Bâtir une entreprise anticapitaliste et vouloir gagner de l’argent, est-ce que ça peut coexister? C’est la question qu’on s’est posée avec Thomas Burbidge, fondateur de Kaléidoscope Horizon Inc. et collaborateur lors de l’édition 2024 de Ka-Ching. Thomas a terminé troisième meilleur vendeur sur 22 collaborateurs, pas avec la plus grosse audience, mais avec une approche de vente fondée sur le consentement et la contribution. On a passé une heure à décortiquer comment une entreprise anticapitaliste peut être ambitieuse, rentable, et tenir sur 50 ans.
Ce qu’est vraiment une entreprise anticapitaliste (et ce que ce n’est pas)
L’anticapitalisme que Thomas incarne, c’est pas un refus de faire de l’argent. C’est un changement d’objectif.
> « Le capitalisme, c’est un mode opératoire optimisé pour la cible de l’accumulation des capitaux. L’anticapitalisme, c’est de changer d’objectif et de se dire: l’objectif, ce n’est pas l’accumulation financière, mais mettre les finances au service d’un autre objectif. »
Ce qu’il nomme, c’est la différence entre accumuler et utiliser. Une entreprise anticapitaliste génère des revenus pour les mettre au service d’une finalité, pas pour les empiler. Et il va plus loin: une entreprise dont la seule raison d’être est l’accumulation financière n’a, selon lui, aucune raison d’exister.
Ça ne veut pas dire qu’on refuse la rentabilité. Thomas parle de deux paliers: la sécurité financière d’abord (logement, nourriture, pas de crise constante), puis l’épanouissement financier (loisirs, projets, qualité de vie). C’est après ces deux paliers que la question devient: « Do I really need more? Et si oui, pourquoi? »
Ce que Thomas critique dans une logique capitaliste classique, c’est l’approche extractiviste:
> « Une entreprise capitaliste, elle prend plus qu’elle rend. Elle prend plus qu’elle donne. Et il faut revaloriser la réflexion de ‘qu’est-ce que je donne’ pour avoir le droit de recevoir le niveau de finances auquel j’aspire. »
Comment une entreprise anticapitaliste peut performer dans Ka-Ching
Thomas a participé à l’Expérience Ka-Ching 2024 et fini troisième meilleur vendeur. Ça peut paraître contradictoire pour quelqu’un qui se positionne contre l’accumulation. Sa réponse est simple: le militantisme médiatique a besoin d’attention, et Ka-Ching, c’était 14 000 personnes.
> « C’était débile de ma part de dire ‘je suis militant médiatique, je veux capter l’attention des gens pour parler de ces sujets’ et de me priver d’un espace où il y a 14 000 personnes qui vont m’écouter. »
Il a donc plongé dedans à fond: trois contenus par jour, des webinars en parallèle, un tableau Notion avec le contenu de toutes les formations du bundle pour aider les gens à s’y retrouver, des conversations individuelles avec 150 à 200 personnes pendant la semaine.
Ce qui est intéressant dans son approche de l’entreprise anticapitaliste, c’est que la performance n’est pas venue malgré ses valeurs. Elle est venue à cause d’elles. Être prêt à dire « n’achète pas » à quelqu’un dont la situation ne correspond pas à l’offre, faire des contenus qui expliquent pourquoi Ka-Ching n’est pas pour tout le monde, aider les gens à décider plutôt que de les convaincre… c’est ce qui a créé une relation de confiance suffisamment forte pour générer des ventes réelles.
Sa liste est passée de 3 000 à 4 200 abonnés pendant la semaine. Et ça, c’est des gens avec qui il travaillera peut-être dans deux ans.
La vente consentie: une pratique d’entreprise anticapitaliste concrète
Thomas parle de « prospection consentie », une approche où la vente est un espace de dialogue plutôt qu’une opération d’extraction.
Dans les conversations individuelles, quand quelqu’un dit « c’est trop cher », sa réponse n’est pas de déconstruire l’objection. C’est de demander l’autorisation de continuer:
> « J’entends qu’a priori, cette offre ne rentre pas dans ton budget. Est-ce que t’es OK qu’on explore d’autres possibilités? »
Et si la personne dit non, il respecte le non. Totalement.
Ce qu’il pointe aussi avec beaucoup de franchise, c’est l’utilisation du mot « mindset » comme outil de pression dans la vente agressive:
> « 99% des gens qui parlent de mindset disent: ‘Arrête d’écouter tes limites. Arrête d’écouter tes besoins. Arrête d’écouter tes émotions.’ C’est du gaslighting. »
Il décrit des situations où des coachs (souvent des hommes) forcent des femmes qui se lancent en entrepreneuriat à « poser les sous sur la table » en les faisant se sentir mal dans leur peau. Pour lui, c’est l’inverse d’une entreprise anticapitaliste: c’est de l’extraction pure, optimisée pour prendre plutôt que pour donner.
Sa définition d’une vente réussie: vendre à la bonne personne, le bon produit, au bon moment. Et si ce n’est pas le bon produit, faire en sorte que la personne dise non.
L’entreprise anticapitaliste et les rêves qu’on n’a pas choisis
Un des passages les plus riches de cette conversation touche à la déconstruction des ambitions héritées. Thomas parle de sa période « outdoor photography », quand il rêvait de voyager dans des endroits dingues, de vendre des photos sur Instagram.
Il s’est rendu compte que ce rêve n’était pas le sien. Il avait été biberonné par des comptes Instagram, et le rêve qu’il avait « acheté » était incompatible avec ses valeurs (notamment son engagement écologique qui l’a conduit à décider de ne plus prendre de longs courriers aériens).
> « C’est le rêve qu’on m’a vendu et que j’ai accepté d’acheter sans payer. J’ai accepté de le prendre dans ma conscience, de me dire ‘c’est mon rêve’ alors que j’avais pas choisi. »
Ce moment de recalibrage est directement lié à sa vision de l’entreprise anticapitaliste: si on optimise sa business pour un rêve qu’on n’a pas choisi, on finit par courir après un objectif qui se vide de sens une fois atteint. Son nouveau rêve? S’implanter dans un village en France, créer un écolieu, peut-être être maire un jour.
> « J’ai l’ambition de durer 50 ans sur mon marché. Et je trouve ça beaucoup plus ambitieux que de faire un million l’année prochaine. »
Pour aller plus loin: 3 questions fréquentes
Est-ce qu’une entreprise anticapitaliste peut vraiment être rentable à long terme?
Thomas répond oui, mais en déconstruisant la définition de la performance. Ce n’est pas la croissance fulgurante à court terme. C’est la durabilité sur 50 ans. Il cite l’exemple de sa propre saisonnalité des revenus, réelle et complexe à gérer, et montre que Ka-Ching a été un outil de stabilisation financière légitime pour son entreprise, sans contradiction avec ses valeurs.
Comment décider si une personne est la bonne cliente pour ton offre sans utiliser des techniques de vente agressives?
Thomas propose une approche en deux temps: d’abord, créer un espace de sécurité dans la conversation (la personne ne doit pas avoir l’impression d’esquiver des attaques). Ensuite, si une objection arrive, demander l’autorisation d’explorer plutôt que de forcer. Et être prêt à conclure que la rencontre n’existe pas.
Est-ce que vouloir de l’argent est incompatible avec les valeurs d’une entreprise anticapitaliste?
Non. Ce qui est problématique selon Thomas, c’est l’accumulation sans finalité. Vouloir la sécurité financière, l’épanouissement financier, les moyens d’investir pour l’avenir, tout ça fait sens. C’est quand on accumule pour accumuler, sans projet ni redistribution, que l’équation devient extractiviste.
Mes prochaines étapes
Si tu veux du contenu sans filtre chaque semaine sur l’ambition, la stratégie et les sujets dont on parle rarement, rejoins le Speakeasy: genevievegauvin.com/speakeasy.
Pour continuer à creuser les questions d’ambition et de vision à long terme, va écouter l’épisode 8 avec Alexe Martel sur atteindre un plateau d’ambition et bâtir une business imprévisible, l’épisode 65 avec Annie Prévost sur être une high achiever sans se brûler et l’épisode 27 sur mes prises de conscience autour de l’abondance et de l’ambition.
Show notes
Format: Entrevue avec Thomas Burbidge Durée: 70 min
Sujets abordés:
- Ce qu’est une entreprise anticapitaliste: accumulation vs finalité
- Les paliers de sécurité et d’épanouissement financier
- Comment Thomas a performé dans Ka-Ching 2024 avec une approche éthique
- La prospection consentie comme pratique concrète d’entreprise anticapitaliste
- L’utilisation abusive du mot « mindset » dans la vente agressive
- Déconstruire les rêves qu’on n’a pas choisis
- Ambition et durabilité: viser 50 ans plutôt qu’un million l’année prochaine
- L’intersection entre écologie, féminisme et business
Liens & ressources:
- Site de Thomas: www.thomasburbidge.com
- Instagram de Thomas: @thomas.burbidge
- Podcast Young, Wild & Freelance: thomasburbidge.com/podcast/
- Mon entrevue 1 sur Young, Wild & Freelance: Construire un business essentialiste
- Mon entrevue 2 sur Young, Wild & Freelance: Les coulisses de l’Expérience Ka-Ching
- Le Défi Briques par Killian Talin et Valentin Decker: inspirationcreative.co/le-defi-briques
- L’épisode sur le podcast de Tony Neves où Gen parle de ses anciens partenaires: youtube.com
- Speakeasy: genevievegauvin.com/speakeasy
- @_genevievegauvin sur Instagram
📝 Lire le transcript intégral
T’écoutes effrontée épisode 73. Aujourd’hui, on se pose la question. Bâtir une entreprise anticapitaliste et avoir beaucoup d’ambition, est-ce que c’est possible? Cette discussion-là va être avec Thomas Burbage. Sur le podcast de qui j’ai été récemment, qui a participé aussi comme collaborateur durant Ka-Ching, et on va aussi explorer finalement son vécu, son expérience, son ressenti de collaborateurs anticapitalistes dans un projet qui, à même le nom, parle d’argent.
Si tu ne connais pas Thomas, parce que tu n’as pas suivi le lancement, par exemple, laisse-moi te le présenter. Thomas est le fondateur de Kaléidoscope Horizon Inc., un consortium de coachs et d’accompagnantes pour les entrepreneurs solos, avec une pédagogie unique qui relie trois grands pôles. La théorie business, l’épanouissement individuel de l’entrepreneur et la pensée systémique, c’est-à-dire la prise en compte des enjeux de société dans notre manière de développer nos projets d’entreprise. Et tu peux bien comprendre que cette discussion-là touche 100% à son expertise. Sans plus attendre, bonne écoute!
C’est pas compliqué. T’es tanné de marcher sur des œufs pour pas froisser ceux qui considèrent que t’es juste trop. Boom! Pour toi, la vie, ça n’a pas de limite. Plus de cash, plus de temps, plus de succès, plus d’impact. Peu importe ce que tu veux, il n’y a personne qui va t’arrêter de prendre ta place. C’est sincèrement le temps pour t’arrêter de cacher tes ambitions aussi.
Je m’appelle Geneviève Gauvin. Chaque semaine, j’anime Effrontée. Le rendez-vous hebdomadaire pour les entrepreneurs insatiables et fiers de l’aide. Ici, c’est le safe space de celles qui osent questionner les modèles et les limites pour faire les choses en grand. Travailler 5 heures par semaine? Why not? Vouloir être millionnaire? Y’a où le problème? Voyager de temps plein pis travailler de l’étranger? Où est-ce que je signe? En plus de partager mes conseils et mes stratégies pour faire toujours plus en travaillant moins, tu vas aussi découvrir des entrepreneurs dont l’ambition est sans limite. On va explorer les secrets de leur succès, leurs chiffres fascinants, puis discuter en paire pour t’inspirer à toi-même atteindre les sommets dont toi, tu rêves. Je te donne la permission de vouloir toujours plus. Je te donne la permission d’être 100% effrontée.
Je suis présentement avec Thomas Burby. Thomas, comment ça va? Ça va bien, merci. Je te disais en off, je me remets de quelques jours bien fatigue deep. J’ai un peu l’impression de renaître aujourd’hui. Donc, c’est pas encore parfait, mais je suis très heureux d’être là et tu vas contribuer, je pense, à la renaissance. On croise les doigts. C’est le printemps, c’est la renaissance, on est là. Je veux dire, on va essayer de mettre du beau soleil dans ta journée qui se termine malgré tout, mais bon.
Écoute, mon beau Thomas, j’ai voulu t’inviter aujourd’hui sur Effrontée parce qu’il y a tout le fait que tu as complètement ta place. J’ai voulu avoir ta perspective de l’intérieur sur notre récente collaboration dans le Ka-Ching. En cinq ans, je n’ai vraiment jamais pris le temps d’interviewer un collaborateur de Ka-Ching par rapport à son expérience, à son ressenti, mais aussi par rapport à son approche de vente pour le lancement. Puis j’ai toujours considéré, comme Alex Martel l’a si bien baptisé, que Ka-Ching, c’était les Olympiques du marketing. Là où les collaborateurs sortent leur meilleure stratégie, ils vont utiliser leur créativité, vont montrer leur savoir-faire qui est unique aussi parce qu’on n’a pas toutes les mêmes façons d’approcher ça.
Cette année, tu as fait partie de ces collaborateurs-là qui ont tout donné tellement que tu es encore en train de récupérer. Oui. Et que tu as fini troisième meilleur vendeur finalement de tous les 22 collabos de 2024. Ce n’est pas peu dire parce que tu n’avais certainement pas la troisième plus grosse audience, on va se le dire comme ça.
Tout ça étant dit, tu t’affiches aussi comme quelqu’un d’anticapitaliste. Donc, ce que j’aimerais faire aujourd’hui ensemble, c’est de non seulement explorer ton expérience, mais aussi comment est-ce que tu as conjugué finalement ça, ton expérience de Ka-Ching, avec tes convictions tout au long du lancement. Puis là, avant toute chose, peux-tu me décrire c’est quoi une entreprise non capitaliste?
Oh damn! Considérant que l’ADN même d’une entreprise qui n’est pas genre un OBNL, regarder sa but non lucratif, c’est de générer et d’être profitable parce que sinon, je veux dire, ça ne survit pas. Oui. Oh wow, so many questions. Alors, je vais prendre un par un. On va commencer par c’est quoi une entreprise anticapitaliste.
Pour ça, du coup, comme on se positionne face à un concept de ce qu’est le capitalisme, je pense qu’il faut redéfinir ce que c’est le concept du capitalisme. Comme je l’entends et comme je l’analyse, pour moi, c’est un mode opératoire des systèmes dans lesquels on vit, donc de nos sociétés dans leur ensemble, donc pas que les entreprises, mais l’ensemble de la société, qui est optimisé, du coup, pour la cible de l’accumulation des capitaux par les individus, les capitaux étant des capitaux financiers, des capitaux immobiliers, toutes les choses auxquelles on essaye d’attribuer une valeur financière. Et donc, le but dans une structuration de la société dans ce sens-là, c’est comment je fais, quelle stratégie je mets en place pour accumuler des capitaux et une sorte de richesse ou de patrimoine pour subvenir à mes besoins et réussir à vivre une vie bienheureuse et épanouie. Ça, c’est le principe de base.
Et ensuite, du coup, en tant qu’individu, on cherche à trouver des stratégies à l’intérieur de cette manière de voir les choses pour justement accumuler nos propres capitaux et essayer de devenir la meilleure version de soi-même, comme on nous dit qu’on doit l’être. J’ai l’impression que tu as une opinion là-dessus. Ça se peut dire. J’ai complètement une opinion là-dessus. Je te la partagerai si tu en as envie. Mais du coup, voilà, ça, c’est le capitalisme.
Qu’est-ce que c’est l’anticapitalisme? C’est, à mon sens, en tout cas, la manière dont je l’incarne avec ma boîte, de changer d’objectif et de se dire l’objectif, ce n’est pas l’accumulation des capitaux, donc l’accumulation financière, mais c’est, au contraire, de mettre les finances qu’on peut générer au service d’un autre objectif. Et donc, dans mon cas, accumuler les finances avec ma boîte, ça n’a absolument aucun sens en tant que tel, mais ça a du sens pour une autre finalité. Et la vraie question, du coup, c’est quelle est la finalité de mon entreprise? Et à mon sens, si la finalité de mon entreprise, c’est seulement l’accumulation de capitaux financiers ou d’autres types de capitaux, pour moi, cette entreprise n’a aucune raison d’être et ne devrait pas exister si c’est la seule finalité de faire des thunes.
Fait que le mot important à retenir, c’est accumulation. Mais accumulation, again, sans investissement, genre on garde, on hoard comme Pixou, genre. Ouais. Est-ce que c’est qui Pixou? Oui, je sais qui est Pixou. La référence est présente. Mais oui, complètement. Et donc, il y a ce point accumulation, mais il y a aussi, du coup, le fait que ce qu’on met en place dans la stratégie de l’entreprise, une stratégie capitaliste, va optimiser pour générer plus de finances que ce qui est, entre guillemets, remis dans la machine, remis dans qu’est-ce que je fais de ses finances.
Et tu vois, c’est comme, on va parler de stratégie marketing, on peut parler aussi de structuration ou de création d’une offre. Je peux créer une offre qui est optimisée pour me générer des finances à moi ou optimisée pour faire vivre la meilleure transformation possible à mes clients. Parfois au détriment de l’autre. Mais il n’y a pas l’option « et »? Il y a l’option « et ». Bien sûr. Mais souvent, c’est plutôt l’option « ou » qu’on voit prédominer, notamment dans notre écosystème à nous, de formation en ligne, accompagnement entrepreneurial, etc.
J’en connais beaucoup trop, malheureusement, des gens qui se disent « coach », « business », pour qui la seule réflexion qui vaille, c’est « quelle offre je peux structurer pour que ça me prenne le moins de temps possible? » et que je puisse le vendre le plus cher possible sans prendre en compte l’expérience réelle des gens à l’intérieur. C’est-à-dire que… Et encore une fois, raccourci sur ce que c’est le mindset capitaliste derrière ça, c’est de se dire « il y a des gens en face qui sont presque comme des porte-monnaie. Comment j’extrais un maximum de valeur de ces gens-là pour mon porte-monnaie sans réfléchir en profondeur à ce que je donne de l’autre côté dans l’échange? »
Et c’est ça qui est important. Moi, je parle souvent du fait que la cible de toute boîte, c’est de créer des échanges de valeurs où tout le monde gagne. Et à mon sens, une entreprise capitaliste, elle prend plus qu’elle rend, elle prend plus qu’elle donne. Et il faut revaloriser la réflexion de « qu’est-ce que je donne » pour avoir le droit de recevoir le niveau de finances auquel j’aspire. Et ensuite, qu’est-ce que je fais de ces finances derrière?
Donc, il y a… J’aime la mention pour avoir le droit. Parce qu’on dirait que le droit, c’est genre, « Où qui te donne le droit? » C’est une question de mérite aussi. Est-ce que pour toi, comme tu disais, c’est une histoire de balance, c’est une histoire d’échange, c’est une histoire de genre, tu ne peux pas prendre autant que tu donnes? Pour moi, la réflexion, elle se doit d’être collective.
Tu prends plus que tu donnes, je veux dire. En fait, si on réfléchit que d’un niveau individuel, effectivement, on pourrait se dire, il n’y a que moi pour m’autoriser à recevoir plus pour ce que je donne. Moi, ce que j’essaye d’apporter dans la vision du coup anticapitaliste, c’est aussi de se dire, en fait, mon gain individuel, il peut coûter au gain collectif des écosystèmes dont je fais partie et des gens qui m’entourent. Et si je regarde les choses avec cette vision plus large et systémique, en fait, mon gain individuel me coûte aussi parce qu’il appauvrit les collectifs et les écosystèmes dont je fais partie.
Si mon gain individuel de prendre plus se fait au détriment de, par exemple, redonner en termes de soins à l’écosystème naturel qui m’abrite, c’est ce qui se passe pour énormément d’entreprises qui détruisent l’environnement, eh bien, en fait, à un moment donné, mon gain individuel va devenir mon coût individuel parce que je ne pourrai plus juste respirer et donc mon entreprise de toute façon va disparaître.
Mais on peut faire la même chose après dans tout type d’écosystème et on le voit beaucoup. Il y a eu tous ces mouvements, tu sais, quand la formation en ligne, c’était un peu la course, l’Eldorado, la course vers l’or, il y a beaucoup de gens qui sont arrivés dans ce marché, qui ont fait beaucoup d’argent sur des stratégies très agressives et qui, en deux ans, il n’y avait plus aucune confiance en eux sur ce segment et donc, ils sont passés à la crypto et après la crypto, ils sont passés au metaverse.
Il y en a plein des gens qui ont fait ce cheminement, j’imagine que tu en connais. Souvent, c’est parce que, du coup, ça a été très extractiviste. Je prends la valeur pour moi et quand je vois qu’il n’y a plus de valeur à prendre, je vais prendre la valeur ailleurs et puis je vais prendre la valeur ailleurs et puis je vais prendre la valeur ailleurs sans réfléchir à comment je fais pour que l’écosystème dans lequel je m’insère aille dans la bonne direction de façon durable.
C’est souvent des gens, oui, j’en connais quelques-uns, mais c’est des gens que je ne connais plus dans le sens où qui sont d’une autre vie à moi, qui ne sont plus dans mon environnement finalement, mais qui effectivement, c’est le genre de discours qu’on avait, j’en ai parlé sur le podcast de Tony où il y avait un doute dans mon passé qui est un ancien partner d’affaires et qu’il ne fallait pas qu’on laisse l’argent sur la table, il fallait faire une promotion tous les jours, il fallait que ce soit puis je l’ai entendu dire souvent qu’il fallait squeeze the money out of the list puis juste cette vision-là, je la trouvais dégueu.
Puis j’en ai vu d’autres aussi avec les voyages, c’était malheureusement souvent des hommes qui faisaient, ils bâtissaient des boutiques de dropshipping puis ils partaient à une autre affaire ensuite puis c’était souvent aussi ces personnes-là qui n’avaient pas de sens à ce qu’ils faisaient. Exactement. Puis éventuellement, c’était vide puis ils n’étaient pas attachés à ce qu’ils faisaient, ils créaient des trucs mais ils n’étaient aucunement attachés personnellement à ce qu’ils faisaient puis ce qui est aussi nocif outre la partie environnement.
Ce qui est hyper intéressant, pardon, je peux rajouter? Non, oui, vas-y, vas-y. Ce qui est hyper intéressant là-dedans, c’est que ça touche à une question philosophique de c’est quoi les objectifs après lesquels on court, c’est quoi le but de tout ça et ce que tu touches là, c’est le fait qu’on présente souvent le travail ou l’argent presque comme une valeur morale, genre c’est un but en soi le travail ou c’est un but en soi l’argent, alors que ça ne l’est pas.
Justement parce que si on définit le travail et le fait juste de travailler ou de gagner de l’argent comme notre quête, il y a un moment où ça se vide de sens. Le seul moment où l’argent, ça nous motive, c’est quand on en manque et donc quand on l’a, le sens, il se décale sur autre chose et du coup, moi j’ai vraiment cette réflexion de me dire, je n’ai pas envie d’optimiser toute ma stratégie d’entreprise juste pour faire en sorte de rentrer un truc où dès que je l’aurai, je n’en aurai plus rien à faire parce que je l’ai.
Genre j’ai envie de courir après un truc qui est une vraie quête qui émotionnellement me touche et qui me lie avec d’autres gens et qui, enfin tu vois, j’ai l’impression qu’il y a des quêtes plus importantes et plus grandes et qui pour moi du coup sortent de la vision capitaliste du monde qui est accumuler de l’argent, faire en sorte que mon patrimoine se fructifie sans prendre en compte le patrimoine des autres, etc.
C’est ça, mais il y a façon quand même d’être le « et ». On en a parlé tranquillement tantôt, mais tu sais, je pense à, tu sais, en ce moment, on parle de patrimoine, j’ai un gestionnaire de patrimoine puis en tant qu’entrepreneur, il y a le gouvernement qui ne va pas m’aider à avoir une retraite non plus puis en tant que propriétaire d’entreprises incorporées qui n’est pas une société en France, moi, la façon la plus efficace de bâtir une retraite, puis je vais mettre des guillemets partout parce que des retraites, mais bref, c’est d’investir des placements en même ma business puis tout.
Ça, je le fais pour mon futur, je le fais pour, tu sais, puis ça nécessite des revenus maintenant, mais ça ne veut pas dire que les revenus qu’on génère là qui sont… J’en ai pas besoin maintenant. J’en ai besoin pour dans 40 ans. J’en ai besoin pour dans vraiment longtemps, mais il faut que je les génère maintenant pour qu’ils créent ça. Mais ça, c’est à la base très égocentrique. On s’entend que, genre, c’est juste pour moi.
Après ça, c’est sûr que mon entreprise peut faire du bien, peut quand même… comment est-ce que les clients se sentent quand ils passent à travers, comment c’est quoi la valeur et ainsi de suite. Pour moi, ça, c’est la partie « et », c’est la partie s’enrichir dans un cadre de sécurité, de vie sociale, humaine. Puis on s’entend, il y a sécurité puis sécurité, je ne me mets pas nécessairement le minimum viable, j’essaie de mettre un salaire qui fait du sens pour la suite. Et créer quelque chose de bon, tu sais. Ouais. Le « et ». Clairement.
Ben, c’est toute la question que chaque personne se pose dès qu’on est entrepreneur à mon sens ou devrait se poser et que nous, on essaye d’accompagner dans nos programmes, c’est se poser cette question de être en sécurité financière pour moi, être en épanouissement financier ensuite, parce que pour moi, il y a la sécurité. Point 1, je survis, je subviens à mes besoins primaires, je me loge, je me nourris, je ne suis pas en crise constante. Puis il y a l’épanouissement financier, ça veut dire je profite de la vie, j’ai de l’argent pour nourrir mes loisirs, les trucs qui sont importants pour moi.
Mais à mon sens, c’est l’endroit où ensuite ça doit s’arrêter. C’est-à-dire, do I really need more? Et si c’est plus, à quoi est-ce que je… pourquoi j’utilise ces finances? Parce qu’il y a une différence entre, tu vois, les stratégies dont tu as parlé d’investissement, etc. pour générer des finances pour plus tard, pour une sécurité long terme. Parce qu’effectivement, moi aussi, j’ai envie de réduire la dépendance à mettre de l’énergie chaque journée, chaque semaine, chaque mois, chaque année et que si je ne mets pas d’énergie, je n’ai pas de retour.
J’ai envie d’optimiser pour me dire, l’énergie que je mets maintenant, quand j’aurai 70 ans, 80 ans, je vais en tirer une partie. Donc, dans ce sens, l’investissement fait grave sens. Mais, s’il y a des excédents aujourd’hui, ou des excédents encore plus grands dans 3 mois, 6 mois, 20 ans, 40 ans, qu’est-ce que je fais de ces excédents? Est-ce que je les garde que pour ma petite pomme et mes enfants et mes descendants? Tu vois, est-ce que j’optimise pour ma famille ou est-ce que j’optimise pour les enjeux que l’équipe de la civilisation humaine traverse maintenant tout de suite?
Un de ces enjeux étant le fait de pouvoir survivre tout simplement. Et tu vois, c’est ça les réflexions plus grandes, c’est de se dire, en fait, moi en tant que personne, ma famille, ma nation, les gens de même nationalité, on ne peut pas gagner si tous les êtres humains ne gagnent pas ensemble et donc pour que tous les êtres humains gagnent ensemble, d’ailleurs, ça veut dire que tous les êtres vivants de la biodiversité gagnent ensemble aussi parce qu’on sait que les humains sans biodiversité ne survivent pas sur cette planète.
Tu vois, ça ouvre la réflexion sur plus large et pour moi, ça veut dire, en fait, je dois arrêter de considérer que mon équipe, c’est moi contre les autres. Mon équipe, c’est on est tous dans le même bateau, en fait.
Pourquoi est-ce que c’est important pour toi? Comment est-ce que ça a fait son chemin dans ta vie, le concept de l’anticapitalisme? Je pense que ça n’a pas démarré par anticapitalisme, ça a démarré par d’autres luttes, d’autres causes qui me parlaient, la première étant l’écologie. C’est la première grande cause qui m’a touché et rentré dans ma vie. Déjà par la prise de conscience qu’il y a de fortes chances si rien ne bouge encore malheureusement aujourd’hui, alors que j’ai pris conscience de ça je pense il y a bien une dizaine d’années, que dans pas si longtemps que ça, 2030, 50, enfin voilà, dans mon vivant, les conditions d’habitabilité de la planète ne soient plus au rendez-vous pour qu’on soit épanoui en tant que civilisation et en tant qu’espèce.
Déjà ça, c’est une prise de conscience qui m’a fait plonger en me dire waouh, il y a un gros problème. Puis ensuite, je crois que la prochaine rencontre, c’est le féminisme. Enfin tu vois, genre c’est step by step dans ce que je considère être les causes les plus importantes de notre civilisation et en fait, tu te rends compte que le boss final, c’est le capitalisme et c’est le fait que notre société soit organisée d’une certaine manière qui crée énormément d’inégalités et qui crée le fait que tout simplement on détruit notre environnement, enfin on détruit ce qui nous permet d’exister. Et genre le capitalisme c’est le point final, tu vois.
C’est une discussion qui n’est pas, à moins que tu as une réponse, je veux dire, écoute, il faut qu’on la partage au effort, mais c’est quoi la réponse? Parce que tu sais, des modèles de société, il n’y en a pas des tonnes. Puis il n’y en a aucun de parfait, de ma connaissance. À chaque fois qu’il y en a un nouveau qui rentre, c’est jamais la bonne fin. Fait que pour moi, le capitalisme a cette partie d’individualité là aussi, mais il y a des mauvais côtés comme l’accumulation, le partage, tout ce qu’on a nommé. On fait quoi? Est-ce qu’on reste dans un capitalisme modifié, le 2.0? Qu’est-ce qu’on fait?
Si j’avais la réponse, évidemment, je suis en train de l’implémenter et pas faire une entreprise. Mais je pense que la première chose, c’est questionner. C’est de se dire, on a grandi, toi et moi, dans un système dominant. Il n’y a pas eu l’époque de avant nous. Il y avait des affrontements entre des systèmes qui essayaient de prévaloir comme la meilleure manière de s’organiser. Depuis que nous, on est enfants, ce n’est plus le cas. Le capitalisme est partout dans le monde entier. C’est le modèle accepté par tout le monde.
Et je pense que du coup, le premier questionnement, c’est de se dire, est-ce qu’il y a autre chose qui existe? Est-ce qu’il y a d’autres manières de s’organiser qui sont parlantes? Comment je peux faire ça à un petit niveau déjà? Moi, par exemple, je n’ai pas envie de suivre le chemin de la famille nucléaire où on habite ensemble, le chien, l’appart, la maison, etc. Moi, j’ai envie d’habiter en communauté et donc de bâtir des modèles de résilience qui sont basés sur une communauté.
Donc, on habite genre à 10 dans les mêmes environnements. On partage des choses, on joue avec les finances des unes et des autres pour que tout le monde soit épanoui. Et ce n’est pas mes finances vs tes finances et si je te donne de l’argent, tu dois me rendre exactement le même montant où je te fais un prêt et je gagne des sous sur le fait que tu aies besoin de sous. Tu vois, c’est réfléchir à des modèles de vie déjà à notre niveau différent et espérer que ça, petit à petit, de par le fait de prendre la parole médiatiquement, d’exercer une pression politique aussi sur des gens qui, a priori, politiquement, veulent aider dans cette direction, et espérer que, petit à petit, tout ça fasse naître assez naturellement d’autres visions du monde qui parlent plus.
Mais, fort heureusement, il y a plein de gens très intelligents qui travaillent sur ça tous les jours, qui écrivent des livres fascinants sur tout ça, que j’essaye de lire, que j’essaye de mettre en avant dans mes contenus. Donc, il y a plein de réponses émergentes, par exemple, un livre qui s’appelle La Décroissance, c’est une proposition pour un autre modèle économique qui n’est pas basé sur toujours plus gros, plus gros, plus gros. Il y a plein d’économistes qui y réfléchissent, il y a plein de sociologues qui y réfléchissent. Donc, allez lire tout ça, lire de la philo, lire de l’économie. Pour nous, en tant qu’entrepreneurs, je pense que c’est bien de commencer par s’éduquer, en fait, sur tout ça. Et pas juste bouffer des bouquins marketing, du coup. Oups.
De quelle façon est-ce que ton entreprise à toi est anticapitaliste? Alors, la première chose, c’est dans nos produits. On apporte dans tous nos formats d’accompagnement cette réflexion de se dire on parle pas que de business parce que si on parle que de business, on parle que de comment tu fais pour mieux vendre et mieux t’enrichir. On parle aussi d’épanouissement individuel, comment tu fais pour pas te cramer au service d’une machine que t’as toi-même construit. Et on parle du coup de pensée systémique, c’est-à-dire comment tu fais pour que la réflexion entrepreneuriale que tu mènes prenne en compte les inégalités sociales, prenne en compte les inégalités de genre et donc les causes féministes, prenne en compte l’écologie.
Donc, que ces questionnements soient constamment présents dans toutes nos réflexions business de quelle offre je crée jusqu’à quel système de vente je mets en place. Donc ça, c’est la première chose. On a un rôle de diffusion pédagogique et aussi médiatique dans tous nos contenus pour que ces questions prennent de plus en plus de place dans l’écosystème de la formation business. Et moi, je prends un peu le rôle de lobbyiste. J’ai envie d’en parler sur tous les podcasts. J’ai envie de parler dans toutes les formations et tous les gens qui, pour l’instant, ne m’ont pas encore dit « Viens parler de ça », je leur colle au cul jusqu’à ce que cet épisode existe sur leur podcast parce que, pour moi, ils ne sont pas responsables de ne pas le faire.
Et la deuxième chose, c’est qu’on a une vraie réflexion financière. Cet équilibre que je te disais tout à l’heure, comment je fais pour qu’il y ait un équilibre entre le fait que nos produits nous assurent, moi et l’équipe, sécurité et épanouissement financier, level one, puis quel système de redistribution on met en place. Et donc, par exemple, il y a un pourcentage de toutes les rentrées d’argent de la boîte qui est redistribuée à des causes qu’on choisit ensemble avec l’équipe. Des fois, je fais même voter la communauté pour qu’on soit un véhicule qui fait rentrer des finances et qui les redistribue aux choses qui, à notre sens, selon notre vision du monde, est importante.
Oui, c’est hyper important, ce que tu dis, c’est que chacun, chacune d’entre nous doit trouver sa place dans la lutte. Moi, j’ai ma place, ma place médiatique, elle me parle de ouf, j’adore faire ça, c’est facile pour moi de créer du contenu, c’est facile pour moi de venir ici en parler, et donc, j’ai pris un peu cette posture de dire, c’est ça, notre place, c’est, j’appelle ça souvent du militantisme médiatique, et on fait ça, du coup, dans la pédagogie aussi. Mais effectivement, je pourrais ne pas du tout parler de tous ces trucs-là, mais en arrière boutique, avoir un système de redistribution hyper coriace, un mode de vie pas du tout consommateur où j’optimise vraiment sur mon bilan carbone, enfin, il y a plein d’autres choses.
Et d’ailleurs, ce que tu mentionnes là, c’est un peu le sujet du livre que je suis en train d’écrire, donc tu me donnes une place. Oh, spoiler alert! Essayer d’aider les gens à trouver leur place dans ces combats et se dire, ce truc-là, je vais aller à fond dessus ou alors au contraire, je vais essayer d’optimiser pour tout.
Et tu vois, il y a d’autres gens qui vont se dire, je ne vais pas générer des finances à redistribuer, je vais m’engager dans une lutte écologique et dans un assaut et je vais donner ma vie et mon temps à ça et je vais aller essayer de défoncer les usines totales et je suis en mode, mais trop bien, si c’est ça qui t’inspire, qui te parle, on a besoin de gens comme toi. On a besoin de gens qui font du militantisme médiatique comme moi. On a besoin de gens qui sont ultra experts de leur sujet mais qui boycottent toutes les entreprises qui font de la merde. Tu vois, on a besoin de tous ces trucs-là pour qu’ensemble, on y arrive parce que si on a que des gens comme moi, ça ne va pas marcher, il faut des gens sur le terrain, tu vois. Oui, il y a différentes façons d’être une bonne personne, basically.
Ka-Ching. Comment on fait le lien? C’est ça ma question. Je ne me suis jamais cachée d’aimer l’argent. Je cite même le nom du projet, c’est le son de l’argent. Je veux dire, c’est l’argent. L’idée d’offrir tous ces outils-là aux gens, finalement, à si bas prix, pour moi, c’est de les aider à faire aussi plus d’argent en ligne. Je tombe dans la catégorie des gens, justement, qui sont comme, OK, fais de l’argent. Pourquoi toi et moi, on s’entend? Pourquoi est-ce que tu as accepté de faire partie du bundle? En fait, même c’est toi qui t’es pitchée. Oui.
Je vais parler déjà de pourquoi moi, dans ce conteneur que tu as créé, et ensuite, peut-être, je peux parler de mon avis du conteneur que tu as créé. C’est que je viens de dire que mon rôle, c’est de faire du militantisme médiatique. Ça veut dire qu’un de mes objectifs, c’est d’être aux endroits où il y a l’attention des gens. Quel meilleur endroit pour avoir l’attention de toutes les personnes, enfin, pas toutes, mais une grande partie des personnes de notre petit écosystème, des entrepreneurs solos qui veulent progresser dans leur business, que ce truc que tu fais depuis 5 ans où il y a tous les ans, je ne sais pas combien c’était la première année, mais là, il y avait quoi, 10, 13, peut-être 15 000 personnes inscrites, je ne sais plus. 14 000. 14 000. 14 000, oui.
Je suis devant 14 000 personnes pour faire parler de ce message que je viens de porter là. C’était un peu décalé, là, c’était sur le consentement, donc c’est un sujet féministe, mais ça fait partie de cette même lutte, à mon sens, parce que les luttes se croisent. Genre, c’est débile de ma part de dire, je suis militant médiatique, je veux capter l’attention des gens pour parler de ces sujets et de me dire, je vais me priver d’un espace où il y a 14 000 personnes qui vont m’écouter. En plus, j’étais la première journée, genre l’attention de tout le monde est là, genre j’ai 15 minutes, je peux faire ce que je veux.
Donc dans ce sens, pour moi, ça fait tellement sens de venir faire partie pour cette raison, pour influencer les participants, parce que je considère qu’être dans le groupe avec tous les autres gens qui étaient invités, c’est aussi une occasion de peut-être leur planter des nouvelles graines quand on était au gala dans les loges, par exemple, on a eu une super conversation sur pourquoi est-ce que, à mon sens, et au sens de Nina qui est assez raccord avec moi, Nina Ramen, on parlait de pourquoi est-ce qu’on pense que toutes nos entreprises, des gens ici, devraient être plus politisées et pourquoi la politique, c’est important. Et du coup, on a fait un peu notre travail militant à cet endroit-là avec des gens qui ont aussi de l’attention d’autres personnes. Enfin voilà, donc pour moi, c’était un no-brainer, tu vois, de me dire, bon ben voilà.
Une stratégie d’infiltration. En plus, je vais prendre des finances que quelqu’un d’autre qui a peut-être une vision aux antipodes de la mienne du monde prendrait à ma place si t’avais invité quelqu’un d’autre, tu vois, je suis en mode ben non, give me the money, I’m gonna use it better. Tu vois? J’adore. Oui. Oui. Pourquoi on s’entend, toi puis moi?
C’est que je n’entends pas dans ce que tu fais tout ce qu’on a décrit plus tôt de accumuler pour accumuler faire un truc qui te parle, enfin, tu ne ferais pas Ka-Ching depuis 5 ans avec l’énergie que ça te coûte, avec enfin, tout ce que je vois de l’intérieur de à quel point ça te mine énergétiquement, tu aurais arrêté. Tu ne te serais pas dit ok, c’est un quick win tranquille, non. C’est qu’il y a quelque chose qui te parle, c’est que tu as trouvé quelque chose dans l’aventure entrepreneuriale que tu as envie d’offrir à d’autres personnes qui te libèrent, qui te permet d’avoir des conversations comme ça.
Je sais que tu es ouverte à ça aussi, sinon tu ne m’aurais pas invité. Enfin voilà, tu m’invites à faire un podcast pour parler de ça. Donc je sais que il y a quelque chose dans cet ordre. Et moi, je ne suis pas en train de dire que les gens qui vont à l’encontre de mes messages sont des ploucs. Je suis là pour leur dire ayons une conversation, écoute-moi, je pense que je peux te faire changer d’avis parce que je sais que tu es quelqu’un d’intelligent. Et donc c’est pour ça qu’on s’entend. Tu es une personne intelligente, tu as les oreilles ouvertes, tu sais qu’il y a à prendre dans tous les sens et tu m’invites à ta table pour qu’on en parle. Donc à partir de là, let’s go. Tu pourrais être une pire capitaliste encore, je serais là quand même. Tu vois? Parce que c’est mon rôle de venir te parler.
Ben c’est, ça montre la grandeur de ton âme même parce que c’est difficile d’avoir des discussions avec des gens qui sont, qui n’ont pas le même avis que nous en général. Puis tu sais, il n’y a pas grand-chose de ce que tu as dit à date que je ne suis pas d’accord. Après ça, c’est des choses des fois qui sont plus difficiles à appliquer parce qu’on est souvent très égocentrique dans comment est-ce qu’on bâtit notre vie. Puis je pense que ça fait partie juste initialement, une fois que la survie est bâtie, tu vas avoir quelque chose de meilleur, tu vas avoir une vie meilleure.
Puis tu vois des différents luxes. Après ça, il y a la question de comment est-ce que le luxe est fait. Peut-être que le luxe est problématique pour la planète. Mais bref, toutes ces conversations-là, plus on les a, plus on est capable de réfléchir à ça. Mais on a quand même ces besoins-là d’expérimenter des choses qui ont l’air extraordinaires, qui créent des souvenirs, des mémoires. Puis de trouver le sweet spot entre comment est-ce que je vais me gâter comme individu puis comment est-ce que je vais redonner le plus possible. Est-ce que c’est parce que c’est ça que tu veux? Est-ce que c’est parce que tu veux avoir l’air de quelque chose aussi? Tu veux-tu avoir l’air de la bonne personne puis faire du virtue signaling, ce genre de truc-là? Mais comme, trouver cette fine line-là, c’est pas évident.
Déjà, je pense qu’une super question à se poser, c’est pourquoi est-ce que ces besoins existent à l’intérieur de moi? Parce qu’aucun de ces besoins, de ces envies, de ces rêves, de ces désirs de vivre telle expérience, etc., on les a jamais choisis. On les a accueillis de l’extérieur, on les a hérités de quelque part. Et je vais donner un exemple qui fait partie de mon aventure personnelle avec l’écologie. Pendant toute une période de ma vie, j’étais biberonné notamment via Instagram au contenu genre outdoor photography. J’étais amoureux de gens comme Alex Stroll, des gens qui passent leur vie à voyager dans des endroits de dingue, prendre des photos de ouf, faire des vidéos incroyables en Islande, en Alaska, tous ces endroits où tu vois des paysages que tu vois jamais nulle part.
Et donc, c’est devenu un de mes rêves et une de mes aspirations de devenir ce genre de personne. Et je me suis acheté je ne sais combien de formations en ligne sur la photographie outdoor, comment concevoir ça, vendre ça, faire des vidéos. J’ai commencé même à un moment à lancer des offres là-dessus. Au début de ma vie de freelance, je commençais à vendre de la photo dans l’espoir d’aller vers ça. Et à un moment donné, je me suis dit mais en fait, est-ce que c’est mon rêve ou est-ce que j’ai hérité de ce rêve par les contenus et les médias que j’ai consommés qui m’ont vendu ça comme le rêve que je devais avoir pour vivre une vie trépidante, excitante et nourrir mes envies et mes aspirations.
Ça dépend, comment est-ce que ça te faisait sentir? Ce que j’en suis rendu compte, c’est que je n’avais pas choisi ça. J’avais hérité de ce rêve et que le coup pour vivre mon rêve, c’était prendre l’avion tout le temps. L’avion, c’est un des trucs écologiquement parlant les plus drastiques qu’on peut faire qui réduit notre empreinte carbone, c’est arrêter l’avion. Ce que j’ai décidé de faire ou de le prendre, les recommandations, c’est un long courrier tous les huit ans. Donc, c’est la décision.
Ouais, intense. Ça fait que je ne te verrais pas Montréal avoir un bout là. Exactement, ouais. Donc, j’ai effectivement, c’est la décision que j’ai prise, pas un long courrier tous les huit ans. Et du coup, je me suis dit, en fait, c’est incompatible. Les valeurs et ce qui est important pour moi que je porte ne sont pas compatibles avec ce rêve que j’ai eu depuis tant d’années. Et ce qui m’a fait du bien, c’est de me dire, c’est pas mon rêve. C’est le rêve qu’on m’a vendu et que j’ai accepté d’acheter sans payer, tu vois, mais j’ai accepté de le prendre en ma conscience, de me dire, c’est mon rêve et j’ai envie d’y aller. Mais c’est pas moi qui l’ai choisi.
Et c’est pareil avec tout. Mais tu peux pas faire de la photographie outdoor sans prendre l’avion? Si, tu peux. Je pourrais. Il y a des paysages que tu verrais pas. Je pourrais voyager en France, etc., etc. Mais tu vois, c’est plus vraiment… Tu vois, l’équilibre de me dire, ah, en fait, c’est pas moi qui l’ai choisi, ça fait que je me suis reconnecté à d’autres choses qui me parlaient plus, au final. Oui.
Mais c’est juste, j’introduis ça juste pour questionner le fait qu’on se dit qu’on a des rêves, des désirs, des aspirations. En vrai, c’est pas les nôtres. C’est quelqu’un qui nous a vendus et un jour, on a accepté que ça allait devenir les nôtres. Donc, on peut les déconstruire. Et moi, c’est devenu plus important les causes que j’ai envie de défendre que les rêves que j’ai un jour achetés.
Et c’est pour ça qu’aujourd’hui, un des grands rêves que j’ai, c’est plus de voyager et de voir tous les pays. À un moment, je voulais cocher la liste de tous les pays du monde. Aujourd’hui, c’est je veux m’implanter au fin fond de nulle part en France, créer un écolieu, dynamiser la vie d’un village, peut-être être maire de ce village un jour pour faire de la politique. That’s the dream, tu vois? Et à mon sens, c’est beaucoup plus aligné avec les valeurs que je porte que de me dire je rêve d’une Ferrari ou je rêve de je ne sais quoi qui sont en fait des rêves que l’extérieur m’a vendus et dont j’en ai absolument rien à faire, tu vois?
Tu sais, ça, la Ferrari, je trouve que c’est un bon exemple parce que moi, les chars en général, je suis comme, OK, people. C’est même pas un actif. Genre, bref. Mais dans tous les cas, tu sais, mettons la photographie, la photographie, outre le matériel, outre les avions parce qu’on peut prendre la photographie n’importe où. Mon point, c’est pour ça que je t’ai posé la question, c’est comment est-ce que ça te faisait sentir parce que ça se peut qu’à la base, la raison pourquoi tu as commencé à t’intéresser à ça, c’est le marketing, le maudit marketing du démon, tu sais, celui-là. Mais en même temps, il y a eu un moment où tu as eu du plaisir à faire ça. C’est sûr. Comment est-ce que tu as su qu’est-ce qui était un rêve puis qu’est-ce qui était un rêve qui ne t’appartenait pas?
J’avais du plaisir dans la découverte de nouveautés, l’exploration, des voyages, etc. Je pense que la partie photo, vidéo, capturer ses instants et les partager sur Internet, c’était plus un désir orgueil. D’ailleurs, il y a un outil hyper intéressant qu’on utilise dans la vente pour identifier les aspirations des gens et orgueil, c’est souvent un que les gens disent non, mes clients, ils n’ont pas besoin de vivre ça alors que beaucoup de fois, c’est ça en fait, c’est l’orgueil de faire partie d’un mastermind par exemple, mais en fait, c’est parce que si je fais partie de ce mastermind, ça veut dire que je suis tel type de personne et donc c’est l’orgueil qui me fait acheter plus que le fond de ce qu’il y a dans l’offre.
Donc, je pense que c’est ça qui se passait. Je voulais être le genre de personne qui vend du rêve sur Instagram parce que mon mode de vie vend du rêve et ça, c’était plus important dans ce rêve que le plaisir de la découverte, de la nouveauté, de capturer la photo, etc. Et c’est entre autres cette prise de conscience qui m’a fait me dire mais en fait, effectivement, j’ai acheté le film tout lisse marketé de ce que ça veut dire une vie bien vécue et une vie réussie. Et donc, j’ai recalibré sur qu’est-ce qui me fait du bien, qu’est-ce qui me crée du plaisir, qu’est-ce qui fait que je suis épanoui au quotidien et c’est pas ce truc-là.
Et ça, je trouve quelque chose qui m’a beaucoup apporté là-dessus, c’est la méditation et les pratiques de pleine conscience. C’est sortir des projections futures de je serai heureux et épanoui quand et revenir dans aujourd’hui, qu’est-ce qui me crée de la satisfaction, du plaisir, du bien, qu’est-ce qui me donne de la fierté.
J’ai fait juste avant notre appel, là, j’ai fait pendant deux heures, on fait ça tous les mois avec les clients qui sont membres de notre communauté, un bilan de leur mois pour préparer les objectifs et le plan d’action du mois suivant. Quatre premières questions du bilan. Comment tu te sens émotionnellement après un mois de travail dans ta boîte? C’est quoi ta liste de kiff? Toutes les choses qui ont créé du plaisir dans ton business ce mois-ci. Puis, fierté, toutes les choses qui ont créé de la fierté dans ton business ce mois-ci. Puis, gratitude, toutes les choses auxquelles tu as envie de dire merci parce que bordel, ta vie est déjà parfaite aujourd’hui.
Donc, c’est des gens, des trucs, etc. Ça, on veut optimiser pour ça. On ne veut pas optimiser pour ce que les gens penseront de toi quand tu pourras prendre une photo devant ton jet privé. On n’a absolument rien à branler parce que ça, ça n’existe pas. C’est du futur prospectif. S’il y a un rêve qui est lié à la validation externe de quelqu’un, probablement que ça ne t’appartenait pas à la base. Effectivement.
Tu as relevé les 20 défis de l’expérience Ka-Ching. Donc, trois vidéos slash reel par jour durant cette semaine-là. Tu as écrit des trailers de faux films en AI, les Ka-Ching Chronicles. Tu as fait des posts quotidiennement. Tu as organisé des webinars durant le lancement en parallèle de tout ce que tu as déjà fait. Bref, tu es allé all-in.
Bon. Tu m’as partagé one-on-one et sur ton podcast que tu es quelqu’un très compétitif. Comment est-ce que cette compétitivité-là, c’est weird le mot, coexiste avec tes convictions anticapitales? J’adore. Je ne sais pas si le mot compétitif, enfin, ce qui se passe derrière, en fait, c’est j’ai un biais qui me pousse à passer à l’action qui est le biais de groupe. Et ça vient d’un truc que j’ai identifié chez moi qui est dès que je suis dans un groupe, j’ai envie d’être celui qui a le mieux compris, donc un peu premier de la classe et celui qui a le plus contribué.
Et en fait, ce qui se passe dans les lancements, notamment là dans Ka-Ching où il y a le groupe de personnes, c’est qu’il y a mon côté premier de la classe qui est en mode OK, je veux faire le mieux, je veux impressionner, je veux montrer de quoi je suis capable. Et donc, il y a un côté un peu sport. L’endroit où ça se joue beaucoup pour moi aussi, c’est les jeux de société. J’aime bien les gens qui jouent aux jeux de société en mode on respecte vraiment les règles, on donne tout.
J’adore les jeux de société ultra stratégiques qui te font mal à la tête tellement il y a de trucs à prendre en compte, tu vois. Genre risque. Mais risque, c’est niveau zéro, Geneviève. Je vais te faire découvrir des jeux de société beaucoup plus poussés que ça, si tu veux. Moi, je suis une personne de jeu co-op, je suis comme on s’en va ensemble vers un but. Ça te ressemble, ça d’ailleurs.
Mais du coup, c’est ça qui s’active, en fait. Donc, je ne sais pas si c’est gagner et défoncer les autres, c’est plus, j’ai envie de donner le meilleur de ma performance, j’adore le challenge intellectuel que c’est, finalement. Et du coup, je pense que c’est ça qui s’active, parfois au détriment de mon propre bien-être et épanouissement, comme je l’ai dit sur le podcast qu’on a enregistré sur mon podcast, que des fois, ça me crame.
Mais ouais, c’est ça qui s’active. Comment je le mets au service de mes convictions? Je pense que dans le lancement de Ka-Ching, il y a eu un super exemple où tout mon lancement et toutes mes prises de parole étaient optimisées pour faire du bien aux gens en face. Il y a des reels que j’ai fait qui étaient genre en mode voici pourquoi tu ne devrais pas acheter et je comprends. Il y en a un que j’ai fait par exemple sur un truc que j’observe dans les truques de système où les gens ont de moins en moins confiance envers les personnes comme nous parce qu’il y a beaucoup de gens qu’on a mentionné plus tôt qui ont exploité ça pour prendre des thunes, pour vendre des produits qui en vrai il n’y a rien dedans, ça n’a pas de valeur.
Et donc j’ai fait un reels pour m’excuser au nom de ces gens-là et en disant si jamais ça ne te plaît pas, si jamais ça ne te parle pas, c’est ok, je comprends. Merci de respecter tes limites et de ne pas acheter ce truc si tu n’arrives pas à avoir confiance, c’est ok. J’allais te demander comment est-ce que ta communauté a vécu ton investissement dans le projet? Mi-figue, mi-raisin? Non, j’ai eu quelques messages de gens qui m’ont demandé tiens, je suis surpris de te voir dans Ka-Ching, etc. par rapport aux valeurs éthiques parce que c’est beaucoup de gens qui n’ont jamais vécu de l’intérieur donc ils ne te connaissent pas.
Donc j’ai eu le même discours que j’ai tenu tout à l’heure. Puis souvent, les gens ont l’habitude de me voir dès que je participe à un truc, je suis à 1000%, je n’arrive pas à m’empêcher d’y aller comme un ouf. Un exemple que je donne souvent, j’avais participé à un autre programme, un autre événement en ligne qui s’appelle le Défi Briques qui est organisé par Kylian Talin et Valentin Decker et je l’ai fait l’an dernier et les gens pensaient que j’avais co-organisé tellement j’étais investi. Alors que non, moi j’étais venu en mode… Je pense que j’y pensais la même chose. Voilà, tu vois.
Et je ne peux pas m’empêcher en fait. Quand je vais dans un truc, j’y vais comme un fou mais je le mets au service de ce qui est important pour moi. Donc là, un autre truc que j’ai fait dans le lancement parce que je trouvais que c’était galère pour les gens de s’y retrouver et qu’ils ne savaient pas exactement tout ce qu’il y a dedans. Je me suis inscrit à toutes les formations une par une et j’ai pris tous les contenus de tous les modules et j’ai fait un énorme tableau Notion avec toutes les formations, tout ce qu’il y avait dans tous les modules. J’ai fait un truc pour estimer le temps de chaque formation. Enfin voilà, j’ai tout fait comme ça dans un tableau Notion et du coup, je mettais dans mes stories si tu veux le contenu des formations, j’ai un petit tableau, je te l’envoie.
Et du coup, j’avais des conversations avec je pense bien 150, peut-être 200 personnes pendant la semaine pour partager le tableau. Sur le tableau, il y avait évidemment mon petit lien affilié qu’on se le dise, c’était une bonne stratégie parce qu’il y a plein de gens justement qui ne savaient pas trop ce qu’il y avait dedans. Ils m’ont demandé des conseils pour les gens dans les discussions. Je leur disais vas-y, dis-moi ta problématique et je te dis le top 3 des formations à prioriser pour que tu commences par les bonnes. Et du coup, je leur ai fait ça.
Donc, j’étais en mode contribution max et en fait, c’est ça, les reels tous les jours, c’était aussi contribution max. Les défis, je les ai relevés. Pourquoi? Parce que je voulais aider des gens à les relever de façon plus fluide et donc moi, je vois les trous où les gens peuvent se dire ah, j’ai pas réussi parce que et j’avais rempli tout un tableau aussi pour les gens dans ma newsletter où tous les jours, je remplissais toutes mes notes sur les défis. Donc, la vidéo, c’était la pointe émergée de l’iceberg. Il y avait la vidéo sur Insta mais j’avais ce tableau où je remplissais toutes mes notes et mes pensées sur les exos pour que les gens qui me suivent puissent mieux faire les exos après parce que j’ai anticipé les trucs où ils pourraient bloquer quoi. Enfin bref, voilà.
C’est comme un rêve d’organisateur d’avoir quelqu’un comme toi dans un projet comme ça, mine de rien, c’est genre nice. Il y a quelqu’un vraiment qui, c’est presque comme si, ben, c’est comme avec le défi brique, tu sais. C’est genre, OK, mais j’ai presque quelqu’un à l’interne qui m’aide, qui est autant investi que moi. Mais en même temps, effectivement, comme tu dis après ça, il faut être capable derrière de se doser soi-même parce que, ben, c’est ce que je ne sais pas très bien faire. Il n’y a plus rien, tu sais. C’est une de mes challenges.
Écoute, ça dépend, tu sais, dans le cadre d’un projet avec d’autres personnes, c’est rare que je me donne autant que je me donne dans mes propres projets, genre. C’est-à-dire, mettons, Ka-Ching, je n’aurais jamais travaillé 120 jours de suite pour quelqu’un d’autre, tu sais. Mais en même temps, moi, il y avait une responsabilité envers vous autres, spécifiquement envers vous autres. Évidemment, les gens qui allaient pouvoir acheter, mais c’était en fait avec les gens qui avaient signé avec moi parce que pour moi, c’était respecter ma parole, c’était écrire quelque chose. J’avais une responsabilité de me rendre au bout de ça puis de faire en sorte que vous aviez fait un trou dans votre horaire puis il faut absolument qu’on fasse ensemble. Pour moi, c’était une question de responsabilité, mais si ça avait été juste littéralement purement de l’affiliation pour quelqu’un d’autre, je me serais… J’étais comme, OK, excuse, mais là, j’ai ma vie, tu sais.
Je pense qu’effectivement, il y a une bonne balance à aller trouver, mais au final, outre redonner beaucoup ce que ton contenu a fait, tu sais, tu as énormément supporté puis donné beaucoup de valeur, ton contenu t’a aussi permis de faire pas mal de revenus, tu sais. Mais comme tu disais tantôt, après ça, qu’est-ce que tu fais avec, tu sais? C’est ça qui fait de toi quelqu’un d’anticapitaliste.
Ben, ouais, ce qui s’est joué à ce moment-là aussi pour nous, je pense, c’est que… En fait, une des raisons pour lesquelles j’ai joué le jeu autant, parce que je ne le joue pas sur 100% des projets, tu vois, des fois, on m’invite à prendre la parole sur des sommets de je ne sais quoi, je ne m’implique pas autant. Donc là, il y avait aussi le fait que je vais donner beaucoup, mais je sais que je vais recevoir derrière et à mon sens, il y a un équilibre qui s’est joué entre à quel point je me suis investi et effectivement, le retour que j’ai eu et pas que financièrement, mais aussi en termes de visibilité, nouvelle audience sur mesure par rapport à nos sujets.
Ouais, tu m’as parlé de ton list building qui a explosé. Énorme, c’était énorme le nombre de personnes qui sont inscrites sur la newsletter en même temps. Je sais que c’est des personnes avec qui on va pouvoir collaborer. Ouais, on était à genre 3000 et à la fin de Ka-Ching, on était à 4200, un truc comme ça, genre 1200, je pense. C’est un peu moins, mais quand même, c’est fou. C’est presque 1,5. Et du coup, ça, je sais que c’est des gens avec qui peut-être je vais travailler dans deux ans, tu vois, et c’est très bien de travailler dans deux ans avec ces gens et pas forcément tout de suite.
Mais je savais que j’allais recevoir beaucoup et aussi, ce qui était hyper intéressant et ce qui a fait que, globalement, premier trimestre, Ka-Ching, c’était mon objectif prioritaire de tout. Genre toute ma boîte, c’était Ka-Ching, l’objectif prioritaire, notamment parce que j’ai un enjeu dans ma boîte qui est la saisonnalité de nos revenus. Nos revenus, ils sont très présents sur la deuxième moitié de l’année et en début d’année, on a toujours des enjeux complexes. L’année dernière, par exemple, j’ai lancé une nouvelle formation en mars, la formation qui était dans le bundle cette année, justement pour essayer de corriger ça. Donc là, je me suis dit, OK, plutôt que de faire un truc pour nous, un nouveau lancement ou relancer cette formation ou quoi, il y a Ka-Ching, j’ai plein d’avantages que je vais pouvoir en tirer. Donc je vais y aller, je vais donner un max.
Au final, ça a été le cas. J’ai outrepassé les objectifs que je m’étais fixé, d’ailleurs. Donc c’était une super, super histoire. Ouais, c’était trop bien. Je suis très content. À part la quantité de contenu pendant cinq jours à la fin, l’appel à l’action, c’était donc d’acheter. Maintenant, donc pas mal de ventes. Right. Évidemment, ton expertise partagée dans le bundle, c’était la prospection consentie.
Comment est-ce que tu t’es assuré que la vente de Ka-Ching reste consentie tout au long de la promo considérant l’éclipse marketing slash tsunami? Ce qui a beaucoup marché pour moi pendant ce lancement, c’est les conversations individuelles avec les gens. Et du coup, c’est dans la discussion individuelle que ça se joue sur le soin que je mets dans le lien avec la personne et le fait d’être prêt à dire que ce n’est pas la bonne chose pour toi. Et il y a vraiment beaucoup de gens à qui j’ai dit n’achète pas. Ce n’est pas le bon truc pour toi.
Notamment des gens qui… En gros, il y a plein de gens qui disaient ah, j’ai peur de ne pas suivre les formations. J’en ai déjà plusieurs, etc. Donc, je leur ai dit… Je leur ai envoyé un autre tableau que j’avais préparé. Mets dans ce tableau la liste de toutes les formations que tu as déjà. Donc, je leur ai fait un template notion pour ça. Tu notes celles que tu as finies et les pourcentages d’avancée sur les autres. Et ensuite, tu compares les formations que tu as déjà avec les sujets qu’il y a dans le bundle. Si tu considères que tu as un manque à gagner sur au moins trois formations dans le bundle, a priori, ça fait sens. Sinon, si tu as déjà plein de formations sur des thématiques similaires que tu n’as jamais faites ou qui sont à 10% remplies, n’achète pas.
Du coup, il y a plein de gens qu’on peut acheter parce que juste, leur taf, ce n’est pas accumuler de nouvelles formations. C’est développer le muscle de j’achète une formation, je la suis, je l’implémente et après, je passe à la prochaine. Ça ne t’a pas empêché de performer, de dire aux gens de ne pas acheter quand c’est un bon moment. Exactement.
Et j’aurais pu, et ça, tu vois, vision anticapitaliste des choses, j’aurais pu me dire mon objectif, c’est de vendre à tout le monde, peu importe si je pense que c’est le bon truc ou pas et de les convaincre que c’est le bon truc. Ça, non. Mon but, c’est une vente réussie, c’est de vendre à la bonne personne au bon moment et le bon produit et faire en sorte que si ce n’est pas le bon produit, qu’elle dise non. Et même si elle dit non, si ce n’est pas le bon produit, c’est une vente réussie pour moi parce qu’elle a trouvé que sa réalité.
Donc ça s’est beaucoup joué dans les conversations individuelles et après, dans les newsletters que j’envoyais, les emailings, etc., il y a aussi ce discours-là un peu de pourquoi acheter, pourquoi pas acheter, opt-in, opt-out, enfin voilà, tous ces trucs plus techniques du emailing, pas bombarder ça à tout le monde qui n’a pas choisi. J’avais fait une liste opt-in en amont, donc les gens qui voulaient en savoir, ils s’inscrivaient en amont, donc ça, c’était ma liste auxquelles j’ai bombardé les mails parce qu’ils savaient qu’ils allaient les recevoir, tout ça, tout ça. Mais ça, c’est de la poésie à mes oreilles, la belle segmentation, c’est génial.
Non mais, en fait, la question que j’allais te poser, avant-dernière question, c’est par rapport aux objections parce que c’est dans les trucs de vente dans lesquels j’ai appris, ce que j’ai appris dans le parcours entrepreneuriat depuis le début, c’est comment gérer les objections. Puis, tu sais, par exemple, ah, moi, je ne pense pas que j’ai assez d’argent, ah, mais il faut que j’en parle à mon mari, ah, mais tu sais, ce genre de truc-là. Oui. Est-ce que tu laisses tout aller ça ou est-ce qu’il y a des trucs que tu vas essayer de plus creuser? Comment est-ce qu’on fait pour déterminer là où c’est correct de pousser puis de poser des questions? Ah oui, mais as-tu pensé à et laisser la personne faire ses propres décisions? Demander l’autorisation. OK. Genre, est-ce que tu…
Par exemple… OK qu’on continue à discuter? Voilà. La personne dit c’est trop cher, j’ai pas les moyens. J’entends qu’a priori, cette offre elle rentre pas dans ton budget. Est-ce que t’es OK qu’on explore d’autres possibilités qui pourraient faire que soit on trouve une manière pour que ça rentre dans ton budget, soit peut-être on prenne conscience de comment on fait pour que ça soit pertinent, même si c’est un investissement trop difficile. Et si la personne dit non merci, vraiment, j’ai pas envie d’aller plus loin, ben OK. Je respecte son non. Tout simplement.
Mais si elle dit oui, ben on explore les autres possibilités. Moi j’ai un programme d’accompagnement sur deux ans. Sur deux ans, ça coûte un certain montant de mettre l’argent up front. Et du coup, pour les personnes qui veulent en parler, on a une possibilité d’étaler le paiement sur deux ans et de faire une sorte d’abonnement, tu vois. Et il y a des gens pour qui ça passe quand c’est comme ça. Mais ça, c’est des conversations créatives. Et du coup, la raison pour laquelle la personne dirait oui, je suis prête à explorer plus, c’est si en amont, t’as créé un espace de sécurité entre vous où la personne, elle est pas en mode je suis là à recevoir des attaques et I need to dodge, tu vois, parce qu’elle est là pour défoncer mes objections.
C’est non, on cherche ensemble s’il existe une recette où nos besoins complémentaires se rencontrent et où on va pouvoir avancer de façon épanouie ensemble. Et si cette rencontre n’existe pas, moi en tant que client, il faut que j’ai la confiance que toi, en tant que vendeur-vendeuse, tu vas me dire « Ok, il n’y a pas de rencontre, c’est génial, bienvenue, je te souhaite tout le meilleur dans ta vie, continuons comme ça. »
Oui, puis tu sais, comme dans n’importe quel type de consentement, à n’importe quel moment, ça peut être non et on arrête. Exactement. Puis au final, oui, ça peut commencer dans une discussion puis que la personne, finalement, tu sais, tu crois, tu sais-tu quoi, finalement, ça me tente vraiment pas, mais c’est pas parce qu’elle a déjà dit oui qu’on l’explore.
Tu sais, il y a aussi toute l’histoire de genre « Ah, mais c’est pas le bon mindset. T’es pas dans le bon mindset en ce moment. » Oh, je t’ai pu réagir. Est-ce que tu as quelque chose à dire là-dessus? Oui, complètement. Ben, en fait, je crois qu’on le disait quand on a fait notre épisode de podcast avec Annie Eclair. Malheureusement, 99% des gens qui parlent de mindset, en fait, qu’est-ce qu’ils disent? Ils disent « Arrête d’écouter tes limites. Arrête d’écouter tes besoins. Arrête d’écouter tes émotions. »
Et en fait, c’est juste une sorte de machination qui a pris de plus en plus de place, qui est optimisée pour dire « Mindset égal ne pas s’écouter et faire des choses avec lesquelles, en vrai, on n’est absolument pas alignés. » Sous couvert de quelqu’un en face qui dit « T’as pas le bon mindset. T’as pas le bon… » Et qui genre force, force, force, force, force, force, force, force, jusqu’à ce que tu lâches. En te racontant en plus que c’est toi le problème.
Donc effectivement… C’est du gaslighting, physiquement. C’est complètement du gaslighting. Et ce qui est le cas en plus, c’est que souvent, c’est des mecs. Et donc forcément, t’es une meuf qui se lance dans l’entrepreneuriat. Tu te retrouves face à un mec que tu admires, qui a plein d’argent, selon ses posts Instagram, qui a plein de followers, etc. Et tu te retrouves dans un call face à cette personne et elle te dit « T’as pas le bon mindset, pose les sous sur la table, il faut donner avant de recevoir, il faut investir sur toi, blablabla. »
Mais évidemment qu’à un moment donné, sous la pression, tu lâches. Et c’est comme ça que tous ces gens où on a un peu peur de l’extérieur, etc., ils font qu’il y a des gens qui lâchent 15 000 balles, ils prennent toutes leurs économies pour aller à un séminaire de trois jours, je ne sais où. Genre, j’entends des histoires des fois avec… J’ai dû repêcher des fois des clients qui allaient foutre de l’argent dans des trucs débiles juste parce qu’ils se sont fait matrixer pendant une heure et demie d’appels de vente avec quelqu’un qui force, qui force, qui force, quoi. Et qui l’a fait se sentir tellement mal dans sa peau qu’elle a l’impression que la seule réponse c’est acheter un truc énorme derrière qui en vrai ne va rien changer à sa situation parce qu’elle a déjà entendu le contenu 30 fois avant.
Oui. Écoute, j’ai le temps pour une dernière question avant de terminer ça. Je suis désolé, j’ai complètement explosé le compteur. Finalement c’est tout le temps à peu près la durée moyenne de mes entrevues. Est-ce que c’est possible d’avoir de très grandes ambitions, d’être effrontée, de vouloir upgrader sa vie aussi puis en plus bâtir une entreprise capitaliste parce qu’on a l’impression que tous les géants n’ont pas cette vision-là?
Je pense qu’en France et au Québec aussi mais l’espèce de relation, l’argent c’est mauvais, l’argent c’est mauvais puis on voit les gens qui ont beaucoup de ressources comme étant tous des personnes mauvaises. Est-ce possible d’être les deux? Je pense que ça dépend de ce qu’on entend par ambition.
Je vais essayer de prendre mon cas personnel. J’ai l’ambition que l’entreprise de pédagogie que je construis touche beaucoup de gens, génère beaucoup de finances. Je n’ai pas pour autant l’ambition que toutes ces finances reviennent dans ma poche et font de moi quelqu’un de richissime. J’ai l’ambition que cette entreprise contribue énormément dans son écosystème, notamment grâce aux finances qu’on génère. Cette forme d’ambition là, je pense que c’est possible de cumuler avec tout ce que j’ai raconté avant.
En revanche, ça ne va pas arriver du jour au lendemain et ça demande de déconstruire ce récit de croissance fulgurante, très rapide, beaucoup d’argent tout d’un coup. Moi, je suis plus en train de me dire cette réalité-là, elle arrivera dans peut-être 50 ans. Et pour moi, c’est presque plus ambitieux d’ailleurs parce que j’ai l’ambition de durer 50 ans sur mon marché et je trouve ça beaucoup plus ambitieux que de faire un million l’année prochaine.
Oui. De toute façon, d’expérience personnelle, faire beaucoup d’argent rapidement, c’est de la merde quand tu ne sais pas comment la gérer. Oui, en plus. Puis tu l’investis dans n’importe quoi, que ce soit dans ton propre salaire parce que tu penses que tu peux te le permettre. Allô, I’ve been there, I’ve been there, I’ve been there. Ou parce que tu délègues trop rapidement mais tu ne sais pas comment garder le compte. Les impôts, toutes ces choses-là.
Honnêtement, de toute façon, je la diverge un petit peu de ton message, mais c’est un peu des deux. Puis tu sais, il y a quelque chose aussi qui est important. Tu sais, moi, j’habite à Montréal. Montréal, ce n’est pas la ville la plus chère du Canada, mais ça s’en vient très chère. Versus habiter, je ne sais pas où, à Saint-Quelque-chose quelque part au Québec. Puis ce n’est pas le même coût de la vie. Fait que pour moi, moi, j’habite dans un 6,5. J’ai 5 chambres. J’ai une salle à manger, une salle de bain. C’est un condo. Ce n’est pas sur deux étages. C’est grand, mais ce n’est pas très grand. C’est correct. On est une famille.
La même chose, mon frère, il a signé un bail récemment dans une ville pas très loin qui est aussi un 5,5. 1 400. Mon hypothèque à moi, il est 2 300. Au final, pour la même taille, à peu près, moi, je dois payer plus. Puis c’est aussi le choix, mes choix de vie. Puis je ne suis pas une… Ce n’est pas un choix extravagant. Je décide d’habiter dans une ville que j’aime pour la qualité de vie, pour le déplacement. Pour ce choix-là, j’ai besoin de faire plus de revenus. Right? Fait que à même qualité de vie, ish, j’ai besoin de deux fois plus de revenus que mon frère dans un truc. Il y a ça aussi à prendre en considération de genre, nous comme humains, c’est quoi nos besoins?
Puis ça se peut que ce ne soit pas les mêmes besoins pour la même affaire ou que ce ne soit pas les mêmes besoins financiers pour à peu près la même vie. Fait que tu sais, de se comparer sous pour sous des fois aussi de genre… C’est pas possible. En tout cas, c’est ça. Fait qu’il faut prendre ces facteurs-là.
C’est pour ça que l’équation, ce n’est pas juste business et pensée systémique, c’est business, épanouissement individuel et pensée systémique. C’est que si ce n’est pas durable pour toi, Geneviève, de continuer pendant les 50 prochaines années à créer ce que tu as envie de créer, à voir les impacts que tu veux avoir, tu ne vas pas le faire. C’est pour ça que malheureusement, énormément de gens qui s’investissent à fond dans le militantisme, au bout d’un moment, en reviennent parce qu’elles se crament. Parce que le système n’est pas optimisé pour l’épanouissement individuel de ces personnes.
Et pour moi, c’est vraiment une brique hyper importante. On peut se perdre dans business for business, croissance pour croissance. On se crame là-dedans parce qu’on est en train d’optimiser la machine pour nourrir la machine et pas pour nourrir nous. On peut se cramer dans pensée systémique. Donc, ce que j’entends par là, c’est lutter pour des causes importantes pour notre société et pour notre civilisation. Et on peut se cramer là-dedans parce que c’est juste la cause pour la cause pour la cause et j’oublie l’individu qui est dedans. Là, ce qu’on essaie de faire, c’est de reconnecter les trois: un business au service des causes du siècle les plus importantes qui permet à l’individu qui porte ce business et ses causes de le faire pendant les 50 prochaines années.
Est-ce que, toi, par défaut, t’assumes que les gens qui ont de l’argent n’ont pas les bonnes intentions ou est-ce qu’il y a un aspect positif ou optimiste, disons? Parce que, tu sais, je pense qu’il y a une espèce de… Tu sais, si on se dit que faire de l’argent ou générer plein de revenus comme tu l’as mentionné toi-même, ça peut être dans une optique anticapitaliste. On ne sait pas qu’est-ce que les gens font avec cet argent-là. On ne sait pas qu’est-ce qui accumule finalement. Est-ce qu’on ne devrait pas juste arrêter de pointer du doigt les gens qui font de l’argent à moins que, visiblement, il y ait des comportements complètement toxiques?
Je pense que ce qui se passe, c’est que la plupart des gens qui ont beaucoup d’argent qui sont valorisés par le système et les médias du système sont malheureusement ceux qui ont des comportements problématiques. Mais qui sont visibles. Oui, oui. Et qu’il y a des gens qui ont des revenus financiers larges, peut-être tout aussi larges que d’autres personnes médiatisées, qui ont des comportements très positifs. On les voit beaucoup moins.
Et en même temps, en termes de rapport de quantité, je pense qu’on n’est même pas sur Pareto, on est sur du 90-10 voire 95-5. Parce que, encore une fois, la plupart des gens qui ont tous ces accumulations de capitaux, ce sont des gens qui ont grandi dans un monde où les sujets du jour, d’aujourd’hui, n’étaient pas présents. Et qui, du coup, vivent encore optimisés pour leur croyance et le monde dans lequel ils vivaient il y a 30-40 ans. Et juste, ils ne se sont pas mis à jour. Comme n’importe quel être humain, ils ont des biais, ils se battent contre les nouvelles visions, ils sont dans leur biais de confirmation, ils sont dans leur zone de confort.
Comme tout être humain. Ce n’est pas des grands méchants qui savent « je suis en train de… » Et encore, peut-être que si, je ne sais pas. Je ne les connais pas personnellement. C’est sûr qu’il y en a qui sont comme ça. J’aime croire que non. Mais quoi qu’il en soit, pour revenir à ce que je disais tout à l’heure, je pense que c’est très important qu’on se batte contre ces gens-là et qu’on les critique ouvertement. Ça fait partie de la cause. C’est très important que d’autres personnes essayent de devenir leurs amis, ne soient pas en train de se battre contre eux, un insider pour leur faire changer de spectre et leur fassent voir les choses autrement. Moi, c’est ce rôle que j’essaye de jouer dans notre écosystème.
Pas dire telle personne… Mais ce sont les gens pour l’argent. Ce sont les gens, exactement. Ce sont les gens, mais c’est des gens qui sont derrière l’argent.
Écoute, c’est tout le temps que j’avais aujourd’hui pour parler de ces mille et un sujets, mais dont ô combien important. Évidemment, j’aimerais ça inviter les gens qui écoutent à te retrouver sur Internet. Où est-ce qu’on peut retrouver ça, Thomas Burbidge, sur Internet? Niveau 1, Instagram et LinkedIn pour mes contenus, etc. Niveau 2, mon podcast Young, Wild & Freelance, où Geneviève est passée déjà à deux reprises, et ma newsletter. Oui. Et je pense que la newsletter, c’est l’endroit où j’ai du coup l’espace de fouiller le plus les liens entre business, épanouissement individuel, pensée systémique.
J’essaye de faire au moins deux pans dans chaque newsletter pour faire des mariages dont les gens n’ont pas l’habitude, comme par exemple la prospection consentie. Donc, c’est féminisme plus prospection. c’est une recette inattendue que beaucoup de gens n’avaient jamais entendue avant. Donc, j’essaye de faire des recettes comme ça toutes les semaines. Ben, clairement, ça marque les esprits. Donc, merci, continue de la faire.
Toi qui écoutes, si tu veux revisiter du contenu partagé durant l’entrevue, cliquez sur un lien qu’on a mentionné, par exemple. Tu vas trouver tout ça dans les show notes de l’épisode au genevievegauvin.com/73-episode-effrontee-thomas-burbidge-business-anticapitaliste. Puis, évidemment, parce que tu as aimé l’entrevue, c’est même pas une question, mais partage ça dans tes stories sur Instagram. Tu peux taguer @_genevievegauvin, puis taguer le compte de Thomas, @thomas.burbidge, pour nous dire c’est quoi la chose que tu retiens de l’entrevue, de la discussion. J’espère que tu as aimé ça autant que moi, Thomas. Merci. Merci à toi. Écoute, on se reparle bientôt, hopefully. Ça sera pas à Montréal, mais c’est ça. On verra qu’est-ce qu’on fait. Et puis, à ceux qui écoutent, on se reparle la semaine prochaine. Bye, là.
T’as aimé l’épisode? Évidemment, vu que t’es rendu jusqu’ici. Merci beaucoup pour ton écoute en passant. Si tu veux supporter Effrontée, la meilleure façon de le faire, c’est de me laisser un témoignage sur Apple Podcast. Va sur l’application Apple Podcast puis tape « Effrontée » dans la barre de recherche. Une fois que tu m’as trouvé, clique sur « S’abonner » puis descends en bas de la liste d’épisodes jusqu’à la section « Évaluation et avis ». Puis à partir de là, c’est à toi de jouer. Laisse-moi 5 étoiles si t’aimes le contenu du podcast puis laisse-moi un témoignage. Un énorme merci d’avance d’avoir pris le temps. C’est vraiment des gens comme toi qui font que le show continue. À la semaine prochaine, là!

0 commentaires