Effrontée

Évoluer sa business jusqu’au grandiose: les leçons de Mélissa Normandin-Roberge

13/06/2023

Évoluer sa business, c’est rarement une ligne droite. C’est souvent une spirale. Tu sembles revenir au même point, mais t’es en fait un étage plus haut. Mélissa Normandin-Roberge (alias Master Paillette), fondatrice de Paillettes INC. et mentore pour les entrepreneurs 6 à 7 chiffres, est venue sur Effrontée épisode 26 pour parler de ce qui s’est passé dans les 4 ans depuis notre dernière conversation.

Spoiler: elle a plus que doublé son chiffre d’affaires, atteint les 10 millions cumulatifs depuis la création de son empire, et elle a surtout compris qu’évoluer sa business, c’est autant une question d’identité que de stratégie.

Évoluer sa business: ce que ça a pris pour atteindre le premier million

En 2019 sur le podcast Les Vraies Affaires (épisodes 47, 48 et 49), Mélissa parlait de 700 000 $ en chiffre d’affaires et d’un million comme objectif. Quand on s’est reparlé en juin 2023, elle venait de générer 10 millions depuis la création de Paillettes INC.

Son premier million? 2020, la veille de la fin du lancement. Et le lendemain, 250 000 $ de ventes supplémentaires.

> « Le moment où je l’ai atteint, j’ai fait OK. Puis il reste encore une journée de banque. Détachement total. »

Ce détachement, elle l’applique encore aujourd’hui. Pendant ses lancements, elle ne regarde pas ses chiffres. Pas parce qu’elle s’en fout. Parce qu’elle refuse d’associer son état émotionnel à un nombre pendant qu’elle est en service à ses clientes.

Ce qui l’a aidée à évoluer sa business au-delà du million? 3 changements majeurs:

1. Changer d’équipe. À un certain niveau, avoir des juniors ne suffisait plus. Elle a dû passer à une équipe de seniors, même si ça impliquait de mettre fin à des relations avec des amis. Inconfortable. Nécessaire.

2. Se repositionner. Elle a arrêté de servir les débutantes. Pas parce qu’elle ne les aime pas, mais parce qu’elle n’est plus la meilleure personne pour elles. Elle voulait des conversations de haut niveau. Des clientes déjà en business qui n’ont pas besoin qu’on les prenne par la main.

3. Instaurer des fondations solides. Réunions financières régulières. Contrats signés. Termes et conditions révisés souvent. À 2 millions par année, l’improvisation devient un luxe qu’on peut plus se permettre.

Comment évoluer sa business sans perdre son identité de marque

Melissa parle souvent de la peur de repousser des gens. Mais pour elle, être « unapologetically » soi-même, c’est justement ce qui attire les bonnes personnes. Paillettes INC. est un brand polarisant: glamour, spectaculaire, grand. Certaines ne résonnent pas avec ça. Et c’est très correct.

Ce qui l’a fait réfléchir: Amy Porterfield continue d’enseigner le list building aux débutants depuis des années. Pour Amy Porterfield, ça fonctionne. Pour Mélissa, répéter le même message année après année à la même audience, ça ne colle plus à qui elle est.

Elle fait une analogie qui m’a beaucoup parlé: Taylor Swift. Elle ne se cantonne pas à son répertoire country original. Elle fait évoluer son oeuvre. Certains fans de la première heure sont déçus. C’est compréhensible. Mais si l’artiste se freine pour ne pas décevoir ces fans-là, elle freine aussi son évolution complète.

> « La croissance, tu ne peux pas l’empêcher. Si tu la freines en restant exactement comme t’as toujours été avec la même clientèle, avec les mêmes produits, tu freines le processus de croissance. »

Évoluer sa business, c’est ça. Pas juste optimiser ce qui fonctionne déjà.

Évoluer sa business vers le grandiose: c’est quoi exactement?

Le mot « grandiose » revient souvent dans cette entrevue. Et Mélissa le distingue très clairement du luxe tel qu’il est promu dans l’industrie du coaching actuellement.

Pour elle, le grandiose, c’est spectaculaire. C’est un paysage, le sommet d’une montagne, une expérience qui dépasse ce qu’on avait imaginé. C’est une âme artiste qui refuse d’être petite. Et au Québec comme en Europe, on n’a pas nécessairement été élevées dans cette permission-là. On a souvent entendu: sois raisonnable, parle moins fort, fais pas ci fais pas ça.

Pour ses lancements, elle crée des films de production. Elle choisit des locations qui n’ont aucun rapport avec ce que les autres font. Une église, une plage, un cimetière. Pas parce que c’est obligatoire pour les résultats. Parce que ça nourrit la créatrice.

> « Même si j’avais pas les résultats que j’ai, est-ce que je ferais ce genre d’affaires-là? Absolument, parce que ça nourrit la créatrice, ça nourrit l’artiste. »

Elle mentionne aussi qu’elle s’est mise à se faire mentorer par Daniel Lamar du Cirque du Soleil. Quand tu veux du grandiose, tu t’entoures de gens qui savent comment faire du grandiose. C’est aussi simple que ça.

Bâtir une business profitable qui supporte le grandiose

Évoluer sa business vers plus grand, c’est tentant. Mais Mélissa est très claire: le grandiose sans profitabilité, c’est une grosse dépense qui a l’air fantastique.

Ce qu’elle fait concrètement pour garder les fondations solides:

Revoir sa mission, sa vision et ses valeurs au moins 3-4 fois par année. Pas une fois à la création de la business. Régulièrement. Parce que ce qu’on était il y a 3 mois, on ne l’est plus nécessairement.

Avoir des yeux sur les finances à tout moment. Elle travaille avec une équipe financière. Elle connaît sa marge de profit. L’année dernière, elle était à environ 32%. Dans son industrie, c’est excellent.

Signer des contrats. Pour tout. Ce qui a été sa plus grande évolution récente. Elle qui venait de l’informel, des relations de confiance, a réalisé que grandement financer avec du non-contractuel, ça démolissait des relations quand les montants grossissaient. Maintenant: contrats signés, relus par des professionnels, termes et conditions révisés souvent.

Prendre du temps de régénération. Elle a pris 2 mois complets l’été dernier sans clients, sans meetings, sans lancements. Le résultat: un réalignement profond, un automne qui a tout changé.

Savoir à quoi tu dis oui et à quoi tu dis non. Avec la croissance vient la tentation de dire oui à tout. Mélissa le reformule: c’est pas ses limites, c’est son territoire. C’est quoi qui entre dans ton univers? C’est quoi qui n’entre pas?

Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes

Comment dépasser ses blocages pour évoluer sa business au prochain niveau?

Mélissa parle d’une image qui lui a été donnée en 2015: l’escalier en colimaçon. Si tu regardes par en haut, tu sembles tourner en rond. Si tu regardes sur le côté, tu vois que tu montes un étage à chaque fois. Le sentiment de revenir au même point est une illusion. T’as pris 365 jours de plus d’expérience, de clarté, de données. Tu bâtis sur tes acquis.

Est-ce qu’on peut évoluer sa business grandiose ET avoir une belle relation avec l’argent?

Pour Mélissa, l’argent n’a pas toujours été simple. Sa mère avait des croyances limitantes (ayant tout perdu jeune), son père lui disait d’aller faire des millions pour prendre leur retraite. Elle a joué entre ces deux discours toute sa vie. Ce qui a débloqué pour elle: associer l’argent à la générosité. Plus elle en avait, plus elle pouvait en donner. Puis réaliser qu’elle ne peut pas freiner sa croissance par peur de ce que les gens en penseraient.

Comment savoir si on est prêt à évoluer sa business vers un nouveau positionnement?

Quand les conversations que t’as dans ta business ne te stimulent plus. Quand tu n’as plus envie de répéter les mêmes messages. Quand les gens autour de toi ne comprennent pas tes idées parce qu’ils ne sont pas à ce niveau-là. C’est des signaux clairs. Le repositionnement va décevoir des gens. C’est un coût nécessaire.

Mes prochaines étapes

Si cette conversation sur l’ambition et l’évolution t’a parlé, tu vas vouloir aller plus loin. Va écouter l’épisode 9 sur les 4 changements dans ma business depuis que j’ai atteint les 7 chiffres et l’épisode 27 sur mes prises de conscience sur l’abondance et l’ambition pendant mon solo trip à Paris.

Et si tu veux du contenu encore plus uncensored sur l’ambition et les coulisses de ma business, rejoins mon Speakeasy. C’est ma communauté VIP par courriel, gratuite, avec du contenu chaque mardi matin. Inscris-toi au genevievegauvin.com/speakeasy.

Un peu plus sur Mélissa Normandin-Roberge

Mélissa Normandin-Roberge est la visionnaire de son empire : Paillettes INC. Également mentore de grand impact pour les entrepreneurs dans les 6 à 7 chiffres annuellement, créatrice de possibilités et amplificatrice pour les femmes du monde entier.

Show notes

Format: Entrevue avec Mélissa Normandin-Roberge Durée: 49 min

Sujets abordés:

  • Comment Mélissa est passée de 700K à plus de 10M cumulatifs depuis la création de Paillettes INC.
  • Pourquoi elle ne regarde jamais ses chiffres pendant un lancement
  • Les 3 pivots majeurs pour passer du million au 2 millions par année
  • Se repositionner sans perdre son brand (et assumer les pertes)
  • Le grandiose: ce que c’est, ce que ce n’est pas
  • Comment bâtir une business profitable qui supporte les projets d’envergure
  • Sa relation avec l’argent: blocages, déblocages, croyances héritées
  • Son prochain projet: devenir productrice pour des femmes entrepreneures

Liens & ressources:

📝 Lire le transcript intégral

T’écoutes Effrontée épisode 26. Aujourd’hui, on parle d’évoluer en faisant toujours plus grandiose et profitable avec Mélissa Normandin-Roberge.

Si tu connais pas Master Paillette, laisse-moi te la présenter. Mélissa, c’est la visionnaire de son empire, Paillettes INC., également mentore de grand impact pour les entrepreneurs dans les 6 à 7 chiffres annuellement, créatrice de possibilités et amplificatrice pour les femmes du monde entier. On aime ça, c’est big, c’est bold, pis ça va être une bonne entrevue.

C’est pas compliqué. T’es tannée de marcher sur des oeufs pour pas froisser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact. Peu importe ce que tu veux, il y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps de t’arrêter de cacher tes ambitions aussi.

Je m’appelle Geneviève Gauvin. Chaque semaine, j’anime Effrontée. Le rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables pis fiers de l’aide. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles pis les limites pour faire les choses en grand. Travailler 5 heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Y’a où le problème? Voyager tant plein pis travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe?

En plus de te partager mes conseils et mes stratégies pour faire toujours plus en travaillant moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite. On va explorer les secrets de leur succès, leurs chiffres fascinants, pis discuter en paire pour t’inspirer à toi-même à atteindre les sommets dont toi, tu rêves.

Je te donne la permission de vouloir toujours plus. Je te donne la permission d’être 100% effrontée.

Ouh! Je suis présentement avec Mélissa Normandin-Roberge. Mélissa, comment ça va? Ça va bien et toi? Écoute, ça va assez bien. Je suis contente. On s’est déjà parlé, on s’est déjà podcasté, actually, dans le passé, sur les vraies affaires, mais ça fait si longtemps. On parle de début 2019. On parle de l’épisode 47, 48, 49. On a parlé en trois parties. La première partie, on avait parlé de suivre son instinct de business aveuglément. Dans la deuxième, on a parlé de ton chiffre d’affaires. On parlait de 700 000 de chiffre d’affaires, puis aucune excuse à faire. Puis dans la troisième, on parlait de faire un million de dollars, mais pas à tout prix.

Je suis contente, parce que j’ai hâte qu’on explore ce qui s’est passé depuis ce temps-là, parce que tu partais, j’ai voulu en faire ton million, mais pas au prix de ton lifestyle, de ton bonheur. Puis quatre ans plus tard, what the fuck, quatre ans? Quatre ans? Tu ne comprends pas comment le temps a passé comme ça. Et plusieurs millions de générés de plus. Peux-tu me raconter un peu comment est-ce que cette transition-là s’est passée, puis qu’est-ce que tu as mis en place pour finalement y arriver?

En fait, tu vois, en 2019, ça veut dire qu’on était lancement de Paillettes INC. si je ne me trompe pas. Et on ne l’avait pas atteint. On était à peu près à 850 000, ce qui était incroyable à ce moment-là. Mais effectivement, c’était peut-être qu’au détriment de mon bonheur. Et je pense que je n’étais peut-être pas prête. Puis tu sais, je te réentends ce matin dire ça. C’était gros un million dans ma tête, tu sais.

Bien, écoute, 4 ans, c’est dur de se replacer les choses parce que j’ai l’impression qu’on est comme des chiens en tant qu’entrepreneurs. On fait 7 ans par année à peu près, là. Fait que c’est loin, là. Mais écoute, je pense que le premier million, c’est en 2020. C’est au lancement de 2020 avant que tout parte. Et je me rappelle très bien que le moment où je l’ai atteint, ça veut dire qu’on était comme la journée avant la fin du lancement. Fait que la veille avant la fin. Et quand on l’a atteint, j’ai fait, OK. Fait qu’il reste encore une journée de banque. Et là, un détachement total. Puis on a fait comme 250 000 de plus le lendemain. Juste avec… Oui, la dernière journée, un classique.

Donc, il y a eu vraiment une prise de conscience à ce moment-là de faire, OK, là, c’est fait. J’ai été hyper reconnaissante. Puis il y a eu quand même un… Je ne vais pas dire un piège, mais tu sais, tu tombes dans le… Bon, bien, what’s next? OK, c’est fait, OK. Et de faire, attends, note bien, tu sais, dans la vie, qui fait un million? Puis la dernière statistique, c’est encore ça, que les femmes entrepreneurs, c’est à peu près 3% de femmes qui vont faire un jour… Ah, mon Dieu, c’est lourd! C’est lourd, lourd, lourd, lourd.

Il y a eu, à un moment donné, une espèce de flou dans une quête de sens. OK, là, j’ai atteint comme… C’était un peu un rêve de petite fille, tu sais, le fameux million. Puis de me faire, à un moment donné, qu’est-ce que je veux dans la vie? Tu sais, pourquoi est-ce que je veux faire ça? Puis pourquoi est-ce que c’est important pour moi? Alors que, tu sais, si tout se s’effondrait demain matin, bien, je pourrais, oui, coacher 4-5 personnes par année, sans équipe, sans rien. Mais moi, ce qui me drive, c’est le grandiose. Ce qui me drive, c’est les grandes choses. Une artiste, c’est grand.

J’ai une équipe qui compte sur moi. Et j’ai cette responsabilité-là de faire tourner ma business. On n’est pas là pour niaiser. On n’est pas là pour… On n’est pas dans un camp de vacances. On est là parce qu’on a envie de contribuer. J’ai envie de contribuer. J’ai envie de faire des belles choses. Mais oui, écoute, pendant 4 ans, c’est fou. Parce que maintenant, on a doublé, même presque triplé, ce chiffre d’affaires-là. Je pense que c’est dans les prochaines semaines que je vais avoir généré 10 millions depuis la création de Paillettes. Je trouve ça incroyable. Total. C’est fou quand même quand tu t’accumules tout ça.

Mais ça, le détachement, honnêtement, c’est une des choses que j’applique le plus encore aujourd’hui. Cette espèce de détachement-là, encore aujourd’hui, 4 ans plus tard, pendant le lancement, je n’ai aucune idée des ventes et je ne veux pas le faire. Pour vrai? Oui, jamais, jamais, jamais, jamais. Est-ce que tu étais obsédée par ça avant? Oui. Tu te forces à ne plus le faire? OK.

Bien, j’étais obsédée, c’est qu’à un moment donné, tu te dis, OK, c’est des ventes, mais c’est des humains qui achètent. Ce n’est pas des ventes, c’est des humains. Fait que là, si je commence à focusser sur des ventes, ça veut dire que j’oublie tout le côté humain, je n’ai pas envie de faire ça. Et c’est un gros enjeu pour moi, le lancement. Le lancement de Paillettes, c’est là où je génère le plus mon chiffre d’affaires dans une seule et même semaine.

Non, ce n’est pas plus simple. Mais je pense qu’il y a eu vraiment un shift. Quand le million est arrivé, j’ai fait, ah, bon, bien, refaisons ça. Les RH, j’ai changé mon équipe complètement en premier. Parce que, bien, c’est sûr que quand tu arrives à un certain niveau, je pense qu’à un moment donné, tu ne peux plus avoir des juniors. Ça prend des seniors dans ton équipe, ça prend des gens d’expérience. Ça, c’est tough. Puis surtout que moi, à cette époque-là, bien, c’était des amis, c’était des bonnes connaissances qui étaient dans mon équipe. Puis à un moment donné, tu fais, hé, ça ne marche plus, là. Ça ne fonctionne pas. On n’est pas rendu à la même place.

Et je dirais que le repositionnement. Tu sais, on grandit à travers notre business. Et ce qu’on a été dès le départ n’est plus la même chose. Et il y en a, je pense, qui font l’erreur de rester encore. Tu sais, ça a toujours été comme ça. J’ai toujours attiré ce genre de clients-là. Ça a toujours été ça qu’on a fait. On ne changera pas quelque chose qui fonctionne. Mais je pense qu’on freine l’évolution quand on le fait. Fait que tu sais, même l’année passée, je me suis repositionnée complètement. J’ai fait, je pense que je ne suis plus la bonne pour les débutantes.

C’est un peu comme n’importe quel artiste, puis on y va avec Taylor Swift, elle n’en fait plus que country. Elle fait maintenant du pop à côté avec un mélange de folklore, puis elle amène ses shows à un niveau incroyable. Mais les fans de country première heure, ça se peut qu’ils soient déçus. Puis c’est compréhensible. Mais à un moment donné, l’évolution, je pense que c’est un de mes plus grands focus, c’est est-ce que j’évolue en tant qu’entrepreneur? Est-ce que j’évolue en tant que femme? Est-ce que mon discours évolue?

Est-ce t’as peur, des fois, d’avoir fait le tour du bassin de personnes qui résonnent avec la vibe paillette? Hé, pas du tout. Puis sais-tu pourquoi, en fait, j’ai eu une preuve cette année qu’il restait encore un chemin absolument incroyable. On a offert une semaine d’immersion, puis on a eu quand même pas mal d’opt-ins. Je pense qu’on était à 6 000 opt-ins en live. Il y avait à peu près 1 000, 1 200 personnes, si je ne me trompe pas, la première journée. Et j’ai fait, OK, là, je le sais. Je le sais qu’il y a quelque chose qui va se faire là.

Toi, avant, là, je vais te pousser un peu. T’as beaucoup exploré le concept du grandiose, de faire les choses en grand puis dans ton cas, on a l’impression qu’à chaque fois que tu lances quoi que ce soit, il y a comme une obsession pour rendre ça plus gros, plus intense, plus de profit, plus impressionnant, plus de prod, plus de plus. Qu’est-ce qui arrête le plus les gens, selon toi, de se donner la permission de faire les choses de façon grandiose?

C’est pas ancré en nous. On n’a pas été élevés à ça, on n’a pas été élevés à cette idée-là. Au Québec, mais aussi en Europe, c’est pas dans notre ADN, tu sais, ben, sois petit, puis réduis, puis parle pas trop fort, puis fais pas ci, fais pas ça. Moi, j’ai l’âme artiste, je peux pas la freiner, cette âme-là. Et une artiste, c’est grand. Une artiste, ça règne grand.

Moi, je vais faire des conférences dans les écoles secondaires. Maintenant, j’ai une équipe qui vient s’occuper de moi avant que j’aille en conférence. Le bout que je mettais toujours un peu moins de l’avant, c’était mes skills d’enseignante. Et cette année, on a fait vraiment une semaine d’immersion. Et ma grande force, donne-moi un sujet de business, puis je te jure qu’on va le décortiquer de long en large, puis je vais t’amener dans une direction où tu ne pensais jamais aller.

Je me fais mentorer par Daniel Lamar du Cirque du Soleil. J’écoutais les gens autour de moi qui remettaient mes idées en doute, puis qui faisaient, ben là, à un moment donné, ça sert à être tout, ton histoire. Je dis, quelle histoire on parle? Moi, je vais avoir les Backstreet Boys mes 40 ans. C’est ça, mon plan de vie, ça m’a toujours été. Puis ces personnes-là, on dit, ben tu sais, on n’était plus les bonnes personnes à qui parler. Et j’ai fait, ah, mais c’est tellement de l’information précieuse. Je parle de ça avec des gens qui n’ont aucune idée comment faire.

Alors, je me disais, qui pourrait, qui comprendrait cette folie-là? Daniel Lamar. La personne qui fait des spectacles extraordinaires avec des costumes mongols. Je vais lui écrire. Et il m’a dit oui. Attends, tu lui as juste écrit? Puis lui, en fait, écoute, je suis privilégiée parce que Daniel Lamar vient de ma ville à moi. Les parents sont nés. Ben, je me suis servi de ça. J’ai fait, le gars vient de la même place que moi, puis il va me dire non, et je l’ai approché en disant qu’on pourrait aller manger une poutine chez OG.

La première fois que je m’assois avec Daniel Lamar, il me pose la question qu’évidemment un coach ou un mentor va poser, c’est si j’ai une baguette magique, on fait quoi? Ben, on amène les Backstreet Boys. Il me dit, c’est juste ça? Combien il coûte? Ben, il coûte un million. OK, donc, ça prendrait environ 2 millions. Ben, pourquoi on le fait pas? Et là, tu réalises, ben, c’est ça, c’est les bonnes personnes. Si tu veux du grandiose, entoure-toi de gens qui savent comment faire du grandiose.

Moi, je le revendique, le grandiose, en sachant très bien que ça ne plaira pas, en sachant très bien que, tu sais, je vois souvent des reels de, ton année ne sera pas grandiose, c’est faux de croire que le grandiose va être dans ta vie. Et je suis comme, ça peut être ta croyance, mais moi, je pense que c’est pas une croyance, je pense que c’est un jugement, je pense que c’est une possibilité que tu ne te permets pas. Tu ne peux pas tenir les deux discours. Si tu veux une croissance, revendique ça. T’es en business pour une raison: faire grandir tes idées.

Il y a-tu, en atteignant le million, les millions, ça a été quoi l’impact que ça a eu sur ta vie personnelle? J’ai changé, mais je suis profondément moi. Tu sais, j’ai comme le trifecta, c’est l’enfant, l’adolescente et la femme. L’enfant est encore là, l’adolescente rebelle est encore là, la femme a évolué. La femme, je pense qu’elle n’avait même pas eu sa place avant ça.

J’avais peur de devenir snob, tu sais. Fait qu’à un moment donné, j’ai l’attente, mon Dieu, ils pensaient ça alors que je n’avais pas une cenne. Est-ce que là, ils vont penser ça parce que maintenant, financièrement, ça va bien? Mais c’est sûr que je pense que le raffinement est arrivé. Le raffinement que j’avais déjà, mais moi, je viens d’un petit milieu d’une famille tout à fait normale. Ce raffinement-là que je n’osais probablement pas exprimer parce que je viens d’un petit milieu, bien, il est arrivé avec les dernières années.

Tu parlais de ton brand qui était assez polarisant. Beaucoup de femmes ne se reconnaissent pas du tout dans les paillettes. Oui. Puis c’est ça qu’on veut dans un sens. On veut que les gens qui se reconnaissent le fassent rapidement puis que les autres, bien, ils passent leur chemin parce que je peux pas les aider. La peur de beaucoup, je crois, quand il s’agit d’être unapologetically eux-mêmes, c’est de repousser des gens qu’on pourrait aider mais qui cliquent pas avec notre folie.

Est-ce que t’as peur d’avoir fait le tour du bassin? Hé, pas du tout. J’ai eu une preuve cette année. J’ai fait OK, si je vais encore plus dans cette direction, si je vais encore plus amplifier ça, tout en gardant mon image paillette, c’est sûr que je vais l’avoir.

Quand on finit par se donner la permission de faire les choses en grand, à quoi est-ce qu’il faut faire attention pour réellement bâtir une entreprise qui est profitable puis pas juste une giga dépense qui a l’air fantastique mais qui amène vraiment pas de retours sur investissement?

Bien, il y a un stade où on arrive, en fait, revoir ses fondations puis revoir ses fondations continuellement. Vraiment, vraiment, continuellement. Moi, je me dis au moins 3, 4 fois par année, est-ce que c’est encore ceci? Est-ce qu’il y a la vision? Est-ce qu’il y a la mission? Est-ce qu’il y a les valeurs? Est-ce que les projets en cours, est-ce que le rythme de croisière, ça me convient? Est-ce que dans l’équipe, est-ce qu’on est alignés?

C’est sûr que dans n’importe quelle croissance, là, à un moment donné, j’ai des réunions très souvent avec une équipe financière pour voir, moi, je suis toujours profitable. J’ai cet immense bonheur d’être profitable. On était à du 32% l’année passée profitable. Dans ce que je fais, c’est incroyable. Mais je veux avoir les yeux sur la balle parce que c’est quelque chose que j’ai souvent négligé.

Je pensais jamais dire ça, mais: signer des crises de contrats. Oui! Vraiment, mon discours de départ, surtout quand je commençais dans la paillette et tout, puis à un moment donné, bien, j’ai commencé à laisser tomber ça parce que je travaille avec des gens, puis je fais confiance, puis je les aime. Et là, tu grandis financièrement, puis les gens le savent, puis les gens le voient, puis ça t’arrive avec des factures que tu fais comme quoi? Je run a business, j’ai une business qui dépend de, sur laquelle des gens se reposent sur moi pour avoir un chèque de paye à toutes les semaines. Donc, je sais que c’est complètement aberrant ce que je dis parce que c’est la base. Mais c’était vraiment une confiance aveugle.

Là, je te jure que tous les contrats vont être signés, respectés, je les fais réviser, je revois mes termes et mes conditions très, très souvent. Et de rétablir ses limites. C’est pas ses limites, c’est vraiment à quoi je dis oui, c’est à quoi je dis non. Et je le revisite très souvent parce qu’il faut que tu soutiennes une croissance.

Et je dirais la régénération, vraiment de prendre du temps où tu ne fais rien du tout. L’année passée j’ai pris un 2 mois de pause, je dis de pause, j’étais dans les médias sociaux quand même, j’étais, mais je n’ai pas eu de clients, je n’ai pas eu de meetings, je n’ai pas lancé rien, j’avais 1000 idées, j’ai tout mis sur pause. Et ça a été un des étés les plus incroyables parce que j’ai fait, OK, il y a un manque d’alignement, il y a ça, il y a ça, il y a ça. Quand je suis revenue en septembre, j’ai senti que tout était en train de changer.

Puis en termes de, tu disais tantôt, je suis une artiste, il y a beaucoup d’artistes qui ont une relation difficile avec les chiffres. Est-ce que toi, c’est toujours été une belle relation avec l’argent?

Ben en fait, il y a deux choses. C’est souvent, moi j’ai été élevée par deux parents ensemble qui ont été incroyables avec moi. Ma mère a un background où elle a tout perdu dans la vie. Elle avait une famille très riche, puis du jour au lendemain, son père décède et elle perd absolument tout. Donc, une mère qui a plus de croyances limitantes par rapport à l’argent, mais en même temps qui a vécu cet état d’abondance-là. Mon père me disait toute ma jeunesse, ah oui, vas-y en faire des millions pour prendre notre retraite. Fait que ça a toujours été ça, donc j’ai toujours entendu ces deux discours-là.

Mais là où j’ai vraiment débloqué, je pense que c’est avec mon école de musique à l’époque, mes premières entreprises: on donnait à des causes. Et je remarquais que plus on en avait, bien plus on en donnait. Et là, j’ai commencé à associer l’argent vraiment à quelque chose d’ultra bien. Et pour Paillettes, ça a été quand même au départ compliqué de défaire certaines croyances parce que là, c’était uniquement pour moi. Au départ, Paillettes, ça n’a pas le choix de marcher parce que je rachète ma maison. Il faut que je la rachète parce que je suis en séparation puis si je ne la rachète pas, je m’en vais en appartenant avec mes trois petits et il est hors de question que ça arrive. Donc, c’est un feu brûlant.

Aujourd’hui, je suis très à l’aise avec l’argent. La fameuse, l’argent ne fait pas le bonheur. I’m so sorry. L’argent ne fait pas le bonheur. Je ne suis tellement pas d’accord. C’est comme si tu mets toute ton énergie sur une relation amoureuse puis que tu négliges ta famille, tu négliges tes enfants, tu négliges tes amitiés, tu négliges ta business. C’est complètement toxique. C’est la même chose si tu ne fais qu’aimer l’argent au détriment de tout. Je sais que pour me rendre légitime par rapport à l’argent, j’ai associé la générosité. Je dois être généreuse pour pouvoir en avoir encore plus et que ce soit légitime que j’en aie plus.

À part les Backstreet Boys, c’est quoi ta prochaine étape? C’est quoi ta prochaine évolution?

Bien, écoute, c’est drôle. Bien là, je peux le dire parce qu’on est rendus à la date de diffusion, mais mon amie Marie-Mécop, ma meilleure amie, m’écrit à un moment donné puis elle me dit, je vais m’inscrire au dragon. Puis moi, dans ma tête, je fais, pourquoi c’est un screw au dragon? Pourquoi on n’est pas des dragons, dans le fond? Pourquoi moi, je ne serais pas une dragon? Et j’écris au producteur. Bonjour, j’aimerais être dragon. Puis là, elle me regarde, elle fait, OK, c’est tout à fait toi, non pas s’inscrire au dragon, devenir une dragon.

Et l’idée de commencer à investir dans d’autres business, mais d’investir avec mon expertise puis de prendre en charge, en fait, de devenir productrice pour des filles, des femmes que j’aime et que je peux propulser. Là, j’ai fait, ah, là, ça vient comme travailler bien les choses. Ça travaille la productrice, la réalisatrice, ça travaille la femme d’affaires, ça travaille l’artiste qui peut collaborer. C’est quelque chose qui est là en ce moment puis que je travaille beaucoup. Je pense que j’aimerais vraiment me positionner dans l’industrie comme étant une productrice incroyable pour des femmes.

Mais définitivement, les Backstreet Boys, c’est comme le rêve ultime de toute ma vie. Genre, c’est moi qui produis le spectacle des Backstreet Boys puis je chante avec eux. Oui, oui, tout en même temps. Je monte sur scène, ma fille est là à pleurer d’être en lente parce qu’elle capote sur les Backstreet Boys puis là, je me dis, bon, ben, tu vois, j’ai accompli tout ce que je voulais accomplir dans la vie.

Melissa, un énorme merci d’être passée sur Effrontée aujourd’hui. Écoute, toi qui écoutes, tu veux cliquer sur un des liens et retrouver Melissa sur Internet, bien, tu peux retrouver tout ça dans les notes de l’épisode aujourd’hui au genevievegauvin.com/effrontée-26. Puis si t’as aimé l’entrevue avec Melissa, bien, partage ça dans tes stories sur Instagram. Tag mon compte @_genevievegauvin et celui de Mélissa, @melissanormandinroberge, pour nous dire c’est quoi la chose que tu retiens de notre discussion.

On se reparle la semaine prochaine. Bye, là.

Pis toi? T’en as pensé quoi?

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