouve ça plate. C’est comme un de mes rôles. Mais c’est pas le rôle qui me passionne le plus dans la vie. J’aime mon fils, mais mon rôle de mère, c’est pas comme si ça me remplit de bonheur puis je pourrais juste être ça dans la vie. J’ai besoin d’être plus.

Souvent, quand on approche la maternité, c’est comme: ah oui, mais tu sais, t’es qui, Geneviève? Ah bien, je m’appelle Geneviève, j’ai 33 ans, je suis mère de… Bien, t’as un kid? Oui, ça fait de toi une mère, mais on dirait que c’est comme ancré dans la personnalité des gens. Puis je suis comme: attends, non, je veux connaître l’individu.

Mais t’as toujours choisi de ne pas nécessairement mettre ça de l’avant en tant qu’entrepreneur. Tu t’appelais pas, par exemple, une mompreneur, je me rappelle. Non. Je veux pas m’afficher comme mompreneur, en tout cas. C’est à travers mes propres yeux, dans le sens où il y a comme une espèce de perception de: ah, mais là, je vais être mère. Fait que là, les gens vont me percevoir comme étant moins performante, genre. C’était moi-même envers moi.

Bref, je voulais qu’on en parle parce que je trouve qu’on n’a pas une approche à la parentalité. Parce que je veux pas qu’on parle juste de maternité. Puis c’est ça, le fucking point.

Mais en tout cas, à quelque part là-dedans, j’aimerais ça toucher, juste par rapport à la question, je sais pas c’est quoi la psychologie qui se cache derrière de dire des compromis déprimants. Mais dans le fond, je sais pas qu’est-ce que ça signifie un compromis déprimant.

Mon analyse d’un compromis déprimant, c’est genre: je dois sacrifier mes rêves, mes ambitions parce que faut que j’aille porter le petit à l’école, faut que j’aille le chercher, faut que je m’arrête finalement dans mes tracks. Puis au final, t’es tout le temps en train de te plaindre un petit peu de ta situation. La parentalité, c’est pas quelque chose qui te rend heureux vraiment. Ça t’arrête de faire ce que t’aimerais faire de plus.

Il y a quelque chose de victimisation là-dedans. C’est parce qu’à un moment donné, l’enfant, une fois qu’il est sorti, faut que tu t’en occupes. Fait que si t’es tout le temps en résistance, ça doit devenir fou parce que l’enfant est là anyway, puis il faut s’en occuper.

J’aimerais ça poser une question qu’on pose trop souvent aux mères, mais qu’on pose jamais aux pères. Comment est-ce que tu jongles avec ta vie de papa et d’entrepreneur, Nick?

Je pense que c’est pas différent de n’importe quel autre projet d’une manière très pragmatique. C’est qu’il faut mettre du temps dans s’occuper de son rôle de père. Si on est tout le temps en train de travailler, on n’est jamais à voir ses enfants. Puis moi, les modèles que j’ai vus, mon propre père, il était assez absent. Pas totalement absent, mais assez absent parce qu’il travaillait comme un fou. Et c’était un entrepreneur.

Tu connais bien mon père maintenant, ça fait 14 ans. Fait que tu vois son mindset, c’est: ben là, il faut que je produise du revenu. On travaille, on travaille. On est dans une position, nous autres, comme infopreneurs, parce que c’est pas nécessairement vrai que si tu mets plus d’heures, tu vas faire plus d’argent. C’est si t’es mieux organisé, si t’as des stratégies exponentielles.

J’ai arrêté de penser, ça fait plusieurs années, que si je mets plus d’heures, je vais pouvoir faire plus de cash. Puis de toute manière, maintenant, je les ai plus ces heures-là. Fait qu’il faut, quelque part, j’ai une priorité d’être présent, d’être présent pour toi, pour la famille. Donc, ça veut dire que mes projets doivent être super bien organisés.

Comment t’es présent pour ta business? Mets-toi dans les bobettes de quelqu’un qui se dit « Hey man, depuis que j’ai mon kid, ou j’anticipe d’avoir un kid, puis là, oui, je vais le mettre dans la garderie, mais on sait jamais qu’est-ce qui va arriver. Il peut être malade. Je veux être là pour lui, mais je veux aussi être capable de travailler ».

Bon, on a des plages horaires de travail très spécifiques. Quand on a voyagé de juillet à juillet, 2022-2023, on avait beaucoup moins de temps. On avait des fois 20 heures semaine. Ça a été une année où j’en ai fait quand même beaucoup. On a fait une super bonne année parce que les choses étaient très bien prévues.

Si on avait des plages juste de trois heures seulement pour travailler, si tu n’arrêtes pas de juste prendre des e-mails pendant trois heures, à la fin de ta semaine, tu as juste pris des e-mails pendant 15 heures, tu réalises que tu n’as rien fait dans ta maudite semaine. Tu as juste parlé ou échangé l’information. Tu réalises que ce n’est pas ça la vraie productivité.

L’enfant, il va te le dire en maudit. Il te le dit: papa, tu m’avais dit que tu allais jouer avec moi. Il essaie d’avoir ton attention. Il gosse sur ton clavier. À un moment donné, tu deviens fou, mais l’affaire, c’est que tu ne devrais pas être à l’ordi si l’enfant est tout de suite à côté parce que lui, il voit juste que tu es là comme une statue puis tu fixes un écran. C’est très déshumanisant.

Essayer de faire à la fois travailler, à la fois s’occuper d’un enfant en même temps, c’est super tough. Mais là, si tu te dis: je veux être responsable, peut-être qu’il peut écouter la télé 30 minutes, 60 minutes, mais tu ne peux pas le plugger toute la journée. Nous autres, on a eu des fois de l’aide des gardiennes. Des fois, il faut travailler un petit peu plus le soir.

Mais je pense que si tu as besoin de travailler le soir, tu te restreins pour ta propre santé, pour la santé de ton couple. Si tu travailles tout le temps le soir, tu ne te vois jamais. Fait que c’est de prévoir ces choses-là.

Tu as parlé rapidement des différents rôles. Être parent en couple, entrepreneur, c’est porter quatre chapeaux, sans mentionner les sous-chapeaux de l’entrepreneur, soit le copywriter, le CEO, all of this. Donc les chapeaux slash rôle: la personne, l’individu, donc moi, Geneviève, tout seul, Nick, tout seul, le partenaire dans le couple aussi, le parent, donc le rôle de famille, et l’entrepreneur. Chaque rôle doit être entretenu.

Je dirais même que le plus important, c’est l’individu. Si tu n’as pas les niveaux d’énergie, par exemple, si tu fais juste pas t’occuper de ton sommeil, tu décides: OK, je vais couper les coins ronds, je vais travailler tard le soir, je vais me lever super tôt, je vais aller au gym. C’est impossible de durer dans le temps. Je sais parce que je l’ai fait. Je me suis épuisé totalement, je dormais 4 h 30 par nuit.

Dans la vingtaine, c’est un peu plus possible de le faire, mais éventuellement, maintenant, j’ai 36. Si j’essaie de faire ça pendant une semaine, je vais être cadavérique, je vais être impatient avec Elliot, je serai pas de bonne humeur avec toi. Tout commence à s’effondrer si on s’occupe pas de ses niveaux d’énergie.

Plus je me sens rushé de tout faire, plus je pense que j’ai pas le temps de prendre 15 minutes pour respirer puis prendre un break. Plus tu penses que t’as pas le temps de prendre un break, plus t’en as besoin. Parce que c’est là que t’es overwhelmed, t’es en train de travailler sans arrêt puis c’est pas nécessairement efficace ce travail-là non plus.

Pour le couple, on s’est habitué, depuis 2021, à laisser l’autre partir seule plusieurs fois par année. Pourquoi? Surtout, quand ça fait longtemps en couple, le test, c’est très facile, c’est quand tu te sens bizarre, t’es tout seul, c’est que t’as besoin d’être tout seul.

Quand on est toujours ensemble en couple, il y a des mauvais plis qu’on prend puis qu’on perd notre sens d’être un individu. Puis ça nous rend pas plus forts dans un couple, ça nous rend plus faibles dans un certain sens. Fait que de se retrouver tout seul, des fois, c’est crucial.

J’ai appris à apprécier le silence dans ma vie depuis que je suis maman. Exactement. C’est de se retrouver puis de se ressourcer, parce que des fois, c’est ça qui fait sortir des émotions ou des questions. Ça nécessite de l’aide au niveau de l’organisation pour le kid, mais comme, de se permettre ça, puis de se dire: pendant une semaine, deux semaines, je vais le prendre en charge.

L’individu est plus important que le couple, l’individu est plus important que la famille, puis l’individu est plus important que l’entreprise. Ça ne veut pas dire que l’entreprise passe tout le temps en dernier. Mais quand t’as un couple heureux, honnêtement, t’as une famille heureuse. C’est vraiment mon point de vue.

L’entrepreneuriat fit là où on veut le mettre quand ça fait du sens, parce qu’il est aussi important, mais l’individu avant le couple, avant la famille, c’est fucking important.

Pour le rôle de parent, comment est-ce qu’on l’intègre avec l’entrepreneuriat? Une des choses qu’on a mis en place, c’est d’alterner les couchers. Coucher le kid, qui nécessite beaucoup d’énergie parce qu’à la fin de la journée, c’est souvent drainant. Il veut jouer encore un peu plus, il veut pas brosser les dents, il est rendu à 5 ans.

J’ai entendu parler du concept des cuillères. C’est la quantité de cuillères qui est nécessaire pour faire une certaine activité. Y’a des activités qui nécessitent beaucoup plus de spoons parce qu’elles sont très énergivores. À la fin de la journée, peut-être qu’il te reste juste une spoon. Si l’autre parent en a 4, c’est lui qui couche. C’est une structure d’un jour sur deux qui fait en sorte que c’est pas tout le temps le même qui fait tout le temps la même action.

Ça aiguise la patience. À travers le temps, ça s’améliore, puis quand c’est soir après soir, soit que t’en fais une maladie, soit que t’en fais un défi de patience puis de compréhension, puis aussi d’être prévoyant puis structuré.

Pour moi, c’est de commencer le souper tôt, commencer la routine du coucher tôt parce que ma patience diminue avec le soleil qui se couche. L’hiver arrive puis ma patience est déjà basse à 4 h 30. C’est d’être bien prévoyant pour, en me connaissant puis en sachant que si je suis pas prévoyant, je vais commencer à être impatient.

Pour naviguer ça, il faut avoir une séparation claire entre le travail et la famille. Ne pas faire déborder l’horaire de travail sur la vie de famille, c’est l’enfer, essayer de faire ça. Nous, ça fait très longtemps qu’on l’a développé. C’est un bon exemple, justement, de l’entreprise va en dernier dans ce cas-ci.

Il faut des balises claires. Si tu finis à 5 heures puis tu te dis: mon Dieu, j’ai plein d’urgence. Si je fais le souper, ma business va perdre 1500 $. OK, mais commande de la bouffe, ne fais pas le souper, puis dis à la famille: Jen, je ne peux pas être en train de m’occuper d’Eliott, j’ai besoin de travailler pendant, j’estime, 60 minutes.

Être réaliste et bien communiquer qu’est-ce qui doit être fait quand il y a des vraies urgences. Pas: j’ai l’impression que mes projets n’avancent pas assez vite puis là, je dois travailler ce soir. OK, mais pendant combien d’heures? Qu’est-ce que tu dois faire ce soir?

On met des limites, il y a des boundaries pour le travail, pour la vie de famille, puis si tu débordes de ça, il faut que ça soit une exception, puis vraiment pas la règle. Quand les règles sont établies, ça ne déborde plus.

On voit souvent: ah, mais là, c’est la famille qui va empiéter sur la business. Ah non, souvent, c’est la business qui empiète sur la famille. Si tu ne mets pas des limites parce que c’est toi, l’individu, puis tu as envie.

Dans la partie personnelle, donc mettons, de 5 p.m. à 9 a.m. le matin, l’ordre de priorité, c’est: individu, couple, famille, business. La business passe tout en dernier. Genre, il faut que le corps soit protégé. Puis dans le 9 à 5, ça soit individu, business, famille, couple à peu près sur la même ligne.

Une des choses qu’on a mises en place: quand on travaille, on travaille, point. L’autre parent s’occupe de l’enfant, il ne le laisse pas aller déranger le parent qui est en train de travailler. Si tu veux travailler focus, il faut que tu me laisses travailler focus aussi. C’est quelque chose qui va dans les deux sens.

Quand on travaillait strict 15-20 heures semaine en 2022-2023, on n’avait pas le choix, il n’y avait pas de gardiennes en tout temps. Mais le respect du temps de travail de l’autre, ça a fait justement une énorme différence dans comment les deux business sont capables d’avancer.

Pour moi, c’est difficile d’être ponctuel. Dans la dernière année, il fallait encore plus que je fasse attention, parce que si je n’arrive pas à temps pour dîner, Jen s’attendait à ce que j’arrive à midi. Si j’arrive à midi et 12, tout relax, non, on s’était dit midi, il fallait partir le dîner. Toi, tu t’en vas travailler à une heure. Tu vas aller travailler à une heure 12 à la place. Je suis en train de voler ton temps.

Il y avait des questions de rigueur, de respect de l’autre, de ponctualité. Commencer à l’heure, avoir des balises plus strictes, parce que quand on a un nombre d’heures limitées, il faut que tu en profites de tes trois heures.

C’est la loi de Parkinson. Plus que t’as de temps, plus que tu prends de temps. C’est infernal comment c’est vrai. Si t’essaies de restreindre tes heures, je me rappelle de Jason Ferruggia, un entraîneur personnel que je suis depuis des années. Il finissait de travailler à midi. Chaque jour. Il commençait tôt le matin par un peu d’exercice, vers 5 h, puis pour sa business, il travaillait environ 3 heures en matinée, puis à midi, c’était fermé.

Il dit qu’au début, c’est très difficile, c’est même irréaliste. Mais au fur et à mesure qu’il a essayé d’appliquer le système, il a poussé tout ce qu’il avait à faire dans ce trou-là de 3 heures. Puis tu réalises: OK, je ne peux pas tout faire, donc qu’est-ce que j’enlève? Les choses inutiles. Qu’est-ce que je garde? Les choses qui me font de l’argent, les choses que j’aime, les choses où c’est vraiment ma genius zone.

Au lieu de voir la parentalité comme un boulet, ça te force à faire ce choix-là. Ça te force à être sélectif dans qu’est-ce que tu veux. Si ça ne rentre pas dans le 9 à 5 ou dans le 9 à midi, peu importe c’est quoi l’heure que tu décides avec ton partenaire, puis l’espace que tu as avec les settings de garderie puis d’école, quand tu as un kid, tu n’as comme pas le choix, parce que sinon, tu vas sacrifier ton rôle de parent.

Je me rappelle de Vince Del Monte, qui poussait vraiment intensément les soirs et les fins de semaine. À un moment donné, il était en conflit avec Flavia, sa femme. Il avait le gros conflit de genre: non, mais en fait, je travaille autant pour la famille. Puis Flavia était comme: non, man, si tu travailles autant, c’est juste pour toi. C’est juste pour ton ego. Tu dis que tu fais ça pour la famille, mais tu ne penses pas à l’impact sur nous autres.

Un dernier point qu’on a mis en place: faire plus quand l’autre est en période de lancement. Accommoder la demande de temps supplémentaire. Beaucoup de personnes vont dire: un couple, c’est 50 %. Mais y’a différentes visions de ça. C’est pas vrai qu’on est tout le temps à 100 % de notre énergie.

Dans le temps de l’année où il y a pas vraiment de lancement, les deux parents devraient être à peu près en 50-50 d’énergie. Mais quand même de partager l’espèce d’emotional load qui vient avec être un couple, être parent. Spécifiquement dans le temps de Ka-Ching, parce que c’est mon gros lancement de l’année: j’ai 20 % de l’effort que je suis capable de donner à la famille en ce moment, je suis pas plus disponible que ça.

Ça veut dire que toi, tu vas avoir la responsabilité de donner 80 % de l’autre bord parce que les tâches ne disparaissent pas, l’enfant, il est encore là. Vice versa, quand t’as ton sommet à toi puis t’es en lancement, c’est moi qu’il va falloir qu’il donne le 80. Ça permet justement que ça respecte le rôle d’entrepreneur de chacun puis qu’on n’est pas dans le compromis déprimant.

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Nick, merci d’être passé pour cette entrevue en long et en large sur la parentalité. Il devrait y en avoir plein d’autres dans le futur. Merci, à la prochaine fois. Oui, c’est ça, à la prochaine ouverture de saison.

T’as aimé l’épisode? Évidemment, vu que t’es rendu jusqu’ici. Merci beaucoup pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter Effrontée, la meilleure façon de le faire, c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast.

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