Vivre avec un bégaiement puis décider quand même de tout miser sur la visibilité, c’est un choix que peu de personnes oseraient faire. Isaël Morin l’a fait, sur LinkedIn, avec des stunts créatifs qui ont fait parler de lui bien au-delà de son réseau. Dans cet épisode, on jase de bégaiement LinkedIn et de ce que ça veut vraiment dire d’oser se mettre sous le spotlight quand on a passé des années à se cacher. Parce que bégaiement et LinkedIn, ça peut sembler être les deux pôles opposés d’un spectre: d’un côté, la fluidité verbale qu’on associe à un réseau pro, de l’autre, une réalité quotidienne qui se négocie mot par mot.
Comment le bégaiement LinkedIn a commencé: masquer, puis choisir
Isaël ne parle pas de son bégaiement comme d’un problème réglé. C’est quelque chose qu’il vit encore, chaque jour, chaque mot. Ce que le terme « bégaiement LinkedIn » désigne dans son cas, c’est pas une histoire inspirante packagée pour la portée organique: c’est une réalité vécue, travaillée, et ensuite partagée.
Pendant des années, il était ce qu’il appelle un « bègue masqué »: capable de dissimuler son bégaiement à presque tout le monde. Même sa copine ne le savait pas. Même ses meilleurs amis.
> « J’avais énormément de mécanismes que je mettais en place pour être sûr qu’on ne l’entende pas. C’était tellement lourd. Puis tu sais, le monde ne prend pas acquis comme que l’on peut parler avec fluidité. Mais moi, c’est chaque mot, chaque lettre. »
Ce masquage a un coût énorme en espace mental. Et autour de 26-27 ans, ça a craqué. Il traversait une période difficile, des idées noires, et une question qui revenait sans cesse:
> « Qu’est-ce que je vaux si je suis même pas capable de dire mon propre prénom? »
C’est à partir de ce moment qu’il a choisi d’aller chercher de l’aide, d’abord professionnelle (psychologue, orthophoniste), puis de faire son « coming out » auprès des personnes proches, une par une, avec une liste de 15 noms.
Assumer son bégaiement LinkedIn comme fondation de brand, pas comme obstacle
La transition de « je cache » à « je mise là-dessus » n’était pas automatique. Isaël a choisi LinkedIn parce que la portée organique y était forte, mais surtout parce qu’il accompagnait des CEOs sur cette plateforme depuis 2017 déjà. Il savait que ça marchait. Et c’est ce contexte-là qui rend sa démarche sur le bégaiement LinkedIn cohérente: il ne débarque pas sur une plateforme inconnue pour faire un coming out public. Il s’y était déjà taillé une expertise avant de commencer à parler de sa réalité personnelle.
Mais le vrai pivot, c’était de décider que s’il se lançait à son compte, il le ferait à fond. Sans compromettre.
> « Je peux pas y aller juste à moitié. Tu sais, je ne pouvais pas dire je bégaie, mais… Non. Il faut que tu l’embrasses au complet. »
Cette décision a changé la nature de sa présence en ligne. Plutôt que de tenter de minimiser son bégaiement LinkedIn ou de rester dans du contenu « beige », Isaël a misé sur une créativité marketing qui attire l’attention, qui challenge ce à quoi on est habitué. Le vidéo-clip qu’il a lancé sur LinkedIn avec Super Sonic G pendant Ka-Ching est devenu un cas d’école de stunt marketing. Il a tourné sur un toit du centre-ville. Il a sauté dans le fleuve Saint-Laurent pour le Festival Web de la Création de Contenu (sans savoir, au moment du saut, que le fleuve était pollué).
La clé, selon lui, c’est la distinction entre stigmatisation externe et interne:
> « Le problème n’est pas le handicap en tant que tel. C’est la perception que j’ai face à un handicap. Je pense que le concept peut être repris pour beaucoup d’autres cas. »
Son processus créatif pour le bégaiement LinkedIn: patience et filtre des 5 jours
Une des questions les plus pratiques de notre conversation: comment Isaël génère-t-il des idées avec autant de facilité? La réponse est moins romantique qu’on pense.
> « Je prends pour acquis que la majorité de toutes les idées que j’ai ne sont pas bonnes. »
Son filtre: si une idée lui reste en tête pendant 4-5 jours de suite, elle mérite d’aller plus loin. Sinon, elle disparaît de la liste. C’est l’équivalent du « create drunk, edit sober » appliqué au marketing créatif.
Son processus de brainstorm, lui, part toujours d’un concept. Pour le clip Ka-Ching, on lui a donné les mots-clés de l’événement: party en ligne, France et Québec, 96% de rabais, 14 collaborateurs. Il est parti de là, a passé 30 minutes à fixer un verre de vin sans bouger, et a commencé à faire des liens. Le 96 de rabais l’a mené aux 9600 pieds d’altitude d’un saut en parachute. Mais sa copine a jugé que ça faisait « trop show off ». Alors il a continué jusqu’à l’idée de faire une toune, de l’enregistrer avec un producteur ami, et de la filmer sur un toit.
> « Souvent, je crée pour moi, pour voir ce que je suis capable de faire. »
L’énergie que ça demande est réelle. Après l’enregistrement de la toune, il est allé se coucher à 14h. Ce niveau de visibilité ne se crée pas sans payer un prix sur le plan émotionnel.
Le prix du spotlight: ce que le bégaiement LinkedIn a coûté pendant Ka-Ching
Isaël a participé comme collaborateur dans Ka-Ching 2023. Son bégaiement LinkedIn est devenu une partie intégrante de son identité publique pendant cet événement. Après le rush, il a partagé publiquement ce qu’il avait vécu dans un post: une crise d’anxiété le mardi après le rush, une peur soudaine d’être devenu « moins accessible » pour ses clients.
> « Il y avait certaines personnes qui m’ont dit: ‘Hey, je suis content de t’avoir connu avant que tu sois connu comme ça.’ Et ça m’a fait comme… OK, mais il n’y a rien que j’ai acheté. Je suis chez moi. Je suis la personne que je suis. »
Ce qui l’a le plus affecté n’était pas le volume de messages reçus. C’était l’anxiété autour d’un possible changement d’identité perçue. Est-ce qu’il devenait « trop higher league » pour les gens avec qui il travaillait?
La réponse qu’il s’est donnée, avec l’aide de sa copine: parler. Nommer clairement ce dont on a besoin.
> « En ce moment, j’ai pas besoin qu’on me réponde. Pas besoin qu’on me remette en question. J’ai besoin qu’on me dise ça va bien aller. »
Ce passage de l’épisode est une des choses les plus honnêtes que j’ai entendues sur ce que ça coûte émotionnellement de se mettre en visibilité publique. Le bégaiement LinkedIn d’Isaël n’est pas juste une stratégie de contenu. C’est une identité entière à habiter, à défendre, à naviguer au quotidien. Et le fait que la visibilité accrue autour de son bégaiement LinkedIn ait déclenché une crise d’anxiété au lieu de l’euphorie qu’on imaginerait, c’est une vérité que peu de créateurs de contenu partagent aussi ouvertement.
Oser se mettre sous le spotlight quand on manque de confiance
Vers la fin de l’épisode, je lui ai demandé ce qu’il dirait à quelqu’un qui a des ambitions mais qui manque de la confiance nécessaire pour se montrer. Sa réponse était simple:
> « On pense qu’on est seul à filer comme ça. Aller parler avec quelqu’un d’autre. Moi, j’ai de l’aide professionnelle qui m’accompagne. Mais juste dans mes proches, je parle avec le monde, je vois que je suis pas seul qui fait comme ça. »
Il a nommé quelque chose que je reconnais aussi: ce n’est pas tout le feedback qui vaut la même chose. Consulter quelqu’un qui ne comprend pas le contexte entrepreneurial, c’est s’exposer à du bruit qui ne sert à rien.
Mais rester seul avec ses peurs, c’est encore pire.
Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes
Est-ce qu’on peut vraiment utiliser un handicap comme différenciateur de brand?
Isaël le prouve: oui, mais la condition, c’est que l’intention soit authentique. Son parcours de bégaiement LinkedIn montre que ce qui distingue sa démarche, c’est qu’il n’utilise pas son bégaiement comme un « outil marketing ». Il l’a d’abord accepté pour lui-même, avec de l’aide professionnelle, avant de le partager publiquement. La brand n’est pas construite sur la performance du handicap, elle est construite sur l’authenticité qui résulte de ce travail intérieur.
Comment savoir si un stunt créatif va vraiment servir ma business ou juste faire du bruit?
La règle d’Isaël: si l’idée te reste en tête pendant 4-5 jours de suite, elle vaut la peine d’être explorée. Si tu l’oublies, c’est que l’enthousiasme initial était superficiel. L’autre test: est-ce que ça répond à un concept précis? Les meilleurs stunts d’Isaël partent toujours d’un mot-clé ou d’un chiffre, pas d’une envie vague de faire quelque chose de spectaculaire.
Comment gérer l’anxiété post-visibilité quand le spotlight devient intense?
Isaël a traversé ça pendant Ka-Ching 2023. Ce qui a aidé: nommer clairement ce dont il avait besoin à sa copine (être écouté, pas conseillé), parler avec ses proches, et reconnaître que ce qui se passait émotionnellement n’avait pas nécessairement de base rationnelle. Le fait de le nommer tout de suite, plutôt que de le laisser monter, a fait toute la différence.
Mes prochaines étapes
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Pour continuer sur le thème de la visibilité et de la confiance, écoute l’épisode 16 avec Safia Gourari sur conjuguer timidité et un podcast à 1 million de téléchargements et l’épisode 14 avec Aimée Desrosiers sur créer une marque indéfinie et habiter pleinement son identité.
Un peu plus sur Isaël Morin
Pendant 23 ans, Isaël a cru qu’il n’était pas assez. Pas assez intelligent pour avoir de bonnes notes à l’école. Pas assez de diplômes pour avoir l’emploi qu’il voulait. Pas assez fluide pour parler normalement à cause de son bégaiement.
Il y a 6 ans, il a décidé de prendre sa place dans le monde, de créer son entreprise et de rayonner sur les médias sociaux. Aujourd’hui, il coache les entrepreneur•e•s en B2B à rayonner sur LinkedIn en créant du contenu captivant pour attirer des prospects qui « fittent » avec leurs valeurs.
Show notes
Format: Entrevue avec Isaël Morin Durée: ~40 minutes
Sujets abordés:
- Comment son bégaiement a affecté ses débuts et son rapport à la visibilité
- Ce qu’est un « bègue masqué » et la stigmatisation interne vs externe
- Pourquoi il a choisi LinkedIn comme plateforme principale
- Son processus créatif pour générer des idées de stunts marketing
- L’impact de sa participation comme collaborateur dans Ka-Ching 2023 sur son couple et son identité
- La crise d’anxiété post-spotlight et comment il l’a traversée
- Ce qu’il dirait à quelqu’un qui manque de confiance pour se montrer
Liens & ressources:
- Instagram d’Isaël: @isael_morin
- Site web d’Isaël: isaelmorin.carrd.co
- Le vidéo-clip que Isaël a lancé sur LinkedIn avec Super Sonic G
- Festival Web de la Création de Contenu
- Speakeasy: genevievegauvin.com/speakeasy
- @_genevievegauvin sur Instagram
📝 Lire le transcript intégral
T’écoutes Effrontée, épisode 24. Aujourd’hui, on parle d’oser se mettre sous le spotlight, même avec un bégaiement, avec Isaël Morin. Et si tu ne connais pas Isaël qui a été participant collaborateur dans la quatrième édition de Ka-Ching, laisse-moi te le présenter un petit peu. Donc pendant 23 ans, Isaël a cru qu’il n’y était pas assez. Pas assez intelligent pour avoir des bonnes notes à l’école, pas assez diplômé pour avoir l’emploi qu’il voulait, pas assez fluide pour parler normalement à cause de son bégaiement. Puis il y a six ans, il a décidé de prendre sa place dans le monde, de créer son entreprise et de rayonner sur les médias sociaux. Aujourd’hui, il coache des entrepreneurs en B2B à rayonner sur LinkedIn en créant du contenu qui est captivant pour attirer des prospects qui fit avec leurs valeurs. Inspirant. Bref, je te laisse là-dessus parce que ça va être toute une entrevue.
C’est pas compliqué. T’es à mieux de marcher sur des œufs pour pas froisser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact. Peu importe ce que tu veux, il n’y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps pour t’arrêter de cacher tes ambitions. Je m’appelle Geneviève Gauvin. Chaque semaine, j’anime Effrontée. Le rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables puis fiers de l’aide. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles puis les limites pour faire les choses en grand. Travailler cinq heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Y’a où le problème? Voyager de temps plein puis travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe? En plus de te partager mes conseils puis mes stratégies pour faire toujours plus en travail en moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite. On va explorer les secrets de leur succès, leurs chiffres fascinants puis discuter en paire pour t’inspirer à toi-même à atteindre les sommets dont toi, tu rêves. Je te donne la permission de vouloir toujours plus. Je te donne la permission d’être 100% effrontée.
Je suis présentement avec Isaël Morin. Isaël, comment ça va?
Ça va vraiment très bien. Très content d’être là, encore une fois. Puis c’est cool aussi qu’on se revoie parce qu’on s’est vu à travers toute l’expérience de Ka-Ching. Puis là, on se revoit aujourd’hui puis je trouve ça vraiment nice. Fait qu’on a plein de temps pour qu’on parle de plein de trucs. Fait que ouais, vraiment très content d’être là.
Effectivement, on a plus de temps pour jaser que la dernière fois où c’était environ 10, 15 minutes puis c’était un peu trop rapide. Mais justement, je voulais prendre ce temps-là ensemble parce que pour moi, puis je pense pour beaucoup de personnes aussi, tu as complètement été une merveilleuse découverte dans la dernière année, honnêtement. C’est pas juste pour ton expertise LinkedIn qui sort clairement de l’ordinaire, qui est du beige habituel, disons, mais aussi surtout pour ta créativité marketing qui attire l’attention, qui challenge ce à quoi on est habitué. Puis qu’est-ce qu’on a le droit de faire aussi quand il s’agit de promouvoir nos propres produits, les événements des autres, ainsi de suite, ce que tu as démontré avec le Festival Web, que tu as démontré avec Ka-Ching, évidemment plein d’autres événements aussi, ou plein d’autres activités promotionnelles pour toi-même à ton propre compte, que ce soit que tu as sauté dans le fleuve Saint-Laurent, parce que, by the way, j’espère honnêtement que tu vas bien, parce que c’est pas un fleuve propre.
Non, c’est ça. Je savais pas ça. Je l’ai su juste après. Mais moi, j’étais sûr qu’on pouvait aller se baigner quand même. Quoique ok, on n’a pas le droit de se baigner, parce que dans le fond, c’est vraiment pas safe. Je l’ai su 24 heures après, c’est ça. Je l’ai su après qu’il y a de la pollution là-dedans.
T’as-tu fait des tests de radioactivité que tu as appris? Non, puis en plus, j’ai même pas fait de délire ce soir. J’étais genre tout habillé. Mais j’adore quand même. C’est prendre des risques.
Mais justement, tu as pris le lancement du vidéoclip de Supersonic G sur LinkedIn, d’organiser justement un événement pour le lancement. T’es allé filmer. Honnêtement, clairement, tu devais geler quand t’as fait le tournage pour le reel collaboratif au Ka-Ching sur le Mont-Royal.
Oui, sur le Mont-Royal. Il faisait vraiment, en fait, quoi qu’il faisait un mois dix, un mois de quinze. En fait, c’était le truc le plus gênant que j’ai fait de toute ma vie, je pense. Et j’en ai fait beaucoup de choses. Mais ça, pour le vrai, puis on m’a reconnu en plus. Ça, c’était gênant d’être devant tout le monde.
Puis toi, tu l’as fait aussi, mais il y avait moins de monde. Oui, mais il n’y avait pas autant de monde. Fait que tu sais, j’étais à l’extérieur. Il y avait des risques qu’il y ait des personnes. Mais j’ai quand même choisi mon spot pour être quand même tranquille. Malgré tout, il y avait le monsieur en arrière qui passe.
Mais bref, sans être prêt à tout pour attirer l’attention de la façon la plus surprenante possible. Par contre, quand on lit ta bio ou les posts que tu fais souvent, ou quand tu parles de toi dans le passé, on sent que tu n’as pas toujours été la personne potentiellement la plus en confiance ou prête à voir ce spotlight-là. Peux-tu me parler un petit peu de cette transition-là? Tu sais, de comment tu es passé de « je ne suis pas assez » à « je vais prendre ma place » puis attirer un maximum d’attention.
Ah bien, my God, on va parler de ça. Je dirais que de manière très graduelle, en fait. Puis je pense qu’il y a des personnes qui pourraient me voir maintenant. Je pense qu’il y en a qui me voient puis qui disent « OK, ça s’est passé vite. » Tu sais, il a pris sa place vite sur LinkedIn, par exemple, parce que ça fait quand même juste 13 à 15 mois que je suis à mon compte à 100%. Puis je pense qu’il y a des personnes qui pourraient faire cette erreur-là, de me voir en ligne, de dire « Oh my God, ça a l’air si simple. » Mais non, c’était graduel. C’était graduel puis j’ai eu beaucoup d’aide. J’ai eu énormément d’aide. Puis de l’aide professionnelle, là. Pas juste toute de ma gang d’amis. Ça fait que ça, c’est le premier truc à comprendre.
Je dirais que quand j’étais jeune, je ne parlais pas. Quand j’étais vraiment jeune, au primaire, je ne parlais pas. Moi, je vis avec le bégaiement, comme on le sait. Puis à l’école, anyway, c’est pour ça. Ils ont pris contact avec mes parents. Tu sais, à l’âge de 6 ans pour dire, je pense qu’il y a une difficulté avec le bégaiement. Mais donc, on m’a dit que je ne parlais pas. Puis au secondaire, c’était rough. J’ai fait trois écoles. Dont la première, j’ai quitté à cause de l’intimidation. C’était une polyvalente. Fait que je me suis mis vite de côté. Puis ça a été quand même tough. J’ai vu ça comme de la survie jusqu’en secondaire deux, trois. Puis là, j’ai changé d’école. Après ça, je suis parti à Montréal à 17 ans, seul.
Puis c’est à ce moment-là que j’ai été porté par la vie. Tu sais, je ne me suis jamais arrêté pour me demander qu’est-ce que je veux faire vraiment? Si on m’avait vraiment demandé, plus jeune, j’aurais dit « je vais aller en communication marketing, ça me tente de créer et tout. » Pendant un bon bout de temps, je ne me l’ai pas permis. Puis il y a eu un moment donné, je suis allé à l’hôtel parce que j’ai commencé une carrière en hôtellerie, puis je n’aimais vraiment pas ça. Puis je me suis dit « comment est-ce que je peux faire pour essayer de me sortir de là? »
Par chance, on vit dans un monde où est-ce qu’on peut créer du contenu. Puis en créant du contenu, on peut se mettre sur la map par nous-mêmes. Sans que ça coûte plein de cash. Il y a comme 20 à 30 ans, clairement, tu sais, ça n’aurait pas pu se passer comme ça. Fait que c’est un peu ça qui s’est passé. Après ça, j’ai eu de l’aide psychologique. Plusieurs fois depuis que j’ai eu comme 12 ans, là, pour m’accompagner là-dedans. Il y a eu plusieurs psychologues, dont là, j’ai eu une psychologue. J’ai eu au moins trois, quatre orthophonistes qui m’ont accompagné avec ça.
À quel moment tu as juste décidé d' »embrace » le bégaiement, cet aspect-là de toi?
Non, non, non, c’est vraiment ça. En fait, c’était vraiment dur, là, parce que j’ai comme frappé un mur vers 26 à 27 ans. C’était pendant la pandémie. Ça n’allait vraiment pas bien. Parce que pendant tout le temps de ma vie, depuis que je suis jeune, j’étais capable de masquer le bégaiement. Et même de mes proches, même ma copine actuelle ne savait pas que je bégayais jusqu’à temps que je lui en parle. Dans mes meilleurs amis aussi. Comme j’ai passé dans une entrevue à la radio de Radio-Canada, je pense que ça date de 2019. Si vous l’écoutez, vous n’entendrez pas que je bloque. J’étais vraiment stressé. Mais dans ce temps-là, je ne le partageais pas.
Il y a un terme, c’est les bègues masqués. Parce que les mécanismes, c’est très subtils. Puis là, c’est parce qu’à 26 à 27 ans, ça allait vraiment mal. Puis là, j’avais vraiment des grosses idées noires. Ça allait vraiment pas bien. Puis tu sais, j’arrêtais pas de me répéter, mais comme, qu’est-ce que je vaux si je suis même pas capable de dire mon propre prénom, tu sais.
Tu sais, c’est rough de vivre avec ça. Encore en fin de semaine, j’étais allé à une place. J’étais sûr que la personne avait entendu mon prénom parce que l’autre personne lui avait dit. J’ai vraiment bloqué devant la personne. Fait que tu as le temps de voir la réaction de l’autre personne. C’est le silence total dans toute la pièce. Il y a tout le monde qui te regarde. Puis là, tu es comme, OK. Puis là, après ça, je lui ai dit, c’est parce que je vis avec ça. Puis là, c’était correct. Mais il y a 3-4 ans, je serais sorti de la salle, ça aurait raté. Ça m’aurait pris au moins un à deux mois avant de m’en remettre de cette aventure-là.
Fait que là, je suis allé chercher de l’aide. Je suis vraiment allé chercher de l’aide. Puis là, il y a une psychologue qui m’a aidé beaucoup. Puis il y a une orthophoniste aussi qui m’a accompagné là-dedans. Puis après ça, j’ai fait mon coming out. Moi, j’appelle ça un coming out. Parce que c’est littéralement la définition: tu crois que la perception, elle va changer. Je me suis fait une liste. Une liste de noms. Puis j’ai commencé à dire. Autour de 27 ans, dans mon ex-job, je l’ai dit à mes collègues. J’avais une liste de genre 15 noms. Puis un par un, je les cochais. Je les ai tous appelés.
Puis les personnes étaient très contentes que je leur parle. Ça a commencé avec les personnes proches. Puis un jour, je le savais que je ne pourrais plus le cacher. Parce que mon cerveau, il s’est habitué à toutes les techniques pour le tweaker. Comme quand je sais que je vais dire un mot, il faut que je pense à faire un autre mot. Mais après 26 à 27 ans, ça ne marche plus. On est trop smart. Fait que on s’habitue souvent, beaucoup. Fait que j’ai fait la liste. J’ai pris contact avec tout le monde. Ça me demandait vraiment beaucoup de courage. À chaque fois, j’étais comme, oh my God.
Puis après ça, c’était quand que je me suis lancé à mon compte. Je l’ai dit à ma mère. J’ai fait, si je me lance, je me lance comme vraiment fort. Je passe le câble de non-retour. Je brise tout. C’est comme je pète le mur. Puis je m’envoie à fond. Puis je le dis. Puis je mise là-dessus. Puis fuck it. Puis on verra qu’est-ce qui se passe là.
C’est un peu le même spotlight. Tu parlais de la situation où tantôt, il fallait que tu dises ton nom. Il y a le spotlight où les gens regardent puis attendent le prochain mot. Est-ce que c’est comment toi, tu le vis qui change la vibe? Si c’est « Oh my God, les gens me jugent » versus « je suis juste comme ça. C’est ma personnalité. Puis that’s it. Puis ils vont m’aimer parce que anyway je suis une personne extraordinaire. » Est-ce que ça part de l’intérieur?
Oui, je suis en train d’étudier sur la stigmatisation des personnes qui vivent avec le bégaiement. Puis là, j’ai réalisé qu’il y a la stigmatisation externe. Puis il y a la stigmatisation internalisée. Puis là, j’avais cru que j’avais fait beaucoup de travail. Je pensais, j’étais comme « je suis vraiment correct. » Puis là, j’étais comme « Non, j’ai beaucoup de travail à faire. »
Mais si on vient à la question, je pense qu’on peut avoir plus de contrôle ou plus d’impact sur le déroulement de la suite. Mais ça demande beaucoup d’énergie. Tout dépendamment du jour, est-ce que tu files bien ou non. Moi, ce jour-là, je filais quand même bien. Souvent, j’essaie de tourner ça plus en rire. Souvent, je fais ça et je reviens vers moi. Je pense qu’on devrait faire plus ça. Quand on est dans une situation que l’on n’aime pas, essayer de se concentrer sur nous, de faire « OK, moi, je prends une pause. Je ne prendrais pas la responsabilité pour tout le monde. Moi, c’est comme ça. Je prends la respiration et on y va. »
Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui peuvent se retrouver là-dedans. Parce que le problème n’est pas l’handicap en tant que tel. C’est la perception que j’ai face à un handicap. Puis faire face à la société aussi. Parce que clairement, on a beau le penser, c’est pas tout le monde qui pense que c’est correct.
On va rendre les choses un petit peu moins lourdes. Je veux qu’on parle de créativité, puis de LinkedIn, puis de all of that, parce que c’est aussi toi. Pourquoi avoir choisi LinkedIn comme endroit où déployer toute ta créativité? Car de prime abord, c’est pas tant le réseau qui semble être l’endroit qui pourrait être autant explosif.
Oui, normalement. J’ai commencé sur Facebook en 2015. Il y a beaucoup de vidéos de moi. J’ai fait beaucoup de stunts en 2015, en 2016. Il y a des productions. Il y a une vidéo que j’ai faite qui a eu 50 000 vues à ce moment-là. J’ai créé beaucoup de pubs. Puis j’ai commencé là-dessus. Je suis allé sur Instagram, YouTube un peu. J’ai fait beaucoup de plateformes avant. Mais ce qui se passe, c’est que sur les plateformes de médias sociaux, la portée organique, elle est là pendant un âge d’or. Puis elle baisse après.
Avec Facebook, c’était pas mal done. C’est pas mal done depuis 2019, 2020, environ. Ça fait que là, j’étais comme, qu’est-ce qu’on fait? Ça faisait quand même depuis 2017 que j’accompagnais des CEOs à percer sur LinkedIn. Ça fait que je savais que ça marchait. J’étais comme, ma God, il y a beaucoup de vues, beaucoup de personnes qui voient les posts. Puis tout ça, c’est gratuit. On parle dans les 20 000, dans les 30 000. C’était sûr que je m’en allais là. C’est une mine d’or, en ce moment. Sûrement pour encore 3-4 ans. Il y a la portée qui baisse, comme sur toutes les autres plateformes.
Mais quand tu choisis une plateforme, justement pour l’algorithme qui est favorable, est-ce qu’après ça, il n’y a pas un moment où tu vas faire comme, ah, well, maintenant, c’est terminé? Puis what’s next?
Non, non, c’est ça. Parce que sinon, je ne serais pas là s’il n’y avait pas de portée. Mais en gros, moi, je vois ça comme… En réalité, c’est que mon pourquoi est quand même clair. Je le sais pourquoi est-ce que je fais ce que je fais. C’est que je crois vraiment en notre potentiel. Tu sais, en tant que personne, on peut tellement faire de grandes choses. Je crois vraiment que… On peut faire plus puis on peut faire mieux. Et le comment que j’ai, c’est ça: j’accompagne des personnes, oui, à créer du contenu. Puis je les accompagne à affronter leur propre peur puis à percer sur LinkedIn ou sur d’autres plateformes. Mais ça va changer un jour. Tu sais, ça n’aura pas le choix d’évoluer. Parce que la plateforme, si elle n’existe plus, ce n’est pas plus grave que ça. Parce que je vais continuer, anyway, de répondre à ce pourquoi-là, à cette cause-là.
Comment tu pars from scratch? Comment tu fais pour générer des idées avec, semble-t-il, autant de facilité?
Non, c’est facile pour moi. J’ai un cerveau, c’est paradoxal, selon le test de psychométrie, j’ai vraiment beaucoup de structure puis beaucoup de créativité. Ça fait que ça, c’est un privilège que j’ai.
Bien, tu sais, pour le clip, souvent, il faut qu’on parte à partir d’un concept. Pour le clip avec Ka-Ching, je t’avais demandé est-ce qu’il y a un concept autour de ça? Puis tu m’avais répondu. Oui, je me rappelle que j’avais ça. J’avais tous les chiffres. Par exemple, tu me dis, c’est un party, c’est en ligne, il y a la France, il y a le Québec, il y a le rabais de 96%. On est 14. Avec toi, ça fait 15. Finalement, on était 16, 17 avec toi. Les formations, on apprend. C’est pas mal les mots-clés que j’avais.
OK. Fait que tu parles d’un champs lexical? C’est ça. Je pars de la… Et pour le Festival Web, c’était sous l’océan. Sous la mer. Il y a de l’eau, il y a des poissons, il y a un dauphin. Il y a l’aquarium sûrement quelque part. On est capable de faire quelque chose avec ça, tu sais.
Puis là, finalement, j’ai sauté dans l’eau, mais c’était le septième point. Il y avait beaucoup de points moins pires. À la fin, c’était sauter dans le fleuve. Puis je me suis retourné vers Justine, qui est ma copine. On était au Festival d’été de Québec, puis on a regardé Half Moon Run. Puis je me suis retourné vers elle. Puis je lui ai dit, je vais aller sauter dans le fleuve. Puis elle était comme, what? Puis là, j’étais genre, c’est ça que je vais faire.
Et avec Ka-Ching, t’as fait le tour. J’ai fixé le vin pendant 30 minutes. Puis souvent, c’est comme ça que je pense. Fait que je bouge pas. Puis je regarde le vin, puis tout se passe dans ma tête. Puis je fais plein de liens. Puis ça va à gauche, à droite. Puis là, le 96, j’ai commencé avec le 96% de rabais. Puis je sais que les sauts en parachute sont en 9600 pieds. Fait qu’il y avait 96. Fait que là, j’étais comme, je vais faire un saut en parachute. Mais ma copine a dit, pas sûre si c’est bon, parce que ça fait trop show off. Ça fait comme, pourquoi est-ce que ça t’intéresse? C’est vraiment juste pour show off. Fait que là, j’ai fait, OK, ça, c’est vraiment trop loin. Fait que là, j’ai continué à penser. Puis là, je me suis dit, je vais faire une toune.
Il y a un de mes bons amis qui est un producteur de musique. Je me suis dit, je vais l’appeler. Il va me faire un beat. Il m’a coaché. Puis je me suis dit, je vais demander à Mathieu pour qu’il filme avec le drone. Je vais faire une toune. Il y a Paul qui va faire le beat. Puis il me faut des shots de drone. Puis le premier truc que j’ai pensé, il faut que je danse sur le toit d’un bâtiment dans le centre-ville. Finalement, j’en ai trouvé deux. J’en ai trouvé un bon toit. Puis on a filmé. Puis on l’a juste fait.
Mais j’ai sorti de ma zone de confort. Fait que je pense que quand j’ai enregistré la toune, je suis allé me coucher tout de suite après. Il était 14 heures, je suis allé me coucher. Ça me demandait vraiment beaucoup. J’étais vraiment gêné. Mais je l’ai fait. Puis souvent, je crée pour moi, pour voir ce que je suis capable de faire.
Comment est-ce que tu fais pour déterminer c’est quoi les bonnes idées? Puis c’est lesquelles qui sont juste drôles, mais pas nécessairement efficaces pour vendre?
Ce qui est bon, c’est ce qui me reste en tête pendant au moins 4 à 5 jours de suite. Parce que je prends pour acquis que la majorité de toutes les idées que j’ai ne sont pas bonnes. Souvent, je le répète au monde aussi autour de moi. Tu as l’impression que c’est bon, mais les stats prouvent le contraire. Donc, moi j’ai une liste là avec toutes les idées que j’ai. Puis souvent, je vais revoir. Puis après un 5 à 6 jours, lorsque je dors sur les idées que j’ai eues, puis je m’en vais relire, je me rends compte que c’était pas si bon. Finalement, je suis genre, wow, OK, c’était vraiment pas spécial. Mais c’est ce qui raconte. C’est un peu comme genre le « create drunk, edit sober ». T’es genre, hey, no, wow, c’est vraiment bon. Puis après ça, tu vas te coucher, puis après ça, tu vas retourner, puis t’es comme, non, c’était vraiment non.
En ce moment, c’est ça, moi, j’accompagne des personnes, donc, il faut pas que j’oublie ça, là. Tu sais, je suis là pour ça. Puis le marketing de mon entreprise, je passe beaucoup de temps. Mais j’en fais pas des stunts à chaque mois. Il faut ça comprendre. L’énergie que ça nécessite pour la création, mais après ça, pour le spotlight qui va mettre. Oui, ça m’a demandé beaucoup. Puis maintenant, je réalise, il faut quand même gérer ça. C’est du marketing, mais c’est pas ce que je suis. Je suis pas quelqu’un qui crée. Mais peut-être qu’un jour, ça va être ça.
Ben, écoute, ce gros contenu-là, justement, ou les gros contenus, on vient juste de le dire, on peut pas en créer autant, tout le temps, parce que ça demande énormément d’énergie. Puis je suis un peu dans la même game que toi, où, genre, il faut que je décante puis que je prenne une pause. Puis le 4 mars, puis le moment où on enregistre, ça fait quelques jours, là, mais tu partageais un post sur LinkedIn qui montrait un peu l’arrière-scène de ce que t’as vécu comme collaborateur dans Ka-Ching cette année. Une expérience challengeante et overwhelming.
Ouais, c’était quelque chose. C’était une aventure. Une très belle aventure. Je suis vraiment très reconnaissant puis j’ai vraiment beaucoup appris. Beaucoup appris sur moi-même, en fait. Face à mon couple aussi. Parce que dans le fond, je ne vais pas être seul. On a full évolué aussi là-dedans aussi. Parce que j’étais vraiment… J’étais loin d’être seul. Dans le sens, on vit dans un 3,5. Donc on est deux. S’il y a quelqu’un qui est stressé, oui. Donc je n’étais pas tout seul. Puis les répercussions ou l’impact que ça a eu, oui, on a appris à communiquer. On n’avait pas le choix de communiquer dans des trucs qui vont si vite. 24-7, pas mal, pendant tout un mois. Fait que oui, je considère que ma copine et moi, on se connaît mieux. On communique mieux.
Ton post commence en disant, quand tu t’avais l’air de bien aller, j’ai fait une crise d’anxiété. Tu continues en énumérant les différents contenus que t’as créés, les réactions, puis l’amour que t’as reçu aussi. Mais surtout, le spotlight qui a été mis sur toi. Puis vers la fin, tu dis quelque chose comme, le mardi, je reprends le coaching avec mes clients. En les revoyant, j’ai comme une peur d’avoir trop pris le spotlight puis d’avoir laissé mon rôle de guide de côté comme si j’étais plus accessible comme avant. Déjà, chapeau, again, pour la vulnérabilité. Peux-tu me parler un petit peu de cette post-là, de comment est-ce que t’as vécu justement le spotlight de cet événement?
Ouais, c’était quelque chose. Je suis vraiment très reconnaissant puis j’ai vraiment beaucoup appris. Beaucoup appris sur moi-même, en fait. C’est pas juste beaucoup apprendre sur la business ou quoi que ce soit. C’est juste moi, je me connais beaucoup mieux.
La première cliente que j’ai revue qui m’a dit « Hey, je suis content de t’avoir connu avant que tu sois connu comme ça. » Tu sais, le premier truc qu’elle m’a dit. Puis ça m’a fait comme « OK, mais il n’y a rien que j’ai acheté. Je suis chez moi. Je suis la personne que je suis. » Puis à la fin, je lui ai dit « Ah, si on ne s’était pas connus, est-ce que tu aurais eu peur de prendre contact avec moi? » Puis elle m’a dit « Peut-être que oui. Peut-être que ça m’aurait fait comme: est-ce que je peux travailler avec lui? » Ça m’avait rentré dedans quand même un peu le matin.
Ce qui s’est passé, c’est que le mardi, j’ai repris le travail. L’autre truc, c’est que mon pourquoi est quand même clair. Je le sais pourquoi est-ce que je fais ce que je fais. C’est que je crois vraiment en notre potentiel. Et c’est là comme le clip, moi qui chante sur un toit, j’ai fait genre, OK, est-ce que j’ai dépassé la ligne? Il y a des personnes qui ont cru. Puis je me suis fait envoyer quelques commentaires qui n’étaient pas drôles. Genre, tu as dépassé la limite, tu sais, des trucs comme ça, des trucs que j’avais même pas eu depuis si longtemps. Puis moi, j’apprends à gérer ça aussi.
Tu as dépassé la ligne. Quelle fucking ligne. C’était juste une blague, là. Mais tu sais, il y a eu beaucoup de personnes qui ont trouvé ça drôle, mais il y en a une qui ne trouve pas ça drôle. Puis moi, j’apprends à gérer ça aussi. Fait que là, moi, je suis très proche des personnes. Il y a beaucoup de personnes dans le monde que j’ai rencontré en vrai. Il y en a qui vont venir, là, au prochain événement que je fais, là, tu sais, on se texte tous les jours. Je suis proche des personnes. C’était vraiment le « Oh my God, qu’est-ce qui s’est passé? Est-ce que la perception de moi a changé? » Mais finalement, elle n’a pas changé.
What if it did? Parce qu’au final, tu ne contrôles pas ça?
Non, c’est ça, je ne contrôle pas ça. C’était un stade d’anxiété. Ça n’avait aucun sens. Puis je le savais que ça n’avait pas de sens. C’est juste émotionnel. Il n’y a absolument rien qui pointe vers là. Mais là, j’ai peur. Là, j’ai juste besoin qu’on me dise « Ça va bien aller. »
Ce qui s’est passé, c’est que ce mardi soir, c’est vraiment venu me prendre. Puis c’est une expérience que j’ai partagée avec ma copine. Je lui dis, tu sais, je lui dis, à ce moment-là, je t’en parle, mais tu sais, je suis conscient que je dépasse la ligne où est-ce que là, là, tu sais, je te parle, puis j’ai besoin d’aide, tu sais. Mais en tant que copine, je te demanderais pas ça toutes les semaines. T’es pas là pour être ça. Mais en ce moment, j’ai besoin d’aide. Et donc, je pense que cette expérience-là, en tout cas de mon côté, ça fait en sorte que j’arrive à voir qu’est-ce qui se passe, comme avec beaucoup de clarté. Puis j’avais juste besoin que l’on m’écoute. Puis que l’on m’assure aussi. Puis j’ai pu lui communiquer ça assez clairement. Tu sais, en ce moment, j’ai pas besoin qu’on me réponde. Pas besoin qu’on me remette en question. J’ai besoin qu’on me dise ça va bien aller. Puis je vais te croire, tu sais. Même si ça va pas bien, je vais te croire pareil.
Puis je suis pour que l’on partage. Je suis pour qu’on partage ces moments-là pour que le monde voit. C’est pas la première fois qu’un de mes collaborateurs, durant l’événement, vit une situation qui est comme similaire. Où le contraste de visibilité, le boost de DM, le boost de commentaires, de messages, vraiment d’attention devient presque paralysant comme expérience. Est-ce que toi, tu t’es sorti de cette paralysie-là seulement en discutant avec certaines personnes ou il y a d’autres choses que tu as fait?
Moi, j’étais correct avec ça. C’est vraiment par rapport au personnage ou au truc. C’était surtout le changement d’identité. Donc, une espèce de maintenant, je passe dans… Je deviens moins accessible. Je deviens comme trop higher league pour les gens avec qui je travaille. Ça, c’était correct. Tu sais, c’est sûr qu’il y en a eu beaucoup. Mais c’est pas ça qui m’a pris de court. C’était vraiment le « Oh my God, qu’est-ce qui… Qu’est-ce qui s’est passé? »
What if it did, Jean? Oui, c’est ça. Parce qu’au final, tu ne contrôles pas ça? Non, c’est ça, je ne contrôle pas ça. Mais on jase pas des réponses. Non, c’est ça. Mais c’est une bonne question. Qu’est-ce que ça fait qu’elle a changé? C’était un stade d’anxiété. Ça n’avait aucun sens.
C’est pas la première fois qu’un de mes collaborateurs, durant l’événement, vit une situation qui est comme similaire. Où le contraste de visibilité, le boost de DM, le boost de commentaires, de messages, vraiment d’attention devient presque paralysant comme expérience.
Puis je suis pour que l’on partage. Je suis pour qu’on partage ces moments-là pour que le monde voit. Ça humanise aussi ta brand.
Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui manque encore de la confiance en soi nécessaire pour aller à la recherche du spotlight? Tu sais, qui a peur d’être vu tout d’un coup, mais qui a aussi des ambitions qui nécessitent de sortir de sa zone de confort.
Ben, moi, je dirais, je dirais d’en parler avec d’autres, parce que je crois en ça, je crois en le pouvoir de la parole, pas juste de l’écrire. Souvent, de ce que j’ai vu, on pense qu’on est seul à filer comme ça, à filer comme être stressé, à se dire des choses. Puis là, on réalise qu’il y en a d’autres qui l’ont fait, puis finalement, c’était correct, puis en parlant avec d’autres personnes, il y a l’autre aussi qui peut te répondre, tu sais, il y a l’autre qui te répond que t’as plus de choses à dire que tu peux le croire, tu sais. C’est vraiment tough de le croire seul. Il n’y a comme personne qui change ça. Fait que, tu sais, aller parler avec quelqu’un d’autre. Moi, moi, j’ai de l’aide professionnelle, en plus, qui m’accompagne. Mais juste dans mes proches, je parle avec le monde, je vois que je suis pas seul qui fait comme ça, je vois que le monde, ils sont stressés, qu’ils se remettent en question. Je vois d’autres personnes qui osent, puis finalement, ça va bien, puis qu’ils me disent après, ben, j’étais stressé quand je l’ai fait, ben, c’est ça, on comprend que l’on est pas seul là-dedans.
Moi, moi, je sais qu’à l’hôtel, je me rappelle, la fois où j’ai dit à ma mère, j’ai honte de travailler là. J’avais de la honte. Puis là, je l’avais jamais dit, puis moi, je prenais pour acquis qu’elle savait. Puis là, j’ai pu lui dire. Elle m’a répondu, ah, OK, ah, OK, mais moi, je pensais que t’étais full heureux. Puis là, j’ai pu lui dire, non, ça va mal, tu sais. Puis là, ça a passé ce moment-là, où est-ce qu’on a parlé, comment me sortir de là, puis en en parlant, en parlant, en parlant tellement longtemps, tu sais, fait que ça fait en sorte que c’était plus clair à la fin. Ça fait que j’ai encouragé de parler, puis pas de rester seul avec ça. Puis avec un peu de chance, bien, l’autre, elle va vous dire, puis elle va vous encourager.
Oui, j’ai… Écoute, quand je suis seul, puis que je commence à spinner, ça me prend… Il faut que je partage avec quelqu’un, tu sais, anyone. Que ce soit mon chum, que ce soit des collègues, des amis, j’ai besoin de ventiler, d’avoir différentes opinions aussi, voir toi, qu’est-ce que t’en penses. Mais de poser les questions aux bonnes personnes aussi, parce que c’est pas tout le feedback qui vaut la même chose, en sens où, tu sais. Mon oncle Roger qui donne du feedback sur ta business, qui fucking n’a pas rapport, puis qui connaît rien. Je veux dire, t’en prends note, là, tu sais. Fait que c’est ça, de poser les gens, d’avoir du feedback de personnes qui comprennent, au moins, un peu le contexte, si c’est pas juste toi comme individu. Je pense que ça donne de l’information qui est de meilleure qualité.
Écoute, il me reste le temps pour juste deux petites questions. Premièrement, est-ce que t’as d’autres projets de contenu de fou qui s’en viennent? Est-ce que tu peux nous donner des scouts?
Oh, c’est vrai, des scouts. Oh my God! Je vais certainement travailler pour quelque chose pour juin-juillet. Parce que le mois de mars passé, j’ai pris ça plus relax en mode vacances. Puis le mois d’avril, je vais l’utiliser pour préparer. Puis là, mai, juin-juillet, c’est mes gros mois à moi.
Le phénix. Oui, c’est ça. Fait qu’on te surveille en juillet. Oui, c’est ça. Ce qui va faire beau, puis on peut faire plein de choses à l’extérieur. Puis toi, tu vas être là, anyway. Parce que toi, tu reviens le mois prochain. À partir de juillet, oui. J’en reviens le 27 juin. Oui, c’est ça. Mais là, il va falloir me donner une couple de jours, puis après, c’est vrai.
Fait qu’écoute, où est-ce qu’on te retrouve sur Internet pour suivre ces beaux projets d’exemple?
On me retrouve principalement sur LinkedIn. Fait que suivez-moi. C’est tout. Non, non, mais bien, il y a ça. Puis maintenant, vous pouvez me suivre sur Instagram aussi, parce que depuis le Ka-Ching, j’ai vraiment travaillé dessus. Je t’ai comme forcé. Mais c’est vraiment cool, parce que dans le fond, si vous me suivez, dans mes stories, je fais vraiment participer les personnes. Puis même le prochain instant ou le prochain truc que je vais faire, le monde va participer. Fait que si vous voulez me dire qu’est-ce que vous vouliez voir ou qu’est-ce que… Comme ce qui vous aiderait, allez me suivre là-dessus. Ça pourrait être nice.
Fantastique. Bien, tous les liens pour retrouver Isaël vont se retrouver dans les show notes au genevievegauvin.com/24-episode-effrontee-isael-morin-begaiement-linkedin. Puis si toi qui écoutes, t’as aimé l’entrevue avec Isa, bien partage l’épisode dans tes stories sur Instagram, justement parce que, bien, il est là. Tag mon compte @_genevievegauvin, puis celui d’Isaël @isael_morin, pour nous dire c’est quoi la chose que tu retiens de notre discussion. Qu’est-ce qui a résonné avec ton cœur. J’ai super hâte de voir ce que t’en as pensé.
Isaël, un énorme merci pour ton partage, ta vulnérabilité, ton lol.
Merci beaucoup. C’était vraiment très cool de te parler. Merci beaucoup, Gen.
Bien, ça me fait plaisir. Bye, là!
T’as aimé l’épisode? Évidemment, vu que t’es rendu jusqu’ici. Merci beaucoup pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter Effrontée, bien, la meilleure façon de le faire, c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast. Puis vraiment, c’est super simple à faire. Va sur l’application Apple Podcast puis tape « Effrontée » dans la barre de recherche. Une fois que tu m’as trouvé, clique sur « S’abonner » puis descends en bas de la liste d’épisodes jusqu’à la section « Évaluation et avis ». Puis à partir de là, bien, c’est à toi de jouer. Laisse-moi 5 étoiles si t’aimes le contenu du podcast puis laisse-moi un témoignage. Dis-moi pourquoi t’écoutes le podcast puis comment est-ce que ça a un impact sur ta business et ta vie. Un énorme merci d’avance d’avoir pris le temps. C’est vraiment des gens comme toi qui font que le show continue. À la semaine prochaine, là!

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